Sur la page d'accueil du site Je n'aime pas Arthur Rimbaud d'Alain Bardel, nous apprenons qu'une rencontre aura lieu à la librairie toulousaine Ombres blanches le 9 septembre à 18 heures entre Adrien Cavallaro et le local Alain Bardel lui-même. Puis, nous découvrons juste en-dessous un nouvel article mis en ligne le 29/07/2026 intitulé "Une Pléiade au format de poche" qui passe la rhubarbe et le séné à l'édition des poésies presque complètes de Rimbaud en édition Folio Classique par Adrien Cavallaro. Je rappelle qu'il manque "Poison perdu", le fragment "J'ai mon fémur !" et quelques autres morceaux. Et les éditions pluriversionnelles en édition de poche ne sont pas non plus une nouveauté. Pour le titre de sa recension, Bardel cite une expression de la recension un peu antérieure de Jean-Didier Wagneur, connu pour avoir travaillé avec Jean-Jacques Lefrère. Or, avec la participation de Steve Murphy, Lefrère avait écrit une recension de l'édition d'André Guyaux de 2009 intitulée "Une Pléiade sans étoile". Il faut donc très clairement comprendre les recensions de Wagneur et Bardel comme des armes de guerre tournées contre Guyaux.
Après un chapeau en introduction, Bardel poursuit cette guerre en son nom. Il oppose l'abondance de notes de l'édition de Cavallaro à leur moindre prégnance dans l'édition de référence qu'est la Pléiade, sauf que être abondant ou non en notes relève d'un choix éditorial, puisqu'Olivier Bivort est particulièrement avare de notes de commentaires de textes et dans ses éditions de Verlaine au Livre de poche et dans son édition de Verlaine en deux tomes dans la collection de La Pléiade en 2025. Bardel choisit de comparer le nombre de pages de notes pour les diverses parties du livre Une saison en enfer et il en fait un tableau. Bardel fanfaronne en parlant de "bilan transparent". Je trouve ça plutôt mesquin.
Puisque Bardel s'appuie sur Une saison en enfer, j'en profite pour donner deux exemples flagrants d'insuffisance de l'annotation.
Pour l'alinéa : " La charité est cette clef. - Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !" Cavallaro, sans me citer, reste dubitatif quant à l'idée que l'inspiration serait "divine" et ménage l'idée que Rimbaud rechercherait une forme de charité distincte de la vertu théologale. Il pose une alternative de lecture. J'ai la cruauté de considérer qu'il n'y a pas à réfléchir de manière distanciée à la lecture de cet alinéa. Bien sûr que "La charité est cette clef" c'est l'idée de l'inspiration divine que le poète tourne en dérision en la rejetant immédiatement dans la phrase suivante.
Pour le premier alinéa : "Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient[,]" une fois qu'on a compris que la phrase : "Cette inspiration prouve que j'ai rêvé" annule le "si je me souviens bien", le premier alinéa devient un faux élément du passé. Le "Un soir" ne succède pas au "festin". Est-ce que Cavallaro a bien expliqué cela et qu'à cause de la phrase :" Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !" le vrai début chronologique du récit liminaire commence au ponctuel "Un soir" du deuxième alinéa ? Non, il ne l'a pas fait. Et dans la foulée, il n'explique pas non plus le lien entre ce premier alinéa "si je me souviens bien" et l'alinéa de "Mauvais sang" : "Je ne me souviens pas plus loin que cette terre-ci et le christianisme[,]" alors qu'il s'agit d'une imagerie mentale occidentale calculée, précise et explicite de la part de Rimbaud. Le poète essaie de se souvenir au-delà de cette terre et du christianisme, et il doit retrancher le faux souvenir primordial du festin chrétien.
Ce que je viens de développer, c'est indispensable à la compréhension d'Une saison en enfer, donc c'est bien gentil l'abondance de notes, mais encore faut-il en évaluer la qualité, la pertinence !
