dimanche 2 août 2026

Série sur "Vénus anadyomène" et la lecture actuelle de Cornulier ! (MàJ du 5 août, liens iconographiques et zoliens à la suite de l'article)

Dans son article disponible sur le domaine Hal d'internet : "Le Napoléon III Anadyomène de Rimbaud (1870) : Scruter la croupe en scrutant la rime", Cornulier souligne un point très intéressant. Le titre du poème de Rimbaud semble plutôt renvoyer à un motif à la mode en peinture, et le critique mentionne deux peintures clefs du Salon des Refusés de 1863 : d'un côté une "Naissance de Vénus" d'Auguste Cabanel achetée par l'empereur en personne, de l'autre "Le Déjeuner sur l'herbe" d'Edouard Manet. Il n'omet même pas de préciser que le tableau de Manet s'intitulait alors "Le Bain", mot de la famille du nom "baignoire" figurant dans le poème de Rimbaud.
Malgré la Révolution française, le Salon de peinture et de sculpture est un privilège d'état et les artistes sont sélectionnés par un jury qui fixe des attentes académiques. En 1855, Gustave Coutbet dont les peintures étaient refusées, ce qui soulevait l'indignation d'un Baudelaire, a organisé sa propre exposition en marge de l'Exposition de 1855 et donc de ce Salon qui avait un monopole. En 1863, le jury refusait des milliers de tableaux, ce qui n'était pas toujours injustifié puisque tout le monde pouvait tenter sa chance et qu'il y avait réellement des croûtes, mais les valeurs académiques luttaient contre des forces nouvelles qui voulaient s'en émanciper. Face au problème, Napoléon III a imposé qu'un "Salon des Refusés" ait lieu en même temps que le Salon officiel. Manet a produit le tableau le plus sulfureux du "Salon des Refusés" avec "Le Bain" aujourd'hui connu sous le nom de "Déjeuner sur l'herbe". Ce qui choque, c'est la femme nue qui pose nue assise à côté de deux bourgeois en costume qui pourraient se confondre avec le public venant apprécier les peintures des deux salons. Par ailleurs, cette femme pose un regard sur le public du salon qui brise le quatrième mur., les deux hommes étant plutôt coincés dans la bulle de leur conversation. Il faut ajouter qu'il y a un croisement érotique de la jambe de la femme se terminant par un pied au gros orteil un peu relevé avec les jambes décontractées de l'homme qui lui fait face, jambes dans une position bien décontractées malgré le pantalon. Et l'autre homme a tendance à se pencher se rapprochant du épaule contre épaule avec la femme nue au physique ordinaire. Plus loin, une autre femme est encore dans les joies d'un bain dans l'eau.
Le Salon des Refusés a exposé aussi des tableaux de Camille Pissarro, d'Henri Fantin-Latour (que connaîtra bientôt Rimbaud) et de l'américain Whistler avec sa "Symphonie en blanc n°1 : La jeune fille en blanc", titre inspiré de Théophile Gautier pour un tableau qui a aussi connu un relatif succès à ce moment-là, même si la presse a boudé le "Salon des Refusés" et on peut remarquer que si le tableau de Whistler n'a rien d'aussi provocateur, la femme en blanc a les pieds sur une peau de loup dont la tête a les yeux fixés sur le spectateur, brisant elle aussi le quatrième mur.
Dans son roman L'Oeuvre, quelques années après le sonnet de Rimbaud toutefois, Zola a imaginé un peintre nommé Claude Lantier dont le tableau "Plein air", inspiré clairement du "Déjeuner sur l'herbe", est la pièce qui va faire rire tout le public au Salon des Refusés et en parallèle il imagine qu'un autre tableau a fait scandale à ce moment-là, une "Dame en blanc" dont la "croupe" précisément était mise sous les yeux du spectateur, ce qui aurait pu donner de l'eau au moulin de Cornulier si la référence n'était pas anacrhonique, à moins que Zola et Rimbaud s'inspirent d'un écrit sur le Salon des Refusés dont nous ne soupçonnerions pas l'existence. Mais les déformations du roman semblent relever du tempérament zolien. Le tableau "Plein air" s'éloigne d'ailleurs de la pensée de Manet sur sa propre toile et la mention "Plein air" ne signifie même pas en tant que telle la pratique de la peinture en plein air qui s'est mise en en place avec les impressionnistes, plutôt à partir de 1873. L'idéologie "Plein air" du tableau de Claude Lantier est celle d'une peinture qui doit raconter l'amour du soleil, de la vie au grand air, et sortir du décorum et des murs de l'académisme artistique, s'éloigner d'une fausse nature et en même temps la rendre avec un souci de vérité, et non pas d'illusion romantique. Tout cela appartient en propre au roman de Zola, même si le goût du soleil est à rapprocher de Rimbaud et de son "Credo in unam". Il faudrait trouver un lien allant des tableaux exposés au Salon des Refusés au jeune Rimbaud qui en 1870 compose "Vénus anadyomène".
En effet, il ne faut pas oublier que Rimbaud ne pouvait certainement pas voir facilement une reproduction, fidèle ou infidèle, exacte ou approximative, du "Bain" de Manet. Il nous faut trouver des textes où des expressions et idées clefs imposeraient le rapprochement. On ne peut pas se contenter de trouver comme allant de soi les allusions aux tableaux de Cabanel et Manet. La reconnaissance du tableau de Manet sera d'ailleurs postérieure au roman zolien lui-même qui date pourtant de 1884 environ. Par ailleurs, Cornulier préfère la référence au tableau acheté par l'empereur, tableau qui a le mérite d'avoir pour sujet la représentation de la déesse même. Toutefois, le critique se rend visiblement spontanément compte que la provocation des tableaux de Manet est plus proche du sonnet de Rimbaud que le tableau de Cabanel, puisqu'il ajoute qu'au Salon de 1865, le Salon officiel cette fois, puisqu'il n'y a pas eu d'autre Salon des Refusés, Manet a encore fait scandale avec un autre tableau célèbre : "Olympia", portrait d'une lorette posant en Vénus du Titien en gros.
