lundi 1 juin 2026

Sur quelques notices du tome 2 de l'édition de Cavallaro des oeuvres de Rimbaud !

 Pub : je vous conseille la lecture de l'article précédent : "Pour le poète du Bateau ivre, une édition à la dérive".
 
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Le tome II des Œuvres complètes de Rimbaud dans la "nouvelle édition d'Adrien Cavallaro" réunit les poèmes qui vont de 1872 à 1875, sauf "Poison perdu" qui a été oublié, ainsi que l'extrait "J'ai mon fémur !"
J'ai déjà dit le problème qui se posait pour des poèmes tels que "Le Bateau ivre", "Voyelles", "Tête de faune", les Vers pour les lieux et "L'Etoile a pleuré rose...".
Le poème "Les Mains de Jeanne-Marie" se retrouve en tête des textes rimbaldiens du second tome, tristement isolé des poèmes auxquels il se rattache.
La notice pour ce poème va du bas de la pag 189 à la page 192.
Cavallaro a édité le poèmes des pages 15 à 17 en intégrant les quatrains de la main de Verlaine, mais pas sa variante "casseuses". Cavallaro justifie son choix à la note 10 : "Verlaine a ajouté dans la marge inférieure : "variante : casseuses" ; ployeuses (surmonté d'une croix de renvoi) n'étant pas biffé, nous le maintenons." Le propos se défend. En réalité, Verlaine a utilisé un manuscrit où il figure les deux quatrains ajoutés et le mot "casseuses". Il existe au sens strict, une version autographe rimbaldienne que nous possédons, puis une version longue perdue dont Verlaine nous fournit trois quatrains et un mot à substituer à un autre. L'hybridation des deux versions par Verlaine donne la version que nous connaissons et que Cavallaro publie à la suite de tant d'autres éditeurs. Dans la grande rigueur, il faudrait publier la seule version autographe comme acquise. Si on veut intégrer le supplément apporté par Verlaine, la deuxième démarche la plus rigoureuse est de publier le texte autographe avec les quatrains ajoutés par Verlaine, mais en remplaçant "ployeuses" par "casseuses". La solution de Cavallaro et des éditeurs en général se défend, mais c'est la moins rigoureuse des trois options. Il édite le poème en considérant un peu vite que "ployeuses" et "casseuses" sont en alternative. Dans l'absolu, ce n'est pas si limpide. Le résultat en maintenant "ployeuses" est clairement de l'ordre de l'hybridation. Mais ce n'est qu'un détail. Même si personnellement la deuxième solution a ma préférence : intégrer les quatrains et changer "ployeuses" par "casseuses", il faut signaler que Verlaine a pu négliger des variantes plus dérisoires, notamment de ponctuation, au plan du manuscrit qu'il a utilisé.
On ne peut pas clairement attribuer à Rimbaud la version longue avec le mot "ployeuses".
En revanche, sur les trois quatrains ajoutés, nous avons deux groupes, un premier quatrain ajouté entre deux de l'autographe, puis plus loin deux quatrains enchaînés. Le premier quatrain ajouté est le suivant :
 
Ce ne sont pas mains de cousine
Ni d'ouvrières aux gros fronts
Que brûle, aux bois puant l'usine
Un soleil ivre de goudrons.
Par superstition artiste quant à l'écriture de... de... de Verlaine, Cavallaro n'a pas rétabli le point de fin de phrase après "goudrons".
Ce quatrain contient la rime "cousine"/"usine" et le mot "cousine" est flanqué de la mention de note 8. Je cite cette note qu'on rencontre à la page 191 :
 
