lundi 2 février 2026

Les épreuves de Vanier à son édition des Poésies complètes de 1895 (fac-similé en ligne)

Voici un document rimbaldien peu connu, bien que je l'aie déjà cité dans mon article "Mais que sont devenus les manuscrits de 'Paris se repeuple' ?" Et cela intéresse les études des manuscrits autographes de "Fairy" et de "Promontoire" dont je parlais encore dans le précédent article !
Sur le site Gallica de la BNF, il est possible de consulter une édition fac-similaire des Poésies complètes d'Arthur Rimbaud préfacée par Verlaine de 1895. Vanier a publié une première édition de textes de Rimbaud en 1892 : Poèmes. Les Illuminations et Une saison en enfer. En 1895, hélas fort peu de temps avant le décès de Verlaine, il publie un volume complémentaire qui s'intitule Poésies complètes qui reprend en gros les poésies en vers, tout le dossier de poèmes en vers publiés dans le Reliquaire de Darzens et Genonceaux, et il allonge cela de quelques inédits, la fameuse suite de poèmes en prose qui clôt Les Illuminations du côté des seuls poèmes en prose : "Fairy", "Guerre", "Génie", "Jeunesse" et "Solde". L'expression "Poésies complètes" n'a de sens que si on exclut les poèmes en vers "nouvelle manière", cas à part de "Tête de faune" et si on s'en tient à l'association traditionnelle entre les vers et la poésie, mais il y a une sorte d'annexe avec nos quelques poèmes en prose.
Pour créer cette édition de 1895, Vanier a récupéré plusieurs exemplaires du Reliquaire de Darzens. Il les annotés pour les transformer en son propre produit. Il y a un premier exemplaire annoté et toujours relié du Reliquaire dont le fac-similé n'est pas disponible en ligne et qui est conservé à la Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles et qu'on appelle familièrement l'Albertine. J'ai déjà parlé de ce précieux exemplaire annoté dans mon article : "Mais que sont devenus les manuscrits de 'Paris se repeuple' " et j'ai un appareil photographique numérique qui contient plusieurs photographies que je voudrais mettre en ligne, mais il me manque un câble adapté et une batterie pour le faire. Ce volume conservé à Bruxelles contient par exemple des quatrains manuscrits de la seconde version connue de "Paris se repeuple", celle qui s'intitule "L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple". Comme aucun manuscrit de "Paris se repeuple" n'est parvenu jusqu'à nous, en principe Steve Murphy aurait dû fournir le manuscrit de ces quatrains manuscrits dans son tome IV des Œuvres complètes d'Arthur Rimbaud chez Honoré Champion qui contient les fac-similés des écrits de Rimbaud, en incluant bien évidemment des éléments allographes comme les copies faites par Verlaine. On sait qu'il y a des variantes en conflit entre les deux versions imprimées connues de "Paris se repeuple", sans parler des vers cités dans Les Poètes maudits, et par conséquent il nous faut traiter l'information à la source pour ce qui est de la version intitulée "L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple", lequel poème est une création hybride à partir de l'exemplaire annoté conservé à Bruxelles, et évidemment il faut confronter aussi ce document aux épreuves de Vanier en juillet et août 1895, comme à l'édition finale de cette seconde version imprimée connue du poème.
A défaut, je vais parler ici des épreuves dont le fac-similé est en ligne et vous pourrez vous-même procéder aux vérifications à partir d'internet, puisque je vais vous donner les liens.
 
Commençons !
Sur le site Gallica, il y a si je ne m'abuse deux entrées pour l'édition de 1895, mais si vous faites bien attention vous constatez que l'une renvoie à l'édition elle-même et que l'autre vous faire découvrir les épreuves. En réalité, il y en a une troisième au moins, puisque je suis encore tombé sur un fac-similé d'une photocopie d'une partie des épreuves du document que je vais étudier ci-dessous !
 
