dimanche 16 août 2026

Voyelles et Armand Silvestre, ne restons pas les Lèvres closes

A propos du sonnet "Voyelles", la première démarche, c'est d'inspecter la tradition poétique à laquelle le sonnet pourrait se rattacher. Le sujet du poème ne semble correspondre à rien de connu. Cette désespérante rareté peut devenir une force si on trouve les pépites qui s'en rapprochent le plus.
On ramène un peu vite le sonnet à une variante radicalisée des "Correspondances" de Baudelaire, sachant que le sonnet de Baudelaire lui-même s'inspire d'Hugo, de Lamartine, de Chateaubriand et bien sûr de la littérature allemande à l'origine de cette mode littéraire, E. T. A Hoffmann notamment.
Mais le sujet du poème, c'est les voyelles, et donc on pourrait dire la langue, le langage, l'alphabet, mais une langue, un langage et un alphabet symboliques puisque cela ne relève pas d'une confrontation au potentiel humain, mais d'une explication de l'univers même. Il y a un modèle biblique connu, le verbe divin johannique et bien sûr j'ai nettement insisté en 2003 sur l'importance des métaphores hugoliennes du livre, de l'alphabet, des lettres d'or, etc., dans le recueil Les Contemplations. Le poète perce les secrets de l'univers parce qu'il sait lire le livre de la Nature. Il ne s'agit pas de penser que Rimbaud ni Hugo y croient, il s'agit simplement d'identifier le jeu littéraire. J'ajoute que le recueil Les Contemplations parle d'une vie confrontée à l'expérience du deuil. Justement, dans le dernier tercet de "Voyelles", Rimbaud a repris l'image du poème final de la première série de La Légende des siècles, celle du "clairon suprême" retourné en "Suprême Clairon", comme l'a montré jadis Barrère dans un ensemble article et livres que les rimbaldiens rechignent à mentionner dans leurs notes bibliographiques au poème. Ce "clairon suprême" dans le poème "La Trompette du Jugement" suppose là encore une relation à la mort. Il se trouve que dans "Paris se repeuple", Rimbaud a associé les mêmes mots : "strideurs", "clairon" et "suprême". Au-delà du cheminement du mot rare "strideurs" via Buffon et O'Neddy, lequel écrivait l'hémistiche "La strideur des clairons" dans une scène de mort au combat, il est clair que Rimbaud pense les "strideurs" du "clairon" comme l'expression de la suprême poésie du martyre de Paris en tant qu'entité communarde collective. Il l'a écrit explicitement dans "Paris se repeuple", poème où il parle de "cité belle" comme il parle de "lèvres belles" dans "Voyelles", poème où il parle de la danse de Paris dans les colères comme il est question du rire dans la colère des entités féminines de "Voyelles". Dans la mesure où d'autres rapprochements contraignants peuvent être établis entre "Voyelles" et "Les Mains de Jeanne-Marie", il est difficile de ne pas voir que le sens donné à ces mots dans "Paris se repeuple" ne peut pas avoir été absent à l'esprit de Rimbaud quand il composait "Voyelles". Et le martyre de "Paris se repeuple" parle de morts et d'une renaissance avec un souffle de renouveau.
On pourrait se dire que le danger est de passer du coq à l'âne en considérant maintenant la présence du mot "latents" dans le recueil Les Renaissances de Silvestre, lequel a écrit plutôt contre la Commune sous le pseudonyme de Ludovic Hans.
On ferait une marqueterie de rapprochements autour de "Voyelles".
Toutefois, j'ai insisté sur une vie confrontée au deuil pour Les Contemplations et sur l'idée que les morts de la semaine sanglante n'empêchent pas de considérer que le souffle de progrès de la capitale va continuer d'alimenter le monde. Or, le recueil de Silvestre est précisément sur ce même motif d'une vie qui passe par l'épreuve de la mort, le titre en est l'explicitation : les renaissances. Notez que dans l'Album zutique Rimbaud a reporté en colonne le sonnet du "Trou du Cul" et son quatrain "Lys" parodiant le premier recueil de Silvestre, puis sur la page suivante il a transcrit une autre colonne qui commence par le poème "Vu à Rome" surtitré "Lèvres closes" en référence à un recueil de Léon Dierx. J'affirme clairement que des mots clefs de poèmes des Lèvres closes sont repris par Rimbaud dans "Vu à Rome", n'en déplaise à Yves Reboul ou à d'autres qui, frustrés de ne savoir les exploiter, préfèrent aller chercher l'interprétation sur un autre terrain. On remarque aussi le lien évident à la spiritualité dans le conflit entre le nom de capitale du catholicisme si on peut dire, Rome, et la mention métaphysique "Lèvres closes" et finalement on se rend compte sur le manuscrit de l'Album zutique d'un vis-à-vis de deux parodies de recueils parnassiens récents de poètes particulièrement en vue, Léon Dierx et Armand Silvestre, et les deux recueils s'intéressent à une métaphysique de la vie confrontée au néant chez Léon Dierx et à la mort chez les deux. Léon Dierx est né comme Leconte de Lisle à l'île de la Réunion (Lacaussade et Parny étaient dans le même cas), et il en était un disciple plus prononcé si on peut dire. Or, le poème des Renaissances où Silvestre emploie l'adjectif "latentes" à la rime est précisément dédié à Leconte de Lisle, et j'ajoute que peu de poèmes plus loin une pièce conséquente est dédiée à Philothée O'Neddy, le poète qui a associé avant Rimbaud "strideur" et "clairon", mais en employant le premier mot au singulier et le second au pluriel, ce que Rimbaud a inversé dans "Voyelles" et "Paris se repeuple".
J'ajoute à propos du titre de Dierx Lèvres closes, titre que Rimbaud a donc directement mentionné dans le corps de l'Album zutique, qu'il entre métaphoriquement en résonance avec le titre "Voyelles", puisque dans les deux titres il y a l'idée que la langue se déchiffre essentiellement dans la résonance mentale spirituelle des artistes.
 Le recueil Les Renaissances est composé de quatre parties : "La Vie des morts", "Les Vestales", "Paysages métaphysiques" et "A travers l'âme".
La longue pièce "La Gloire du souvenir" datée de 1872 n'en fait pas partie.
La section "La Vie des morts" commence par une longue pièce composée de plusieurs poèmes détachables intitulée "La Nature". Nous avons une "Introduction", puis des poèmes numérotés : "I Les Arbres", "II Les Broussailles", "III Les Sources", "IV Les Nuages" lui-même composé de plusieurs poèmes, "V Les Astres", "VI La Mer", "VII La Neige", "VIII Les Voix", "IX Les Parfums" et enfin un "Epilogue". Je vous laisse méditer sur l'effet de cette énumération. Notez les deux derniers titres de la série numérotée. Le titre "Les Voix" est celui qui, fatalement comme on dit en Belgique, se rapproche le plus du titre "Voyelles" ou "Les Voyelles", tandis que le titre "Les Parfums" devrait avoir de bonnes chances de vous faire penser aux "Correspondances", surtout si je cite son dernier vers ostentatoirement baudelairien : "Des parfums infinis, tièdes et pénétrants." Il y a d'autres emprunts à Baudelaire dans ce poème de Silvestre.
C'est ce poème "Les Parfums" qui contient le vers : "Les charnelles senteurs des verdures marines" que je rapproche spontanément du vers : "U, cycles, vibrements divins des mers virides," de "Voyelles".
 Après cette série intitulée "La Nature" où les poèmes je le précise ne sont pas des sonnets, nous avons donc une série de cinq poèmes dédicacés "A Leconte de Lisle" réunis sous le titre "Le Doute", et l'adjectif "latents" figure au pluriel dans le premier quatrain du deuxième de ces cinq sonnets :
 
La Mort revêt d'éclat la Nature éternelle
Et c'est elle qui fait la gloire du Printemps !
Aux germes sous la pierre endormis et latents
Elle garde l'honneur d'une forme nouvelle.
 