8. Cousine a différentes acceptions dans la langue érotique : "homosexuel", "fille débauchée, courtisane" (DEM). Le terme peut signifier "apprentie couturière", plus indiqué ici.
 Par le passé, les rimbaldiens ont débattu du sens du mot "cousine". Albert Henry a publié un article à ce sujet dans la revue Parade sauvage s'il me souvient bien. Il y a eu des interprétations érotiques également. Or, en tête de sa notice, pour la bibliographie, Cavallaro cite en premier l'article d'Yves Reboul repris dans son livre Rimbaud dans son temps, mais en réalité plus ancien d'environ dix-huit années, puis un article très long de Steve Murphy et un article plus récent de Marc Dominicy. Or, dans son article, Yves Reboul a fait une remarque très importante. Ce n'est pas une découverte, mais c'est un point d'interprétation qui porte sur le sens d'un mot. Un acte a été posé ! Reboul avait écrit ceci de mémoire : on débat du mot "cousine" en lui prêtant différents sans, mais on ne voit pas pourquoi on ne prendrait pas le mot dans l'unique sens que la majorité des gens connaissent en pensant que la cousine au dix-neuvième est parfois la femme promise pour un mariage dans les milieux bourgeois, c'était un thème littéraire. Reboul posait un acte interprétatif et il nourrissait l'interprétation avec une idée d'arrière-plan.
Il y a peu d'années, j'ai publié dans la revue Rimbaud vivant, ce qui veut dire que Cavallaro n'avait aucune raison de s'interdire de me citer, un article où j'ai fait remarquer que la pièce Vers les saules de Glatigny était reprise au théâtre en mars 1872, reprise car plus ancienne avec un texte déjà publié, ce qui nous rapprochait de la datation "Fev. 72" de la main de Verlaine sur le manuscrit des "Mains de Jeanne-Marie" ! Ou Rimbaud a composé ce quatrain après avoir vu la pièce à Paris (mais dans les limites de son départ en exil après l'incident Carjat) ou au courant de l'imminence de cette représentation il a relu le texte de Glatigny. En tout cas, la rime "cousine"/"usine" se trouve dans cette comédie en vers assez courte. La "stricte coïncidence" de date pour la même rime n'est bien sûr pas anodine, et dans la pièce de Glatigny la "cousine" est précisément le membre familial proche dont parle Reboul et il est précisément question du mariage avec elle. Je crois qu'à un moment donné on peut arrêter de relever les sens "homosexuel", "courtisane" et "petite couturière" que jusqu'à plus ample informé le sens du texte de Rimbaud n'appelle pas.
Je cite les vers de Glatigny incluant cette rime, Scène IX de cette comédie de 1864, vers prononcés par le personnage nommé Henri que la didascalie précise "majestueux" :
 
Vous n'avez pas toujours, pour moi, l'un de vos proches,
Eté, comme Bayard, un oncle sans reproches,
Et je vais demander souvent aux usuriers,
Quand les temps sont mauvais, l'argent que vous pourriez
Me donner. Vous m'avez refusé ma cousine
Pour lui faire épouser, je ne sais quelle usine ;
[...]
Dans le poème de Rimbaud, il était assez clair au départ, notamment pour Reboul, qu'il y avait un balancement entre deux pôles : la cousine qui marie un patron pour citer Glatigny, les ouvrières qui galèrent dans l'usine du patron.
Je rappelle qu'il n'y a aucune raison naturelle pour laquelle les rimbaldiens ont commencé à ne pas admettre le mot "cousine" dans son acception première universellement connue. Ils ont couru les acceptions rares pour épater la galerie.
Il y a des notes tout à fait valables dans l'édition de Cavallaro au sujet des "Mains de Jeanne-Marie", mais une lacune concernant la note 7 sur "Khengavar" attire immédiatement mon attention. J'avais découvert la solution tout seul, mais Georges Kliebenstein a l'antériorité visiblement, il a publié deux articles importants, parce que dans mon souvenir il progresse d'un article à l'autre dans l'identification de la source orthographique du mot, et c'est la source orthographique qui est importante. Je ne suis pas très friand des articles de Klibenstein, ni de son humour, ni de sa façon d'écrire, mais il a fait une découverte d'une indéniable. Pensons à l'article récent de Jacques Bienvenu sur les bains des les proses évangéliques. En effet, il y avait des explorations géographiques et archéologiques importantes au dix-neuvième siècle, et la ville perse de Kangavar était alors décrite. Cavallaro cite une source Voyage en Perse où Eugène Flandin et Pascal Coste décrivent cette ville, mais sous le nom "Kingavar". Il faut être précis. Si Rimbaud écrit "Khengavars", c'est qu'il a lu le nom "Khengavar" sans le "s" de pluriel. Et plus cette orthographe est rare, plus nous pouvons pressentir en identifiant une source que c'est celle-là-même que Rimbaud a lue. J'ai déjà effectué une mise au point où je cite les articles de Kliebenstein sur ce blog, avec des photographies où figure bien le nom ainsi orthographié Khengavar. Et cela relativise la suite de  la note de Cavallaro qui parle d'un nom qui "condense un imaginaire de la Perse présent dans 'Les Soeurs de charité', tandis que "Sion (Jérusalem) renvoie à un Orient de fable, ainsi qu'au monde de la Bible, tenu à bonne distance". Non ! Rimbaud cite une littérature d'époque qui ramène l'Orient à une réalité de plus en plus palpable. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Il y a une note intéressante sur les poucettes qui font saigner les doigts avec renvoi à un article d'Alain Chevrier. Pour les mitrailleuses, il y a cette éternelle hésitation sur les mains qui utilisent les mitrailleuses ou qui se font tuer avec. Mais les fédérés qui utilisaient les mitrailleuses pour défendre Paris étaient plutôt des hommes et les femmes sont dites avoir "pâli" sur les mitrailleuses, ce qui fait que j'ai tendance à privilégier l'idée du massacre à bout portant. Je suis ouvert au débat, mais spontanément je privilégie l'idée qu'elles ont été abattues par les mitrailleuses durant la semaine sanglante. Après, il y aurait une légère contradiction due à la référence collective quand on passe des femmes tuées aux femmes prisonnières et donc rescapées. Il faudrait une analyse plus poussée de mains qui pâlissent "Sur le bronze des mitrailleuses". Pas possible que ce soit équivoque !
J'en profite pour préciser que quand Rimbaud écrit "Les Mains de Jeanne-Marie" Théophile Gautier vient de publier son livre Tableaux du siège où les premières pages célèbrent la "Madone de Strasbourg", ce qui évidemment donne une justification satirique à la référence au poème "Etudes de mains" d'un recueil Emaux et Camées qui était déjà assez ancien au début de 1872.
Je ne développerai pas ici les nombreux liens avec "Voyelles".
 