Bardel salue ensuite le classement des poèmes dans cette édition. Cavallaro fournit d'abord un ensemble de versions de référence pour chaque poème ou texte, puis il crée une sous-partie consacrée aux autres versions, puis il fournit le texte d'un choix de lettres. En réalité, certains poèmes vont être cités à deux reprises, certains vont être cités dans les lettres choisies et non dans autres versions, ce qui ne va pas sans créer un contenu chaotique, tandis que le choix d'une version de référence peut être discutable. Mais la chronologie de certains textes nous est parfois inconnue et Cavallaro organise aussi des sous-ensembles. Par exemple, il a mis à part les compositions latines au lieu de les mélanges chronologiquement aux productions en français de Rimbaud. Le texte "Un coeur sous une soutane" est placé comme une composition précoce, ce qui n'est pas le cas. La nouvelle a été commencée au plus tôt en août 1870, comme l'atteste la mention "effluves mystérieuses" au féminin épinglée dans une recension du recueil Les Glaneuses de Demeny. Pour les poèmes remis à Demeny en octobre 1870, Cavallaro passe à côté de la vraie datation tardive de "Rages de Césars" où Ascione a repéré une allusion à l'incendie du château de Saint-Cloud le 14 octobre au cours de la guerre franco-prussienne, et ce remaniement de datation semble concerner également "Le Châtiment de Tartufe". Il y aurait plus de poèmes composés en octobre qu'on ne l'a cru jusqu'à présent.
Il y a d'autres anomalies du classement pour ce qui est de la perception chronologique de "Tête de faune", "Le Bateau ivre", etc., mais je n'entrerai pas ici dans les détails.
Certes, Cavallaro donne un grand nombre de versions des "Effarés", je ne sais pas s'il donne celle d'une écriture inconnue ou de Berrichon conservée aux Etats-Unis, il donne aussi les versions des Poètes maudits, mais petit bémol il met en doute que les versions utilisées pour Les Poètes maudits soient des versions autonomes. Je précise qu'on n'a aucune preuve que le manuscrit de "Voyelles" utilisé par Verlaine soit celui de Blémont, aucune preuve que le manuscrit utilisé pour transcrire "Oraison du soir" soit celui de Valade, que les textes des poèmes "Les Assis", "Les Chercheuses de poux" et "Le Bateau ivre" viennent nécessairement de manuscrits qui nous sont inconnus, puisque Verlaine n'a pas eu accès aux manuscrits de la transmission Forain-Millanvoye, ni au manuscrit à la ponctuation très différente du "Bateau ivre" qui nous est parvenu.
Je remarque que Bardel, sans me citer, reprend l'argument que j'ai souvent formulé : la date "Mai 1871" est factice ou plutôt fictive, puisque le poème décrit un repeuplement en juin.
Mais passons à la partie sur l'établissement du texte. C'est l'occasion une nouvelle fois pour Bardel d'exercer la machine de guerre contre Guyaux. Bardel oppose la mise à jour de l'édition de la Pléiade en 2021 à l'édition de 2026 de Cavallaro. Il dresse dans un tableau dix-sept différences d'établissement du texte, et en considérant systématiquement que Cavallaro a raison et Guyaux tort. Or, il y a des choses à dire et la dernière vous fera dresser les cheveux sur la tête comme pourrait vous narrer Hugo.
Première observation, il manque un dix-huitième cas, puisque dans une révision en 2014 de son édition Guyaux avait corrigé "outils" par "autels" dans le texte d'Une saison en enfer.
Il y a des gens qui croient intelligent de contester que "outils" soit une coquille pour "autels". Il y a des gens qui ont un mal fou à comprendre pourquoi "les autels les armes" a du sens dans le texte de Rimbaud, un sens lumineux, alors que "les outils les armes" ça n'a pas de portée. Sur ce point-là, j'aurais beaucoup aimé que Bardel vante le scrupule philologique de Cavallaro maintenant la leçon "outils" contre le bon sens de la leçon manuscrite autographe "autels". J'aurais trouvé ça rigolo, pas vous ?
Je passe sur les points de débat pour l'absence ou non de ponctuation, je veux passer aussi sur les coquilles, mais pour "bombillent" Bardel dénonce que Guyaux ait conservé la coquille (alors que pour "outils" Bardel et toute la clique le conspuent de penser comme moi l'évidence et de rétablir "autels"), la coquille "bombillent" étant une réalité de fait de l'édition des Poètes maudits. Cavallaro a cette fois corrigé d'autorité en "bombinent". Normalement, il aurait dû transcrire "bombillent" s'il suivait rigoureusement son principe, et mettre en note "coquille probable", non ? J'en profite pour préciser qu'à propos de "bombinent", verbe utilisé par Rimbaud avec la même graphie et conjugaison dans "Voyelles" et "Les Mains de Jeanne-Marie", au-delà de l'évidente reprise du "bombinans" en latin de Rabelais, j'ai relevé des emplois conjugués de ce verbe au dix-neuvième siècle et j'en ai fait une petite recension sur ce blog, j'ai trouvé "bombine" par exemple. A ma connaissance, aucun rimbaldien n'a jamais cité des emplois de ce verbe avant Rimbaud, et Cavallaro en tous cas n'en fait rien lui non plus dans les notes au poème "Voyelles" de son édition. Moi, en fouillant sur internet, j'ai trouvé des emplois conjugués du verbe "bombiner".