Le titre "Vénus anadyomène" n'est ni celui du célèbre tableau de Botticelli, ni celui du tableau de Cabanel : "La Naissance de Cénus" pour les deux ("Nascita di Venere" en italien). Et c'est là qu'intervient le compatriote de Belmontet, le montalbanais Ingres. Celui-ci est connu pour "Le Bain turc", "La grande odalisque". Manet en admire "La Source", et un de ses tableaux les plus connus s'intitule précisément "Vénus anadyomène". On peut même dire que "Vénus anadyomène" est un avant-goût du tableau intitulé "La Source". Le tableau a été commencé à Rome en 1808, mais il n'a été achevé qu'en 1848. Ce tableau a été présenté à l'Exposition universelle de 1855. Il va de soi qu'Ingres a la référence en tête au tableau de Botticelli. Sa "Vénus anadyomène" ne cache ni ses seins, ni sa partie plus intime. Plusieurs tableaux érotiques sur le sujet ont suivi par les peintres Bouguereau, Amaury-Duval et aussi Théodore Chassériau dont le tableau en 1838 est antérieur à la finition du tableau d'Ingres, mais pas à son ébauche. Le tableau de Chassériau porte comme celui d'Ingres le titre "Vénus anadyomène", à moins qu'on ne préfère le nommer "La Vénus marine". Le tableau d'Amaury-Duval s'inspire des vers de Musset avec la mention "Vénus Astarté" dont Rimbaud s'inspire aussi dans "Credo in unam" à cause de la torsion de la chevelure : "Et fécondait le monde en tordant ses cheveux". C'est clairement le tableau qui fait la plus forte impression sexuell à cause de la taille du personnage, le vis-à-vis du nombril et du pubis, l'éclat de la peau et la qualité du flanc gauche (à droite pour le spectateur) de la femme avec la tension du bras relevé et le balancement oblique des seins, même si les jambes et les pieds restent assez patauds à la manière de Botticelli. En fait, trois Vénus furent en concurrence au Salon des Refusés, celle d'Amaury-Duval étant alors la moins estimées des trois, le temps ayant travaillé à en rehausser l'intérêt. Le tableau de Paul Baudry s'intitule "La Perle et la Vague", et il a été acheté par l'épouse de Napoléon III, l'impératrice Eugénie de Montijo. Le tableau n'est pas sans mérites, à cause de la représentation des vagues et à cause de la puissance du regard de la Vénus qui, dessinée de dos, tourne le regard vers le spectateur, brisant à nouveau le quatrième mur. Il s'agit d'une femme avec des rondeurs qui a une poitrine plus menue que sa croupe qui occupe clairement le centre du tableau. J'ai l'impression que Zola quand il invente une "Dame blanche" au "Salon des Refusés" a mélangé la référence à Whistler et à ce tableau de Baudry. A cause de son postérieur, cette Vénus en peinture peut faire penser à la chute du sonnet de Rimbaud. On peut envisager des recherches de la littérature d'époque sur le Salon des Refusés et le tableau de Baudry en particulier. N'ayant pas lu l'article de Bataillé, du moins pas encore, sur "Vénus anadyomène" et l'impératrice, j'imagine qu'il a dû exploiter ce filon. Enfin, il y a "La Naissance de Vénus" de Cabanel qui a été acheté par Napoléon III, avec ce parallèle à noter : l'empereur et l'impératrice achetant chacun leur Vénus. En résumé, Napoléon III a acheté une Vénus allongée quelconque mais en position offerte montrant son ventre et ses seins. Plus espiègle, l'impératrice a acheté une Vénus pas très belle, sauf la tête qui a tout l'éclat d'un regard piquant et audacieux tourné vers le public, tandis que la Vénus debout d'Amaury-Duval, plus directement sexuelle, plus proche de Botticelli et Ingres, a été délaissée. Personnellement, je pense que Baudry offre le meilleur tableau des trois à cause de la tête et de la magie de relation du personnage et du décor, Amaury-Duval vient en second, et le tableau de Cabanel je peine à lui trouver de l'intérêt au-delà d'une position sensuelle de femme lascive qui s'abandonne banalement. En tout cas, l'intérêt éventuel pour le sonnet de Rimbaud se diffuse à plusieurs tableaux et le titre "Vénus anadyomène" concerne plutôt Ingres et Chassériau. Il faut écarter Bouguereau qui est anachronique pour notre propre (1878).
Un autre fait m'interpelle. Les tableaux représentent des femmes soit couchées, soit debout, et dans tous les cas dans des poses statiques, alors que le sonnet de Rimbaud a choisi d'exploiter le sens étymologique du mot "anadyomène", la femme du sonnet rimbaldien est décrite dans son mouvement de bas en haut comme une femme sortant de l'eau, sauf qu'il ne s'agit pas de flots, mais du fond d'une baignoire.
Je pense qu'il faut poursuivre la recherche des sources littéraires du sonnet "Vénus anadyomène" et on peut s'intéresser aux discours sur la peinture, voire sur les tableaux et expositions évoqués ci-dessus.
Ceci n'est qu'un premier temps de mon enquête. Dans un prochain article, je vais rendre compte de l'article déjà ancien de Steve Murphy, j'y relèverai les lectures qui faisaient consensus pour bien montrer qu'il y a une vraie difficulté de compréhension de ce sonnet par le public, au-delà de l'éventualité d'une lecture à clef comme le propose Cornulier.
 
