mardi 23 juin 2026

Une saison en enfer : les rimbaldiens n'en comprennent pas la duplicité ! (grand complément sur Matin et Adieu 14h)

Les rimbaldiens continuent de chercher une lecture d'Une saison en enfer qui déboucherait sur une pensée lumineuse, et prenant très au sérieux l'engagement du récit ils imposent à leurs réflexions de considérer comme sincères les affirmations de la section "Adieu".
Une des déformations vient de ce que depuis un certain temps ils se complaisent à envisager que Rimbaud explique sa recherche de la "clef de l'amour" et surtout son aboutissement. Je cite volontairement le passage bien connu du poème "Vies" : "un musicien même qui ai trouvé quelque chose comme la clef de l'amour".
Reprenons !
La prose liminaire a un caractère d'exposition en principe imparable, sauf que l'intégralité des rimbaldiens se fourvoie pourtant quant à sa correcte interprétation.
Dans cette prose liminaire, il y a deux points importants. Il y a une insatisfaction profonde face à un idéal de beauté qui se confondrait avec le bien, avec donc la justice ou les vertus théologales parmi lesquelles la charité est la valeur prédominante, suprême. Mais cette lutte ardente mène le poète à une mort certaine, et plus précisément cette lutte est une non-vie. Ce problème naît de la réaction du poète à sa première frustration existentielle. Et c'est à cause de ce danger de mort que le poète peut se dire en Enfer. Le poète risque de mourir. La charité se présente à lui comme la solution, mais le poète la récuse immédiatement et découvre par là même la profondeur du Mal enraciné en lui : comme il dira avoir toujours été de "mauvais sang", il comprend qu'il n'a jamais connu ce festin dont il appréciait jusque-là le caractère incertain d'un souvenir. Désormais, il sait que le souvenir lui-même est faux. Ce rejet de la charité est radicale, comme il va de soi que la phrase : "La charité est cette clef" est un discours d'inspiration chrétienne.
Une mauvaise voix veut conduire toutefois le poète à sa perte. Le but du poète est de contrôler sa révolte.
Il n'est pas question un seul instant de revenir à la charité, il est question de contrôler l'intensité d'une révolte qui mène le poète à sa perte. Sa révolte contre la vie ne lui "gagne pas la mort".
La ,prose liminaire, elle est simple à comprendre. Pourtant, des rimbaldiens qui font autorité ne la comprennent pas et entretiennent des contresens ahurissants.
Et pour soutenir l'anomalie de leurs lectures, plusieurs rimbaldiens soutiennent que dans le récit de la Saison le poète témoigne d'une quête de la charité, et cela se retrouve dans les Illuminations où il est question de "nouvel amour", d'une "clef de l'amour" qui a été trouvée, d'un "Génie" qui est l'amour, etc., et il y a la formule de l'Epoux infernal d'un amour à réinventer.
Mais, la charité est une vertu théologale. Et réinventer l'amour, cela veut dire déconstruire les implications de la vertu théologale. Le mot "charité" revient à plusieurs reprises dans la Saison, mais il s'agit souvent de mentions ironiques de la part du poète. Or, les rimbaldiens s'acharnent à lire les phrases sans ironie, malgré l'avertissement du poète dans "Mauvais sang" qui parle de sa langue perfide, de son goûte pour le mensonge et la paresse. Et nous avons un deuxième avertissement clef dans "Mauvais sang" quand le poète parle, au sommet d'une "angélique échelle de bon sens", d'une combinatoire de mépris et charité.
