On le sait, la nouvelle édition des Œuvres complètes de Rimbaud par Adrien Cavallaro n'est pas toujours scrupuleuse dans l'établissement du texte : refus de rétablir la ponctuation lacunaire de certains manuscrits, présence de traits parasites dans l'éditions des Illuminations, non respect de la signature "PV" pour réattribuer un dizain (problème qui concerne également Guyaux, Bivort, Murphy et d'autres, mais ils n'ont pas l'air de s'en rendre compte...), corruption du texte de "L'Homme juste" par "de daines" au lieu de "ou daines", coquille "mène" dans Une saison en enfer, refus de la correction de la coquille "outils" par "autels" malgré le témoignage rigoureux d'un brouillon de la main de Rimbaud, publication de poèmes avec des initiales en tête de vers comme si le procédé était canonique à ces deux poèmes-là précisément.
J'en arrive maintenant au cas de "Tête de faune" où Cavallaro cite ma découverte de l'écho au titre antérieur "A une tête de faune" d'un sonnet de 1863 d'Albert Mérat et de Léon Valade, où il cite aussi ma découverte de l'influence de la comédie Le Bois sur "Tête de faune" (revue Rimbaud vivant en 2023) et ma découverte de la reprise de la rime "feuille"/"se recueille" à cette comédie Le Bois (résultat que j'avais déjà en 2021 bien évidemment, mais que j'ai publié sur ce blog le 26 janvier ,2025 dans cet article : "Tête de faune" dans la comédie Le Bois de Glatigny ! Mais Cavallaro ne me cite pas pour ces découvertes qui sont exclusivement miennes.
L'article de Chevrier est sorti le 5 février 2025 dans la revue Parade sauvage et il ne cite pas mon article de 2021, alors qu'on a des preuves par ailleurs qu'il fréquente ce blog (il l'a cité !) et qu'il suit donc en général ce que j'écris, mais Chevrier ne cite pas tous mes développements car je fais plusieurs rapprochements avec "Le Bois", et il ne cite même pas la rime "feuille"/"se recueille", n'identifiant que la mention verbale "se recueille".
Mais, je n'en ai pas fini avec "Tête de faune".
Le poème est connu par deux versions. Traditionnellement, nous avons d'un côté la version manuscrite copiée par Verlaine qui fait partie du dossier paginé passé entre les mains de Forain et Millanvoye et de l'autre côté la version établie dans la rubrique "Pauvre Lélian" des Poètes maudits. Nous ne possédons pas le manuscrit de cette dernière version, mais elle provient d'un manuscrit distinct, et elle a ses spécificités propres.
Cavallaro a fourni comme version principale le texte de la copie manuscrite établie par Verlaine. Elle se trouve à la page 177 de son édition. Les lacunes de ponctuation du manuscrit ont été maintenues. A la page 224, dans une rubrique "Autres versions", Cavallaro a fourni le texte des Poètes maudits. A propos du vers 8 : "Sa lèvre éclate en rire par les branches", nous avons la justification suivante en note du choix de l'éditeur : "Nous maintenons le singulier pour en rire, en dépit d'une possible coquille."
Il faut vraiment une méfiance extrême pour ne pas reconnaître l'évidence, la coquille pour "en rires", mais donc Cavallaro a reproduit le texte des Poètes maudits. Sur son site Arthur Rimbaud, Alain Bardel offre une section dite "Tous les textes" où il référence la copie du dossier Forain-Millanvoye, mais il ne présente pas à part la version des Poètes maudits et l'encadré de la colonne de gauche en face de la transcription nous apprend que Bardel doute que la version des Poètes maudits soit une version autonome. Il écrit ceci : "[un auteur pas identifié, Pierre Brunel pour PB806] et [Steve Murphy] proposent de considérer comme une autre version du poème le texte publié dans la seconde édition des Poètes maudits (1888), qui comporte plusieurs variantes significatives." Cliquer ici pour consulter directement le texte de Bardel !