Pour "Angoisse", Bardel célèbre Cavallaro de corriger "Amour, force !" en "Amour ! Force !" Or, c'est moi qui ai signalé sur ce blog qu'il fallait corriger en "Amour ! Force !" avant la sortie de l'édition de Cavallaro, et précisément j'ai fait remarquer que dans son édition des Illuminations Bardel ponctuait encore comme Guyaux le fait, soit par une virgule, soit par un point-virgule, au lieu de correctement identifier le point d'exclamation. Comme par hasard, juste après mon intervention, Cavallaro fournit la leçon exacte, qui était d'ailleurs déjà employée par le passé et qui était soutenue par Albert Henry contre Guyaux, et Bardel lui en attribue le mérite... Ben, tiens !
Et enfin, j'en arrive au vers de "L'Homme juste", Bardel reproche !!! à Guyaux de maintenir des crochets et surtout d'inscrire une hypothétique virgule dans ces crochets, et félicite Cavallaro d'avoir évité et le crochet et la virgule pour ce monstre incorrect en français : "- Ô j'exècre tous ces yeux de Chinois de daines". Ce qui est extraordinaire, c'est que dans cette machine de guerre tournée contre Guyaux, même sur le point où Cavallaro s'aligne sur l'édition de Guyaux Bardel trouve moyen de claironner que Cavallaro ne fait pas une erreur de Guyaux.
Mais si, mille fois si ! La leçon "de daines" vient de Guyaux en 2009. Donc, sur ce point précis, Cavallaro est redevable à Guyaux pour l'établissement de son texte, tandis que le reproche fait à Guyaux de réintroduire une virgule au moyen de crochet est insensé, puisqu'au contraire c'est une loi imposée par l'hypothèse du déchiffrement "de daines", c'est Cavallaro qui a tort de faire passer telle quelle une formulation agrammaticale : "de Chinois de daines".
J'ajoute que contrairement à ce que prétendent Guyaux, Cervoni, Cavallaro et après beaucoup de temps à ne pas se prononcer Bardel, Murphy et Cornulier, il n'est pas écrit "de", mais "ou" sur le manuscrit. C'est un "o" mal bouclé. De fait, le mouvement de la main de Rimbaud offre d'étroites similitudes entre l'écriture du "d" et du "o" au plan manuscrit, mais il s'agit ici clairement d'un "o" mal bouclé avec la remontée caractéristique du "o" pour passer à la lettre suivante en écriture cursive. Si on vous dit que la graphie de Rimbaud ressemble à un "d" sans vous inviter à comparer avec des "o", vous allez le croire volontiers, mais si vous comparez les "o" et les "d", vous comprenez vite qu'il s'agit bien d'un o" tandis que la lettre suivante est clairement un "u" et en aucun cas un "e". Bardel, Cavallaro, Murphy et Cornulier vous manipulent dans l'argumentation.
Il y a aussi le plan du sens à prendre en considération : "- Ô j'exècre tous ces yeux de [c/C]hinois ou daines", il y a un mouvement d'humeur de l'énonciation rimbaldienne. Ô j'exècre tous ces yeux de minauderie à la chinoise ou minauderie à la manière d'une biche, ô j'exècre ces yeux de chinois ou daines ou je ne sais quoi de complaisamment gentillet. Il y aune désinvolture lyrique forte que sacrifient avec un mépris hallucinant Cornulier, Murphy, Cavallaro, Guyaux, Cervoni et Bardel qui visiblement ne comprennent rien à la psychologie de Rimbaud. Que veut dire : "de Chinois de daines" ? Comment expliquer la psychologie du poète qui offrirait un cas d'indécision en contradiction flagrante avec l'élan de sa colère passionnée : "Ô j'exècre tous ces yeux de Chinois, de daines, de machins, de bidules, de trucs, de gnagna". Vous croyez vraiment que c'est cet ordre d'idée qu'exprime le poème de Rimbaud ? Heu ? Vous savez lire ?
J'arrête là ma recension. Bardel se lance dans des énormités sur l'établissement du texte des Illuminations. Je pense que ces idioties tomberont d'elles-mêmes. Il me suffit de montrer de manière piquante comment la machine de guerre contre Guyaux finit en allégeance à un point de vue erroné de Guyaux sur un vers du poème "L'Homme juste".