 
Il s'agit d'un document numérique de 359 pages, je parle bien des pages en tant que photographies numériques.
Sur le contreplat supérieur, vous avez un petit autocollant informatif : "Pierre Bérès Paris", ce collectionneur est donc impliqué dans le cheminement du document. Dans les premières photographies, vous avez un document dactylographié un peu vieillot. il vous livre des informations sur ce document en maroquin janséniste bleu, précise que Vanier reprend l'édition du Reliquaire expurgée de trois poèmes apocryphes et parmi d'autres informations vous avez ceci qui est souligné : "Exemplaire d'épreuves, en double jeu, portant de nombreuses corrections autographes de Verlaine et de Vanier."
Cette fiche précise que le premier jeu d'épreuves de juillet 1895 portait toujours le titre "Reliquaire", le titre n'a été changé que sur le second jeu d'épreuves de septembre 1895. On le verra plus loin, mais il y a aussi un cachet d'août 1895. Le premier jeu d'épreuves contenait toujours la préface initiale du Reliquaire, elle est remplacée par celle de Verlaine sur le second jeu.
Pour ces jeux d'épreuves, je pense que deux exemplaires du Reliquaire ont été utilisés. Vanier en aurait arraché les pages systématiquement, mais certaines pages sont modifiées par rapport au Reliquaire, en tout cas la page de faux-titre où figure le nom de l'éditeur "Léon Vanier". Ainsi, je préfère ne rien affirmer. J'ai un doute sur le fait que toutes les pages d'épreuves aient été imprimées par Vanier, surtout quand je vois l'état de certains bords des feuilles d'épreuves.
Quelques photographies plus loin, nous avons une page avec la mention "Reliquaire" où figure le cachet "1e épreuve 17 juillet 1895 à Evreux" avec cette précision "Imprimerie de Ch. Hérissey". Nous avons ensuite la page de faux-titre plus détaillée où là clairement il s'agit d'une page imprimée par Vanier lui-même qui a remplacé le nom de l'éditeur de 1891 par le sien, et la page est datée de 1895 également.
 
 
Sur le premier jeu d'épreuves, la préface de Darzens ne fait l'objet d'aucune retouche, les corrections ne concernent que les poèmes en vers. Cela commence avec le poème "Les Etrennes des orphelins" qui fait l'objet de pas mal de corrections et la première page est surmontée du cachet "1e épreuve 19 juillet 1895". On voit que le dossier a été communiqué par tranches à l'imprimeur, puisque nous passons du 17 au 19 juillet.
 

 
Sur la page suivante, le titre "Reliquaire" imprimé en majuscule en haut de page est biffé au crayon bleu et remplacé par la mention "Poésies complètes" à l'encre (brune ?). Cette correction va suivre son cours tout le long du premier jeu d'épreuves concernant les poésies en vers de Rimbaud.
En gros, le 17 juillet, un jeu d'épreuves à part pour la préface de Darzens et la page de faux-titre a été communiqué où le titre Reliquaire semblait devoir être adopté, mais dès le 19 juillet les mentions "Reliquaire" sont systématiquement biffées au profit de la mention qui sera définitive "Poésies complètes". A cette aune, même si sur le premier jeu d'épreuves, il y a deux pages disons "de faux-titre" avec la mention Reliquaire, deux jours plus tard, il est manifeste que ce titre n'est pas considéré comme valable. Il faut se garder de croire que le titre "Reliquaire" était considéré comme adopté par Vanier le 17 juillet, il pouvait s'agir d'un titre par défaut. Du moins, la réflexion pour changer le titre était déjà en cours. Objectivement, de 1892 à 1895, Vanier a eu tout le temps de penser à un nouveau titre. Je pense qu'il a effectivement souhaité publié le volume sous le titre qui avait fait scandale, mais qu'il a pris conscience au moment de mettre son livre sous presse que c'était risqué juridiquement ou diplomatiquement. On constate aussi qu'à la mi-juillet 1895 il est toujours question de publier ce livre avec la préface polémique de Rodolphe Darzens. J'effectuerai un contrôle consciencieux une prochaine fois pour déterminer si les pages imprimées des épreuves reproduisant la préface de Darzens sont distinctes de l'édition du Reliquaire.
J'aurai aussi à revenir sur les variantes des épreuves pour "Les Etrennes des orphelins", puisqu'il s'agit de confronter cela non seulement à une édition telle quelle du Reliquaire, mais au texte de la Revue pour tous. Et puis, je ferai un travail de synthèse sur les corrections des épreuves au sujet des divers poèmes en vers.
Sur ces épreuves, sur le haut des pages, quand il s'agit de la suite de transcription d'un poème, nous avons le titre en majuscules "Reliquaire" qui est systématiquement biffé. Il est remplacé par le nouveau titre "Poésies complètes" sur les pages paires, mais par le titre du poème lui-même sur les pages impaires.
Pour le titre "Les Etrennes des orphelins", on retrouve les caractéristiques de celui qui a écrit à l'encre brune sur le manuscrit autographe de "Promontoire" : négligence pour barrer les "t", jambages mal distincts des "m", des "n", tendance à ne pas marquer la présence du "s" final.
 
