lundi 23 février 2026

La supra importance de Théophile Gautier pour lire "Voyelles" et "Mémoire" ?

Souvent, quand nous commençons à explorer un champ de mets artistiques : poésie, littérature, peinture, cinéma, musique, nous avons un dédain sectaire et une idolâtrie sélective avant que la familiarisation avec cet univers, le désir d'en découvrir plus et la connaissance plus subtile des dettes de ce que nous prisons le plus nous poussent à réévaluer ce que nous avions méjugé. Il y a tant à lire au départ qu'il faut bien trancher dans le vif et faire des choix, mais avec le temps nous pouvons étendre nos lectures, nos découvertes et le temps du rejet est passé. Nous explorons les choses plus posément. Dans le domaine de la poésie, il y a pas mal de poètes intéressants à lire au dix-neuvième siècle. Pour la première moitié romantique de cette période dorée, sinon pour les soixante-et-une premières années, ces deux tiers pratiquement, le public peut se partager entre les admirateurs de Charles Baudelaire et ceux de Victor Hugo. Oui, mais voilà, ils ne furent pas seuls. Musset a encore ses admirateurs, ceux qui rêvent d'un jeu poétique plus ancien. Et puis, Lamartine a précédé Hugo et quand on compare on se rend compte d'une dette. Hugo a même une dette sur l'assouplissement du vers à l'égard de Vigny, lequel n'écrivait pas de médiocres poèmes non plus. Certains gourmets sont charmés des vers et de la prose de Nerval, même s'il reste un petit peu en-dehors des principaux poètes dans l'histoire littéraire, tant les poètes du dix-neuvième siècle eux-mêmes semblaient peu s'y référer. Du côté de la poésie en prose, le recueil posthume d'Aloysius Bertrand, dont le lancement fut un échec, jouit désormais d'un prestige exceptionnel. Certains vantent à raison les poésies de Marceline Desbordes-Valmore, mais l'intérêt porté peut paraître platonique tant les rimbaldiens et verlainiens n'ont pas identifié l'étendue de son influence sur les "Ariettes oubliées" de Verlaine et des poèmes du printemps 1872 de Rimbaud tels que "Larme" ou "Bannières de mai".
Les parnassiens remontent difficilement en crédit. Heredia n'est certainement pas le poète le plus à la mode, et bien à tort les poésies de Leconte de Lisle ont été classées comme barbantes sur la foi de ses thèmes mythologiques empruntés et du caractère insupportable du personnage en public. Pourtant, ses poésies sont d'une vie et d'une grâce magnifiques. Léon Dierx n'est plus édité, Glatigny charmant passe pour dérisoire. Banville se refait une santé auprès des universitaires qui travaillent notamment sur Rimbaud et Verlaine, plaisir de redécouverte qui se joue sur un billard à trois bandes. Et puis, il y a Théophile Gautier !
Ses recueils sont mal édités, mal mis en avant. Baudelaire lui dédie Les Fleurs du Mal et dans l'un de ses articles sur les poètes il nous prévenait pourtant que plus qu'Emaux et camées il admirait les recueils antérieurs des Premières poésies à España en passant par La Comédie de la mort et du coup Albertus et les Poésies diverses de 1838 auxquels les poèmes en vers de Baudelaire doivent beaucoup.
Je n'ai pas tellement fondu pour Emaux et camées et sa quasi exclusivité des octosyllabes, mais la lecture des Poésies diverses de 1838 et des Premières poésies a été pour moi bouleversantes. Je suis aussi marqué par l'écriture de son roman Le Capitaine Fracasse. Je trouve que Gautier est bien un magicien des lettres. Il n'a pas la pensée profonde des plus grands écrivains, mais c'est la plume d'un maître qui peut pourvoir ses enseignements à tous.