Il va de soi qu'il s'agit d'une version distincte. Nous ne le proposons pas, nous l'affirmons ! Verlaine n'a pas eu accès aux manuscrits remis à Forain et Millanvoye, lesquels ne seront retrouvés et divulgués que plusieurs années après la mort de Verlaine. La version établie par Verlaine vient nécessairement d'un autre manuscrit et les variantes en sont une preuve manifeste. Selon l'enquête de Jacques Bienvenu et les prises de parole d'Ernest Raynaud, le manuscrit employé pour Les Poètes maudits viendrait directement de Banville. Mais ce n'est pas tout. Le manuscrit de "Tête de faune" semble avoir été récupéré trop tard pour figurer dans le texte sur "Arthur Rimbaud" dans la première édition des Poètes maudits. Verlaine a publié deux poèmes de Rimbaud dans la notice qu'il consacre à lui-même "Pauvre Lélian", une version en deux strophes du "Coeur volé" et "Tête de faune". Mais, si le texte "Pauvre Lélian" fait partie de l'édition augmentée de 1888 des Poètes maudits il a été publié dans la revue La Vogue en 1886. Il faudrait déjà évaluer si le texte varie de 1886 à 1888, surtout à cause de cette mention "en rire" qui sent la coquille. Mais, même cette publication en 1886 n'est pas la toute première de "Tête de faune". Nous savions par sa correspondance que Verlaine avait conseillé à Charles Morice de citer l'inédit "Tête de faune" dans un compte rendu à propos des Poètes maudits dans la Revue critique en 1884. Olivier Bivort a fini il y a quelques années par mettre la main sur le numéro de cette revue qui contient le compte rendu en question et il a pu vérifier que Morice avait effectivement publié le texte de "Tête de faune".
Il va de soi que le texte de la Revue critique a la même source manuscrite que le texte fourni dans "Pauvre Lélian" en 1886, puis 1888.
Or, c'est ici que ça devient intéressant.
Je commence par vous donner la transcription de la copie par Verlaine du dossier paginé passé entre les mains de Forain et Millanvoye. Je vais vous donner ensuite la transcription de la version publiée par Verlaine dans Les Poètes maudits. Puis, comme je n'ai pas accès à l'exemplaire de la Revue critique je vais vous donner le texte tel qu'il a été transcrit par Olivier Bivort dans l'article où il révèle le compte rendu de Morice. Dans l'intérêt de l'analyse, je maintiendrai les lacunes de ponctuation comme je n'oublie pas le point après la mention du titre sur la copie faite par Verlaine.
1°) Copie de Verlaine de la suite paginée, transmission Forain-Millanvoye :
Tête de faune .Dans la feuillée écrin vert taché d'orDans la feuillée incertaine et fleurieDe fleurs splendides où le baiser dort,Vif et crevant l'exquise broderie,Un faune effaré montre ses deux yeuxEt mord les fleurs rouges de ses dents blanches :Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieuxSa lèvre éclate en rires sous les branches.Et quand il a fui - tel qu'un écureuil -Son rire tremble encore à chaque feuilleEt l'on voit épeuré par un bouvreuilLe Baiser d'or du Bois, qui se recueille
Je vérifie après-coup et ma transcription est identique à celle de Cavallaro à la page 177 de son édition, sauf que j'ai ponctué le titre comme Verlaine l'a fait. Si je devais éditer le poème, je comblerais les lacunes de la ponctuation. Il manque deux virgule évidentes au sein du premier vers pour encadrer "écrin vert taché d'or", notez qu'à la fin du premier vers le "r" est stylisé par un trait long, une autre virgule évidente manque après "vin vieux" où noter le "x" stylisé lui aussi, et il manque le point final où noter encore une fois la stylisation de la dernière lettre, un "e" qui se termine par une boucle un peu allongé, mais cette remarque vaut pour le "e" final de "feuillet" et pour le "l" final de "bouvreuil". Qui plus est, c'est Verlaine qui recopie à partir d'un manuscrit de Rimbaud, donc la stylisation ne change rien à l'affaire. Verlaine fait exprès de ne pas combler le défaut de ponctuation, sans doute par scrupule.
