Dans son édition chez Folio Classique des Ouvres complètes d'Arthur Rimbaud en deux tomes, Adrien Cavallaro prétend suivre la chronologie, mais sa table des matières offre un défilement pour le moins déconcertant.
Cavallaro se réclame des travaux de Steve Murphy. Il applaudit son édition philologique des Poésies de 1999 parce qu'elle fournissait (à peu près) les versions de tous les poèmes et surtout parce qu'elle coupait court avec l'idée de rassembler les poèmes en fonction de périodes supposées plus créatrices que d'autres. Murphy classait les compositions année par année, selon Cavallaro. Signe d'une allégeance nouvelle, Cavallaro épingle le fait que l'édition de Guyaux dans la collection de La Pléiade en 2009 est tributaire de l'exemple de Steve Murphy, ce qui est contestable. L'édition en trois tomes chez Garnier-Flammarion de Steinmetz offre différentes versions déjà des poèmes et il y a aussi l'édition dans le Le Livre de poche de Pierre Brunel qui précède d'un an environ l'édition de Steve Murphy. Ensuite, Steve Murphy avait conscience malgré tout que la datation de certains poèmes étaient difficiles à déterminer et était considérée comme à cheval sur deux années. Qui plus est, il y a des erreurs manifestes dans l'ouvrage de Murphy. Le dizain "L'Enfant qui ramassa les balles...", on le sait depuis, n'est pas de Rimbaud qui l'a signé "PV", même si Olivier Bivort a commis la bourde de ne pas réintégrer ce dizain dans son édition des oeuvres complètes de Verlaine dans la collection de La Pléiade en 2025. Steve Murphy confondait aussi les datations de manuscrits qui peuvent être antidatés ou non avec les datations de lettres et les datations de publication dans des revues, sans tenir véritablement compte de la différence de nature de ces datations. Le cas le plus flagrant concerne le poème "Les Corbeaux" abusivement daté du 14 septembre 1872, date de sa parution dans La Renaissance littéraire et artistique.
L'ouvrage de Cavallaro est entièrement démarqué de celui de Steve Murphy en 1999. L'absence de "Poison perdu" est commune aux deux ouvrages, ce n'est pas anodin. Cavallaro a pour sa part écarté les poèmes, souvent incomplets, attribués à Rimbaud par Delahaye et Labarrière notamment. Il a raison dans le cas des inventions de Labarrière, mais tort dans le cas des citations inédites de Delahaye. Delahaye s'exposait en se faisant passer pour Rimbaud et surtout le poème "J'ai mon fémur" avec ses lacunes fournit des quintils ABABA parfaitement en phase avec la période de composition que Delahaye leur attribue (juin-juillet 1871, songez à "Accroupissement" dans la lettre du 15 mai et à "L'Homme juste" daté de juillet).
Par allégeance à Steve Murphy, Cavallaro a placé les poèmes "Les Corbeaux" et "L'Enfant qui ramassa les balles..." de façon à ce qu'ils soient perçus comme des compositions postérieures à l'essentiel des vers "nouvelle manière" datés pour la plupart de mai à août, de façon à maintenir un discours idéologique sur le fait que Rimbaud ne composait pas de poèmes en prose à la fin de l'année 1872, car c'est ça la clef idéologique de ces deux datations. Ce faisant, Cavallaro maintient un déni de réattribution d'un dizain à Verlaine au mépris de la parole des intéressés aux-mêmes Verlaine et Rimbaud, dizain signé clairement "PV" formant un diptyque avec un autre dizain du même Verlaine. La datation en septembre 1872 du poème "Les Corbeaux" est bien évidemment tendancieuse.
Mais reprenons tout cela.
Dans le tome I, Cavallaro fournit en premier l'ensemble des "Compositions latines" avec la mention "1868-1870". Il a préféré rassemblé les compositions latines plutôt que de les entremêler avec des poèmes en vers français au gré des indices chronologiques sur les compositions.