 
 
Le texte de "Voyelles" n'a fait l'objet d'aucune retouche, il contient la mention "bombillent" et une ponctuation qui n'a plus cours aujourd'hui !
 
 
La seule retouche concernant "Oraison du soir" est intéressante, il s'agit du "R" en majuscule dans "Oraison" qui a été mal imprimé.
 
 
Pour la page 10 d'épreuve concernant "Les Assis", nous avons une mention à l'encre "Poésies complètes" où le "t" est barré, mais il faut savoir à l'avance qu'il est écrit "Poésies" pour déchiffrer le mot, et on observe la négligence dans la formation du "s" de fin de mot.
 
 
Un second cachet du 19 avril apparaît au milieu de la transcription des "Effarés" et dans le cas du "Bateau ivre" on peut apprécier l'écriture du mot "flottaison" dans la marge gauche, ainsi qu'en haut de la même page une mention enchaînée "Poésiescomplètes" sans "t" barré.
 
 
Je vous recommande de consulter les pages 19 à 22 pour les "t" de deux mentions à l'encre "Poésies complètes" et de deux autres "Bateau Ivre".
Pour la première page des "Premières Communions", le mot "furieux" à la rime est correctement corrigé en "fuireux". Je vous laisse admirer la transcription négligée du titre "Les Premières communions" sur la page 25 des épreuves... On y trouve à nouveau le cachet du 19 juillet.
 
 
Je reviendrai sur ces corrections des épreuves et notamment sur le cas de "Paris se repeuple" dans un autre article.
Pour résumer, pour l'instant, le premier jeu d'épreuves se subdivise en deux groupes. Il y a un premier ensemble du 17 juillet, le cachet faisant foi, qui n'est pas retouché et qui affiche le titre "Reliquaire" et la préface de Darzens. Il y a ensuite l'ensemble des poèmes en vers publiés dans l'exemplaire du Reliquaire. Cette fois, il y a plein de cachets du 19 juillet qui les relient entre eux. La continuité de la pagination me fait penser qu'il s'agit bien de textes imprimés par Vanier lui-même finalement et non de pages arrachées au Reliquaire, mais comme je n'ai pas encore de certitude je ne retouche pas ce que j'ai écrit plus haut, je laisse la question en suspens en prévision de la suite à cet article.
Il y a maintenant un troisième sous-groupe avec le cachet du 20 juillet qui commence avec la transcription de "Patience" la version alors connue de "Bannières de mai". Vanier fait donc la part de certains poèmes en vers inédits qui, du coup, n'ont pas réintégrés le corpus du recueil Les Illuminations tel qu'il a été conçu par la revue La Vogue. Vanier ne signale ni pour ces poèmes en vers "nouvelle manière", ni pour les poèmes en prose, qu'ils devraient faire partie des Illuminations, et il conserve "Entends comme brame" dans l'emplacement de Darzens et Genonceaux parmi les poèmes première manière.
 
 
Evreux, ta lèvre d'Eve me communique une exquise fiévreux ! Excusez-moi, la tentation était trop forte ! Je reprends !
Vanier publier des vers "nouvelle manière" partiellement inédits, puisqu'ils ont déjà été publiés dans des revues, tous si je ne m'abuse, avec un traitement particulier pour "Mémoire" publié à moitié dans une revue, à moitié dans une autre.
Il s'agit de cinq poèmes "nouvelle manière", comme il y aura cinq autres poèmes en prose ! Il s'agit de "Patience", "Jeune ménage", "Mémoire", "Est-elle almée ?..." et "Fêtes de la faim".
Pour "Fêtes de la faim", je livre ici une information intéressante à mettre en lien avec le manuscrit autographe de "Promontoire". Au bas de l'épreuve de la première page de transcription du poème, nous avons un ajout à l'encre, une note de bas de page en écriture cursive : "variante de la pièce page 130 (Saison en Enfer)".
On reconnaît ce qui a été fait en écriture oblique au haut du manuscrit de "Promontoire". Cette note apparaît effectivement dans l'édition originale ce qui m'a permis de correctement déchiffre le chiffre de la page. Le texte est identique si ce n'est que le titre "saison en enfer" est tout en minuscules. Je suppose que le nombre "130" a été correctement déchiffré et qu'il suffit de se reporter à la page 130 de l'édition d'Une saison en enfer par Vanier en 1892 pour lire la version "Faim" dans "Alchimie du verbe".
 
 
 
 
Il y a après ces cinq poèmes "nouvelle manière" une page vierge de texte imprimé sur laquelle il a été écrit à la main "PROSE" tout en majuscules, peut-être au crayon.
 