 
 
 
Il existe une copie plus petite au Louvre.
 
 
 
 

 
Il y aurait plusieurs tableaux encore à montrer de peintres allemands postérieurs au sonnet de Rimbaud ou bien des représentations venues de l'Antiquité gréco-romaine, mais il faut encore citer le tableau suivant support je présume de la thèse de lecture de Bataillé dans un article que je n'ai pas encore pu lire ni acheter.
 

Le tableau "La Perle et la Vague" a été acheté par l'impératrice Eugénie de Montijo, ce qui signifie que le tableau de Cabanel et celui de Baudry ont eu une même consécration. Notez la coïncidence. Rimbaud a utilisé ce nom Baudry comme nom de plume dans la presse, mais dans la référence à la pièce d'Auguste Vacquerie intitulée Jean Baudry. Cette peinture a le mérite d'offrir un fort point de ressemblance avec la chute du sonnet de Rimbaud. La croupe de la femme est insolemment placée au milieu du tableau et elle est assez large, on pourrait faire une comparaison avec "La Grande odalisque" d'Ingres. Le regard provocant de la déesse brise le quatrième mur. Dans le sonnet de Rimbaud, la croupe tournée vers le lecteur brise aussi le quatrième mur.
Ce qui me dérange dans les lectures de Cornulier et Bataillé (je n'ai lu que le résumé et vaguement la première page de son article), c'est le saut qualitatif, l'espèce de lien sans logique selon lequel la Vénus anadyomène est soit le portrait de l'empereur en travesti, comme pour "Le Châtiment de Tartufe", soit le portrait de l'impératrice.
Dans son roman L'Œuvre, Emile Zola a imaginé une visite du Salon des Refusés de 1863. Il y a eu un premier chapitre sur la rencontre du peintre Claude Lantier et de la jeune Christine. Arrivée de province après un problème de train qui l'a retardée, Christine a fait faux-bond au grossier cocher et s'est retrouvée perdue dans la nuit devant la porte d'entrée du bâtiment où loge et travaille Claude Lantier, la chambre et l'atelier vont de pair. Pour la protéger aussi de l'orage, il la fait dormir chez elle, mais il est bourru avec les femmes par timidité. Pourtant, le matin, alors qu'elle est encore endormie et découvre sa poitrine, il réalise que cette poitrine est superbe et que cette femme est un modèle idéal pour sa propre production artistique. Avec sans-gêne, il commence à la peindre, elle se réveille, est scandalisée, et consent finalement au moins à ce qui la peigne dans cette pose, finisse le visage, cachant sa poitrine de vierge sous la couverture, puis elle s'en va. Claude va ensuite reporter le dessin qu'il a fait d'elle sur sa grande toile en préparation pour le Salon des Refusés qui s'intitule "Plein air". J'en parlerai plus loin. Les chapitres 2 et 3 se déroulent sans Christine. Dans le chapitre 2, Sandoz un ami de jeunesse provençal de Claude Lantier vient poser pour un homme du tableau. C'est l'occasion d'apprendre qui est Claude Lantier, ce qu'est sa peinture, quelle a été sa jeunesse et quelles sont ses aspirations. Mais Claude Lantier finit toujours par être insatisfait au point même qu'il serait prêt à détruire les toiles en cours. Le troisième chapitre joue sur cette frustration pour montrer le peintre Claude Lantier qui erre dans la ville, s'interdisant d'aller déranger Sandoz et acceptant bon gré mal gré d'autres rencontres d'articles. Ce chapitre prolonge le second avec un élargissement de la perspective. Christine revient au quatrième chapitre, après deux mois, mais elle repart très vite indignée de s'être reconnue dans le portrait de femme nue du grand tableau prévu pour l'exposition, puisque, pour rappel, Lantier est supposé n'avoir fait qu'un croquis d'elle seule, pas l'avoir transportée sur sa grande toile destinée à l'approbation du public. Mais elle est déjà éprise, revient assez vite et une relation platonique se crée entre les deux personnages. Elle est choquée par la brutalité des peintures de Lantier : comprendre dans le contexte que Lantier commence à peindre en ne cachant plus aux spectateurs le coup de pinceau en même temps que les sujets réalistes sont plus provocateurs. Par dévouement pour lui, elle s'intéresse à cette peinture qui n'est pas à son goût et consent à servir de modèle pour refaire à nouveau la tête. Mais pour le corps les autres modèles ne s'harmonisent pas et dans l'imminence de l'exposition, à deux-trois jours près, Christine consent à poser entièrement nue, mais elle le fait sans qu'il le demande, il n'ose plus, et sans dire un mot, toute parole pouvant provoquer une remontée de honte comme le dit le narrateur. Le quatrième chapitre ne se finit pas par la consommation de l'acte sexuel qui consacrerait le couple, mais par la victoire de la peinture où la pudique et vierge Christine consent à poser nue en tant que modèle, représentation qui sera donnée à voir au grand public.
Nous arrivons alors au cinquième chapitre, mois de mai de l'exposition. Claude ,Lantier ne veut pas voir le salon officiel qui se déroule en même temps, à proximité, mais il sera obligé de le traverser au retour pour je ne sais plus quelle raison. Dans le Salon des Refusés, il s'y rend avec des connaissances et ne sait pas où est son tableau intitulé "Plein air". Fagerolles, un ami un peu trouble, était là avant les autres et se garde bien de dire à Lantier qu'il a vu son tableau, mais par des expressions perfides dévoilant les choses à demi-mots, on comprend que si certains tableaux soulèvent l'hilarité du public aucun ne fait autant s'esclaffer celui-ci que le tableau "Plein air" de Claude Lantier. Et finalement, il va arriver devant son tableau et découvrir l'humiliant comportement de la foule. Il va ensuite dans la soirée se retrouver avec Christine qui est venue chez lui pour le consoler, puisqu'elle a vu le tableau, s'est sentie elle-même dégradée par ces rires et souffrant pour l'artiste elle est carrément venue se donner à lui, la consommation de l'acte sexuel entre ces deux êtres résulte du martyre vécu dans la journée.
