Enluminures (painted plates)
Blog autour de la poésie d'Arthur Rimbaud.
dimanche 2 août 2026
Série sur "Vénus anadyomène" et la lecture actuelle de Cornulier ! (MàJ du 5 août, liens iconographiques et zoliens à la suite de l'article)
mercredi 29 juillet 2026
Débandade de poésie : Ion, Zola, Ingres....
En escapade à Marseille, lieu quasi de pèlerinage rimbaldien, pour aller me chercher une cartésienne identité depuis que j'ai perdu l'ancienne, je fais ce petit article buissonnant.
J'ai lu hier Le Sacre de Rimbaud de Saint-Pol-Roux. Compte rendu à venir.
J'ai relu Ion de Platon. Je compte aussi en rendre compte aussi.
Puis, je lis et relis L'œuvre de Zola. J'ai remarqué une maladresse : plusieurs répétitions rapprochées au chapitre 3 sinon 2 du mot débandade sinon du verbe de la même famille et j'ai pensé à débandade de parfums de Matinée d'ivresse qui m'a toujours paru un tour d'époque supposant une source.
Ce ne sera pas Zola.
Dans le roman du peintre Claude Lantier, le tableau Plein air s'inspire du tableau de Manet Déjeuner sur l'herbe d'abord nommé Le Bain, mais le titre Plein air est un faux-semblant d'allusions à l'impressionnisme. Le titre ne signifie pas la peinture en plein air, mais une idéologie ou la peinture doit célébrer la vie au soleil, ce qui est habituel à Zola lui-meme et ce qui est typiquement rimbaldien. Je prévois une étude de longue haleine sur le sujet.
Enfin, Ingres à peint une Vénus anadyomène en ayant visiblement vu celle de Botticelli, c'est lui qui lance cette mode française au XIXe.
Et notez que Rimbaud joue lui sur l'étymologie anadyomene en décrivant le mouvement vers le haut d'un corps qui sort de l'eau quand les tableaux présentent des poses statiques au-dela même devl'immobilisme inévitable en peinture.
A suivre..n
dimanche 26 juillet 2026
Jadis, la reference vide !
Impossible de me consacrer à mon blog avec autant d'activités. Je me rends aujourd'hui à Orange, la ville d3 tous autres Raimbaut.
Mais voici une piqûre de rappel.
Sur la prose liminaire, je ne suis pas seulement intervenu pour dissiper un malentendu sur les versets centraux. D'ailleurs, je n'ai jamais eu à réfléchir pour dire que "Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !" Est une fin de non-recevoir de la phrase "La charité est Cette clef", c'est la lecture spontanée, évidente et de bon sens.
A cause de Steinmetz et de Molin9, ce paragraphe est lu à contresens par les rimbaldiens qui s'ingeniaient à la suite de Steinmetz à ne pas identifier une mention de la vertu théologie. Molino prétendait corriger un contresens patent de Pierre Brunel qui soutenait et soutient encore que Satan reproche au poète de ne pas croire à la charité, mais Molino formulant que la charité n'était pas la vertu théologale et il soutenait que la négation. Par le rêve concernait les actes maudits pas la charité comme clef ou le festin.
Aujourd'hui encore, même s'ils sont revenus sur leur discours et identifient la vertu thelogale grâce à mes remontrances, Bardel et autres continuent de garder une trace de la lecture de Steinmetz et Molino. Ils disent que le poète cherche la charité comme clef dans la saison au sens non théologique et Cavallaro dans une édition récente doute que l'instruction rejetée soit divine.
Je n'y vais pas par quatre chemins. Il y a de quoi rougir de honte quand les rimbaldiens gardent la moindre trace de la lecture de Steinmetz et Molino et lo7voient avec le sens évident de l'alinéa en question. Je n'ai aucun respect pour un tel niveau de médiocrité analytique. Aucun.
Mais donc, ce qui a été rêvé c'est le festin et là j'ai fait une mise au point qui va au-delà de la lecture spontanée.
Puisque le poète disait "si je me souviens bien" et puisque ce souvenir est finalement nié en tant que rêve cela veut dire que l'alinéa initial Jadisxest une référence vide sur le passé du poète. Le récit chronologique commence à Un soir et il n'y a rien avant dans le récit.