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20h
Ici, je vais ajouter avant minuit j'espère le texte de l'édition Rimbaud l'obscur où Bardel se moque de Guyaux qui ne met pas le bon signe de ponctuation dans Angoisse, mais il ne s'agit pas du point d'exclamation. C'était seulement l'année passée !!! On a bien une constante comportementale contre Guyaux, la mise en évidence du point d'exclamation est utilisée comme un effet d'aubaine.
Il va de soi que mes opposante n'ont aucune bonne foi quand ils imposent la leçon " de daines", quand ils contestent la leçon "autels" et quand ils soutiennent que la pagination est autographe pour les manuscrits des Illuminations. Ils font de la politique, pas de l'analyse rimbaldienne.
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MàJ 07 aout 9h30 :
Dans son édition du poème "Angoisse" du livre Rimbauď l'obscur parue l'année passée, Bardel écrivait comme Guyaux "Amour, force !"
C'est moi qui ai averti de cette erreur et sur ce blog et dans un mail à tous les éditeurs avant la parution du Folio Classique, erreur déjà dénoncée par Albert Henry, mais refoulée par Pierre Brunel, Guyaux lui-même et d'autres, dont Bardel lui-même. Cavallaro n'a aucun mérite particulier dans mise au point, même s'il pourra toujours prétendre que son choix pour l'édition était déjà établi quand je suis intervenu publiquement, puisqu'Albert Henry et même des éditeurs plus lointains avaient déjà fixé cette leçon. Mais surtout malgré cette erreur, Bardel fulmine déjà contre Guyaux pour une autre erreur. En effet, " Jeunesse de cet être ci " n'est pas suivi par une virgule comme le rapporte et l'édite Guyaux, mais par un point-virgule. Il y a un point qui bave un peu au-dessus de la virgule, mais avec un espace net entre les deux éléments du signe de ponctuation. Seulement, Bardel ne voyait pas l'erreur voisine tout aussi visible pourtant. Maintenant, il a un autre jouet pour produire du sarcasme contre Guyaux.
Il prend les prétextes comme ils viennent pour se défouler. C'est une réalité de fait qui n'a rien à voir avec l'application philologique, d'autant que Bardel ne fait même pas un historique de cette mise au point qui lui avait échappée. Tout ce qui compte manifestement pour Bardel, c'est de s'en servir pour boxer Guyaux et faire mousser Murphy ou Cavallaro. Est-ce normal ?
Pourquoi Lefrère, Wagneur ou Bardel signent (cas de "Une Pléiade sans étoile") ou écrivent les recensions rancunières à l'égard de Guyaux à la place de Murphy ?
C'est déjà bien curieux.
Sur "de daines", la bande à Murphy donne dans les faits raison à quelqu'un, Guyaux, qu'ils passent leur temps à critiquer pour ses mauvais yeux, mais sans reconnaissance. Ils écrivent systématiquement leurs articles comme si c'était Cavallaro qui avait déchiffré un "de", ce qui est malhonnête intellectuellement. Bardel écrit sur l'article auquel je renvoie dans cette recension : "cette fin de texte semble toutefois avoir trouvé sa solution définitiven grâce à Adrien Cavallaro". Je n'hésite pas à écrire noir sur blanc que nous sommes en pleine imposture intellectuelle, puisque c'est un fait que Cavallaro reprend la solution telle quelle de Cervoni/Guyaux. Quant à l'absence de virgule, il ne s'agit bien sûr pas d'un progrès qui pourrait rendre la solution... définitive. Cette absence de virgule est grammaticalement indéfendable ! Et surtout elle rend le déchiffrement douteux. Et c'est d'autant plus malhonnête que Bardel tait la contestation que je fais avec "du", comme Bardel et Cavallaro taisent la comparaison des "o" et des "d". Je rappelle que de 2009 à 2025, Murphy, Bardel et Cornulier se sont tus ou n'ont jamais adhéré à la lecture "de référence" de la Pléiade "de daines" !!!
Ils se trompent de toute façon parce qu'il est bien écrit"du" et non "de". Ils ont besoin de contourner ma solution évidente pour contrôler la situation de maîtres universitaires seuls aptes à juger des textes de Rimbaud.