Or, dans le Salon des Refusés tel qu'il est imaginé et décrit par Zola, il est question d'une Dame en blanc, "très curieuse vision d'un oeil de grand artiste", ce qui renvoie au tableau authentique de Whistler : "Symphonie en blanc majeur n°1 : la jeune fille en blanc", et juste avant il est question d'un autre tableau (mon souvenir a mélangé) qui n'est pas nommé, mais qu'il n'est pas difficile de considérer comme une allusion au succès des tableaux de Vénus de Cabanel et Baudry : "[...] ils admirèrent une une très belle étude de femme, vue de dos, les reins saillants, la tête tournée." Il s'agit clairement du tableau de Baudry et c'est l'expression "reins saillants" qui est à rapprocher du sonnet de Rimbaud. Le narrateur parle ici d'une très belle étude de femme, ce qui est une concession, et on peut considérer que Zola préférait le tableau de Baudry à celui de Cabanel qui a conspué publiquement à l'époque, tableau de Cabanel qui avait au contraire les faveurs de Théophile Gautier qui disait explicitement que le tableau de Cabanel est plus poétique que celui de Baudry. Mais Gautier part du préjugé de la beauté mignarde et académique. C'est un peu comme dire que quand la porte fait un bruit il est plus poétique de dire que le vent joue dans la serrure plutôt que c'est un fantôme. Objectivement, l'idée du fantôme est aussi poétique que celle du vent joueur. C'est toujours délicat d'affirmer ce qui est le plus poétique en fonction d'un préjugé sur le bon goût. Personnellement, je suis plutôt d'accord avec Zola contre Gautier. C'est le tableau de Baudry qui a une expression poétique dans la mesure où il raconte quelque chose et fait du neuf en peinture. Certes, la femme peinte par Baudry a un moins beau visage, a des rondeurs moins tenues que la femme lascive dessinée par Cabanel avec la sensualité du dessin mignard des orteils, avec la qualité de relation du bras qui cache un regard rêveur engageant, etc. Mais le portrait de Cabanel reste imprécis, alors que celui de Baudry ose l'évidence, et surtout raconte quelque chose d'autre que l'abandon d'une femme lascive, d'autant que l'érotisme de Vénus on en attend une certaine majesté, mérite du tableau d'Amaury-Duval, mérite que Baudry joue de manière décalée en offrant dans le visage de sa Vénus l'idée d'une femme dévoreuse d'hommes dans laquelle bien des spectatrices de l'exposition pourraient être tentées de reconnaître un aspect demandeur de leur identité féminine.
Evidemment, on peut se demander pourquoi à travers Lantier Zola s'indigne du rire des bourgeois devant la nudité du portrait de Christine.
Zola s'est inspiré du tableau de Manet Le Bain plus tard réintitulé Le Déjeuner sur l'herbe, mais Zola n'a pas tenu compte des signes provocateurs d'époque du tableau de Manet, il n'a pas posé que le choc venait de ce que la nudité de la femme était placée dans un cadre réaliste en présence d'hommes non venus de la mythologie, mais habillés en bourgeois d'époque, comme ce devait être le cas de gens défilant dans le salon. La femme nue a la jambe engagée entre les jambes de l'homme habillé qui lui fait face. Il y a donc une dénonciation de l'hypocrisie bourgeoise de son époque. Or, il ne faut pas prêter à Claude Lantier la même pensée que Manet. Le tableau de Lantier intitulé Plein air est décrit au second chapitre. Il s'agit de choquer par la vision de la femme nue, mais il ne faut pas être vulgaire, d'autant que, contrairement à Zola, Lantier est particulièrement prude et mal à l'aise avec la gent féminine. Il met des mois à conclure avec une femme qui vient régulièrement le voir et passer du temps exclusivement avec lui. L'idée, c'est que Lantier veut rompre avec la peinture académique. le titre Plein air peut nous induire en erreur avec la pratique de peindre en plein air qui va se répandre quelques années après 1863 avec notamment les peintres impressionnistes. Zola ne pratique pas l'anachronisme, mais cherche tout de même à trouver une astuce qui soit de l'ordre de la transition. Ainsi, l'idéologie de Lantier est de peindre dans un atelier qui reçoit plus de soleil par la lucarne, ce que les peintres en général évitent, fuient. Ceci dit, il peint dans un atelier qui se trouve donc se confondre pratiquement avec son logement. L'idéologie du plein air de Lantier est à rapprocher de Zola, et qu'on songe aux chapitres de La Faute de l'abbé Mouret, il s'agit d'aimer la vraie vie du soleil et de la chair et de donner cela à voir dans la peinture. Le rapprochement avec "Soleil et chair" est fait par les analystes du roman de Zola, ce qui va de soi. Et on comprend mieux dès lors pourquoi Lantier est choqué par ces rires. Zola veut dénoncer aussi l'illusion romantique et être un observateur plus pointu de la réalité. Il se reconnaît comme à son héros Lantier une maladie d'attirance pour l'absolu romantique qu'il convient de juguler. C'est l'autre horizon d'incompréhension avec le public que suppose l'indignation de Lantier. Je suis réservé quant aux prétentions de Zola à s"écarter d'un Hugo, d'autant que les mérites littéraires de Zola sont essentiellement hugoliens. Bien sûr, Zola s'est aussi inspiré du "Chef-d'oeuvre inconnu" de Balzac", à tel point qu'il y a une phrase du chapitre 2 qui contient deux allusions rapprochées à cette nouvelle, mais qui passent comme rien. Sauriez-vous la retrouver ?
Enfin, bref ! Il n'est pas inintéressant de constater que le roman de Zola entre en résonance avec des idées de Rimbaud et qu'il pourrait flatter la thèse de lecture selon laquelle le sonnet "Vénus anadyomène" s'inspirerait de comptes rendus sur les Vénus anadyomènes du Salon des refusés.
 