Notez déjà "La Mort revêt d'éclat" en écho aux "mouches éclatantes".
Je pourrais vous citer la suite du sonnet où il est question de "temple de Cybèle", de "grande Nourrice", de "derniers enfants" qui "boiront notre âme au bout de sa mamelle", de "nouvelle vie" et de "grand renouveau", du "monde des fleurs qui jaillit du tombeau". Au long des sonnets, on passe par l'épreuve du doute : que reste-t-il des morts si on s'en tient à leurs dépouilles, sinon "l'effroi de les suivre", puis l'idée s'impose qu'ils sont une "source sacrée", que ces "frères que pleurait la pâle humanité" sont la "Vie inconnue" qui "fécond[e]". Et "après les adieux suprêmes", ils sont "l'âme errante" qui "emplit l'immensité !" Une "force d'aimer qui survit à la vie" devient une "plainte de l'Esprit" dont la "Matière" trahit l'Echo.
Le quatrain que j'ai cité et qui contient notre adjectif reprend très précisément les derniers vers du premier sonnet :
 
A l'horreur du tombeau l'espérance pardonne,
Et le désir nous prend de la Mort qui nous donne
La gloire de fleurir la robe du Printemps !
Ainsi l'emplacement de cet adjectif à la rime n'a rien d'anodin dans la composition d'ensemble des cinq sonnets !
Vous remarquez au passage que Silvestre affectionne aussi l'emploi de l'adjectif "suprême" qu'il emploie à de nombreuses reprises dans ce mince recueil. En voici neuf autres occurrences :
 
Chantez l'hymne suprême où leur oreille épie
 
- Mon suprême désir me fera tout entier ;
 
Mon suprême désir et mon amour suprême
 
   Raison suprême de la vie,
 
Ce n'est pas toi qui fais ma suprême torture,
 
Et tout ce qui me fut le suprême abandon
     Des Cieux, du Rêve et de la Vie,
 
     Fuir, et pour suprêmes asiles,
 
Jusqu'aux embrassements suprêmes de la Terre.
 On peut pousser le jeu plus loin. Je ne vais pas chercher chez Silvestre tous les mots de "Voyelles", il serait vain de relever toutes les mentions des cinq couleurs clefs du premier vers. Le nom "voyelles" lui-même ne figure pas dans le recueil de Silvestre. En revanche, la mention à la rime du vers 2 de "Voyelles" : "naissances latentes" fait écho au titre du recueil de Silvestre qui est Les Renaissances, mais surtout c'est dans le même et unique sonnet de Silvestre que nous avons à la rime l'adjectif "latents" et la forme participiale "naissant" de la famille lexicale de "naissances" : "- C'est l'odeur des jasmins naissant sous les gazons ;" coïncidence que renforce l'écho mentionné plus haut entre "verdeurs marines" et "mers virides". Le mot"candeur" revient aussi à deux reprises dans le recueil de Silvestre, mais avec un emploi au pluriel comme Rimbaud, ce qui dans mon intuition de la langue relève nécessairement d'un emploi plutôt rare.
 
     Comme un rêve de candeur,
 
 De ses jeunes candeurs s'est-elle souvenue ?
Toutefois, le mot "candeur" a déjà une histoire dans les vers de Rimbaud avant sa montée à Paris de septembre 1871.
Silvestre emploie aussi souvent "frisson", et au moins une fois une conjugaison de "frissonner", mais il s'agit d'un poncif qui vient pour dire vite des romantiques.
L'emploi du même nom "rides" que Rimbaud et à la rime est nettement plus rare. Il y a des présences de la rime "étranges"/"anges", puis à défaut du néologisme de Gautier "vibrement(s)" Silvestre emploie fort significativement des mots de la même famille : "vibrante", "vibrante", "vibrations", "vibrer", "vibre" "vibrent".
Le nom "vibrations", l'équivalent exact de "vibrement" est à la rime du vers 3 du premier poème du recueil : "La Nature - Introduction", et il vaut le coup de citer le quatrain pour le rapprocher de celui contenant l'adjectif "latents" et pour apprécier comment Silvestre parle de Matière et Forme de manière spiritualisée comme le fait Rimbaud directement avec ses cinq voyelles-couleurs.
 
L'esprit n'habite pas sous les confusions
D'atomes entraînés dans les métamorphoses ;
- C'est la Forme, oscillant sous des vibrations,
Qui nous montre la Vie au plus secret des choses.
Les voyelles sont précisément illustrées par des formes : "A, noir corset" ou "Gofles d'ombre", etc., à moins que ce ne soit directement par des vibrations : "frissons", "candeurs" ou... "vibrements".
Appréciez d'ailleurs le tercet suivant digne d'un rapprochement avec les "mouches" de Rimbaud :
 
Et la brise, frôlant la cime des bruyères,
En soulevait l'essaim vibrant des moucherons
Dont la lune argentait les vivantes poussières.
 
Le rapprochement peut même s'étendre à "Fêtes de la faim" avec sa leçon biffée : "Puis, l'humble et vibrant venin / Des liserons", sachant que la version "Faim" dans "Alchimie du verbe" suit la mention du moucheron que dissout un rayon...
J'aurais quelques autres rapprochements plus diffus à proposer avec "Voyelles" même, mais puisque je viens de dériver du côté de la poésie de 1872, j'en profite pour préciser que j'ai relevé des vers à rapprocher de "soir charmé" des "Corbeaux" et de "crépuscule embaumé" du "Bateau ivre", ainsi que des vers qui me font penser à l'importance de boire à une source dans "Larme", ainsi qu'à rapprocher des "Mains de Jeanne-Marie".
Je citerai tout cela plus tard, je vais prendre le temps de composer un écrit sur la symbolique poétique du recueil Les Renaissances, je vais étendre ça à d'autres recueils pour préciser la prégnance du sujet à l'époque.
Je trouve ma démarche plus pertinente que celle des rimbaldiens qui en restent à une exploration gratuite de formes analogiques sans conséquence.