En réalité, les "compositions latines" n'ont rien à faire à cette place. Elles doivent venir dans les compléments. On devrait pouvoir commencer par la lecture des écrits en français et non scolaires de Rimbaud. Notez que dans cet ensemble il y a six compositions en latin, mais une traduction en vers français d'un texte latin "Invocation à Vénus".
Le pire, c'est que Cavallaro, contrairement à ce que j'ai fait sur ce blog, ne montre pas la genèse des "Etrennes des orphelins" et de "Credo in unam" par rapport aux devoirs scolaires.
Sur "Les Etrennes des orphelins", par allégeance à Steve Murphy et contre la lecture de Verlaine, Cavallaro essaie de souligner que le texte doit être subversif. Ce caractère subversif n'est toutefois que supputé, ce qui signifie tout de même que la lecture de Murphy ne l'a pas convaincu. Mais sur "Les Etrennes des orphelins", il faut montrer que le poème est dans la continuité des travaux scolaires attestés, il faut montrer que le poème "L'Ange et l'enfant" de Pierre Reboul est repris lui aussi et que Victor Hugo ou Marceline Desbordes-Valmore ont réécrit à quelques reprises le sujet du poème "L'Ange et l'enfant". Il faut aussi montrer que le poème "Les Etrennes des orphelins" démarque de manière très nette la structure du célèbre conte de Noël d'Andersen "La Fille aux allumettes". Et un travail similaire doit être conduit dans le cas des poèmes "Sensation" et "Credo in unam", et il doit être balisé également dans le cas de "Ophélie" où il est insensé que le poème de ce titre d'Henry de Murger ne soit pas cité.
Passons maintenant à la rubrique pour l'année 1870 qui inclut "Les Etrennes des orphelins" en fonction de sa date de parution.
Nous avons donc en premier le poème "Les Etrennes des orphelins" par le 2 janvier dans la Revue pour tous, puis le devoir scolaire "Charles d'Orléans à Louis IX", puis la nouvelle "Un coeur sous une soutane", puis l'ensemble des poèmes de 1870 dans les versions remises à Demeny, puis le récit en prose "Le Rêve de Bismarck" paru en novembre 1870 dans le Progrès des Ardennes.
Le devoir scolaire aurait dû être reporté dans un complément en fin d'ouvrage avec les compositions latines. Quant à la nouvelle, sa position est aberrante au plan chronologique.
En mars 2013, j'ai publié sur le blog Rimbaud ivre un article intitulé "Chronologie des poèmes de Rimbaud de 1868 à 1870". Cliquer ici pour le consulter ! J'y faisais remarquer les échos patents avec "Vénus anadyomène" et "Le Mal", un sonnet daté du 27 juillet sur un manuscrit remis à Izambard et un sonnet évoquant l'actualité de la guerre entre les armées, forcément en août. Je faisais remarquer le lien du titre au "Châtiment de Tartufe" et je soulignais le fait que sur la première ligne du récit en prose il y avait un volontaire retour à la ligne après la préposition "sous" qui anticipait celui du "Châtiment de Tartufe" : "fit battre mon coeur de jeune homme sous / ma capote de séminariste". J'y voyais une origine à la rime du sonnet : "sous / Sa chaste robe noire". En réalité, je n'en suis pas si sûr. Rimbaud peut très bien imiter la rime du sonnet dans ce manuscrit en prose, et il faut relier cela à la nouvelle césure "sous + son argile charnelle" du poème "Soleil et chair". Rimbaud s'amuse du retour à la ligne en prose, bien qu'en principe il n'ait aucune signification. Le fait exprès est indéniable, mais dater "Le Châtiment de Tartufe" et "Un coeur sous une soutane" l'un par rapport à l'autre, cela ne s'impose pas ainsi.
Surtout, j'avançais un autre argument. Rimbaud ne pouvait pas écrire une telle nouvelle chez lui. Il pouvait l'avoir écrite du moment qu'il avait accès à la maison d'Izambard pour se soustraire à la surveillance maternelle, et donc en août même.