 
 
 
 

mercredi 29 juillet 2026

Débandade de poésie : Ion, Zola, Ingres....

 En escapade à Marseille, lieu quasi de pèlerinage rimbaldien, pour aller me chercher une cartésienne identité depuis que j'ai perdu l'ancienne, je fais ce petit article buissonnant.

J'ai lu hier Le Sacre de Rimbaud de Saint-Pol-Roux. Compte rendu à venir.

J'ai relu Ion de Platon. Je compte aussi en rendre compte aussi.

Puis, je lis et relis L'œuvre de Zola. J'ai remarqué une maladresse : plusieurs répétitions rapprochées au chapitre 3 sinon 2 du mot débandade sinon du verbe de la même famille et j'ai pensé à débandade de parfums de Matinée d'ivresse qui m'a toujours paru un tour d'époque supposant une source.

Ce ne sera pas Zola.

Dans le roman du peintre Claude Lantier,  le tableau Plein air s'inspire du tableau de Manet Déjeuner sur l'herbe d'abord nommé Le Bain, mais le titre Plein air est un faux-semblant d'allusions à l'impressionnisme. Le titre ne signifie pas la peinture en plein air, mais une idéologie ou la peinture doit célébrer la vie au soleil, ce qui est habituel à Zola lui-meme et ce qui est typiquement rimbaldien. Je prévois une étude de longue haleine sur le sujet.

Enfin, Ingres à peint une Vénus anadyomène en ayant visiblement vu celle de Botticelli, c'est lui qui lance cette mode française au XIXe.

Et notez que Rimbaud joue lui sur l'étymologie anadyomene en décrivant le mouvement vers le haut d'un corps qui sort de l'eau quand les tableaux présentent des poses statiques au-dela même devl'immobilisme inévitable en peinture.

A suivre..n

dimanche 26 juillet 2026

Jadis, la reference vide !

 Impossible de me consacrer à mon blog avec autant d'activités.  Je me rends aujourd'hui à Orange, la ville d3 tous autres Raimbaut.

Mais voici une piqûre de rappel.

Sur la prose liminaire, je ne suis pas seulement intervenu pour dissiper un malentendu sur les versets centraux. D'ailleurs, je n'ai jamais eu à réfléchir pour dire que "Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !" Est une fin de non-recevoir de la phrase "La charité est Cette clef", c'est la lecture spontanée, évidente et de bon sens.

A cause de Steinmetz et de Molin9, ce paragraphe est lu à contresens par les rimbaldiens qui s'ingeniaient à la suite de Steinmetz à ne pas identifier une mention de la vertu théologie. Molino prétendait corriger un contresens patent de Pierre Brunel qui soutenait et soutient encore que Satan reproche au poète de ne pas croire à la charité,  mais Molino formulant que la charité n'était pas la vertu théologale  et il soutenait que la négation. Par le rêve concernait les actes maudits pas la charité comme clef ou le festin.

Aujourd'hui encore, même s'ils sont revenus sur leur discours et identifient la vertu thelogale grâce à mes remontrances, Bardel et autres continuent de garder une trace de la lecture de Steinmetz et Molino. Ils disent que le poète cherche la charité comme clef dans la saison au sens non théologique et Cavallaro dans une édition récente doute que l'instruction rejetée soit divine.

Je n'y vais pas par quatre chemins. Il y a de quoi rougir de honte quand les rimbaldiens gardent la moindre trace de la lecture de Steinmetz et Molino et lo7voient avec le sens évident de l'alinéa en question. Je n'ai aucun respect pour un tel niveau de médiocrité analytique. Aucun.

Mais donc, ce qui a été rêvé c'est le festin et là j'ai fait une mise au point qui va au-delà de la lecture spontanée.

Puisque le poète disait "si je me souviens bien" et puisque ce souvenir est finalement nié en tant que rêve cela veut dire que l'alinéa initial Jadisxest une référence vide sur le passé du poète. Le récit chronologique commence à Un soir et il n'y a rien avant dans le récit.

Et justement, les rimbaldoens ont du mal à remplacer ce Jadis. Ils peuvent envisager le festin comme rêve,  mais comme ensuite il passe à l'alinéa du soir ils se contredisent et n'elim8nent pas le festin de Jadis dans la suite de leur analyse.

Évidemment, ma découverte sur l'alinéa initial va de pair avec ce que je dis de l'alinéa de Mauvais sang en relevant la reprise du même verbe se souvenir : Je ne me souviens pas plus loin que cette terre-ci et le christianisme. J'ai expliqué en 2009 dans un livre rennois sur les poésies en vers et la saison que les faux souvenirs d'un côté du festin et de l'autre d'un passé limité à cette terre et à la vie dans la chrétienté venaient de l'éducation par les livres. J'ai expliqué aussi cela généreusement sur internet et le forum du site mag4.net, ce qui explique une coïncidence de propos dans le même livre dans un article de Scepi, lequel mentionné mes idées sur Larme et le vers de onze syllabes dans une autre étude d'époque sans citer mag4.net. 