 
Nous arrivons alors au fac-similé de la transcription du poème en prose inédit intitulé "Fairy". L'épreuve porte un titre erroné "Flairy" corrigé à l'encre. Le I figure au-dessus du titre "Flairy" lui-même. Le texte du poème lui-même n'a fait l'objet d'aucune retouche, et on relève le choix de la leçon normalisée "ornementales", tandis que Vanier a considéré que la correction n'allait pas de "des cris" à "du cri", mais qu'elle était à prendre en sens inverse, puisqu'il a opté pour la lecture au pluriel "des cris des steppes" !
Ce n'est pas anodin quant à son travail de déchiffreur des manuscrits ! Il a aussi adopté la lecture erronnée "fourrés" au lieu de "fourrures". Je rappelle que nous nous en remettons à Vanier pour le déchiffrement de vers de "L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple"...
Pour "Génie", Vanier n'a tenu aucun compte des mots soulignés sur le manuscrit, il n'a pas adopté les italiques pour les mots concernés.
Il y a très peu de corrections pour la partie en prose où figure aussi le cachet du 20 juillet comme pour les vers "nouvelle manière".
On a tout de même sur "Dimanche" la mention "desperadyes" corrigée par un "o" reporté dans la marge gauche et "se monte" corrigé en "remonte" sur la marge droite cette fois de la page suivante.
Il y a surtout, et cela ne surprendra personne, beaucoup de corrections pour la transcription de "Jeunesse II Sonnet". Notez au passage que "Homme" est bien transcrit en italique en attaque de poème.
Vanier a purement et simplement ignoré le signe qui ressemble à une croix entre "succès" et "une raison", et il a corrigé le texte initial "est" en "et" pour "est discrète par l'univers", alors que sur le manuscrit le "s" est clairement ajouté entre le "e" et le "t" si je ne m'abuse... Plus heureusement, la leçon erronée" "liaison" est corrigée en "raison", Rimbaud avait commencé par "logique", "log" et un faux air de "e" pour le "i" quand Rimbaud suspend brutalement la transcription du mot, il a finalement préféré un mot de sens voisin, le mot "raison". A cause de la superposition "log" et "raison", la leçon "liaison" avait été initialement établie. 
 

Pour "Jeunesse IV", le titre "Veillée" mentionné au crayon a d'emblée été écarté puisqu'il n'apparaît pas sur le texte imprimé. Il est clairement perçu comme allographe et faux.
 
 
Le texte de "Solde" est flanqué de plusieurs corrections. Le titre est imprimé au pluriel, mais le "S" est biffé. En revanche, le "s" à "vendus" n'a pas été corrigé sur cette épreuve en ce qui concerne la première ligne : "A vendre ce que les Juifs n'ont pas vendus [sic !]".
Les épreuves du sommaire ont été modifiées à la main pour les paginations.
 
Passons au deuxième jeu d'épreuves, il contient la préface de Verlaine qui remplace celle de Darzens et les épreuves de cette préface ont été corrigées par Verlaine lui-même.
Nous avons une nouvelle page de faux-titre avec le titre vraiment définitif "Poésies complètes".
La première page des épreuves de cette préface contient le cachet "1e épreuve 29 août 1895 à Evreux Imprimerie Ch. Hérissey". Pour précison, le cachet contient la mention Epreuve et le nom du mois juillet, août ou septembre, mais "1e", "29" et "95" sont au crayon, ce qui était le cas pour les autres cachets.
Or, c'est important à considérer, puisqu'ici nous avons un nouvel exemple de transcription comparable au manuscrit autographe de "Promontoire". Dans le coin supérieur gauche, nous avons une écriture en oblique abrégée "Nlle épreuve" à l'encre (brune ?) , sachant que Vanier abrégeait en "cop Vne" pour "copie Verlaine" au sujet de sa version du "Cœur volé" sur l'exemplaire annoté du Reliquaire conservé à Bruxelles. Nous avons d'ailleurs sur le premier jeu d'épreuves des exemples d'abréviation "prem com" pour "Premières communions" dont je n'ai pas parlé plus haut. Ensuite, nous avons en oblique une deuxième ligne, cette fois au crayon, avec la mention "corrections de PVerlaine" où nous retrouvons la manière d'écrire de la personne employant l'encre brune sur le manuscrit autographe de "Promontoire" avec cette habitude décidément marquée de ne pas barrer les "t". Rimbaud barre systématiquement ses "t" et quand cela n'est pas évident c'est qu'en écrivant rapidement il forme la barre tout en bas du mot qui s'enchaîne avec la formation de la lettre suivante, principe qui peut concerner aussi celui qui écrit à l'encre brune sur le manuscrit de "Promontoire" et sur ces épreuves, mais Vanier ou son exécutant barre rarement les "t" et souvent ne les barre pas du tout. L'écriture au crayon "corrections" est d'évidence à comparer aux transcriptions à l'encre brune du manuscrit de "Promontoire", encore un mot avec le même suffixe que "Illuminations".
 
