mercredi 18 février 2026

Actualités rimbaldiennes : avec des airs de daines, on se donne en spectacle !

 Alors, il y a un peu de publications d'actualité sur Rimbaud et Verlaine qui me concernent. A la fin de l'année 2025, nous avons eu droit à une nouvelle édition des Poésies de Verlaine dans la collection de la Pléiade par Olivier Bivort. Je n'ai pas encore pu l'acheter et j'ai les deux tomes précédents sur les poésies et les proses de Verlaine, mais il y a un coffret réunissant les deux volumes, et j'y suis minimalement cité ainsi que ce blog pour les minutes du procès de Verlaine en juillet 1873, puis pour celles du procès en appel en août, puisque j'ai mis les sept fac-similés inédits de ces documents en ligne dans un article de ce blog.
 
 
Je ne sais pas si je suis cité ailleurs dans l'édition de Bivort pour la Pléiade, mais Bivort ne favorise pas les commentaires critiques des poèmes. Je ne pense donc pas être cité pour mon travail sur les sources valmoriennes à plusieurs poèmes de la section "Ariettes oubliées" des Romances sans paroles, ni sur mon étude de "Crépuscule du soir mystique" comme une référence à la forme de Catulle Mendès dans Philoméla de la terza rima maléfique sur treize vers et deux rimes.
Il y a en tout cas une reconnaissance de mon travail en tant que sourcier ou dénicheur de documents. 
 
Je rappelle que je suis cité aussi à la marge dans l'édition 2009 d'André Guyaux des Œuvres  complètes d'Arthur Rimbaud dans la collection de la Pléiade pour des travaux de sourcier en tant que tel. J'ai identifié les emprunts de Rimbaud pour créer les montages de citation que sont "Vieux de la vieille" et "Hypotyposes saturniennes ex Belmontet" dans l'Album zutique, ainsi que la source du monostiche attribué à Ricard. J'ai souligné l'importance de la signature "PV" sur le manuscrit du dizain "L'Enfant qui ramassa les balles..." Et Guyaux citait déjà les minutes du procès de Verlaine, bien qu'il ne m'ait pas cité pour ça, sur la base des documents que j'ai mis en ligne dan l'article en lien ci-dessus.
Je n'étais pas cité pour mes commentaires de poèmes, mais j'étais encore cité pour le déchiffrement de deux vers de "L'Homme juste", sauf qu'Aurélia Cervoni et André Guyaux ont préféré après leur propre consultation du manuscrit considérer qu'il était écrit "de chinois, de daines", et non "de chinois ou daines" comme je leur avais soumis à l'attention. J'ai publié un article dans la revue Méthode en 2009 et un autre sur le blog Rimbaud ivre de Jacques Bienvenu où j'explique ma démonstration qui est sans faille.
Jacques Bienvenu trouve évidente ma démonstration, ainsi qu'Yves Reboul. Pour précision, j'ai été étudiant en Lettres modernes à l'Université de Toulouse le Mirail. Dans ce cadre, Reboul lui-même a parlé devant d'autres professeurs de Lettres Modernes de mon déchiffrement du vers de "L'Homme juste" et des centons de Belmontet en ma présence. Benoît de Cornulier a précisé que mon déchiffrement était "probable" dans un article.
Je précise encore que j'ai communiqué ma découverte à des gens qui n'ont rien à voir avec les études rimbaldiennes, à des personnes de ma famille par exemple, et quand je montre le manuscrit et que je leur dis la solution, ils disent que s'ils n'arrivaient pas à trouver, "oui c'est évident quand je leur donne la réponse que c'est bien cela qui est écrit sur le manuscrit."
Il y a quelques années, les rimbaldiens ont cru bon de publier un article de Marc Dominciy qui prétendait récuser ma solution pour une autre. Et voici que ça recommence avec un ou même deux articulets d'Adrien Cavallaro dans le dernier numéro 36 de la revue Parade sauvage daté de 2025.
Il me faudrait payer 2 euros pour lire immédiatement l'article sur le déchiffrement. Sur le site de l'éditeur des Classiques Garnier, on peut consulter le sommaire, les résumés des articles et les premières pages de chaque article.
 