*** mise à jour 17 août 8h30

En commentaire sous son article "Ne rallumons pas d'anciennes polémiques" , Bienvenu cite une liste de rimbaldiens vivants consideres comme importants. Je ne peux m'empêcher de commenter cette liste.  Je ne citerais pas Alain Bardel parmi les grands rimbaldiensvni Adrien Cavallaro malgré leur investissement.
Je ne citerais pas non plus Robert Saint-Clair, Denis Saint-Amand, Jean-Baptiste Baronian, Seth Whidden, Frédéric Thomas, Alain.Borer, Gilles Lapointe,  Louis Forestier, Aurelia Cervoni, Yann Mortelette (qui étudié les parnassiens, pas tellement Rimbaud), Georges Kliebenstein (malgré sa découverte en deux temps sur Khengavar). Il ne s'agit pas au sens strictement de rimbaldienscavec des apports décisifs. Dominique Combe a de l'intérêt, mais il n'est pas tout à fait unnrimbaldien chevronné.  Je suis très réservé quant à l'intérêt des études d'autres rimbaldiens. Sans ses éditions en GF, parlerait-on de Steinmetz ?
Sinon, sur " Voyelles", voici qui illustre l'inexistence de réflexion sur le sens du poète des rimbaldiens, Cavallaro fait comme tous les autres (Reboul, Bardel, etc.) et écrit ceci : "le sonnet (....) expérimente, sur le mode de la prétérition, les "naissances" de l'image en motivant l'arbitraire du signe (....)". Depuis 2003, j'explique en vain que ce n'est pas de ça qu'il s'agit, mais qu'il s'agit d'une lecture métaphorique et symbolique sur le mystère de l'univers que fait mine de déchiffrer un poète inscrit dans une tradition littéraire de voyant.
C'edt tellement évident, c'est du pur bon sens.

samedi 15 août 2026

Petite mise au point sur la lutte en cours qu'on "dédai(g)ne"

J'explique ici quelques détails.
Donc il y a quelque temps, avant la publication de l'édition de l'année en Folio Classique, j'ai envoyé un courriel où j'ai pris à témoin quantité d'éditeurs du milieu universitaire ou de grands éditeurs courants ainsi que quelques universitaires pour avertir d'un caviardage à venir des textes de Rimbaud. J'ai refait cela une deuxième fois. Puis, il y a quelques jours, j'ai enlevé les nombreux éditeurs, je n'ai envoyé que deux courriels groupés aux mêmes rimbaldiens et à quelques-uns de plus. Cornulier, Bardel et Guyaux notamment sont inclus dans cette liste. Il y en a d'autres. Dans ces mails, j'ai mis les liens de trois des articles récents mis en ligne sur ce blog. Ils ont donc pu lire la même chose que les gens qui consultent ce blog.
Pour les éditeurs, le silence est absolu. Pour les rimbaldiens, il en va un peu différemment, j'ai eu des réponses privées. Aucune protestation contre ce que j'écrivais, strictement aucune. Mais des avis défavorables sur la lecture "de daines" et l'admission qu'il y a un problème d'arrière-pensées que je mets bien en lumière.
Je précise aussi que je n'hésite pas à parler de manipulation, d'imposture, de caviardage, de falsification. Les faits sont là. On ne peut pas soutenir la bouche en coeur que la leçon "de daines" a été découverte depuis 2009, que la leçon définitive est une phrase incorrecte et asémantique "de chinois de daines", et on ne peut pas faire croire face à une telle assimilation de données que la déformation du texte de Rimbaud est faite avec conviction et sincérité, et c'est une réalité de fait qu'il y a une volonté de détourner l'attention des contestations ce qui implique je le rappelle la pagination des manuscrits. Je reviens aussi très clairement sur le cas du livre de Bernard Teysèdre.
Je fais clairement remarquer le silence de la plupart des rimbaldiens. On est bien face à de la lâcheté intellectuelle que Rimbaud doit beaucoup apprécier de la part de ceux qui se prétendent ses lecteurs chevronnés. On voit bien qu'il y a un problème de comportement collectif, d'autant plus drôle que les publications rimbaldiennes s'accompagnent de belles protestations d'amitiés littéraires, etc., alors que tout est instrumentalisé finalement.
je vais poursuivre le combat. Je ne laisserai même pas passer la possibilité de dire qu'on suspend son jugement. Je rappelle que de 2009 à 2026 ça fait déjà dix-sept ans que certaines cécités volontaires durent. On est face à un problème d'ampleur et ce n'est pas les gens qui disent la vérité qui doivent être intimidés par la menace juridique. Je me battrai, seul, mais je me battrai, parce que je ne supporte pas ce qui se passe.
Je dresse un dossier de points qui me concernent, c'est normal. Je pars dans ce combat solitaire de ce que je subis, je fais remarquer qu'en taisant systématiquement l'existence de ce blog, les rimbaldiens font bien comme si je n'avais été qu'un épisode de personne publiant parmi eux, ils le prennent en compte en le minimisant et évidemment ils taisent le reste ou s'en approprient une part.
Ici, je reviens sans arrêt sur la falsification volontaire des textes de Rimbaud, falisification qui va durer dans le temps, déjà dix-sept ans que ça dure d'ailleurs. En effet, les éditions courantes ne sortent pas tous les jours, l'intimidation des pontes officiels pèse, et il y a des allégeances universitaires à long terme.
"L'Enfant qui ramasse les balles...", "outils" et "de daines", rien que ça ça fait trois altérations du texte de Rimbaud auxquels on pourrait remédier sans peine du jour au lendemain. Ajoutons les lubies d'édition concernant les Illumination.
Normalement, certains devraient se dédire, mais il y a de grande chances qu'ils ne le fassent pas, un peu comme Trump, Biden et les américains dans les guerres qu'ils mènent, c'est le syndrome de celui qui se sent trop puissant et se croit tout permis.

vendredi 14 août 2026

De nouveaux ayants droit des textes de Rimbaud ?

 Lecteurs de Rimbaud, vous êtes priés pour les cent années à venir de lire "outils" et non "autels", "de daines" et non "ou daines" et d'attribuer "L'enfant qui ramassa les balles..." a Rimbaud et non à Verlaine, de lire des alinéas fantaisistes dans "Marine", de considérer les poèmes enbprose comme un recueil ordonné pour ne pas blesser l'amo7r-propre de plusieurs rimbaldiens qui ne voudraient pas avoir à se dédire, d'où leur passage en force sur tous ces sujets.

Ils sont encore en vie et Cavalkaro est même très jeune. Il faut aussi prendre en compte le regard de leurs familles, de leurs enfants : cent ans c'est pas une demande excessive, vous le voyez. Il est vrai que 'de daines" n'est pas une invention de Cavallaro, mais de Guyaux, mais il peut plaider un statut créateur à faire passer à des ayants droit pour "de chinois de daines", une vraie invention.

Pour l'amour-propre des rimbaldiens, embrassons-nous.


-Et si quelqu'un editevautrement le texte ?

- Ah ben non, il n'aura pas le droit. Ou au moins il faudra toujours éditer en parallèle notre version concurrente et suspendre son jugement.


***


Voilà exactement ce qui est en train de se passer.

jeudi 13 août 2026

Le problème n'est pas que d'anciennes polémiques...