Dans "Alchimie du verbe", le poète explique clairement qu'il avait une grande ambition poétique qui lui faisait mépriser les chefs-d’œuvre admis. Les rimbaldiens lisent la phrase finale : "Je sais aujourd'hui saluer la beauté" comme un revirement. Mais ce n'est pas ça que raconte la petite histoire illustrée de poèmes. Le poète dit que son ambition lui faisait faire des poèmes qui ne le satisfaisaient pas. Les résultats étaient insuffisants par rapport aux attentes et cela entraînait le poète dans une sorte de délire fiévreux qui prenait de plus en plus le tour d'une maladie mortelle en tant que telle. Le poète a vaincu sa fièvre d'alchimiste. Et c'est pour cela qu'il dit à la fin qu'il peut saluer la beauté. Il est en train non pas de célébrer la quête de la beauté suprême, mais d'expliquer qu'il n'a plus de volonté de dépassement de ce côté-là. Et cela enchaîne avec une section où le poète fait le constat de ce qui lui est impossible au plan politique et social, avant de déconsidérer la foi dans un travail qui serait toujours récompensé correctement. Dans "L'Eclair" et "Matin", le poète se révolte contre la mort et sort donc progressivement de l'Enfer, et le principe est de ne pas maudire la vie, ce qui est dit en toutes lettres dans "Matin". La révolte contre la mort est donc un refus d'une révolte à caractère mortifère.
Mais le piège dans lequel tombent les rimbaldiens, c'est de croire que même si c'est hermétique le discours de Rimbaud est sincère, à prendre au pied de la lettre, alors que non ! Rimbaud ne renonce pas à être à-côté. En revanche, à partir du moment où il est moins entier dans sa révolte, il peut se permettre le masque de l'hypocrisie, et c'est ce qui joue à plein dans "Adieu". Il parle d'une recherche de la "clarté divine", mais l'hypocrisie perce dans l'emploi du conditionnel : "si nous sommes..." Rimbaud va daigner parler de "splendides villes" pour se fondre dans la masse. Le poète est rendu au sol, mais avec un "devoir à chercher", donc il n'a pas une idée claire de son devoir. Rimbaud n'exprime plus son rejet de la religion par une rage contre Dieu. Il peut écrire : "la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul", parce que le sujet ne le prend plus aux tripes, non parce qu'il cherche à se positionner en personne ayant la foi pour dire qu'il est sorti de l'enfer. Et c'est là qu'il faut cerner la duplicité du poète. Il va rire des "vieilles amours mensongères" et "Adieu" en est déjà l'illustration, car il se moque à travers son texte du lecteur qui croit trouver dans les mots de Rimbaud de l'espoir chrétien. Pour vivre, Rimbaud compose avec la société telle qu'elle est et il est pleinement hypocrite et cynique dans le discours final de la Saison. Ce faisant, cela lui permet d'offrir le contrepoint d'une certaine intolérance paradoxale de la société chrétienne du beau, du bien et du juste. Il raille notamment les lettres publiques récentes particulièrement incongrues d'Alexandre Dumas fils. Quand Rimbaud dit : "Il faut être absolument moderne", il s'agit forcément d'une posture puisqu'il fait suivre cette réflexion d'un appel assez limpide au faux-semblant : "tenir le pas gagné". Quand Rimbaud dit : "Il faut être absolument moderne", il parle du masque de la vie en société, tout simplement, ce qui était le sens de l'expression cynique "Il faut être de son temps" commentée par Tony-Révillon. Les rimbaldiens cherchent à interpréter ce "Il faut être absolument moderne" comme un mot d'ordre qui serait un rapport intelligent à l'existence. Mais, non ! Rimbaud ne fait que parler de paraître, même si on reconnaît le verbe "être" dans la formule. Il est en train de se moquer de son lecteur, comme il l'a à peu près toujours fait. Il y a toutefois un aspect sérieux dans le discours de Rimbaud, mais ce n'est pas que Rimbaud prétende posséder une science, puisqu'il vient d'écrire qu'au contraire il s'était nourri d'illusions. Il parle d'une vérité qu'il lui sera loisible de posséder, pas qu'il possède. Ce rapport à la vérité passe par une étude cynique en société, selon notre poète qui est alors un adolescent de dix-neuf ans particulièrement tourmenté et qui va poursuivre quelque temps encore dans la voie de la sale bête en société, jusqu'à ce qu'en 1875 les disputes finales avec le milieu parisien mettent un terme à une certaine visée d'existence de type artiste.