J'imagine qu'au tournant de la Révolution française, sans que ce ne soit lié exclusivement aux effets de l'événement historique, il y a eu un basculement dans la conception du style. Sous l'Ancien Régime, malgré l'évolution de la prose ciselée, satinée ou lyrique du dix-huitième siècle, l'élégance grammaticale et la recherche d'équilibre d'une phrase élaborée dominaient, mais à partir du début du dix-neuvième siècle les phrases peuvent être plus simples, avec des auteurs plus attirés aussi par les juxtapositions de segments d'énoncés, et cela s'accompagnait d'un enrichissement des résonnances lexicales d'un vocabulaire plus gracieux, plus pittoresque, plus profus, et cela se doublait d'un intérêt renouvelé pour les effets prosodiques des consonnes et des voyelles. La pensée descriptive prenait le pas, tandis que la prédominance des verbes de la prose classique refluait quelque peu. L'expression se faisait plus syncopée, appelait plus de suspens. Les écrivains se délectaient d'images concises expressives. Michelet, Balzac et Hugo se ressemblent pour la manière visionnaire d'écrire, même si Balzac est un peu plus éloigné du style de l'historien lyrique Michelet et du poète Hugo. Moins expansif, moins adepte de grandes visions intellectuelles saisissantes, Gautier est l'autre pôle de la prose du dix-neuvième siècle. Flaubert est un héritier de la plume de Gautier, mais devenu un peu trop sec. Gautier est un maître absolu dont aucun disciple en prose n'est devenu l'égal, à l'exception du Rimbaud des Illuminations. C'est un peu ce que je perçois. On admire aujourd'hui Les Contemplations de Victor Hugo en les plaçant dans la continuité des quatre recueils lyriques antérieurs : Les Feuilles d'automneLes Chants du crépusculeLes Voix intérieuresLes Rayons et les ombres, mais il y a une note lyrique particulière du recueil de 1856 que nous n'avions pas tout à fait auparavant, plusieurs notes même puisqu'il y a les trois premiers livres pour "Autrefois" et les trois autres pour "Aujourd'hui". La note lyrique des trois livres pour "Autrefois" est unique, à ceci près que je prétends la retrouver dans les Premières poésies de Gautier dont je suis convaincu que Victor Hugo a tiré le plus grand parti pour son grand recueil de l'exil.
Derrière des apparences de petits riens, les poèmes des premiers recueils de Gautier sont sublimes. La maîtrise prosodique du début des Contemplations s'inspire de ce recueil à n'en pas douter. S'ils n'avaient pas été sacrifié dans le journalisme, Gautier aurait-il été un plus grand poète encore ? N'en soyons pas certain, mais ce qui est sûr c'est que la postérité a méjugé ses premiers recueils, malgré les avertissements d'un Baudelaire.
Pour "Les Mains de Jeanne-Marie", Rimbaud s'est inspiré d'un poème du recueil Emaux et camées qui s'intitule "Etude(s) de mains" et qui est en deux parties, une sur "Impéria", l'autre sur "Lacenaire". Dans son étude de ce poème, Murphy envisage que l'imitation ne serait motivée que par l'émulation envers un brillant confrère, et pour cette fois je proteste. D'abord, il s'agit d'un poème du recueil Emaux et camées, alors que pour un hommage comme le précise Baudelaire il vaut mieux montrer son goût pour les recueils antérieurs. Mais, surtout, le poème "Les Mains de Jeanne-Marie" est un poème communard d'actualité, et il suffit de regarder l'actualité littéraire d'un Théophile Gautier pour comprendre que Rimbaud cible les propos anticommunards de Théophile Gautier exprimés dans son livre Tableaux du siège qui vient de paraître.