Jacques Bienvenu vient de publier un article "Ne rallumons pas d'anciennes polémiques" (cliquer ici). Il souligne qu'un article de Bardel sur l'édition actuelle de Cavalaro des oeuvres complètes de Rimbaud rallume intentionnellement d'anciennes polémiques entre Guyaux et Murphy. Bienvenu veut inviter tout le monde à faire la paix au profit du débat d'idées et espère que tout le monde y mettra du sien. Bienvenu pense également que beaucoup de grands rimbaldiens sont encore en vie et il prétend qu'ils seraient des gens très érudits et très intelligents. Qu'est-ce que l'intelligence si plusieurs rimbaldiens sont très intelligents ? Je ne suis pas convaincu, mais peu importe cet aspect. En tout cas, je ne crois pas à une résolution par le haut où il suffit que les gens reconnaissent qu'ils ont polémiqué et qu'il faut tourner la page.
Moi, je constate des agissements qui ne sont pas simplement de l'ordre de la polémique. Il y a déjà un beau sujet avec la photographie du Coin de table à Aden. Il a fallu une bataille de folie pour qu'on reconnaisse que Rimbaud n'était pas sur la photographie et on le savait dès le départ que ce n'était pas du solide dans le milieu des rimbaldiens.
Il y a maintenant un problème effrayant d'établissement du texte rimbaldien. La personne intelligente, érudite qui réunit une société de chercheurs autour d'elle, c'est Rimbaud, ce n'est pas Murphy ni un autre rimbaldien.
Le dizain "L'Enfant qui ramassa les balles...", il est signé "PV", oui ou non ?
Sur le manuscrit de "L'Homme juste", il est écrit "ou daines" oui ou non ? Parce que ça ne plaît pas, on falsifie Rimbaud et on utilise une erreur "de daines" qu'on a laissé traîner, et comme ça au bout d'un certain temps on s'en remet à cette lecture erronée et on invente que la solution ne vient pas de ceux qui ont établi la leçon "erronée" "de daines", mais on invente des fariboles pour l'attribuer à une autre personne.
Sur Une saison en enfer, est-ce que c'est du bon sens de voir que "outils" est une coquille pour la leçon "autels" clairement attestée de la main de Rimbaud sur le brouillon manuscrit correspondant ?
Moi, je m'en moque des rimbaldiens qui sont en vie et de leur amour-propre. Si on est critique rimbaldien, payé en tant qu'universitaire et promis à une belle notoriété parce que la société fait confiance à vos titres officiels, on a un devoir de vérité. Si on ne veut pas de la vérité, on peut être poète, on peut être écrivain, mais on ne vient pas s'imposer comme critique universitaire déversant la bonne parole.
On peut se tromper, mais il faut que ce soit sincère.
La chronologie des compositions de l'Album zutique, mes publications ont l'antériorité oui ou non sur Bernard Teyssèdre que mécaniquement les rimbaldiens préfèrent citer. Le livre de Teyssèdre a été qui plus fait avec la collaboration étroite de Lefrère en même temps qu'il y avait la bataille de la photographie du Coin de table à Aden. Les manipulations s'interpénètrent.
La pagination en 24 pages d'une partie des Illuminations, elle n'est pas autographe, et je ne vois pas comment on peut être intelligent et présupposer que ça prouve l'ordre d'un recueil pour l'ensemble des feuillets, les non-paginés compris.
On en est à publier des lignes autour des titres "Marine", autour des poèmes "Après le Déluge" ou "Nocturne vulgaire". On présente avec des mises en page arrangées la succession de "Phrase" à cinq poèmes brefs (regardez les blancs de mise en page de l'édition Folio). Mais, bon sang, ça veut dire quoi éditorialement ces "files de séparations", ces lignes au niveau d'un titre ? Vous blablatez là-dessus et vous vous mettez en groupe avec quelques avis d'autorité pour imposer d'éditer des signes qui n'ont aucune signification connue.
Sans arrêt, un groupe de rimbaldiens installés décident de taire les contestations, de piquer les idées d'un rimbaldien qui ne leur convient pas pour réattribuer la découverte à quelqu'un de leur clan ou qui ne les dérange pas. Les contestations sont tues ou minimisées dans les débats.
Le compte rendu de Bardel cite celui de Wagneur et il sera suivi d'au moins un compte rendu dans la revue Parade sauvage . Tout ça c'est du réseautage. En flattant Cavallaro, Bardel ne fait pas que polémiquer avec Guyaux. L'idée, c'est que comme les éditions courantes de Rimbaud sont réservées à des enseignants à la Sorbonne la plupart du temps (Guyaux, Brunel, Forestier, etc.) les chances de Murphy de publier une telle édition étaient quasi nulles et là la date-limite semble passer, mais saluer l'édition confiée à Cavallaro en vantant dans le travail de Cavallaro tout ce qui n'est que la reprise des mises au point ou affirmations de Murphy ce sera compensatoire en terme d'amour-propre, et en même temps comme Cavallaro a des retombées ça permet à long terme d'irradier sur l'avenir du rimbaldisme.
Cavallaro était déjà maximalement cité dans le Dictionnaire Rimbaud de 2021 dont il était codirecteur, alors que, rimbaldien aguerri, je ne savais même pas d'où il sortait. Je découvrais du jour au lendemain un gars abondamment cité. Or, quand on y regarde de plus près, Cavallaro ne dit quasi rien de personnel sur Rimbaud, il fait des synthèses plutôt dociles de ce qui a déjà été dit dans le clan rimbaldien qu'il a choisi. Il sent que la pagination des Illuminations ça n'est pas autographe malgré la guerre désespérée de Bardel et compagnie alors il ne se prononce pas, fait mine que c'est insoluble, mais pour autant il met les deux pieds dans l'étape suivante : éditer les lignes manuscrites farfelues, les "filets de séparation". Au cirque aussi il y a des filets, mais c'est des filets de sécurité pour ne pas tomber.
L'argument de ne pas polémique, mais il ne faut pas rêver, ils vont le prendre dire "oui oui", mais continuer tous les objectifs essentiels à leur réseautage.
- Ouais ouais on ne va pas poléMickey, mais on va maintenir "de daines", "outils", et la pagination autographe quand même, et toutes nos prérogatives. Il y a d'autres sujets sensibles encore.
Non, la critique rimbaldienne est un univers malsain. Point barre pour faire allusion au fameux titre de l'article de Cavallaro.

lundi 10 août 2026

Une autre manipulation : noyer le poisson autour des avancées sur le sonnet "Voyelles"