Et justement, les rimbaldoens ont du mal à remplacer ce Jadis. Ils peuvent envisager le festin comme rêve, mais comme ensuite il passe à l'alinéa du soir ils se contredisent et n'elim8nent pas le festin de Jadis dans la suite de leur analyse.
Évidemment, ma découverte sur l'alinéa initial va de pair avec ce que je dis de l'alinéa de Mauvais sang en relevant la reprise du même verbe se souvenir : Je ne me souviens pas plus loin que cette terre-ci et le christianisme. J'ai expliqué en 2009 dans un livre rennois sur les poésies en vers et la saison que les faux souvenirs d'un côté du festin et de l'autre d'un passé limité à cette terre et à la vie dans la chrétienté venaient de l'éducation par les livres. J'ai expliqué aussi cela généreusement sur internet et le forum du site mag4.net, ce qui explique une coïncidence de propos dans le même livre dans un article de Scepi, lequel mentionné mes idées sur Larme et le vers de onze syllabes dans une autre étude d'époque sans citer mag4.net.
Mais la démonstration sur la reprise verbale se souvenir est clairement mon 3xcl7sivite ainsi que l'explication souvenirs qui sont des lectures de livres quand le poète se voit dans le passé des siècles anciens. Ce monde du christianisme est aussi celui de la beauté et de la vie française, un conglomérat de valeurs encore actives au dix-neuvieme siecle et héritées de l'ancien Régime malgré les configurations nouvelles particulières après la Révolution avec notamment l'ascendant de nouvelles valeurs bourgeoises prudhommesques.
Rimbaud dit avoir des ancêtres gaulois, mais il n'a de souvenir dans les vies passées qu'ann3xees au christianisme et à un statut de non-elu dans la vie française. Il ne raconte pas le souvenir d'un gaulois en Gaulevpaienne, par exemple.
Évidemment, les rimbaldiens ont tout fait pour ne jamais admettre une mise au point d'une telle ampleur de ma part.
Eux, ce qui les intéresse, c'est le positivisme du officiellement, pas vu pas pris, ta découverte on ne laissera aucune trace de ton antériorité quand on s'en emparer, etc.
Mouais, les années passent et tout le monde vous voit patauger et que je ris de ce marasme.
mercredi 22 juillet 2026
Festival anadyomène
Je suis le seul qui me rend dans les rues d'Avignon pendant le festival pour fréquenter les bouquinistes sans m'interesser à une seule représentation théâtrale. Les enseignes sont tellement aseptisées, interchangeables et platement racoleuses, sans sujet sur les guerres et la mise en danger réelle de nos sociétés par nos élites que je ne me vois pas aller assister à ces séances d'agora zombie.
J'ai récupéré un bel 9bjet. D'habitude, je n'achète que pour lire, mais là c'était décalé et éloquent : le fac-similé du manuscrit de Verlaine de Odes en son honneur. Parfois, on ressent même le papier sale et graisseux, translucide dans le mauvais sens.
J'ai aussi cinq tomes de Saint-Pol-Roux. C'est un peu cher tout d'un coup, maison n'en trouve pas comme ça des éditionspar definition rares et originales de ce poète.
Il y a un texte Le Sacré de Rimbaud, mais les pages n'étant pas découpées ma lecture devra attendre.
Il s'agit du volume Les Traditions de l'avenir, J'ai aussi Le Trésor de L'Homme, puis en trois tomes la série Vers et Prose 1885-1895 Tablettes, 1895-1914 Ideorealités, 1914-1930 Glorifications.
J'ai manqué un volume de Léon-Paul Fargue dont le titre mentionne Paris. J'adore la prose de Fargue et son imaginaire. Mais je fais avec mes moyens.
Je prépare une étude d'envergure sur Vénus anadyomène face à la lecture de Cornulier.
La lecture de Cornulier à des arguments : la date du 27 juillet, l'influence d'une rime à jeu de mots des Châtiments loupe/troupe, un peu le cercueil de ferblanc, et j'ajouterais un argument auquel il n'a pas pensé : Vénus est l'ancêtre divin que s'attribuer Jules César, acrostiche du Châtiment de Tartufe qui cible Napoléon III.
Malgré tout, la lecture à clef est décevante pour une partie du sonner et son discours immédiat. L'ulcère à l'anus ne se confond pas avec les calculs de l'empereur non plus.