Et si on admire Une saison en Enfer, ce n'est pas pour adhérer à une philosophie cynique et hypocrite de sale bête qui de toute façon ne réussit toujours pas à s'épanouir en société. Ce qu'on admire, c'est la force crâne de ce qu'il a le culot de poser comme discours en se moquant de la morale consensuelle. On n'adhère pas forcément, mais on admire le brio du déroulé, on admire les qualités avec lesquels Rimbaud, qui n'a certainement pas pleinement raison, met à mal l'hypocrisie de tout ce qui fait barrage contre lui. Une saison en enfer, c'est un sarcasme, ce n'est pas une révélation, c'est un sarcasme. Il serait peut-être temps de s'en rendre compte. La fin de "Adieu" elle se moque précisément du discours consensuel et sage que lui prêtent les rimbaldiens.
 
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Complément :

Prenons les notices de l'édition de Cavallaro pour les textes "Matin" et "Adieu".
Dans celle sur "Adieu", Cavallaro parle pour "Matin" d'une "conclusion en trompe-l’œil", ce sur quoi nous allons revenir ensuite. Ce qui me frappe, c'est que Cavallaro parle pour la deuxième section de "Adieu" d'une "conversion" : "un discours de conversions à 'l'heure nouvelle' " (tome II, page 271). Je rappelle que d'après le brouillon "Nuit de l'enfer" s'intitulait initialement "Fausse conversion" et qu'il y a déjà un récit de conversion dans "Mauvais sang". La proposition "La charité est cette clef" est une invitation à se convertir. Le poète dit aussi qu'il a été baptisé dans "Nuit de l'enfer". Le mot a des connotations chrétiennes problématiques qui ne conviennent pas pour parler du dénouement. Mais une conversion n'est pas un simple changement, une conversion dont parle Cavallaro a le sens d'une adoption des idées de "l'heure nouvelle". Or, si l'heure nouvelle est très-sévère, il y a un malentendu à supposer à l'heure nouvelle un contenu idéologique auquel se convertirait le poète. La situation actuelle du poète est très sévère, mais la situation ne se confond pas avec les idées nouvelles qu'il entend pratiquer. Le mot "conversion" revient sous la plume de Cavallaro, et il est question cette fois de "conversion lucide à la 'réalité rugueuse' ", conversion qui sera aussi "étrangère aux 'partis de salut violents' " mentionnés dans "L'Impossible". Or, la mention de la réalité à embrasser fait partie de la première section et Cavallaro a considéré qu'il y avait un hiatus entre la première et la deuxième section de "Adieu". La première section est dans la continuité de tout ce qui a précédé. Le poète serait passif : "je suis rendu au sol". La conversion ne commencerait que dans la deuxième section. Cavallaro nous dit qu'obligé d'embrasser la réalité rugueuse, le poète réfléchit encore et puis quelques lignes plus loin il prend sa décision et se convertit. Je ne suis pas d'accord pour considérer que le poète réagit passivement quand il dit qu'il est rendu au sol avec un devoir à chercher. Il prend alors la mesure qu'il n'était pas le mage ou ange rêvé. Je ne suis pas non plus d'accord pour définir la seconde section de "Adieu", ni même son début, comme un récit de conversion. Quand le poète dit que "l'heure nouvelle est très-sévère", il fait un constat qui n'a rien à voir avec la conversion et un constat qui prend déjà acte de la transformation du sujet. Le poète enchaîne en disant que la victoire lui est acquise et que tout le mal ressenti reflue en lui. On a droit ni à un début de changement, puisque le changement décisif a déjà opéré comme le note le constat rimbaldien, ni à une conversion à quoi que ce soit. La phrase : "Il faut être absolument moderne", n'est pas non plus l'expression d'une conversion, encore moins la phrase : "Point de cantiques", ni la suivante : "tenir le pas gagné". Et pourtant une troisième fois, Cavallaro emploie une occurrence du nom connoté "conversion" au bas de la page 271 : "Cette conversion se montre vigilante dans l'exercice même des pouvoirs du langage [...]".