Les manipulations et arrière-pensées étant claires comme jamais, on ne va pas se priver de décrire d'autres faits. J'ai déjà expliqué sur ce blog les arrière-pensées, manipulations, malveillances liées à l'Album zutique, avec pour imposture intellectuelle le livre de Bernard Teyssèddre qui était planifié pour éviter que je n'occupe une place critique trop importante, trop conséquente sur cet objet littéraire, et n'oublions pas que c'est aussi lié à la rage provoquée par le fait que l'édition de la Pléiade en 2009 des poésies de Rimbaud ait eu la primeur des citations de Belmontet et de quelques autres éléments. Je précise aussi très lourdement que le livre de Bernard Teysèdre est lié également au fait que j'ai attaqué avec Jacques Bienvenu la prétendue identification de Rimbaud sur la photographie dite du "Coin de table à Aden". Dans le livre de Teyssèdre, j'étais cité à peu près exclusivement dans les notes de fin d'ouvrage et dans la bibliographie pour que le lecteur qui ne lit jamais les notes attribue à Teyssèdre mes découvertes et surtout Teyssèdre s'attribuait mon argumentation pour préciser la datation des contributions de Rimbaud à l'Album zutique. Il faut bien comprendre que dans le Dictionnaire Rimbaud en Classiques Garnier, dans la revue Parade sauvage, dans les publications de Bardel sur internet ou sous forme de livres, et désormais avec l'édition des Oeuvres complètes de Rimbaud en Folio Classique, il y a une opération de minimisation de mes mises au point quant à l'Album zutique, ce qui suppose de me reconnaître le moins de résultats possible avec quelques petites réattributions de mes découvertes à d'autres (je mets le pluriel parce qu'il n'y a pas que Teyssèdre).
On m'a explicitement écarté de toute reconnaissance au sujet du "Bateau ivre", pour mettre en avant un article de Steve Murphy où il est écrit noir sur blanc qu'il me remercie de lui avoir fait lire mon article, car bien sûr sans mon article antérieur le sien n'aurait pas vu le jour, et je précise que mes articles sont meilleurs avec plusieurs apports objectifs : "Trajectoire du Bateau ivre" et "Ecarts métriques d'un Bateau ivre", deux articles qu'on ne cite ni dans le Dictionnaire Rimbaud, ni dans le tome I de l'édition de Cavallaro !!! Les remerciements d'époque de Murphy dans son article vous font comprendre clairement le caractère tendancieux de ces omissions.
Il en va de même pour "Voyelles". Certes, cette fois, Cavallaro me cite, il a même le mérite de citer l'article de la revue Rimbaud vivant qui est essentiel, mais il écarte l'article "Consonne" paru dans la revue Parade sauvage qui, même s'il est à reprendre, posait les bases. Il y a toute une opération pour noyer le poisson et bien sûr les articles de ce blog ne sont pas cités, par principe.
Dans l'article "Consonne", je parlais d'une imitation du verbe johannique, du modèle des Contemplations, et j'y donnais des éléments que depuis Cornulier a repris sans me citer : l'alphabet vu dans le ciel, le vers de "Ce siècle avait deux ans" que je rapproche du vers 2 de "Voyelles". En revanche, dans l'article de la revue Rimbaud vivant, je parle de la trichromie rouge-vert-bleu violet sans citer Helmholtz, et j'en explique l'intérêt. Cette idée m'avait été soumise par des non-rimbaldiens intéressée par ma thèse de lecture sur la lumière-parole. En 2010 donc, au même moment que je publiais un article qui faisait suite à une conférence déjà tenue au café Le Procope, la revue Parade sauvage publiait un article court d'un normalien Victor Gysembergh. Celui-ci est devenu connu par ailleurs depuis en tant que découvreur, paraît-il, de manuscrits de l'Antiquité, etc. Cavallaro recense évidemment l'article de Gysembergh qui parle de Helmholtz. Par la suite, sur ce blog, j'ai fait remarquer qu'Etiemble avait été le premier à parler de la trichromie de Helmholtz avec son hésitation spécifique sur le bleu et le violet, et je mentionnais les antériorités de Young. J'ai très peu lu les livres d'Etiemble, mais la source figurait dans le livre de Marie-Paule Berranger que j'avais déjà lu par le passé et lors d'une relecture je me suis rendu compte de cette antériorité, et je l'ai signalée en ironisant sur le fait que les rimbaldiens ne seraient pas ainsi obligés de me citer pour mettre en avant la trichromie rouge-vert- bleu/violet. Cavallaro fournit une note où il cite à la fois Young et Helmholtz et où il mentionne une autre référence dans les livres d'Etiemble, il cite le Rimbaud écrit avec Yassu Gauclère. C'est marrant, parce que ce retour sur un élément du passé de la critique rimbaldienne, c'est à moi qu'on le doit. Et ce qui montre qu'il s'agit de m'en reconnaître le moins possible, c'est que pas un mot n'est dit sur le caractère de complétude du système rimbaldien que je suis le seul à avoir dégagé et exploité : cinq voyelles face à cinq couleurs réparties en deux groupes noir/blanc et trichromie.
Les rimbaldiens, solidaires des maîtres (ce qui n'est pas très rimbaldien en fait ?), soutiendront cent mille fois qu'il y a des coïncidences entre chercheurs, et patati patata.
Alors, passons à la suite. Cavallaro ne fait pas aucun commentaire du sens global du sonnet. Il essaie de faire remarquer à plusieurs reprises que le poème pourrait bien être ironique, mais sans aucune fermeté. Puis, il parle du vocabulaire rare de ce poème, ce qui coïncide là encore avec des articles plutôt récents de mon blog où j'en parle en énumérant les faits : "bombinent", "strideurs", "vibrements", "virides", en soulignant le modèle qu'est Théophile Gautier pour le vocabulaire, pour "vibrements" qui est de son invention (avec le parallèle d'un vers 9 de sonnet), pour l'emploi même de "strideurs" dans un ouvrage contemporain sachant que "strideurs" renvoie aussi à son proche collègue des débuts Philothée O'Neddy.
Enfin, Cavallaro ne parle pas des allusions à la Commune que je fais remarquer dans mes divers articles.
Je vais laisser la question de la Commune pour une autre occasion, les rapprochements avec "Paris se repeuple" et "Les Mains de Jeanne-Marie" impose cette référence comme du pur bon sens et je vais parler d'Armand Silvestre et de l'idéologie du voyant.
Dans l'Antiquité grecque, les poètes de l'époque archaïque étaient assimilés à des voyants, ils étaient inspirés par les dieux. Homère invoque les Muses au début de l'Iliade et de l'Odyssée, il les invoque aussi pour faire le très long catalogue détaillé de la flotte grecque devant Troie, puisqu'Homère fait mine que tous les détails sont vrais, mais que seules les Muses ont pu tout lui rapporter. J'ai déjà souligné sur ce blog des ressemblances frappantes entre "Voyelles" et le début d'un texte d'Hésiode, La Théogonie même je crois.
Homère et Hésiode appartiennent en littérature à la Grèce archaïque. Aux Ve et IVe siècles avant notre ère on passe à la Grèce classique avec les auteurs de théâtre : Eschyle, Sophocle, Euripide et Aristophane, avec aussi les débuts de la philosophie avec les textes de Platon et d'Aristote. Platon a pas mal écrit sur la poésie, mais souvent en exprimant sa défiance et celle de Socrate. Il y a un dialogue célèbre qui s'intitule Ion où Socrate explique que le poète est inspiré par un Dieu, ce qui est dans la continuité de la pensée archaïque, mais l'infléchissement intellectuel, c'est que Platon s'en sert pour l'opposer à la rationalité et à la maîtrise technique des arts. L'idée de ce dialogue, c'est que comme les sophistes, rhéteurs, etc., les poètes et les rhapsodes ne savent pas expliquer les recettes de leurs composition ou de leur récitation, donc ce ne serait pas des arts. Le propos est excessif sur l'absence de techniques, mais en gros un artisan sait apprendre à quelqu'un à faire une table Homère ne saura pas expliquer comment écrire une nouvelle Iliade. Ion étant un rhapsode, quelqu'un qui récite les vers de quelqu'un d'autre et qui se livre à des interprétations minimales de certains passages, Platon et Socrate ironisent aussi sur la confusion du sentiment d'avoir des connaissances. Homère donne l'illusion en surface du grand stratège, mais ni lui ni le rhapsode ne sauraient parler de stratégie en connaissance de cause. Par la suite, Platon approfondira certains points et il mettra aussi au point la notion de "mimesis" (imitation). Je ne vais pas trop m'étendre.