Mais la démonstration sur la reprise verbale se souvenir est clairement mon 3xcl7sivite ainsi que l'explication souvenirs qui sont des lectures de livres quand le poète se voit dans le passé des siècles anciens. Ce monde du christianisme est aussi celui de la beauté et de la vie française, un conglomérat de valeurs encore actives au dix-neuvieme siecle et héritées de l'ancien Régime malgré les configurations nouvelles particulières après la Révolution avec notamment l'ascendant de nouvelles valeurs bourgeoises prudhommesques.

Rimbaud dit avoir des ancêtres gaulois, mais il n'a de souvenir dans les vies passées qu'ann3xees au christianisme et à un statut de non-elu dans la vie française. Il ne raconte pas le souvenir d'un gaulois en Gaulevpaienne, par exemple.

Évidemment, les rimbaldiens ont tout fait pour ne jamais admettre une mise au point d'une telle ampleur de ma part.

Eux, ce qui les intéresse, c'est le positivisme du officiellement, pas vu pas pris, ta découverte on ne laissera aucune trace de ton antériorité quand on s'en emparer, etc.

Mouais, les années passent et tout le monde vous voit patauger et que je ris de ce marasme.

mercredi 22 juillet 2026

Festival anadyomène

 Je suis le seul qui me rend dans les rues d'Avignon pendant le festival pour fréquenter les bouquinistes sans m'interesser à une seule représentation théâtrale. Les enseignes sont tellement aseptisées, interchangeables et platement racoleuses, sans sujet sur les guerres et la mise en danger réelle de nos sociétés par nos élites que je ne me vois pas aller assister à ces séances d'agora zombie.

J'ai récupéré un bel 9bjet. D'habitude, je n'achète que pour lire, mais là c'était décalé et éloquent : le fac-similé du manuscrit de Verlaine de Odes en son honneur. Parfois, on ressent même le papier sale et graisseux, translucide dans le mauvais sens.

J'ai aussi cinq tomes de Saint-Pol-Roux. C'est un peu cher tout d'un coup, maison n'en trouve pas comme ça des éditionspar definition rares et originales de ce poète. 

Il y a un texte Le Sacré de Rimbaud, mais les pages n'étant pas découpées ma lecture devra attendre.

Il s'agit du volume Les Traditions de l'avenir, J'ai aussi Le Trésor de L'Homme, puis en trois tomes la série Vers et Prose 1885-1895 Tablettes, 1895-1914 Ideorealités, 1914-1930 Glorifications.

J'ai manqué un volume de Léon-Paul Fargue dont le titre mentionne Paris. J'adore la prose de Fargue et son imaginaire. Mais je fais avec mes moyens.

Je prépare une étude d'envergure sur Vénus anadyomène face à la lecture de Cornulier.

La lecture de Cornulier à des arguments : la date du 27 juillet, l'influence d'une rime à jeu de mots des Châtiments loupe/troupe, un peu le cercueil de ferblanc, et j'ajouterais un argument auquel il n'a pas pensé : Vénus est l'ancêtre divin que s'attribuer Jules César,  acrostiche du Châtiment de Tartufe qui cible Napoléon III.

Malgré tout, la lecture à clef est décevante pour une partie du sonner et son discours immédiat. L'ulcère à l'anus ne se confond pas avec les calculs de l'empereur non plus.

Je dirais qu'il y a en effet un départ du côté des Châtiments mais que malgré tout Rimbaud à basculé dans un autre sujet.

Il y a aussi des erreurs de Cornulier sur l'histoire de la peinture et de la poésie. Le sujet de Vénus  anadyomène n'est pas revenu à la mode par le peintre qu'il mentionné, mais par Ingres. Et par soumission à Murphy, Cornulier suit le partage consensus quii sépare les poèmes du cycle belge des quinze autres poèmes remis à Demeny. Non ! Ascione à hete un pavé dans la mare en 8dentif8ant une allusion à l'incendie de Saint-Cloud le 14 octobre. Cela veut dire que Rages de Césars notamment est contemporain des sept sonnets du cycle belge. Ce fait à toujours été ignoré sinon passé sous silence parmi les rimbaldiens ! Ascione en a parlé dans l'édition du centenaire préparée par Borer. Pourquoi ignorer ce fait qui pèse dans la lecture du sonnet.










Je reviendrai sur tous ces éléments prochainement.



samedi 18 juillet 2026

Vénus anadyomène, le sonnet face à l'histoire de la peinture !

 Le sonnet "Vénus anadyomène" fait autant que "Le Dormeur du Val" partie des poèmes du tout jeune Rimbaud de 1870 sur lesquels s'abat l'incompréhension du public qui l'orne en guise de commentaire d'un parfait contresens. Le sonnet "Le Dormeur du Val", on le sait, est quasi exclusivement interprété comme un poème pacifiste prolongeant le discours du sonnet "Le Mal" qui vaudrait preuve, alors qu'en 9ctobre 1870 Rimbaud, qui l'a écrit, veut des armes pour continuer la guerre au nom de la naissante République, alors que l'expression "Il dort dans le soleil" signifie la résurrection du Phénix et même du Christ avec ce vers qui en vaut preuve dans "Morts de Quatre-vingt-douze..." : "O millions de Christs aux yeux sombres et doux". Cette allusion à la résurrection christique à été étayée avec d'autres détails à la clef par Jean-Francois Laurent dans un colloque dont les actes ont été publiés par la revue Parade sauvage en 1987. En clair, le soldat est clairement un héros patriotique célébré par Rimbaud et non un repoussoir dans un discours pacifiste. Le contresens est lié à deux problèmes de perception rhétorique.  Fier comme des paons de connaître ce qu'est la litote ou l'euphémisme, les enseignants et commentateurs font remarquer doctement que Il dort cela veut dire Il est mort. Le problème, c'est que les phrases du poème répètent à plusieurs reprises cet énoncé Il dort ou le reformuler il fait un somme. En clair, les doctes ne prennent pas en charge le rôle rhétorique de la répétition. L'autre problème de perception vient de la crudité de l'expression finale qui fait une partie du dernier vers : Il a deux trois rouges au côté droit. Les lecteurs se laissent dominer par le sensationnalisme de la 0hrase finale au lieu d'en interroger la mise en perspective symbolique.