N'allez pas croire que l'éditeur doit avoir les mêmes scrupules et suivre la prudence philologique comme un devoir sacré.
2°) Transcription de Verlaine dans l'édition des Poètes maudits en 1888 :
Le titre est en majuscules, puis nous avons le texte suivant :
Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,Dans la feuillée incertaine et fleurie,D'énormes fleurs où l'âcre baiser dort,Vif et devant l'exquise broderie,Le Faune affolé montre ses grands yeuxEt mord la fleur rouge avec ses dents blanchesBrunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux,Sa lèvre éclate en rires par les branches ;Et quand il a fui, tel un écureuil,Son rire perle encore à chaque feuilleEt l'on croit épeuré par un bouvreuilLe baiser d'or du bois qui se recueille.
Nous n'identifions par la forme "en rire" dans cette transcription !
La coquille se trouve-t-elle dans l'édition de 1886 ou bien dans la transcription fournie par Charles Morice en 1884 ? En tous cas, en 1888, la coquille a été corrigée et donc identifiée comme telle !
Il y a plusieurs différences entre notre version et celle de Cavallaro, il nous faut les énumérer. Je vais retranscrire le texte de Cavallaro en soulignant en rouge les différences :
Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,Dans la feuillée incertaine et fleurieD'énormes fleurs où l'âcre baiser dort,Vif et devant l'exquise broderieLe Faune affolé montre ses grands yeuxEt mord la fleur rouge avec ses dents blanches ;Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux,Sa lèvre éclate en rires par les branches :Et quand il a fui - tel un écureuil,Son rire perle encore à chaque feuille,Et l'on croit épeuré par un bouvreuilLe baiser d'or du bois qui se recueille.
Les différences portent sur la ponctuation, mais j'ai souligné certains mots pour que cela soit visible.
3°) Voici maintenant la version publiée par Morice à s'en fier à l'article d'Olivier Bivort qui est consultable librement sur internet visiblement : Cliquer ici pour consulter l'article de Bivort au format PDF !
Le titre est en italique flanqué d'une note 1. Je vous en épargne la transcription, je transcris le poème lui-même :
Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,Dans la feuillée incertaine et fleurieD'énormes fleurs où l'âcre baiser dort,Vif et crevant l'exquise broderieLe Faune affolé montre ses grands yeuxEt mord la fleur rouge avec ses dents blanches ;Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieuxSa lèvre éclate en rire par les branches :Et quand il a fui - tel un écureuil,Son rire perle encore à chaque feuille,Et l'on croit épeuré par un bouvreuilLe baiser d'or du bois qui se recueille.
Ce texte est identique à un détail près à celui fourni par Cavallaro. Cette fois, tout de même, la différence est au plan d'un mot : "crevant" et non "devant". Morice ne pouvait pas connaître la version manuscrite détenue alors par Millanvoye. Verlaine, si ! mais pas Morice ! De deux choses l'une, ou il était écrit "crevant" et "devant" est une coquille ultérieure, ou Bivort a corrompu lui-même sa transcription en référant le mot "crevant" de la version manuscrite bien connue.
Les choix de Cavallaro invitent à penser que l'article de Bivort comportait une coquille. J'aimerais bien du coup avoir sous les yeux un fac-similé de l'article même de Charles Morice. Si Morice a écrit "crevant", "devant" est obligatoirement une coquille.