Le dialogue a une structure, il commence par une série de répliques brèves où Socrate pose des questions et Ion y répond. Socrate démontre que Ion est incapable de parler des techniques de son métier et démontre qu'il est contradictoire de prétendre savoir parler de stratégie en commentant Homère, mais d'en être incapable quand il s'agit d'un autre auteur qui ne nous intéresse pas ou qu'on récite mal. Mais Ion utilise un argument de dérobade : il dit que le fait est qu'il parle mieux que quiconque du contenu d'Homère, mais qu'il échoue à parler du contenu d'Hésiode, d'Archiloque, etc.
Pourtant, arrivé à faire admettre à Ion que son métier n'est pas un art, ni celui du poète, Socrate interrompt les questions et fait un exposé d'une certaine durée sur ce qu'il pense, puis les répliques courtes vont reprendre et le dialogue va s'arrêter sur une fin ironique où Ion est sourd à ce qu'il faut entendre.
L'exposé de Socrate est célèbre. Il contient deux éléments importants, d'un côté l'image de l'aimant ou pierre de Magnésie, de l'autre la définition de la poésie comme "chose ailée".
Puisque le poète ne sait pas expliquer son art (pas plus que le rhapsode), c'est que la tradition dit vrai qu'il est inspiré par un dieu. Ne pas savoir s'expliquer est irrationnel. Dans la Grèce archaïque, il s'agit d'une parole divine qui reste tout de même à interpréter. Platon et Socrate déplacent les lignes de compréhension : l'inspiration est divine, mais il ne s'agit tout de même que d'une illusion. L'idée, c'est que l'art de la parole permet de créer des fictions plus libres que ce que les contraintes de la réalité permettent, etc. Mais passons ! Sur la pierre de Magnésie, l'idée est que la pierre de Magnésie est le dieu, la première pierre aimantée est le créateur d'un poème, l'aède Homère, la deuxième pierre aimantée est le rhapsode, et ainsi de suite jusqu'au spectateur charmé en gros, puisque l'aiment attire la première pierre et lui communique son pouvoir, la première pierre attirant la seconde qui récupère à son tour le pouvoir et ainsi de suite.
Cette explication par l'inspiration divine choque évidemment nos savoirs contemporains et nos savoirs actuelles en fait d'analyse littéraire. Platon appartient à un monde des débuts de la science et il touchait encore à la Grèce archaïque avec ses croyances. La Nature était encore un immense mystère. Puis, je rappelle que pour Socrate qui est dans la continuité de la Grèce archaïque lui aussi la vérité appartient aux dieux, l'homme n'a de connaissance que celles du bon sens et du combat des préjugés venus des faux savants. On passe de la prétention à être sage, à celle de celui qui aimerait l'être, sens du mot philosophe.
Or, je tiens tout de même à faire remarquer que la première composition latine de Rimbaud est inspirée de vers d'une Ode d'Horace où il est question de l'élection du poète et Rimbaud cite précisément la pierre de Magnésie dans son poème.
Je pense que demain par une coïncidence extraordinaire un rimbaldien va commencer à nous en parler dans un article de la revue  Parade sauvage ou alors il va nous rappeler que cela a été dit dans un article assez ancien qui a pris la poussière...
J'ai déjà dit sur ce blog que le texte "Ver erat" sur l'élection du poète était important pour méditer la représentation du poète chez Rimbaud, du moins la représentation exaltée, puisqu'il y a une rupture nette dans Une saison en enfer
Le deuxième élément fort de l'exposé de Socrate, c'est le passage "La poésie est chose ailée", passage qui a inspiré un essai de Montaigne, essai dont Izambard a témoigné que Rimbaud l'avait lu en riant aux éclats. Je pense qu'il y a aussi une allusion à ce passage dans la nouvelle Le Chef-d'oeuvre inconnu de Balzac. Dans ses notes au poème "Ver erat", Cavallaro identifie dans les vers latins de Rimbaud des éléments précurseurs des futurs développements du poète, ce qui induit que ce sont des pensées personnelles à Rimbaud, alors qu'en réalité il faut identifier un réseau qui montre que les idées de "Voyelles" naissent de toute une culture littéraire irriguée sur plusieurs siècles et même millénaires !
Le voyant à la manière grecque et le verbe johannique se rencontrent dans "Voyelles" ce qui redit finalement ce qu'il s'est passé à la Renaissance quand coexistaient pour les intellectuels la culture religieuse et la culture grecque.
Quelle est la part de l'héritage scolaire dans les lettres "du voyant" avec des formules telles que "le poète devient voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens" ?
On n'arrête pas de regarder vers le futur en lisant Rimbaud sans voir qu'on ne peut le comprendre qu'en évaluant comment il se nourrit du passé.
Dans "Adieu" d'Une saison en enfer, Rimbaud écrit un passage où il dit s'être leurré en se croyant un démiurge inventant de nouvelles fleurs, etc. Cela entre en résonance avec des passages critiques du Livre X de La République de Platon.
Evidemment, il y a aussi l'influence des recueils hugoliens, de la théorie des correspondances qui a une origine allemande, etc.
Et, dans tout ce développement, il faut encore placer la Nature.
Dans "Ver erat", le culte de Vénus est déjà exclusif, Apollon est écarté, et ce culte est confirmé dans "Credo in unam". Quoi qu'on pense du recul critique de Rimbaud en écrivant "Voyelles", au plan du contenu, "Voyelles" fait partie des professions de foi à la "Credo in unam", ce qui ne sera plus le cas dans les autocritiques de la Saison.
Et j'en arrive au lien à Armand Silvestre.
J'ai déjà fait remarquer une coïncidence formelle. La parodie explicite de Silvestre est dans le quatrain "Lys" qui forme une suite sonnet et quatrain avec le "Sonnet du Trou du Cul" sur une page de l'Album zutique, suite sonnet et quatrain qui a été imité sur la marge gauche par Charles Cros et Léon Valade. Or, sur un feuillet recopié par Verlaine, nous avons la suite sonnet et quatrain pour "Voyelles" et "L'Etoile a pleuré rose..." J'ai déjà fait remarquer que "L'Etoile a pleuré rose...", rien que cet hémistiche déjà ! fait écho à plein de vers à l'image similaire dans les poésies de Silvestre déjà publiées à l'époque. Et il y a une idée de mélange de la vie et de la mort avec le sang au flanc noir final. J'ai fait remarquer qu'employer "latent" à la rime est d'une rareté absolue et que, comme par hasard, Rimbaud le fait dans "Voyelles" à peu de distance dans le temps de sa parodie "Lys", et donc de sa lecture sinon relecture du recueil Les Renaissances de 1869 de Silvestre où figure l'adjectif "latents". Silvestre a un poème intitulé "La Vie dans la mort", il développe une section "Paysages métaphysiques" et au début de son recueil il mentionne à la rime des "verdures marines". Il emploie le nom "rides" à la rime également.
Je vais vous faire un article avec une ribambelle de citations de vers de Silvestre. Ce serait dommage d'attendre un article d'Alain Chevrier, de Marc Dominicy ou de je ne sais qui d'autre sur le sujet, non ?