Vous avez un image qui montre sur trois étages "oudaines" (défaut d'espacement), "denfants" (défaut d'espacement et de formation de la petite apostrophe) et "soudaines". N'importe qui d'intelligent voit bien que le "o" de "ou daines" est identique de formation au "o" de "soudaines", et je précise que nous avons précisément la rime enrichie de Rimbaud entre "oudaines" et "soudaines", à tel point qu'on pourrait même envisager comme hypothèse que c'est parce qu'il pensait par anticipation à cette rime enrichie que Rimbaud a raté l'espacement entre "ou" et "daines". N'importe qui d'intelligent voit bien que le "d" dans "denfants" est distinct. La courbe droite de la lettre remonte plus haut pour un "d" que pour un "o". Comparez "denfants" et "daines" et aussi avec le "d" de "soudaines". Le "o" est mal bouclé, mionte un peu haut, mais la discrimination entre "o" et "d" n'en reste pas moins perceptible !
Le point d'exclamation ne gêne pas la reconnaissance d'un "u". Cavallaro essaie de faire croire que le point donne l'illusion de la remontée de boucle du u par le bas, mais qu'en fait elle n'y est pas, sauf que si on laisse ce point à l'autre versant du feuillet, on a toujours un "u", il est simplement mou dans sa finition. Il n'y a aucun bouclage d'un "e", strictement aucun !
Et je rappelle que "yeux de Chinois de daines", ça ne veut rien dire en français, ce n'est pas simplement incorrect grammaticalement, ça n'a AUCUN sens. Aucun, vous pouvez chercher, ça n'a aucun sens. Cavallaro ne veut pas rétablir la virgule, soi-disant au prétexte d'un respect philologique des textes. Mais on a vu que son respect philologique n'est pas constant, il fait des choix selon des convictions. On le voit. Cavallaro corrige la coquille de la revue Lutèce "bombillent" en "bombinent". C'est une contradiction flagrante avec son principe de respecter les lacunes de ponctuation des manuscrits de Rimbaud, principe que moi je ne suivrai jamais, partant du principe qu'une lacune invite à compenser par le signe de ponctuation minimale. Cavallaro ne corrige pas la coquille "outils" par "autels" malgré le manuscrit autographe indiscutable du brouillon correspondant, malgré l'évidence pour le sens. Il corrige "bombillent" en revanche ou ici il falsifie un vers de "L'Homme juste" avec "de daines", donc il ne peut pas prétendre à un scrupule philologique authentique, il opère des choix subjectifs, il prend parti ! Et il le fait mal. Corriger "ou daines" e "de daines" est clairement une imposture intellectuelle, je l'écris noir sur blanc.
J'ajoute que sur la copie d'un quintil de "L'Homme juste" biffée par Verlaine, Bardel attribue à Cavallaro une mise au point qui est faite depuis longtemps par Murphy et d'autres. Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?
Pour "Paris se repeuple", même si Murphy en a cité les variantes du Reliquaire annoté par Vanier, sans l'avoir consulté directement lui-même, au sujet de "L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple", je précise que j'ai publié un article "Mais que sont devenus les manuscrits de Paris se repeuple et Poison perdu ?" dans un volume collectif lié à la revue Parade sauvage et paru aux éditions Classiques Garnier. Je possède des photographies des quatrains manuscrits non reportés par Murphy dans son édition fac-similaire, le tome IV des oeuvres complètes de Rimbaud chez Honoré Champion. Dans cet article, j'ai problématisé la délicate identification des majuscules des quatrains reportés par Vanier, j'ai souligné que du coup il y avait des contradictions de ponctuation entre les marques des paroles rapportés dans le texte imprimé et dans la partie manuscrite due à apparemment Vanier. J'ai aussi précisé que j'avais trouvé sur le site Gallica les épreuves de l'édition des Poésies complètes de Vanier. Je précise donc que la correction : "L'orage a sacré ta suprême poésie" ne figure que sur l'exemplaire du Reliquaire que j'ai en photo, mais pas sur les épreuves disponibles sur Gallica qui datent de juillet, sachant qu'il y a plusieurs jeux d'épreuves. Le vers n'est plus jamais corrigé. De deux choses l'une, ou Vanier et ses protes ont oublié de faire la correction et n'en ont plus tenu compte ne consultant même pas le manuscrit par la suite, ou la variante était de l'invention de Vanier et il y a renoncé, mais l'exemplaire annoté du Reliquaire est scrupuleux, et c'est pour ça qu'il serait bien de publier les photographies fac-similaires. Enfin, il y a une variante de la première idée. Vanier n'aimait pas la césure sur le possessif et trouvait naïvement que la césure avec un "e" surnuméraire passait mieux.
Murphy, Cavallaro, Bardel, etc. s'appliquent à ne surtout pas citer ma contribution. Pour "L'Homme juste", la leçon définitive, c'est moi qui l'ai apportée en 2009. Demandez une expertise à Thierry Bodin maintenant... Sans lui fournir de pots-de-vin de préférence...