Le poème "Les Mains de Jeanne-Marie" est daté de février 1872 par la main de Verlaine sur le manuscrit. Nous le savons, tout au long du vingtième siècle, les rimbaldiens passivement considéraient que la plupart des poèmes en vers première manière de Rimbaud dataient exclusivement de 1871. "Le Bateau ivre" passait pour un poème écrit même avant la montée à Paris à la mi-septembre 1871, à cause du témoignage tendancieux de Delahaye, tandis que si "Voyelles", "Oraison du soir", "Les Douaniers" ou "Les Chercheuses de poux" passaient pour des poèmes écrits à Paris, on tendait à les considérer comme des compositions de la fin de l'année 1871, contemporaines des nombreuses contributions à l'Album zutique d'octobre et novembre. Cette perspective a volé en éclats. Les rimbaldiens ont enfin pris en compte la datation manuscrite des "Mains de Jeanne-Marie" et de plus en plus on se dit que "Voyelles" et "Le Bateau ivre" peuvent dater des premiers mois de l'année 1872.
J'ai déjà pas mal insisté sur les convergences entre "Les Mains de Jeanne-Marie" et "Voyelles" avec la reprise de "bombinent", sur les passerelles entre "Voyelles" et "Les Corbeaux" d'un côté et "Entends comme brame..." et "La Rivière de cassis" de l'autre, avec les reprises "corbeaux délicieux" et "viride(s)". J'ai insisté sur l'écho de rime entre "Les Corbeaux" et "Le Bateau ivre" : "crépuscule embaumé"/"papillon de mai" et "soir charmé"/"fauvettes de mai". J'ai insisté sur l'existence dans la presse d'un poème de j'ai oublié le nom, Xavier Marmier ou un autre, dont le titre est "Le Drapeau rouge" qui est écrit en "ïmabes" sur le modèle de Chénier avec son vers final : "Toi, vertu, pleure si je meurs" et qui fait pile deux cent vers, quand "Le Bateau ivre" en fait cent.
Bref, Rimbaud a dû écrire "Voyelles" à peu près au même moment que "Les Mains de Jeanne-Marie" et un indice fort qui va en ce sens c'est que la copie de la main de Verlaine, concoctée selon toute vraisemblance en mars-avril 1872 pendant l'absence de Rimbaud, contient une répétition molle de "frissons" que Rimbaud a éliminée de la version autographe remise à Blémont à une date indéterminée, visiblement à des fins de publication dans la revue La Renaissance littéraire et artistique, même si on se demande pourquoi aucune lettre à Blémont de la part de Rimbaud n'a été retrouvée... Il l'aurait remis en mains propres à son retour en mai, peut-être !
Peu importe ! Ce qui m'intéresse, c'est de souligner que Rimbaud compose "Voyelles" et "Les Mains de Jeanne-Marie", probablement au même moment, autour du mois de février 1872 donc, quand il résidait avec Forain, rue Campagne Première, lieu de résidence particulièrement sale à l'époque qui est peut-être plus fascinant encore avec la composition du "Bateau ivre" et du premier poème en vers nouvelle manière "Tête de faune" !
Et le poème "Mémoire", dont la version la plus ancienne porte le titre "Famille maudite" semble avoir été  écrit à peu de mois d'intervalle et avant le départ pour la Belgique le 7 juillet 1872.
Ce cadre ayant été posé, j'en viens à la raison de mon article.
Pour "Voyelles", j'ai déjà fait des remarques de sourcier importantes. J'ai déterminé les liens entre des poèmes de Rimbaud à partir de mots rares et d'images quasi exclusives à ces poèmes. J'ai relié comme je l'ai dit plus haut "Voyelles" à "Les Mains de Jeanne-Marie" à cause des mouches et des diptères, du verbe "bombinent" qui n'est pas littérairement inédit dans la littérature française du dix-neuvième, à cause de l'avant-dernière rime commune "étranges"/"anges", mais j'ai lié aussi "Voyelles" à "Paris se repeuple" à cause de la reprise à O'Neddy du couplage en un vers "strideur(s)" et "clairon(s)" ce qui s'enrichit du mot "suprême" pour les deux vers concernés de Rimbaud, et j'ai souligné d'autres éléments comme la colère, la postposition de l'adjectif "belle" dans "lèvres belles" et "cité belle", etc. Les poèmes "Les Mains de Jeanne-Marie" et "Paris se repeuple" sont communards, et j'en arrive donc à confirmer que la lecture communarde de "Voyelles" est plus que souhaitable, ce en quoi aucun rimbaldien, à part Murphy, ne m'a suivi...