dimanche 9 août 2026

L'édition de Cavallaro : une "Pléiade au format de poche" ?

Je reviens sur les propos absurdes de Wagneur et Bardeel qui font la promotion de l'édition de Cavallaro en deux tomes chez Folio Classique.
Rien que pour l'article paru dans la revue Parade sauvage sur le déchiffrement du vers de "L'Homme juste", Cavallaro remercie explicitement Murphy et Cornulier pour plusieurs remarques, les associant à une élucidation définitive. Or, Cavallaro ne fait que reprendre tous mes résultats, puisque c'est moi qui ai expliqué par la métrique le redoublement du "ces", qui ait du coup rétabli l'interjection "O" dans l'établissement du vers, qui ai précisé que la partie à déchiffrer ne supposait pas deux syllabes, mais une seule, comparez les solutions "- J'exècre tous ces yeux de chinois à bedaines / à fredaines" et "- Ô j'exècre tous ces yeux de chinois ou daines /, de daines". Cavallaro ne reprend pas "ou daines", mais "de daines" est la reprise telle quelle de la solution que Guyaux et Cervoni m'attribuait en 2009, puisque malheureusement ils ont snobé mon résultat précis "ou daines". Les remerciements à Murphy et Cornulier n'ont donc pas lieu d'être, sauf à leur attribuer la décision de ne pas mettre de virgule peut-être. Cavallaro prétend identifier un "e" et il donne la photographie à l'appui, ce qui est du grand n'importe quoi, puisqu'il n'y a pas le tracé d'un "e". En réalité, Xervoni a confondu le "o" avec un "d" quand elle a vérifié la solution que j'offrais sur un plateau et pour obtenir quelque chose de cohérent elle a décidé qu'elle lisait un "e" et qu'il manquait une virgule. Me considérant probablement comme un traître, Murphy a systématiquement ignoré mon résultat, le citant en le déformant. Il n'avait pas trouvé le résultat lui-même et Guyaux avait failli en avoir la primeur. Peu intelligemment, Murphy s'est enferré dans le déni, et les rimbaldiens de la revue Parade sauvage ont obéi. Voilà la triste vérité toute nue. La solution prônée par Cavallaro est une imposture. Il n'apporte rien du tout au vers, la suppression de la virgule est un argument de foire et l'argument sur le point d'exclamation qui perce depuis l'autre côté du feuillet ne change rien à la lecture d'un "u". Les remerciements à Murphy et Cornulier n'ont rien à faire là, il s'agit d'un acte de propagande pour forcer la décision par un argument d'autorité.
Il est malhonnête intellectuellement de continuer à plaider cette lecture "de daines", j'ai mille fois démontré que j'avais, j'ai donné une tonne d'arguments imparables avec d'autres neufs encore après l'article de Cavallaro, ça suffit ! Remarquez que Bardel ne tranche pas dans son article, il soutient la propragande : on devrait grâce à Cavallaro la solution définitive, ce qui est un propos absurde vu le problème ne serait-ce que du sens de l'expression sans virgule, mais avec manque d'assurance il demande béatement à ses lecteurs s'ils est écrit "de daines" ou bien "ou daines", il maintient une alternative à la solution. Je cite la phrase conclusive de Bardel sur le sujet : "Faut-il lire [...] "de Chinois ou daines" ou les mots "de Chinois de daines" ?"
Il faut lire ce qui est écrit sur le manuscrit : "ou daines". Point barre !
Bardel fait aussi un chapitre sur le quintil barré de "L'Homme juste" en attribuant une élucidation qui a déjà été faite par Murphy dans son édition des Poésies en 1999 et même ailleurs. Moi-même, je l'ai fait ce constat, mais je venais trop tard pour avoir la primauté de la découverte. Pourquoi attribuer cette découverte à Cavallaro ?
Sur "L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple", il y a aussi un chapitre et il trahit à nouveau des arrière-pensées de Bardel et Cavallaro à mon égard. Ils volent au secours de Murphy qui a cité les variantes de l'exemplaire annoté du Reliquaire dans son édition des Poésies en 1999, mais sans le consulter lui-même directement. J'ai fait un article sur le sujet et j'ai aussi indiqué que dans le tome IV de l'édition critique des Oeuvres complètes de Rimbaud chez Honoré Champion par Murphy, celui qui réunit parfois maladroitement vu la miniaturisation de documents tous les fac-similés rimbaldiens connus ou accessibles alors, autographes ou non, qu'il manquait les deux quatrains de la main de Vanier, puisqu'ils sont écrits à la main !!! Et j'ai souligné qu'il y avait des hésitations de ma part sur l'identification ou non d'initiales en majuscule, j'ai souligné des anomalies de ponctuation entre les quatrains et la partie imprimée, à cause des propos rapportés. J'ai fait l'article et j'aurais aimé publier les photos, je vais peut-être le faire bientôt sur ce blog. Or, Cavallaro se vante d'avoir consulté cet exemplaire à Bruxelles, comme s'il prenait en charge de sauver la face à la place de Murphy, et Bardel fait le gars qui considère qu'il faut plus loin lancer l'enquête. Mais, mon article sur ce document n'est pas à l'origine sur ce blog, il est directement dans un ouvrage collectif lié à l'équipe de la revue Parade sauvage. Murphy, Cavallaro et Bardel sont pris en flagrant délit d'omerta sur ce point.
Et j'insiste sur le fait que dans l'article de Bardel il n'y a pas une quantité élevée de chapitres : donc sur "de daines" et un sur "Paris se repeuple", ça trahit bien des arrière-pensées de manipulation mentale où il s'"agit de m'interdire de peser dans le débat rimbaldien, et surtout dans les mises au point !
Maintenant, prenons la sous-partie : "Coups de sonde dans l'établissement du texte". Bardel dénonce dix-sept erreurs de l'édition de Guyaux des textes de Rimbaud dans la collection de La Pléiade et compare cela aux dix-sept mises au point de Cavallaro.
J'ai déjà ironisé sur l'absence du dix-huitième point la coquille "outils" pour "autels" qu'avec un complet manque de lucidité la clique Cavallaro, Vaillant, Bardel contestent, ce qui est digne d'une franche rigolade. Mais, sur les dix-sept points, il y a un exemple de la nouvelle Un coeur sous une soutane et quatorze autres de poèmes en vers. Or, Steve Murphy a publié deux établissements critiques de la nouvelle Un coeur sous une soutane, une en 1991 environ et une dans le tome II de l'édition critique des oeuvres de Rimbaud chez Honoré Champion. Quant aux textes en vers, Murphy les a tous épluchés et établis dans son édition critique de 1999. Il apparaît don avec évidence, même si je n'ai pas pris le temps de vérifier, que sous le masque d'une félicitation pour l'établissement du texte par Cavallaro, Bardel fait valoir les mérites de Murphy contre ceux de Guyaux. Et dans l'opération, la flatterie à l'égard de Cavallaro est indue puisque sur quinze points Cavallaro reprend quinze établissements du texte par Murphy. Le mérite de Cavallaro est nul dans cette affaire et c'est pareil pour la phrase modifiée par Guyaux danbs "Villes", puisque ce fait lui est reproché dans divers articles depuis des années. Cette sous-partie de Bardel n'a qu'une raison d'être, cracher du venin sur Guyaux et le montrer en tort. Quant à la mise au point sur "Amour ! Force !" elle avait échappée à Murphy, ainsi qu'à Bardel. Cavallaro ne semble l'avoir corrigée qu'in extremis au moment de sortie de son édition. Et en tous cas, outre qu'il s'agit d'une leçon ancienne abandonnée à tort, puis défendue par Albert Henry, c'est moi qui ai l'antériorité sur Cavallaro, puisque dans sa rubrique "Actualités" Bardel a mis mon article "Avant-goût d'un compte rendu ample et sévère de son Rimbaud l'Obscur"'. Bardel a lu sur mon blog qu'il s'était trompé en transcrivant "Amour, Force !" et il fait comme si de rien n'était et attribue la découverte à Cavallaro dont l'édition est de quelque temps postérieure à mon intervention.
Nouvelle imposture intellectuelle manifeste, puisque c'est en rendant compte du livre de Bardel que j'ai révélé l'erreur de transcription passée inaperçue et puiusque Bardel a référencé le premier article de ma série de compte rendus.
Passons à la partie "Classement". Bardel encense Cavallaro, mais la vraie raison c'est que Cavallaro a repris la table de sommaire du site Arthur Rimbaud du sieur Bardel se disant rimbaldien. En effet, pour le premier tome de l'édition en Folio Classique 2026, Cavallaro commence par les "compositions latines" mises à part, puis dans une partie intitulée "1870" il réunit en tête "Les Etrennes des orphelins", "Charles d'Orléans à Louis XI" et la nouvelle "Un coeur sous une soutane" avant l'ensemble des poèmes remis à Demeny en septembre-octobre 1870 et il clôt cette série par la prose "Le Rêve" de Bismarck". Cavallaro n'a fait que reprendre le sommaire du début de la section "Tous les textes" de Bardel en écartant les lettres et les sous-groupes de poèmes remis à Banville et Izambard.
 