Dans sa notice à la page 400, le texte de Cavallaro n'est pas très clair.Il dit que les versions sont identiques "à une importante variante près, au vers 4", ce qui est inexact. Cavallaro emploie le mot "version" pour opposer la copie et celle en provenance des Poètes maudits, il ne dit pas qu'il y a une version de Morice en 1884, une autre de Verlaine en 1886 et une autre en 1888. En revanche, la variante pour le vers 4 n'est pas la seule à avoir de l'importance. On peut opposer "Et l'on voit" à "Et l'on croit" au vers 11, "affolé" à "effaré" au vers 5, la forme d'ensemble du vers 3, le singulier et le pluriel pour "fleur rouge" ou "fleurs rouges" au vers 6. Les majuscules sont distribuées différemment aussi : "Baiser d'or du Bois" dans l'un et "Le Faune" dans l'autre, ce qui n'est pas sans rappeler l'opposition des versions manuscrites connues de "Voyelles". On peut même comparer la variantes "doux" et "grands fronts studieux" à la variante "grands yeux"/"deux yeux". Le vers 5 "Le Faune affolé montre ses grands yeux" devient même un quasi synonyme si on peut dire du vers final de "Voyelles" : "- Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !" D'ailleurs, on a déjà plusieurs fois comparer le motif de la lèvre riante et saignante entre ce même quatrain de "Tête de faune" et la fin des quatrains de "Voyelles" avec le motif du "I, rouge".
En confrontant les deux versions de "Tête de faune", on aboutit aussi à un meilleur établissement de la ponctuation. En partant du principe que les transcriptions de Morice et de Verlaine sont indépendantes l'une de l'autre, mais fondées sur un même manuscrit de référence, il se confirme qu'il faut rétablir les virgules qui vont de soi pour "écrin vert taché d'or" sur la copie Forain-Millanvoye. Il convient également de rétablir le point final au poème après "se recueille."
Notez un fait troublant ! Sur la plaquette de 1888, en principe préparée par Verlaine, la virgule disparaît à nouveau après "feuille" au vers 10. On peut penser que Morice a rétabli une virgule qui ne se trouvait pas sur le manuscrit, ce qui voudrait dire que les deux manuscrits autographes ne comportaient pas de virgule à la fin du vers 10, et Verlaine se serait fait le garant de cette particularité, sauf à penser que Verlaine a trahi ici le manuscrit de Rimbaud. En revanche, pour le vers 2, il n'y a pas de virgule sur le manuscrit Forain-Millanvoye, ni sur la transcription de Morice, alors qu'elle est imposée dans la transcription des Poètes maudits. J'ai l'impression que Morice a été fidèle à son absence sur le manuscrit et pas Verlaine ou le prote des Poètes maudits. Et ce qui m'encourage à le penser, c'est que sur la version Forain-Millanvoye son absence est pertinente au plan syntaxique :
Dans la feuillée incertaine et fleurieDe fleurs splendides où le baiser dort,
alors que si ce n'est pas aussi évident dans la version Morice-Poètes maudits, ça me semble tout de même plus naturel de ne pas en mettre une :
Dans la feuillée incertaine et fleurieD'énormes fleurs où l'âcre baiser dort, (Morice)
Dans la feuillée incertaine et fleurie,D'énormes fleurs où l'âcre baiser dort, ("Pauvre Lélian" pour ne pas discriminer entre prote et Verlaine).
Je me demande même si Verlaine a relu la version établie dans Les Poètes maudits. Il s'agit d'une version soignée pour la ponctuation, mais trop avec cette virgule à la fin du vers 2 qui ignore l'expression à base de répétition : "fleurie de fleurs", qui la récuse même en la coupant d'une virgule. Il Le traitement du vers 9 est éloquent : une simple virgule là où Morice a identifié un tiret, ce que conforte la confrontation au manuscrit Forain-Millanvoye. Donc Verlaine ne relisait pas si attentivement qu'on le dit les épreuves ! C'est un sacré enseignement ! Et du coup l'absence de virgule après "feuille" dans la version des Poètes maudits tendrait à confirmer que ça vient du manuscrit, mais que cette fois, dans l'arbitrage c'est le prote de Vanier qui n'a pas cru nécessaire de rétablir une virgule, tandis que Morice nous l'aurait imposée. C'est l'existence du manuscrit Forain-Millanvoye qui permet tantôt de penser que Morice suit plus scrupuleusement le manuscrit, tantôt plutôt le prote de Vanier.