Avec la découverte par Jacques Bienvenu du compte rendu dans Le Constitutionnel par Charnay des Glaneuses de Demeny, l'hypothèse est renforcée. Ce compte rendu a eu lieu le neuf août, Charnay a épinglé l'accord fautif au féminin "effluves mystérieuses". Et Rimbaud cite deux fois "effluves mystérieuses" dans sa nouvelle.
Ceci n'est pas sans conséquences. Rimbaud aurait remis à Izambard certains manuscrits plus tard qu'on ne le croit en général, notamment "Vénus anadyomène" et "Un coeur sous une soutane". Le problème était envisagé pour "Vénus anadyomène" à cause de la date du "27 août" qui était tardive. Notez qu'en novembre 2015, Jacques Bienvenu a produit l'article suivant : "Malignement entre Verlaine et Rimbaud", Cliquer ici pour le consulter !
Dans cet article, Bienvenu fait remarquer un point commun curieux entre Rimbaud et Verlaine. Quand il a publié en revue le poème "L'Amour par terre", Verlaine a écrit le vers suivant : "Souriait en bandant cruellement son arc" (revue L'Artiste), mais dans son recueil des Fêtes galantes, Verlaine a modifié ce vers et a changé d'adverbe optant pour "malignement" : "Souriait en bandant malignement son arc". L'idée de Bienvenu, c'est que Rimbaud a fait publier le poème "Trois baisers" dans la revue La Charge le 13 juillet avec une influence toute fraîche du recueil Fêtes galantes de Verlaine, mais qu'Izambard n'a eu aucun contrôle là-dessus, puisqu'il ne possédait même pas une version plus ancienne du poème "Comédie en trois baisers". La version manuscrite aurait été remis à Izambard en septembre ou octobre, quand Rimbaud remettait d'autres manuscrits à Demeny, quand Rimbaud résidait chez les soeurs Gindre. On peut penser au mois de septembre, quand Rimbaud est libéré de Mazas, puisqu'à partir d'octobre Izambard supporte difficilement la seconde fugue douaisienne. Mais on a une série d'indices qui tendent à laisser penser que "Comédie en trois baisers", "Un coeur sous une soutane" et "Vénus anadyomène" ont tous les trois été remis à Izambard après Mazas.
J'ajoute que "Le Rêve de Bismarck" et "Les Effarés" semblent eux aussi marqués par l'influence des Fêtes galantes.
En clair, ou Cavallaro joue le jeu de la chronologie texte après texte malgré les partis pris inévitables pour les cas compliqués, ou il tend à établir des séries vers face à des séries en prose. Mais son classement en l'état est incongru. Il prétend à un ordre chronologique et il place "Un coeur sous une soutane" avant les poèmes envoyés à Banville en mai 1870. Et Cavallaro n'a pas suivi l'ordre des poèmes de l'ensemble remis à Demeny, malgré son sous-titre d'ailleurs erroné, inexact : "[Poèmes du dossier dit "Demeny" ou "de Douai"], mais après "Un coeur sous une soutane", il rassemble précisément les versions de poèmes qui correspondent à l'envoi à Banville de mai : "Sensation", "Soleil et Chair", "Ophélie", avec un classement fondé sur les datations fournies par Rimbaud sur ses manuscrits. La suite du classement est pourtant incohérente avec "Vénus anadyomène" qui devance tout le reste, même "A la Musique", malgré sa datation du 27 juillet. A lire Cavallaro, "Le Forgeron" et "A la Musique" ont été composés entre le 27 juillet et le 13 août (publication de "Trois baisers" dans La Charge. Cela n'a aucun sens. "Morts de Quatre-vingt-douze..." est placé après "Les Reparties de Nina" à cause de la mention "fait à Mazas" et de l'antidatation : "3 septembre". Notons au passage que l'article cité plus haut de Bienvenu pourrait amener à réinterroger les manuscrits. "Comédie en trois baisers" ne serait-il pas le poème contenu dans la lettre du 25 août 1870 plutôt que "Ce qui retient Nina" ? Il paraît que les pliures imposent d'identifier "Ce qui retient Nina", mais comment fait-on pour vérifier ça nous-même ?