Cavallaro commente alors l'irruption de la phrase : "Il faut être absolument moderne" et la suite correctrice : "Point de cantiques... tenir le pas gagné." Cavallaro analyse "Point de cantiques" comme une volonté de "détachement de toute symbolique chrétienne". Cavallaro présuppose aussi que "Point de cantiques" s'applique aussi à dénoncer la formule précédente : "Il faut être absolument moderne" qui serait encore une espèce de cantique.
Ce n'est pas du tout ainsi que je lis le passage en question. Au contraire, le fait de ne "point [chanter] de cantiques" est une manière d'être "absolument moderne". La succession rythmique n'oppose pas les deux phrases : "Il faut être absolument moderne. / Point de cantiques". Et je ne pense pas que "Point de cantiques" signifie que "Il faut être absolument moderne" pouvait en être un, puisqu'un cantique est un chant à Dieu, ce qu'on n'identifie nulle part dans la phrase : "Il faut être absolument moderne". En songeant au poème "Ville", je considère que la modernité se passe des monuments de la superstition et donc des cantiques. Et "Point de cantiques", c'est l'idée de détachement par rapport au christianisme, mais au sens où on ne fait pas appel à Dieu, ce n'est pas simplement le rejet du rituel du christianisme, c'est le rejet même de l'idée de pratiquer des cantiques à qui que ce soit qu'ils pourraient être adressés. C'est plutôt comme ça que je lis la formule de Rimbaud. J'en profite aussi pour dire que l'expression : "tenir le pas gagné" fait écho avec la prose liminaire quand Satan dit au poète "Gagne la mort" ! Le "dernier couac", c'est faire le prochain pas qui mène à la mort dans la révolte contre la justice et la beauté. Rimbaud a renoncé à cette lutte, il salue la beauté, je précise bien, avec dédain, et il laisse le plaisir de la justice à Dieu. Il doit "tenir le pas gagné" dans l'existence rugueuse qui est la sienne, sans remettre sa réussite dans un espoir providentiel. C'est ça ce que nous dit Rimbaud ! Mais il y a aussi une duplicité qui s'immisce, car "tenir le pas gagné" c'est aussi adopter une posture. Certes, il ne va pas chanter de cantiques, il ne va pas nous nourrir de cette illusion d'une providence, mais "tenir le pas gagné" c'est un travail sur l'apparence de soi.
Je ne peux en tout cas pas suivre Cavallaro quand il soutient que Rimbaud balaie la phrase : "Il faut être absolument moderne" comme un cantique qui empêche de "tenir le pas gagné". C'est un contresens parfait ! Rimbaud dit au contraire qu'être absolument moderne c'est ne pas afficher sa confiance en s'abandonnant à un monument de superstition, il faut simplement montrer qu'on avance, sans s'en référer à une religion. Mais, évidemment, il y a une duplicité dans la mesure où cette modernité permet devant la société de n'être ni du côté de Dieu, ni du côté de Satan. Cela devient un jeu parce que le silence dissimule certains états d'âme. Au bas de la page 272, à la fin de sa notice sur "Adieu", Cavallaro confirme que sa triple occurrence du mot "conversion" part de l'idée que le poète sort de l'Enfer en acceptant les vertus théologales : les propos de Rimbaud, selon lui, "réinventent la solidarité de la foi, de l'espérance et de la charité". Il me semble au contraire que "Point de cantiques" est l'expression d'un refus de la foi, le cantique est un chant vers Dieu, de l'espérance, le cantique est l'expression d'une marque de confiance, et de la charité, le cantique est l'expression d'un amour de Dieu et des hommes. La lecture de Cavallaro est contradictoire par les pieds comme par les mains : elle est contradictoire avec "Point de cantiques... tenir le pas gagné", et elle est contradictoire avec "pas une main amie", mais qu'importe !