 
Enfin, nous avons le 2 jeu d'épreuves pour les poèmes en vers et en prose, avec un cachet daté du 27 août 1895, le nom du mois est effacé, peu lisible, mais ce n'est pas "sept" pour "septembre", j'identifie bien le mot "août".
 
 
Pourtant, bizarrement, la première page des "Etrennes des orphelins" reconduit la date du 19 juillet 1895 pour son cachet !
 Il y a même la mention "1e épreuve" !
 
 
Il n'y a également aucune correction sur le titre "Oraison du soir" où pourtant le "R" est toujours mal imprimé !
 
 
En gros, pour l'instant, seules les nouvelles pages de faux titres font partie d'un 2e jeu d'épreuves à cause de la correction du titre "Poésies complètes".
Sur ces nouvelles épreuves pour les poèmes en vers, les corrections sont moins nombreuses et le titre "Reliquaire" au haut des pages n'est jamais corrigé, tandis que nous retrouvons le tampon complété au crayon 19 juillet 1895 au milieu de la transcription du poème "Les Effarés". On peut penser que le livre en maroquin janséniste bleu nous induit en erreur, il y a eu deux jeux d'épreuves pour les poèmes en vers le 19 juillet et les épreuves qui suivent la préface de Verlaine ont bien l'air d'être les plus anciennes. Pour "Patience", nous passons au "20 juillet", mais c'était déjà le cas du document mentionné plus haut.
Pour la transcription de "Fêtes de la faim", la transcription en note de bas de page n'apparaît plus et le titre "Flairy" n'a pas été corrigé. Il est clair qu'il y a deux jeux de premières épreuves, mais c'est le premier jeu d'épreuves qui seul a fait l'objet de corrections exhaustives.
Il y a ensuite deux tables des matières imprimées, une sans pagination, l'autre avec une pagination imprimée mais non corrigée.
Ensuite, nous avons un cachet "2e Epreuve" du "27 juillet 95" pour une autre "Table des matières" avec une pagination imprimée et quelques corrections à la main.
Enfin, nous arrivons à une page jaunie manuscrite qui doit correspondre à la page de couverture avec la mention de l'auteur, du titre Poésies complètes sur une deuxième ligne centrée. Plus bas, il y a la mention "Epreuves" soulignée. Puis, nous rappelant le cas de la mention "Elzevir" par-dessus le texte autographe de "Après le Déluge", nous avons la transcription au crayon rouge "1e épreuves" puis les informations de l'éditeur en bas de page. En haut à droite, au dessus de "Arthur Rimbaud" nous avons sur deux lignes les mentions "Nlles épreuves" et si j'ai bien lu "S.V.P.". Je me trompe sûrement mais peu m'en chaut. Puis, surtout en haut à gauche, à nouveau un cas similaire au manuscrit autographe de "Promontoire" avec un texte en oblique sur trois lignes souligné que je vous laisse aller déchiffrer vous-même. On retrouve toujours ce même effet de triangle dans un angle supérieur gauche. Et c'est toujours aussi clairement la même écriture que pour les parties à l'encre brune du manuscrit autographe de "Promontoire".
 
 
Suit un fac-similé d'un ex libris obscène qui n'a pas l'air de Vanier lui-même. Il y a une nouvelle page manuscrite qui a l'air d'être non la première de couverture mais la page de faux-titre. Puis une page manuscrite sur les annonces de la quatrième de couverture.
Et ça s'arrête là.
 
Alors, ce n'était pas instructif comme voyage ?
 
A propos du manuscrit autographe, on peut esquisser la thèse suivante : les inscriptions témoigneraient d'une intention avortée de publier cette version de "Promontoire" dans l'ensemble "Prose" de 1895, ce qui expliquerait la mention "(Illuminations)" comme la parenthèse "(Saison en Enfer)" pour "Fêtes de la faim". Et les mentions en haut à gauche auraient été inscrite dans un second temps, en prévision d'une épreuve avec une note de bas de page. Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle concorde avec le document que nous venons d'étudier.
Je consulte l'édition originale de 1895. Je constate que "vendu" a bien été corrigé finalement pour "Solde".  

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