Pour "Bonne pensée du matin", dans la section bibliographique, Cavallaro mentionne l'étude de Bernard Meyer, les deux articles quasi contemporains de Reboul et Murphy, quelques pages du livre de Michel Murat et un article plus récent d'Alain Vaillant. Il écarte les articles plus anciens, notamment de Mario Richter, et bien sûr les articles aujourd'hui dépassés d'Antoine Fongaro. La notice hésite entre les lectures divergentes qui ont été proposées.
Il était impossible de citer un article récent de mon blog où je révèle que "Bonne pensée du matin" s'inspire de l'une des chansons les plus célèbres du chansonnier le plus célèbre après Béranger qu'était Desaugiers.
 
La chanson s'intitule "Tableau de Paris à cinq heures du matin", et il y  a une suite "Tableau de Paris à cinq heures du soir" qui est précédée d'une notice dans la version consultable en ligne sur le site wikisource.
Delvau a publié en 1859 je crois un recueil de chansons de Desaugiers avec évidemment une présentation en prose de sa part. Rimbaud a changé "cinq heures du matin" en "quatre heures du matin" et il a repris la rime "s'évapore"/"aurore"/"dore" qui ouvre le poème, mais en n'en retenant que le verbe sans pronom "évapore" qu'il fait rime avec "encore" qui adapte l'adverbe "déjà" du second vers du poème de Desaugiers, tandis que "aurore" cède la place au mot "aube". L'activité de la ville dans "Bonne pensée du matin" et dans la lettre de Jumphe 72 s'inspire des vers de Desaugiers. Le poème de Desaugiers inspire aussi des passages de la lettre à Delahaye.
En s'interdisant de citer ce blog, Cavallaro prive son public d'un plaisir de fin gourmet. J'ajoute que les notices sur Desaugiers théorisent sa gaîté philosophique malgré les coups durs, que le poème contient aussi ce vers "Quand vers Cythère" qui vaut comme référence à Vénus.
Allez lire le volume de Delvau qui est disponible sur Gallica et déjà lisez le poème en cliquant sur le lien suivant : Tableau de Paris, à cinq heures du matin, chanson de Desaugiers ! 
 J'ajoute que la chanson de Desaugiers datant de 1802 est aussi un horizon de référence pour les vers courts de Victor Hugo dans ses "ballades" et ses "Djinns" ! Et, du coup, on peut rapprocher les vers de cinq syllabes du poème "L'Eternité" contemporain de la composition de "Bonne pensée du matin", lui aussi étant daté de mai 1872. Il y a aussi un passage de Desaugiers qui me fait penser à "Charleroi" de Verlaine.
Allez voir par vous-même, comme dirait Isidore Ducasse. Je reviendrai sur ces rapprochements en temps voulu.
A propos de "Juillet", Cavallaro cite trois articles de respectivement Murphy, Cornulier et Reboul. Il ne met en avant ni ce qu'a écrit Fongaro, ni ce que j'ai écrit moi, fût-ce sur le seul blog Rimbaud ivre. Pourtant, il m'a lu, puisqu'il parle du kiosque du Vaux-hall, mais cette découverte est à peu près déjà rendue dans l'article de Fongaro à quelques nuances près, mais surtout Cavallaro emploie le mot "cacophonie" après de "diables bleus". Cela m'a fait sourire, parce que ça vient de moi. Pour être précis, Pierre de Deimier et François de Malherbe au dix-septième siècle utilisaient le mot cacophonie pour dénoncer deux syllabes phonétiquement identiques qui se suivaient dans un vers. Je ne connais aucun rimbaldien, ni même aucun universitaire en général qui emploie ce mot cacophonie à la manière de Deimier, Malherbe et du coup moi-même. Vous noterez que je vous ponds immédiatement une source à l'emploi de ce mot pour cibler le reboublement syllabique : "diable bleus". Vous voyez que je sais de quoi je parle. Cavallaro ne définit pas "cacophonie" dans sa note destinée au grand public, comme si le mot était connu de tous et employé couramment.