Passons à l'autre sonnet.

En général, on lit ce sonnet comme un portrait caricatural et inversé d'un modèle de Vénus. Mais, malgré le titre, le sonnet ne décrit pas Vénus mais une femme sur laquelle on a gravé par dérision le nom de la Déesse.

Et cela change tout. Car des portraits de femmes laides en contrepoint de descriptions de l'idéal féminin,  ce n'est pas une invention révolutionnaire de Rimbaud. JOoachim du Bellâtre à déjà décrit une femme l'aide en donnant dans le titre de son poème un nom à ce genre d'inversion : des vers antérotiques (comprenez antiérotiques). 

Rimbaud ne tient en rien un discours révolutionnaire et subversif à décrire une femme l'aide dans un sonnet. Si le sonnet est subversif, l'intérêt est ailleurs.

Dans son livre de 1990 Le Premier Rimbaud ou l'apprentissage de la subversion, Steve Murphy a enfin.etablinune lecture de référence pour ce sonnet il manque les sources du côté d'un dizain de Coppée, mais Murphy a identifié dans une pièce de Glatigny le modèle que Rimbaud a démarqué pour de nombreux détails de composition.

Et sur cette base, Murphy a montré que le sonnet de Rimbaud dénonçait les abus d'une classe bourgeoise affectionnant la peinture et la mythologie grecque, mais abusant d'une alheureuse prostituée dont le stigmate christique n'est autre qu'un ulcère à l'anus, signe d'abus de l'ordre de la Sodomie.

Malgré cette mise au point, comme pour "Le Dormeur du Val", le contresens traditionnel continue d'être formulé par l'essentiel des commentateurs, par le public et les enseignants. Rimbaud a fait une Vénus l'aide, et ce serait intelligent et révolutionnaire.

Or, soudainement, depuis quelques années,  un nouveau courant interpretatif est apparu, et cela précisément au sein de la revue Parade sauvage créée et toujours contrôlée par Steve Murphy. Benoît de Cornulier a cru possible de démontrer que la Vénus était en réalité un portrait-charge de Napoléon III avec un travestissement pour contourner la censure comme dans le cas du Châtiment de Tartufe.  D'autres ont emboîté le pas et dernièrement Christophe Bataillé a publié un article pour récrire la thèse de Cornulier en considérant que c'était l'impératrice elle-même qui était visée.  Ce changement suffit plutôt a discréditer la thèse de Cornulier puisque nous basculons dans les identifications instables qui relèvent de la dérivation en chaîne.

Le Châtiment de Tartufe a un travestissement certes imprévisible maiss qui relève d'un discours ostentatoire du côté de la devinette. Ce n'est pas le cas de Vénus anadyomène. Les termes très précis ont du sens s'il s'agit d'une prostituée sinon d'une femme associée à Vénus, et les liens accablants avec Les Antres malsains de Glatigny ne peuvent que dissiper tous les doutes. Ni le sonnet de Rimbaud, ni le modèle fourni par Glatigny n'ont d3 lien avec Napoléon III ou l'impératrice. 

Il Gautier en revenir à la lecture fixée en 1990 par Murphy.

Mais, la référence du sonnet étant picturale, je versé cette pièce au dossier. Dans le domaine de la peinture, l'état décide de ce qui vaut ou non, tant au plan de l'exécution qu'au plan des thèmes,  on appelle cela l'académisme. Ingrédients s'y inscrit malgré ses exceptions aux règles de l'anatomie humaine. Delacroix sort un peu du cadre. Puis, il y a deux peintres majeurs qui defient les lois. Le premier c'est Gustave Courbet. Le second, c'est Édouard Manet. Rappelons que l'académie avait refusé 3000 tableaux sur 5000 pour un Salon de 1863. Napoléon III avait alors senti la nécessité d'accorder un salon aux non-admis, lequel a été naturellement baptisé Salon des Refusés. 

Un tableau, en lien avec des antécédents de Courbet, fait particulièrement scandale : Le Bain de Manet qui sera rebaptisé La Partie carrée,  titre venu d'un Watteau, puis Le Déjeuner sur l'herbe.

Dans le roman L'Oeuvre,  Zola s'en inspiré en faisant créer en 1863 par le héros Claude Lantier un tableau intitulé Plein air qui superpose la référence au scandale du Bain de Manet à la référence cette fois anachronique à la peinture impressionniste qui s'impose quelques années après avec Onet qui porte le prénom Claude justement. Manet n'est pas le père de la méthode impressionniste. Il reste distinct de ce mouvement.

Or, Mane5 à peint une femme née qui regarde le spectateur à côté d'une autre femme et à côté de deux hommes habillés Côme les bourgeois qui visitent un salon ou des peintures sont exposées. On peut dire que le scandale n'ait de l'abolition du quatrième mur.

Les femmes n'est sont un sujet normal, à condition de respecter des codes : une inscription dans un cadre mythologique par exemple. Même les femmes n'est côtoient des hommes habillés dans la peinture académique à condition que ce soit une scène mythologique.

Manet rompt avec cette hypocrisie au moyen d'une inscription partiellement réaliste.

Rimbaud fait de même.  La description caricaturale est partiellement réaliste La entrons de la "baignoire" rappelle le titre initial du tableau de Manet. Le regard d3vla femme nue sur le spectateur à son équivalent dans l'obscénité montrée à la loupe au dernier vers du sonnet rimbaldien.