Cavallaro essaie de s'en sortir en parlant de trois vertus théologales "vidées de leur substance chrétienne". Heu ? Heu ? Heu ? Heu ? Heu ? Bon, ben, il va falloir qu'il nous explique ça autour d'un petit café. Je ne sais pas si nous aurons assez d'un thermos. Je pense que l'explication va durer des heures avant qu'on ne s'avoue qu'elle ne saura jamais être claire.
"Tenir le pas gagné" est certes un grand mot de la fin, mais c'est l'opposition au "Gagne la mort" de Satan comme à la charité comme clef. Tenir le pas gagné, c'est vivre tout simplement l'instant présent dans sa rugosité pourtant si déconcertante.
Et j'en arrive à ce retour nécessaire sur la section "Matin" pour laquelle Cavallaro parle d'une solution en trompe-l’œil. Cavallaro dit que le texte est ambigu, puisque d'un côté le poète dit clairement que la fin du récit approche, la fin de la "relation" infernale, tandis que de l'autre il se plaint de ne pas savoir expliquer les choses, ne parvenant même plus à parler, mal dont il s'est déjà plaint auparavant. Le poète a affiché dans "L'Eclair" que finalement il se révoltait contre la mort et la dernière phrase de "Matin" est une injonction claire : "Esclaves, ne maudissons pas la vie." On comprend donc dès lors clairement que l'enfer est cette déclaration de guerre à la vie d'un poète qui estimait mériter mieux. Transformer la vie en malédiction, tel est l'enfer, et donc cette injonction suffit à rendre compréhensible que Rimbaud dise avoir fini la relation de son enfer. Certes, il n'a pas une explication du monde en main, mais il a une démarche qui le sort de sa fâcherie aliénante avec le monde. Cela peut paraître trop simple pour les rimbaldiens parce que finalement Rimbaud tient un discours d'homme ordinaire déchristianisé : "ne maudissons pas la vie, prenons-la telle qu'elle est." Les subtilités sont ailleurs, mais pas dans l'idée clef qui justifie que le poète ne se considère plus en enfer.
Mais notez aussi autre chose, la phrase injonctive fait partie d'un alinéa où nous avons un couple de phrases nominales qui correspond précisément à la bipartition : "cantiques" et "pas gagné" :
 
    Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves, ne maudissons pas la vie.
 En clair, "Matin" opère un dégrossissement que va parachever "Adieu". Dans "Matin", l'esprit des "cantiques" est encore là. Comme le poète se reprochera avoir cru inventer de nouvelles fleurs dans "Adieu", ici le poète aspire au "travail nouveau", à la "sagesse nouvelle". et on sait qu'il aboutira à une abstraction pure : "l'heure nouvelle" qui n'a pas ce contenu de travail, sagesse et fleurs de rêve.
Et surtout, même si le texte est très court, ou justement parce qu'il est très court, appréciez le jeu de miroir subtil de "Matin" où vous partez d'une illusion sur le passé pour développer un espoir dérisoire dans le futur, le passé est celui idéal des "feuilles d'or" et le futur est un autre idéal avec "fuite des tyrans et des démons". L'expression "la fin de la superstition" a un double horizon de sens: fin de la superstition chrétienne et à cette aune nous avons affaire à un cantique antichrétien, ou bien fin de la superstition puisque Noël sur la terre n'est pas une superstition. Mais tout ce futur est au conditionnel, un rêve d'espoir, comme le passé à écrire sur des feuilles d'or est renvoyé dans le fantasme. Or, le resserrement de la clausule : "ne maudissons pas la vie" exprime l'idée que le "Matin" n'est ni un instant du passé, ni un instant du futur, mais le fait d'accueillir le présent, le présent qui est l'immédiate relation au monde et le don de la vie, de l'existence. C'est une autre façon de dire que nous avons retrouvé l'éternité. Et je n'y vois pas un trompe-l’œil.

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