L'analyse du point-virgule et du double point en fin de vers du second quatrain conforte l'idée que Morice rétablit des signes de ponctuation quand le prote de Vanier, non !
Voici à partir de cet arbitrage, la transcription dont je prônerais l'édition dans le cas de la copie du dossier Forain-Millanvoye :
Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,Dans la feuillée incertaine et fleurieDe fleurs splendides où le baiser dort,Vif et crevant l'exquise broderie,Un faune effaré montre ses deux yeuxEt mord les fleurs rouges de ses dents blanches :Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux,Sa lèvre éclate en rires sous les branches.Et quand il a fui - tel qu'un écureuil -Son rire tremble encore à chaque feuilleEt l'on voit épeuré par un bouvreuilLe Baiser d'or du Bois, qui se recueille.
Pour la version "Morice"."Pauvre Lélian", voici l'arbitrage auquel je tends à me ranger, mais il convient de rester prudent, notamment pour la fin du vers 6 :
Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,Dans la feuillée incertaine et fleurieD'énormes fleurs où l'âcre baiser dort,Vif et devant l'exquise broderie,Le Faune affolé montre ses grands yeuxEt mord la fleur rouge avec ses dents blanches[. ou :]Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux,Sa lèvre éclate en rires par les branches ;Et quand il a fui - tel un écureuil,Son rire perle encore à chaque feuille[,]Et l'on croit épeuré par un bouvreuilLe baiser d'or du bois qui se recueille.
Morice a bien ponctué le premier quatrain, sauf qu'il manque la virgule en fin de quatrain. Son rétablissement va de soi et est confirmé par le manuscrit Forain-Millanvoye.
Pour le second quatrain, je trouve incohérente l'idée d'un double point pour passer du rire aux suites de ce rire. Je peux me tromper, mais je remarque que le prote de Vanier a plutôt déchiffré un point-virgule, et de fait on peut confondre les deux sur un manuscrit. Je remarque que le prote de Vanier n'identifie pas de signe de ponctuation à la fin du vers 6, bien que la lacune soit évidente et pour la fin du vers 6 et pour la fin du vers 7. Par conséquent, je considère que Morice a remanié globalement la ponctuation des fins de vers 6 et 8, tandis que le prote de Vanier a pris le texte tel qu'il était. Et mon idée, c'est que s'il manque un signe de ponctuation sur le manuscrit, c'est que la lacune est d'un simple point. Toutefois, la confrontation avec le manuscrit Forain-Millanvoye fait constater une coïncidence. Il y a bien un double point à la fin du vers 6, Morice aurait identifié un point-virgule au lieu d'un double point à cet endroit-là. A la fin des fins, je préfère suspendre mon jugement. Peut-être que l'absence de ponctuation à la fin du vers 6 est une coquille dans "Pauvre Lélian".
Pour le troisième quatrain, la virgule après "feuille" est assez naturelle à rétablir, mais le prote de Vanier ne l'a pas fait, donc je pense qu'elle n'était pas sur le manuscrit et si tel est le cas c'est une constante volontaire de la part de Rimbaud au vu du manuscrit connu.
La vraie difficulté, c'est les ponctuations à la fin des vers 6 et 8. Je ne crois pas que ce soit à chaque fois un double point et que Morice aurait mal déchiffré celui du vers 6. Le point-virgule pour le vers 8 est retenu par le prote de Vanier. Morice aurait lu un point-virgule au lieu d'un double point au vers 6, et il aurait fait l'inverse au vers 8 lire un double point au lieu d'un point-virgule. L'erreur est probable pour la fin du vers 8, mais pour le vers 6 l'absence de ponctuation du côté de "Pauvre Lélian" me fait douter de cette explication. Je n'arrive pas à avancer plus dans ma réflexion pour l'instant.
Cet article aura une suite. Cavallaro s'aligne sur le discours issu de Théorie du vers de Benoît de Cornulier. Le poème oscillerait entre trois césures. Je vais démonter ce discours-là. Je l'ai déjà fait sur ce blog, mais je vais reprendre l'expertise à nouveaux frais.
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