 Certes, les poèmes remis à Demeny sont redistribués dans un ordre pensé comme chronologique, ce qui reste discutable, pensez à "Rages de Césars" et l'incendie de Saint-Cloud, mais c'est de là qu'est venue l'idée à Cavallaro de mettre d'un côté les trois premiers textes de 1870 "Etrennes", "Charles d'Orléans" et "Soutane", puis d'isoler "Le Rêve de Bismarck" à la fin.
La place d'Un coeur sous une soutane est anormale au plan chronologique, je l'ai prouvé avec "effluves mystérieuses", mais Murphy considérait déjà que la nouvelle pouvait être tardive. Et surtout, ce que fait Cavallaro n'a aucun sens, puisqu'il a créé une zone "Compositions latines". En effet, la lettre de "Charles d'Orléans à Louis XI" est un devoir scolaire et qui plus est dans une pseudo langue de fin de Moyen Âge, elle aurait dû être placée à la suite des compositions latines, pas entre "Les Etrennes des orphelins" et "Un coeur sous une soutane", et il était tout simple de réunir la nouvelle au "Rêve de Bismarck".
Cavallaro est tellement peu personnel que son classement s'inspire aussi du site de Bardel.
Et Bardel a pu fournir une base de départ pour la suite du classement de l'édition de Cavallaro avec quelques petits remaniements singuliers à la marge, ainsi pour "Les Mains de Jeanne-Marie" relégué au début du second tome.
Qui me fera croire aux longues journées de travail de Cavallaro sur son classement ?
Permettez-moi de ne pas tout prendre à bras-le-corps. Je laisse de côté la sous-partie de Bardel consacrée aux "Effarés".
Je n'ai pas la patience de lire le reste, le travail m'a fourbu, je le ferai plus tard, mais je relève aussi que Bardel félicite Cavallaro d'éditer les traits incongrus des manuscrits autour des titres ou autour des poèmes. On est dans le délire de l'importance conférée aux traits de séparation, traits non homogénéisés bien sûr et dont la signification n'a pas un caractère éditorial, ni un caractère clair dans l'absolu. Il faut arrêter d'être zinzin avec ces signes. C'est pareil pour les émargements différenciés de paragraphes dans "Nocturne vulgaire" et "Marine". C'est ridicule les marges des vers 1 et 5 de "Marine". Vous vous donnez en spectacle ! J'y reviendrai de toute façon.
Mais, en gros, pour conclure, sur de nombreux points, établissement du texte, classement, mise en page, Cavallaro est tributaire des travaux antérieurs et la différenciation avec Guyaux vient du fait qu'il suit les mises au point de Murphy ou de son groupe, ce qui n'est pas un tort en soi, mais le mérite personnel de Cavallaro dans tout ça est mince.
Pour les commentaires, Cavallaro collationne sans arrêt les mises au point d'autrui. La marge d'apports personnels est maigre, et j'ai observé que plusieurs fois il formulait ce que j'avais publié sans me citer. Et je rappelle à Bardel une autre malhonnêtété intellectuelle : l'attribution de "rouler sur l'aboi des dogues" comme réécriture d'un vers des "Oracles" de Vigny, ce que Claisse n'a jamais écrit nulle part et ce qui vient de moi, sauf que maintenant grâce à Bardel Marc Dominicy et Adiren Cavallaro se mettent à citer ce résultat sans avoir à citer personne. Ah oui, les mémoires de Maîtrise et DEA de Lettres modernes de 1998 et 2001 n'ont pas été conservés par les universités, mais bon je le possède peut-être encore ce mémoire... Vous voulez mes courriels d'époque à certains rimbaldiens avec les fichiers en pièce jointe ?
Sur internet, j'ai l'antériorité dans tous les cas sur Bardel, Dominciy et Cavallaro. Je remarque aussi les mentions très tendancieuses de Chevrier au sujet de la comédie "Le Bois" de Glatingy, c'est moi et non Chevrier qui ai publié le premier que c'était une source essentielle pour "Tête de faune" dans la revue Rimbaud vivant. Et la rime reprise, je l'ai publiée sur le net, sur ce blog, et elle n'est même pas dans l'article de Chevrier ! La malhonnêteté intellectuelle, ça commence à bien faire ! Je dis cela noir sur blanc, je parle de faits avérés.

Autour de l'utopie intellectuelle du moment !

Donc, en 2026, des rimbaldiens qui ne doutent de rien découvrent la solution de Guyaux " de daines" publiée par Guyaux en 2009.

Moi aussi, je peux faire des découvertes faciles à ce compte-là. Tenez-vous bien ! J'ai découvert que dans le titre "Le Dormeur du Val", il y a un déterminant "le" devant un nom qui est "dormeur". J'attends vos applaudissements.

Hélas ! Il n'est pas écrit "de daines", mais "ou daines".

J'ai expliqué le o mal bouclé,  et pour le "u".il appartient aux tenants de la thèse " de daines" de nous commenter la graphie. On a sur le manuscrit un demi-cercle vers le bas qui ne remonte pas nettement avant la fin, mais c'est suffisant pour faire un "u". En revanche, j'attends qu'on m'explique comment on passe d'un demi-cercle vers le bas à l'identification d'un "e". On est d'accord qu'un demi-cercle vers le bas c'est plus proche d'un u que d'un e. Pour le e, il va falloir bétonner l'explication et ne pas se contenter de jouer sur la suggestion aux lecteurs.

Après, si ce passage est illisible et définitivement indéchiffrable, pourquoi, puisqu'on est en si bon chemin, ne pas remettre en cause tous les manuscrits de Rimbaud. On peut douter de tout comme on veut...

Mea culpa, le vers n'est pas : "- O j'exècre tous ces yeux de chinois ou daines", mais : "- O j'exècre tous ces yeux de bigleux en déroute ".

On a lu à tort "ch" pour "b", puis "nois" pour "gleux". On a cru à tort qu'il était écrit "daines" parce qu'on était persuadé que ça rimait avec "soudaines" mais il s'agit d'une non-rime comme dans les derniers vers. On n'a pas déchiffré "déroute" qu'on a corrompu en "daines" et du coup les deux lettres qui restent c'est un e et un n.


- O j'exècre tous ces yeux de bigleux en déroute !


Mais du coup pour le décompte des syllabes, Ducoffre le moi du passé a tout faux : le o est bien biffé.

- J'exècre tous ces yeux de bigleux en déroute !


Telle est la solution.

Et vivent les lunettes !


Pardon, je ne suis pas encore assez absolument moderne (c'est du bon français ce que je viens d'écrire?).

Si on peut soutenir et publier la leçon " yeux de chinois de daines", ce qui ne veut rien dire, c'est qu'on doit pouvoir plaider un déchiffrement du genre "des yeux de chinois xf ghklm".

Quand je pense que des Wagneur, des Bardel bardés de gratitude, etc.,  crient au génie.

O Murphy beaucoup !