Cavallaro adresse une fin de non-recevoir à la datation tardive avancée par Cornulier et il a totalement raison. En revanche, Cornulier a tout de même publié un article d'une importance capitale. On doit à Cornulier l'identification d'Henriette et là je ne suis pas du tout Cavallaro qui noie la découverte essentielle de Cornulier parmi d'autres hypothèses. Dans la note 8, pour la seule Henriette, Cavallaro référence la romance de Damon et Henriette, l'héroïne du roman Le Lys dans la vallée, des Henriettes de vaudevilles, drames et comédies genre Labiche et les Goncourt, et la reine des belges Marie-Henriette. Il oublie Henriette de Molière.
C'est désespérant, parce qu'évidemment c'est Henriette de la romance de Damon et Henriette, qui vaut variante de l'histoire de Roméo et Juliette, romance citée dans le poème contemporain Images d'un sou de Verlaine que cite pourtant Cavallaro d'après Cornulier.
C'est compliqué de donner la seule solution à ses lecteurs ? Pourquoi cette énumération désastreuse ? Dans "Juillet" on passe au poison des escargot, et Henriette rappelle Juliette. Evidemment que Henriette désigne celle qui fait couple avec Damon. Cornulier a fait une brillantissime découverte. On l'acte, point barre !
Pour la versification, Cavallaro soutient que la position des césures est affectée et donc varie en 5-5,4-6 et 6-4, ce qui est dû aussi il est vrai aux discours des métriciens tels que Cornulier, Bobillot, Gouvard et d'autres.
Or, moi, j'ai publié une analyse du poème où je montre que la césure est après la quatrième syllabe quand on théorise précisément la manière de l'entraver elle précisément tout au long du poème. Et je précise que si Cornulier va un peu en ce sens, j'ai l'antériorité, il était au courant de mes propos sur ces vers et surtout je fais une étude systématique à laquelle lui se dérobe, en incluant un argument massue qui lui est inconnu.
On le sait : pour apprécier la stabilité d'une césure, on vérifie l'absence ou présence de cinq critères encodés par Cornulier sous les lettres FMCPs. Il y a le code de l'enjambement de mot pur et simple, M, deux codes sur le positionnement de la lettre "e" de fin de mot "F" et "s", et deux codes sur des monosyllabes ou dissyllabes à une seule voyelle stable qui pour des raisons grammaticales sont rythmiquement liés à la suite : les pronoms devant les verbes, les déterminants en tête de groupes nominaux, en gros ! Mais Cornulier utilise tous les critères à la fois, n'exceptant parfois que le critère s. Or, dans le cas de "Juillet", si on applique le seul critère M, le seul enjambement de mot pur et simple, même pas sur trait d'union, est à la césure du vers 14 sur le dissyllabe "station" dans un poème de 28 vers, autrement dit le seul vers avec un enjambement de mot est au milieu du poème. L'emploi du seul critère M offre un résultat similaire dans le cas de "Famille maudite" comme de "Mémoire", vers 21 et 24 du quatrain post-médian. Il est impossible de considérer que cela soit le fait du hasard ! J'ai donc prouvé que la césure de "Mémoire" est bien à la sixième syllabe et que la césure de "Juillet" est après la quatrième syllabe. Ce n'est pas sujet à débat, c'est une évidence mathématique, statistique. Impossible de broder sur une théorie du hasard, c'est comme ça et pas autrement. Or, et cela Cornulier le savait et il l'a utilisé dans son article en partie, mais je vais plus loin et j'ai l'antériorité sur le net de toute façon, Rimbaud crée des familles de provocations à la césure. La cacophonie "diables bleus" en est une, la séquence cacophonique étant en entier après la césure !
Je vous cite le poème en m'en tenant à ses hémistiches de quatre syllabes, je mets des parenthèses autour des "e" élidés :
 