Je dirais qu'il y a en effet un départ du côté des Châtiments mais que malgré tout Rimbaud à basculé dans un autre sujet.
Il y a aussi des erreurs de Cornulier sur l'histoire de la peinture et de la poésie. Le sujet de Vénus anadyomène n'est pas revenu à la mode par le peintre qu'il mentionné, mais par Ingres. Et par soumission à Murphy, Cornulier suit le partage consensus quii sépare les poèmes du cycle belge des quinze autres poèmes remis à Demeny. Non ! Ascione à hete un pavé dans la mare en 8dentif8ant une allusion à l'incendie de Saint-Cloud le 14 octobre. Cela veut dire que Rages de Césars notamment est contemporain des sept sonnets du cycle belge. Ce fait à toujours été ignoré sinon passé sous silence parmi les rimbaldiens ! Ascione en a parlé dans l'édition du centenaire préparée par Borer. Pourquoi ignorer ce fait qui pèse dans la lecture du sonnet.
Je reviendrai sur tous ces éléments prochainement.
samedi 18 juillet 2026
Vénus anadyomène, le sonnet face à l'histoire de la peinture !
Le sonnet "Vénus anadyomène" fait autant que "Le Dormeur du Val" partie des poèmes du tout jeune Rimbaud de 1870 sur lesquels s'abat l'incompréhension du public qui l'orne en guise de commentaire d'un parfait contresens. Le sonnet "Le Dormeur du Val", on le sait, est quasi exclusivement interprété comme un poème pacifiste prolongeant le discours du sonnet "Le Mal" qui vaudrait preuve, alors qu'en 9ctobre 1870 Rimbaud, qui l'a écrit, veut des armes pour continuer la guerre au nom de la naissante République, alors que l'expression "Il dort dans le soleil" signifie la résurrection du Phénix et même du Christ avec ce vers qui en vaut preuve dans "Morts de Quatre-vingt-douze..." : "O millions de Christs aux yeux sombres et doux". Cette allusion à la résurrection christique à été étayée avec d'autres détails à la clef par Jean-Francois Laurent dans un colloque dont les actes ont été publiés par la revue Parade sauvage en 1987. En clair, le soldat est clairement un héros patriotique célébré par Rimbaud et non un repoussoir dans un discours pacifiste. Le contresens est lié à deux problèmes de perception rhétorique. Fier comme des paons de connaître ce qu'est la litote ou l'euphémisme, les enseignants et commentateurs font remarquer doctement que Il dort cela veut dire Il est mort. Le problème, c'est que les phrases du poème répètent à plusieurs reprises cet énoncé Il dort ou le reformuler il fait un somme. En clair, les doctes ne prennent pas en charge le rôle rhétorique de la répétition. L'autre problème de perception vient de la crudité de l'expression finale qui fait une partie du dernier vers : Il a deux trois rouges au côté droit. Les lecteurs se laissent dominer par le sensationnalisme de la 0hrase finale au lieu d'en interroger la mise en perspective symbolique.
Passons à l'autre sonnet.
En général, on lit ce sonnet comme un portrait caricatural et inversé d'un modèle de Vénus. Mais, malgré le titre, le sonnet ne décrit pas Vénus mais une femme sur laquelle on a gravé par dérision le nom de la Déesse.
Et cela change tout. Car des portraits de femmes laides en contrepoint de descriptions de l'idéal féminin, ce n'est pas une invention révolutionnaire de Rimbaud. JOoachim du Bellâtre à déjà décrit une femme l'aide en donnant dans le titre de son poème un nom à ce genre d'inversion : des vers antérotiques (comprenez antiérotiques).
Rimbaud ne tient en rien un discours révolutionnaire et subversif à décrire une femme l'aide dans un sonnet. Si le sonnet est subversif, l'intérêt est ailleurs.
Dans son livre de 1990 Le Premier Rimbaud ou l'apprentissage de la subversion, Steve Murphy a enfin.etablinune lecture de référence pour ce sonnet il manque les sources du côté d'un dizain de Coppée, mais Murphy a identifié dans une pièce de Glatigny le modèle que Rimbaud a démarqué pour de nombreux détails de composition.