Pour apprécier le sonnet, ne lâchons pas la proie pour l'ombre. 

vendredi 17 juillet 2026

"Je suis caché et je ne le suis pas !"

A la quasi fin de la section "Nuit de l'enfer", nous avons droit à une coordination de deux énoncés contradictoires : "Je suis caché et je ne le suis pas." Le poète vient précisément de demander à Dieu de le soustraire aux regards : "Mon Dieu, pitié, cachez-moi, je me tiens trop mal !" Dans le contexte infernal, on pourrait plaider la référence religieuse. Le poète peut se cacher tant qu'il veut, Dieu est omniscient. Mais, le discours suppose la collaboration de Dieu, ce qui veut dire que le poète ne se cache pas de Dieu lui-même, mais soit du regard du monde, les autres, soit de son propre regard. Le poète a tellement honte qu'il voudrait se cacher à lui-même, en quelque sorte. Vu que la solution à la contradiction ne peut relever d'une considération métaphysique, à savoir l'inévitable omniscience de Dieu, puisque Dieu est dans la confidence, il faut donc reprendre autrement l'analyse de cette coordination contradictoire. Je considère qu'en fait le poète signifie qu'il est mal caché, ou pour le dire autrement qu'il y a tant à cacher que ça ne marche pas. Et j'ai un exemple de coordination contradictoire qui illustre ce propos, avec l'énoncé : "C'est cela, et ce n'est pas cela." J'en rencontre une occurrence dans Le Chef-d’œuvre inconnu de Balzac. Mabuse est en train de commenter les limites d'une toile de Porbus et il se lance dans des reproches sur l'incapacité du peintre soit à donner la vie, soit à donner la vie sur toutes les parties du tableau et pas seulement à quelques endroits. Personnellement, je trouve un peu artificiel les théories sur la perfection absolue que le peintre n'atteint pas dans Le Chef-d’œuvre inconnu de Balzac et dans L’œuvre de Zola. J'ai l'impression d'avoir affaire à un pseudo-horizon de la réflexion, mais peu importe. Donc, Mabuse dit que "Toute figure est un monde" et ce n'est pas tout de faire de "belles robes de chair" avec de "belles draperies de cheveux" il faudrait trouver aussi "le sang qui engendre le calme ou la passion". Je le répète, cette opposition est artificielle, on ne voit pas pourquoi les teintes du poète ne donneraient pas l'illusion du sang vivant. Ce que raconte Mabuse n'a pas vraiment de sens. Mais peu importe. Il dit que les "figures" ne sont que de "pâles fantômes coloriés" qui, certes, ressemblent plus à des femmes qu'à des maisons. Selon Mabuse, il n'ont pas pour autant "touché le but". Et il s'écrie, en ricanant : "[...] il vous faudra user bien des crayons, couvrir bien des toiles avant d'arriver. Assurément, une femme porte sa tête de cette manière, elle tient sa jupe ainsi, ses yeux s'alanguissent et se fondent avec cet air de douceur résignée : l'ombre palpitante des cils flotte ainsi sur les joues ! C'est cela, et ce n'est pas cela. Qu'y manque-t-il ? Un rien, mais ce rien est tout. Vous avez l'apparence de la vie, mais vous n'exprimez pas son trop-plein qui déborde, ce je ne sais quoi qui est l'âme peut-être et qui flotte nuageusement sur l'enveloppe [...]".
Balzac fait dire à son personnage qu'il y aura toujours un impondérable qui échappe au peintre pour donner l'illusion de la vie, ce qui est une facilité scénaristique comme tant d'autres, un tour de passe-passe. Mais, on a le principe donc d'un recours rhétorique à cette coordination de deux propositions contradictoires. La citation de "Nuit de l'enfer" n'excède pas spécialement le recours rhétorique balzacien, même s'il faut opposer la référence balzacienne à une limite de l'ordre de l'infiniment petit quand le texte de Rimbaud oppose plus nettement le fait d'être caché ou de ne l'être pas du tout. La citation de Mabuse joue sur l'idée d'une ultime frange dans la limite quand le texte de Rimbaud maintient la tension de l'alternative. En analyse psychologique moins fine, je dirais que la proposition "Je suis caché" signifie le fait d'avoir fait l'effort de se cacher ou mieux le fait de présenter formellement l'état de quelqu'un qui se cache, tandis que le second énoncé est un aveu d'échec : "et je ne le suis pas." Une analyse similaire concerne la symétrie des phrases suivantes dans "Conte" : "Le prince était le Génie. Le Génie était le prince." Dans le retournement, nous passons de la flèche positive de la transformation : "Le prince devenait le Génie" à la flèche négative, car cela voulait aussi dire que "le Génie n'était que le Prince."

mardi 14 juillet 2026

Le Châtiment de Tartufe de Lindsey Graham (Mise à jour 16/07)

Il paraît que Rimbaud a composé une autre version du "Châtiment de Tartufe" où l'acrostiche qui se délite est Lindsey Graham, ça part sur le principe de l'histoire de l'escargot qui traverse la route : - tu sais ce que ça fait Lindsey Graham qui visite une base secrète à Kiev ? - frblblbl.
Pour préciser, le gars parlait de faire la guerre à la Russie jusqu'au dernier ukrainien et d'envoyer une bombe nucléaire sur les palestiniens, entre autres. C'est un ennemi profond de l'humanité.
 
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J'ai de nouvelles informations sur cette autre version du "Châtiment de Tartufe". L'acrostiche serait "Pierre Palmade". On aurait toujours un sonnet bien obscène, une histoire de chemsex à Kiev sans sextape qui finit en crise cardiaque.
Bon débarras.
Attendez, je lis l'acrostiche : "Adol fsen voi enl" et c'est signé "R". Ah non, ça ne veut rien dire.