J'ai souligné aussi que des rimes de "Voyelles" se référaient à des poésies d'Armand Silvestre. C'est à Silvestre que Rimbaud reprend l'emploi de l'adjectif "latentes" à la rime, Silvestre l'employant avec un accord différent dans un poème de son recueil Les Renaissances. C'est au même recueil de Silvestre que Rimbaud doit d'insister sur les "mers virides" à la rime, mais à partir d'une expression aux mots différents. Silvestre est la cible satirique explicite du quatrain "Lys" et j'identifie aussi des références à Silvestre dans le quatrain "L'Etoile a pleuré rose..." Or, on le sait ! sur le corps de l'Album zutique, la suite sonnet et quatrain de la transcription du "Sonnet du Trou du Cul" et du quatrain "Lys" parodiant Armand Silvestre a été imitée sur la marge à gauche par les transcriptions postérieures de Pelletan et de Valade, l'un commettant un sonnet qui fait d'ailleurs songer à "Voyelles" et l'autre un quatrain "Autres propos du cercle" où Rimbaud est cité pour le mot de la fin. Et sur le dossier recopié principalement par Verlaine, nous avons l'enchaînement précisément du sonnet "Voyelles" avec le quatrain "L'Etoile a pleuré rose..." ce qui conforte la pertinence d'une recherche de sources du côté du protégé lyrique de George Sand.
Je ne cache pas que pour l'instant je cherche ce qui m'a jusqu'à présent échappé un équivalent à la rime de "pénitentes" dans un poème qu'on pourrait à bon droit soupçonner comme source pour "Voyelles".
Mais, j'ai relevé aussi la présence du néologisme "vibrements" au vers 9 de "Voyelles". Il s'agit d'une invention de Gautier qui n'a pas employé le mot "vibrations". Le mot "vibrement" apparaît dans le conte fantastique en prose "La Cafetière", mais au même moment il apparaît aussi au vers 9 précisément du premier sonnet, le "Sonnet I", des Premières poésies dans l'édition originale, la place du sonnet qui perd aussi son titre étant modifiée dans la réédition de 1832-1833 avec le long poème "Albertus" alors inédit.
Gautier est à la fois présent dans "Voyelles" et "Les Mains de Jeanne-Marie", semble-t-il apparaître. Et l'allusion à Philothée O'Neddy du couple "strideurs" et "clairon" va dans le même sens, puisque Philothée O'Neddy était un compagnon de la jeunesse littéraire de Gautier et Nerval. Le mot "strideur" est d'ailleurs employé par Gautier dans le livre d'actualité au début de 1872 Tableaux du siège.
Et les renvois à Gautier pourraient ne pas s'arrêter là ! 
Dans l'édition de 1832 avec le poème "Albertus" en tête, Gautier a reconduit les pièces de son premier recueils, mais dans un ordre complètement remanié. La première section s'intitule "Elégies" et le premier poème parle d'une "Virginité du coeur" qui ne tient que l'espace d'un jour avec des images sur la rosée qui à midi n'enrichit plus les fleurs et avec une "anémone" qui, au soir, "n'a plus ses brillantes couleurs". On m'excusera de songer à rapprocher un soir de couleurs perdues à "Voyelles". Cela n'est qu'un détail. J'ai deux autres éléments troublants à mettre en avant.
Je disais que Victor Hugo s'était inspiré des Premières poésies pour écrire les premiers livres enchanteurs des Contemplations. Il se trouve que dans "Voyelles" Rimbaud utilise la rime "ombelles"/"belles" et j'ai pu dire qu'elle provenait du poème IV du premier livre des Contemplations, poème dont je prétends qu'il s'inspire tout particulièrement du charme prosodique des premiers vers publiés par Gautier plus d'un quart de siècle auparavant.
Je rappelle au souvenir de mes lecteurs les vers du poème hugolien : "Le firmament est plein de la vaste clarté [...]" qui a inspiré "Voyelles" :
 