Et sur cette base, Murphy a montré que le sonnet de Rimbaud dénonçait les abus d'une classe bourgeoise affectionnant la peinture et la mythologie grecque, mais abusant d'une alheureuse prostituée dont le stigmate christique n'est autre qu'un ulcère à l'anus, signe d'abus de l'ordre de la Sodomie.
Malgré cette mise au point, comme pour "Le Dormeur du Val", le contresens traditionnel continue d'être formulé par l'essentiel des commentateurs, par le public et les enseignants. Rimbaud a fait une Vénus l'aide, et ce serait intelligent et révolutionnaire.
Or, soudainement, depuis quelques années, un nouveau courant interpretatif est apparu, et cela précisément au sein de la revue Parade sauvage créée et toujours contrôlée par Steve Murphy. Benoît de Cornulier a cru possible de démontrer que la Vénus était en réalité un portrait-charge de Napoléon III avec un travestissement pour contourner la censure comme dans le cas du Châtiment de Tartufe. D'autres ont emboîté le pas et dernièrement Christophe Bataillé a publié un article pour récrire la thèse de Cornulier en considérant que c'était l'impératrice elle-même qui était visée. Ce changement suffit plutôt a discréditer la thèse de Cornulier puisque nous basculons dans les identifications instables qui relèvent de la dérivation en chaîne.
Le Châtiment de Tartufe a un travestissement certes imprévisible maiss qui relève d'un discours ostentatoire du côté de la devinette. Ce n'est pas le cas de Vénus anadyomène. Les termes très précis ont du sens s'il s'agit d'une prostituée sinon d'une femme associée à Vénus, et les liens accablants avec Les Antres malsains de Glatigny ne peuvent que dissiper tous les doutes. Ni le sonnet de Rimbaud, ni le modèle fourni par Glatigny n'ont d3 lien avec Napoléon III ou l'impératrice.
Il Gautier en revenir à la lecture fixée en 1990 par Murphy.
Mais, la référence du sonnet étant picturale, je versé cette pièce au dossier. Dans le domaine de la peinture, l'état décide de ce qui vaut ou non, tant au plan de l'exécution qu'au plan des thèmes, on appelle cela l'académisme. Ingrédients s'y inscrit malgré ses exceptions aux règles de l'anatomie humaine. Delacroix sort un peu du cadre. Puis, il y a deux peintres majeurs qui defient les lois. Le premier c'est Gustave Courbet. Le second, c'est Édouard Manet. Rappelons que l'académie avait refusé 3000 tableaux sur 5000 pour un Salon de 1863. Napoléon III avait alors senti la nécessité d'accorder un salon aux non-admis, lequel a été naturellement baptisé Salon des Refusés.
Un tableau, en lien avec des antécédents de Courbet, fait particulièrement scandale : Le Bain de Manet qui sera rebaptisé La Partie carrée, titre venu d'un Watteau, puis Le Déjeuner sur l'herbe.
Dans le roman L'Oeuvre, Zola s'en inspiré en faisant créer en 1863 par le héros Claude Lantier un tableau intitulé Plein air qui superpose la référence au scandale du Bain de Manet à la référence cette fois anachronique à la peinture impressionniste qui s'impose quelques années après avec Onet qui porte le prénom Claude justement. Manet n'est pas le père de la méthode impressionniste. Il reste distinct de ce mouvement.
Or, Mane5 à peint une femme née qui regarde le spectateur à côté d'une autre femme et à côté de deux hommes habillés Côme les bourgeois qui visitent un salon ou des peintures sont exposées. On peut dire que le scandale n'ait de l'abolition du quatrième mur.
Les femmes n'est sont un sujet normal, à condition de respecter des codes : une inscription dans un cadre mythologique par exemple. Même les femmes n'est côtoient des hommes habillés dans la peinture académique à condition que ce soit une scène mythologique.
Manet rompt avec cette hypocrisie au moyen d'une inscription partiellement réaliste.
Rimbaud fait de même. La description caricaturale est partiellement réaliste La entrons de la "baignoire" rappelle le titre initial du tableau de Manet. Le regard d3vla femme nue sur le spectateur à son équivalent dans l'obscénité montrée à la loupe au dernier vers du sonnet rimbaldien.
Pour apprécier le sonnet, ne lâchons pas la proie pour l'ombre.