J'ai déjà dénoncé les anomalies de l'ordre suivi par Cavallaro pour l'année 1871 avec la distribution anormale de "Paris se repeuple" devant "Les Pauvres à l'Eglise" notamment.
J'ai dénoncé aussi que les contributions zutiques soient placées après "Le Bateau ivre", "Voyelles", "Tête de faune" et plusieurs poèmes suspectés à bon droit d'avoir été composés à Paris, et bien sûr l'isolement qui en résulte pour "Les Mains de Jeanne-Marie". Je fais aussi remarquer que Cavallaro suit alors l'idée de la promotion des poèmes zutiques que prône Steve Murphy, promotion à contre-courant d'un Rimbaud qui faisait conserver par Verlaine et Forain ce qu'on considère comme les grands poèmes à l'exclusion des facéties zutiques. C'est amusant de voir que contrairement à leurs principes Cavallaro et Murphy s'interdisent de citer des articles de mon blog qu'ils perçoivent comme un danger zutique. Il ne faut pas censurer, ou il faut censurer, finalement ?
Moi, j'aurais quand même reporté les contributions zutiques dans un cadre à part, cadre à part justifié à la fois par le fait de littérature clandestine et par les données matérielles d'une entreprise collective pleine d'interactions. Cela éviterait par la même occasion de créer une zone d'inférences fâcheuses sur la datation du "Bateau ivre", etc.
Pour le deuxième tome, le défaut est essentiellement l'oubli de "Poison perdu", mais il y a aussi le mélange bizarre des "Mains de Jeanne-Marie", des "Corbeaux", d'un dizain de Verlaine avec les poèmes en vers "nouvelle manière", à quoi ajouter les "Vers pour les lieux".
Il aurait été plus logique d'en rester à une série sur les vers "nouvelle manière", même si "Tête de faune" en est exclu. A ce sujet, on peut penser que Rimbaud avait laissé des versions manuscrites à Paris dont celle du dossier paginé passé par Verlaine, Forain et Millanvoye et que c'est accidentellement que le poème a été définitivement séparé des poèmes en vers "nouvelle manière" dont il est de toute évidence le premier spécimen connu.
Je l'ai dit. Cavallaro place tardivement "Les Corbeaux" et "L'Enfant qui ramassa les balles..." par allégeance à Steve Murphy. Mais au début de son tome II est lancé par "Les Mains de Jeanne-Marie" et suivi par "Les Déserts de l'amour".
Le cas des "Déserts de l'amour". Cavallaro oppose Une saison en enfer à la poésie en prose, et je ne suis pas vraiment d'accord avec ça malgré ce que j'ai dit sur le vis-à-vis de "Alchimie du verbe", et il oppose aussi les "proses contre-évangéliques" et "Les Déserts de l'amour", et je suis encore moins persuadé.
Lisez les poèmes en prose de Baudelaire ou de Maurice de Guérin ("Le Centaure", etc.), et vous verrez très vite que l'exclusion est problématique dans le cas des écrits en prose rimbaldiens qui sont plus poétiques et moins narratifs que ceux de Baudelaire et Guérin. Mais, un fait est amusant à observer. En 1870, concurremment à la poésie en vers, Rimbaud écrit une nouvelle, puis il fait publier une pochade en prose "Le Rêve de Bismarck". Au début de l'année 1872, il compose un récit fortement poétique : "Les Déserts de l'Amour" dont je parie que la version définitive était intitulée "La Chasse spirituelle" et qu'il a été détruit par la belle-famille de Verlaine. Avant Une saison en enfer, Rimbaud compose des proses toujours très poétiques parodiant les évangiles. Il y a une vraie continuité. Notons aussi qu'en mai 1873, Verlaine lui attribue l'écriture de "fragments en prose", ce qui implique dans tous les cas que Rimbaud composait déjà des poèmes en prose. Cette idée affleurait déjà dans la lettre des objets à récupérer chez les Mauté à la fin de l'année 1872. Pour éviter le scandale, Verlaine cherchait à faire croire que "Les Déserts de l'Amour" sous le titre désormais de "La Chasse spirituelle" étaient les récits scabreux que Mathilde avait fait lire à son entourage et non des lettres authentiques, mais il précisait que ce manuscrit sous pli cacheté allait de pair avec des poèmes en prose de Rimbaud. Il s'agissait de donner le changer et d'évidence "poèmes en prose" et "Chasse spirituelle" sont un doublon artificiel à partir d'un seul texte.