[...]
Le vent lit à quelqu'un d'invisible un passage
Du poëme inouï de la création ;
L'oiseau parle au parfum ; la fleur parle au rayon ;
Les pins sur les étangs dressent leur verte ombelle ;
Les nids ont chaud. L'azur trouve la terre belle ;
[...]
 J'ai déjà dit par le passé sur ce blog que Victor Hugo s'inspirait du recueil Premières poésies de Gautier pour composer ce poème, mais il m'avait échappé une confirmation par le fait que la rime proche "ombrelle"/"belle" figure justement dans "Albertus" :
 
Chaque fleur sous ses pas inclinait son ombrelle.
- Moi, je la regardais ; - La nature était belle,
    Et riait comme nos amours.
 
De Gautier à Hugo, la rime n'est pas identique, et Rimbaud reprend clairement la rime de Victor Hugo, pas celle de Gautier. Toutefois, dans "Famille maudite" devenu "Mémoire", Rimbaud aligne précisément les deux mots qui nous intéressent : "ombrelle" et "ombelle" en deux vers, le mot "ombrelle" étant à la rime avec "elle" en quasi reprise cette fois de la rime de Gautier (je cite "Mémoire" en rétablissant les majuscules d'attaque des vers) :

Madame se tient trop debout dans la prairie
Prochaine où neigent les fils du travail ; l'ombrelle
Aux doigts ; foulant l'ombelle ; trop fière pour elle
des enfants lisant dans la verdure fleurie
 
[...]
Je vous laisse songer à rapprocher "verdure fleurie" des "mers virides" et je poursuis mon raisonnement du côté de l'influence potentielle de Gautier. Dans "Voyelles", Rimbaud reprenait la rime à Victor Hugo : "ombelle"/"belle". Ici, le mot "ombelle" n'est pas à la rime. Il est vrai que "belle" n'apparaît pas, il cède la place au pronom "elle", mais on a la liaison "ombrelle"/"ombelle" qui semble montrer que Rimbaud a identifié la source de la rime de Victor Hugo dans les poésies de Gautier. La rime étant différente de "ombrelle" avec le pronom "elle" vous pourriez être sceptiques, mais l'expression "foulant l'ombelle" fait toutefois écho à un nombre conséquent de vers des Premières poésies de Gautier où un pas féminin foule le sol plein d'herbes ou de fleurs : "Fouler le sable d'or", "des fleurs / Qu'un pied inattentif froisse" / "fouler l'émail vert du gazon", trois exemples dans deux des trois premiers poèmes de la section "Elégies" du recueil réorganisé en 1832-1833 à la suite du poème "Albertus". Et cela se poursuit avec : "j'allais, foulant des fleurs," dans la onzième des "Eélégies".
Je précise que "Albertus" est une source directe pour des passages de "Bal des pendus". L'expression "larges gouttes" et la description de l'orage dans "Michel et Christine" peut s'inspirer aussi de poèmes des "Premières poésies". En lisant les Premières poésies, j'ai d'autres sources pour "Bal des pendus", "Les Assis", "Roman", "A la Musique", "Les Reparties de Nina" et peut-être quelques autres poèmes. Le début de "Albertus" est une très probable source d'inspiration pour "Oraison du soir". Il faudra que je fasse une revue exhaustive de tout cela.
Bref, quelque chose se construit qui permet d'espérer apprivoiser l'hermétisme en diable de quelques poèmes rimbaldiens parmi lesquels "Voyelles" et "Mémoire".
A suivre...
 
***
Mise à jour 17h.

Deux relevés qui pour l'instant peuvent sembler des rapprochements hasardeux :
L'adjectif "studieux" est à la rime dans "Intérieurs V" (ordre du recueil de 1833 avec "Albertus" et cela implique l'idée de doigts qui ont jauni les livres mêmes, inverse donc du fait d'imprimer sur des fronts studieux des rides :
 
L'originalité, la puissance comique
Qu'on trouve en ces bouquins à couverture antique,
Dont la marge a jauni sous les doigts studieux
De vingt commentateurs, nos patients aïeux.
 Je relève aussi pas des images de bourdonnements de mouches, pas mal de mentions du nom "corset" sinon du nom "corselet". Je relève aussi les mentions de la "prairie" puisque je pense que "Les Poètes de sept ans" avec "la prairie amoureuse" est une voie d'accès au symbolisme de "Voyelles". J'ai relevé des mentions "futaie", mais je n'en suis pas encore à progresser sur ce point du côté des Illuminations.
Je précise ne pas croire à la lecture selon laquelle "Ses Yeux" désignerait le poète lui-même, thèse de lecture de Cornulier qui avait une amorce apparemment dans le livre de Berranger et dans un article sur "Credo in unam" de la revue Parade sauvage. Je ne perçois pas à la lecture du sonnet le raccord à soi de la mention "Ses Yeux" et les démonstrations ne s'imposent pas à moi pour l'instant.
Je cherche un mot de la famille de "pénitentes" à la rime ou un accord différent : singulier masculin par exemple, à la rime dans un poème quelconque.
 

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