 
Dans la section "Singularités", qui réunit des articles plus courts sur des détails, vous avez deux articles consécutifs d'Adrien Cavallaro. Le premier, qui va des pages 203 à 208, s'intitule : " ''De Chinois de daines', point ", et le second qui va des pages 209 à 215 s'intitule " 'L'Homme juste' suite".
J'imagine que le titre est la solution débile que soutient Cavallaro.
Le résumé du seul premier article, celui qui nous intéresse, ne nous apprend pas la solution, si ce n'est que Cavallaro s'attribue un rôle dans le déchiffrement visiblement : "Cette note propose un déchiffrement du v. 72 de "l'homme juste", qui pose depuis longtemps des difficultés d'établissement."
Si j'affiche la première page de la lecture, je peux lire que Cavallaro considère que le problème est toujours d'actualité, indicatif présent du verbe "poser" : "Les vers 72 et 73 posent d'importantes difficultés de déchiffrement." Cavallaro exhibe ensuite une photographie qu'il a prise à la Bibliothèque nationale de France sur le même principe de découpage que celle que j'ai prise à l'époque et placée dans mes articles de la revue "Méthode" et sur l'article du blog Rimbaud ivre de Jacques Bienvenu.
 
 
Cavallaro me cite en ne m'attribuant que d'avoir fait progresser le déchiffrement et il considère que je n'ai fait qu'une "proposition". Cavallaro cite l'article de la revue Méthode, puis l'article du blog qui dans mon souvenir n'est pas le même reproduit à l'identique, mais peu importe ! Il précise avoir consulté cet article de mon blog le 27 avril 2025, ce qui peut laisser entendre qu'il a lu aussi mes réactions à l'article de Dominicy.
 
Donc, je vais être clair. Je ne propose pas la solution "-Ô j'exècre tous ces yeux de Chinois ou daines", tolérant un débat minimal sur la possibilité d'une minuscule à "chinois", j'affirme que c'est la solution qui s'impose quand on fait travailler ses yeux, quand on sait réfléchir sur le mouvement d'écriture d'un "ou" à la va-vite, quand on ne fait pas le distingué qui fait mine de croire qu'on ne peut pas dire en français "de chinois ou daines", car la correction exigerait "yeux de chinois ou de daines", quand on sait aussi ce qu'implique le suspens métrique d'un déterminant à la césure, ce qui explique la maladresse de son redoublement erroné sur le manuscrit : "ces ces".
Il est écrit "ou daines" et non pas "de daines" ou autre chose, et ceux qui pensent autrement sont voués à se ridiculiser. Non pas point, mais point barre.
 
J'ajoute que dans l'édition révisée des Oeuvres complètes d'Arthur Rimbaud dans la Pléiade en 2014 Guyaux a promu la correction de la coquille "outils" en "autels" sur la foi du brouillon correspondant, sans me citer, mais ce fait a été relevé et mon rôle dans cette affaire est aussi connu.
J'ai été le principal sourcier de l'Album zutique et j'ai aussi travaillé sur le fac-similé manuscrit avec des antériorités sur la datation des poèmes que Bernard Teyssèdre avait tues.
Une grande partie de la découverte des sources aux contributions zutiques de Rimbaud a été de mon seul fait. Dans l'article "Mais que sont devenus les manuscrits de 'Paris se repeuple' " j'ai attiré l'attention sur la transcription manuscrite de quatrains inédits de "L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple" par Vanier sur un exemplaire du Reliquaire conservé à Bruxelles.
J'ai fait des articles sur les prétendus recueils de manuscrits de Rimbaud qui ont fait du remous, dossier Demeny, dossier Forain-Millanvoye, Les Illuminations.
J'ai souligné que dans "Mauvais sang", la leçon "mène" était une invention de Berrichon et que dans "Après la domesticité même trop loin", la coquille était plus probablement de l'ordre de l'oubli de la forme conjuguée courante "est", ce que j'ai étayé.
Ces derniers jours, je montre encore qu'on édite n'importe comment certains passages des Illuminations, défaut de points dans le premier alinéa de "Enfance II" ou lecture erronée dans "Angoisse" : "Amour, force !" quand il est écrit : "Amour ! force !" 
 Il faudrait peut-être éviter de me snober et de considérer que sur "L'Homme juste" il y a un Ducoffre dans la salle qui a dit des choses intéressantes dont les rimbaldiens vont maintenant faire quelque chose avec leurs compétences privilégiées. Je précise ne pas avoir constaté un quelconque article rimbaldien majeur dans tous ceux publiés jusqu'à présent par Cavallaro !

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