Verlaine appelle cela des "poèmes en prose", alors que Cavallaro dénie cette appellation aux "Déserts de l'Amour", lequel Cavallaro pour le manuscrit perdu et détruit dont Verlaine ne se rappelle pas le titre pense aux "Déserts de l'Amour", mais pas à "La Chasse spirituelle", alors que factuellement c'est la donnée qui doit s'imposer en premier à l'esprit. Moi, je soutiens que "Les Déserts de l'Amour", c'est la première version de "La Chasse spirituelle" détruite par la famille Mauté, laquelle famille a réellement détruit un grand nombre de manuscrits de Rimbaud. Verlaine en était persuadé pour de bonnes raisons, et sans cela on ne comprendrait pas qu'il ait oublié qu'un doublon des manuscrits avait été remis à Forain à l'époque.
Enfin, bref ! Dans son édition, toujours par allégeance à Steve Murphy, Cavallaro ayant peu d'idées personnelles à soumettre dans édition, il brasse les idées des autres et se situe par rapport à elles, je remarque d'ailleurs qu'il me prend mes idées sans me référencer un grand nombre de fois ("Chanson de Fortunio", "A une tête de faune", et pas mal d'autres emprunts encore). Les notices de Cavallaro ne sont rien qu'un compte rendu de recherches faites par d'autres avec une sorte d'arbitrage qui vient par-dessus. Et avec constance, Cavallaro fait exprès de combattre l'idée que des poèmes en prose des Illuminations aient pu être composés avant la Saison. Pour les "lâchetés en retard", Cavallaro dit que les lâchetés sont à prendre au sens premier, et ne sont pas des textes, et Cavallaro précise que ceux qui pensent que les lâchetés sont des textes font cela parce qu'ils veulent vendre que certains poèmes en prose des Illuminations ont été composés avant et que le projet reprendra après. Heu ? J'ai écrit plusieurs fois que le mot "lâchetés" était à prendre dans son sens moral adéquat face à Satan alors que je suis partisan de compositions précoces de poèmes en prose, alors que Bardel et plusieurs autres qui pensent tout à l'inverse que toutes les Illuminations sont postérieures écrivaient que les "lâchetés" semblaient désigner des textes poétiques.
Je souligne que le trou de la production existe toujours pour la période septembre 1872 - mars 1873, qu'il reste le monumental aveu de Verlaine de compositions commencées en Belgique en 1873, ce qui est impossible techniquement, et ce qui invite à considérer que Verlaine est approximatif dans sa datation. Puis, il y a le fait que Verlaine prétende identifier plein de "zolismes" avant l'heure dans des poésies dont Murphy, Reboul, Bardel et plein d'autres prétendent qu'il n'a pas été le témoin privilégié de la création.
Je constate que la tentation d'écrire en prose est précoce, avec Un coeur sous une soutane, que Verlaine assimile Rimbaud à un auteur de poésies en prose dans des documents sensibles : liste d'objets à récupérer et lettre à Delahaye. Bref, ça prendra le temps qu'il faudra, mais le discours d'un Rimbaud qui n'a pas écrit de poèmes en prose avant la Saison il volera en éclats. Déjà, admettons "Les Déserts de l'Amour" comme les premiers poèmes en prose rimbaldiens connus, plutôt que de noyer le poisson en faisant passer ça pour de timides essais miniatures de littérature romanesque...
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