Platebandes
L'agréable
- je sais que c'est
Mêle ton Bleu
 
Puis, comme ros(e)
Et liane, ont
Cage de la
Troupes d'oiseaux !
 
- Calmes maisons,
Kiosque de la
Après les fes[...]
Ombreux et très[...]
 
- La Juliette,
Charmante sta[...]
Au coeur d'un mont
Où mille dia...
 
Banc vert où chant(e)
Sur la guitar...
Puis de la sall(e)
Bavardage
 
Fenêtre du
Au poison des
Qui dort ici[...]
C'est trop beau ! trop !
 
- Boulevart sans
Muet, tout dram(e)
Réunion
Je te connais
 Seul "station" correspond au critère M, guitare et fesses correspondent au critère s.
Vous êtes sceptiques, malgré les régularités que vous pouvez observer ? Alors, approfondissons un peu. 
Je disais que la cacophonie "diables bleus" jouait sur la césure. Avez-vous observé pour le premier quatrain que le deuxième et quatrième vers se font le même écho de "ble" à "Bleu" mais devant la césure ? Sur quatre vers du premier quatrain, trois ont le critère F4 si on ajoute Platebandes. Or, vous avez d'autres cacophonies (Merci Deimier et Malherbe pour ce concept littéraire) : Au poison des escargots...", vous avez le redoublement de part et d'autre de "es". C'est pareil avec "Fenêtre du duc", où on a le redoublement de la première syllabe de mon nom. Notez que "Fenêtre du duc" et "Au poison des escargots..." sont deux vers consécutifs, et ajoutons une quasi cacophonie, du moins un redoublement orthographique pour le mot "Fesses"' qui chevauche la césure, les Fesses la recevant comme une fessée au fouet si on peut dire.
Vous n'êtes toujours pas convaincus ? Avez-vous remarqué ces autres symétries : "Cage de la" et "Kiosque de la", "Fenêtre du" ? Vous trouvez ça anodin ? Moi, pas !
J'ajoute que "Bavardage" est un hémistiche constitué de trois "a" avant un "e" césure lyrique F4 à la Villon, le second hémistiche reconduisant "cages" et "oiseaux" ! 
Vous n'êtes toujours pas convaincus ? Avez-vous remarqué cette autre symétrie, la séquence "-bas" est rejetée à la césure à deux reprise : "Ombreux et très-bas", "Qui dort ici-bas", sachant que l'adverbe "ici" est après la césure au vers 6 : "Et liane ont ici leurs jeux enclos[.]"
C'est bon là, vous ne doutez plus ?
J'ai amélioré la méthode de Cornulier pour identifier les césures et les résultats sont in-con-tes-tables.
J'aurais bien d'autres choses à dire, mais je m'arrête ici pour cette fois.

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