lundi 16 février 2026

Les précieuses remarques de Pierre Brunel sur les manuscrits des Illuminations

En 2004, Pierre Brunel a publié chez José Corti le livre Eclats de la violence. Pour une lecture comparatiste des ILLUMINATIONS d'Arthur Rimbaud, édition critique commentée. Il s'agit d'un volume assez conséquent de plus de 750 pages et cela sans aucune illustration interne, il s'agit de 750 pages de textes. J'ai un avis assez réservé sur les interprétations des textes de Rimbaud par Pierre Brunel. Il est responsable avec Steve Murphy de l'invention d'un prétendu recueil de 1870 des poèmes remis à Paul Demeny. Il a des hypothèses de lecture qui me semblent souvent assez aventureuses et qui sont liées à une irrépressible envie d'étaler des références à des mythes antiques ou à des lectures variées d'auteurs internationaux du vingtième siècle, ou à des poètes du romantisme allemand que Rimbaud n'a certainement pas lus ou à je ne sais quel écrivain français classique. Prenons "Après le Déluge". Pour les pierres précieuses qui se cachent et les fleurs qui s'ouvrent, Brunel privilégie le renvoi à un poème de Baudelaire adapté d'un poème anglais de Thomas Grey, puis cite le poème anglais original. Mais tout se passe comme s'il fallait transposer ce qu'il y a à comprendre du poème de Thomas Grey au poème de Rimbaud, sans qu'on ne cherche à éprouver si c'est bien la direction de sens prise par Rimbaud. On le sait, Rimbaud dit que c'est "l'idée du Déluge" qui s'est "rassise", et pourtant tout au long du commentaire des scènes décrites Brunel parle du Déluge comme étant arrivé, les "enfants en deuil" ont perdu leurs parents qui ont été noyés par les eaux du Déluge. Pour l'expression : "Le sang et le lait coulèrent", Brunel déclare sans hésiter que le "sang" est substitué à l'association classique au miel et il fait plusieurs citations de textes antiques où le lait est associé au miel. Pour la "futaie violette", on a droit à une citation anachronique d'un poème de Jaccottet qui dit que, dans certaines situations, la couleur "violette" serait pertinente pour décrire ce qu'il se passe. Ces considérations érudites, mais mal raccordées aux textes commentés, s'accumulent en pagaille sur les plus de 750 pages de l'ouvrage. Pour moi, la lecture du livre de Brunel est particulièrement éprouvante. Toutefois, il y a un investissement, énormément d'idées qui sont soumises aux lecteurs, etc. J'ai tout de même apprécié que Brunel ne se dise pas convaincu par les affirmations de Murphy sur la pagination autographe, sur la place d'ouverture du recueil par le poème "Après le Déluge", etc. Sur ce plan-là, il a eu le nez fin.
Dans cette édition critique, Brunel a fait des études poussées poème après poème. Chaque poème de Rimbaud est traité en un nombre de pages conséquent. A chaque fois, nous avons une mise au point sur la "Source manuscrite", puis dans le cas de "Après le Déluge" une "Remarque sur la pagination", puis nous avons en général une rubrique "Principales variantes du manuscrit", puis un rappel de la "Première publication", puis une "Orientation bibliographique", cela est suivi d'un ensemble de "Notes" où des mentions en gras de mots du poème permettent de repérer de quel endroit du texte il est question, et après des notes qui peuvent s'étendre sur pas mal de pages, nous avons enfin le conséquent "Commentaire" qui a un titre et qui se divise en sous-parties qui ont elles-même un titre, et cela se termine par une ultime section "Prolongements" où résonne plus nettement la dimension comparatiste. Brunel suit cette distribution à peu près stable, même si cela est un peu modifié dans le cas de la série de cinq poèmes "Enfance" ou quand il n'est pas nécessaire de créer une section sur les variantes du manuscrit.
Mais, ce qui m'intéresse à l'instant, c'est ce que Pierre Brunel dit des manuscrits poème après poème, ce qui compense les écrits désinvoltes d'André Guyaux (édition de La Pléiade en 2009), de Steve Murphy (article sur la pagination des Illuminations) et d'Alain Bardel qui publie une édition fac-similaire des manuscrits des Illuminations sans le commentaire rigoureux des détails des manuscrits.
J'ai publié un article montrant que tout ce qui était au crayon dans les manuscrits était attribuable automatiquement aux éditeurs, que ce soit du côté de la revue La Vogue ou du côté de Vanier. Mais j'avais déjà fait remarquer sur un article plus ancien que pour "Après le Déluge" le mot "après" ajouté au-dessus de la ligne avait été biffé d'un trait foncé dont je me demandais s'il était à l'encre ou au crayon, et j'envisageais même que le mot ait été biffé au crayon bleu, sachant qu'il y a un écrit d'éditeur au crayon bleu par-dessus le texte manuscrit de "Après le Déluge" : "Elzévir..." Quand on est rigoureux, on ne dit pas qu'un mot est biffé, on précise qu'il l'est au crayon ou à l'encre. Dans son édition critique de 2004, Brunel a le mérite de préciser que le mot "après" a été biffé au crayon. Il me manque la précision si c'est au crayon de graphite noir ou au crayon bleu. Mais, que ce soit l'un ou l'autre cas, c'est donc une intervention qui vient des éditeurs, et à cette aune Brunel n'aurait pas dû considérer que le mot biffé pouvait être supprimé, vu qu'il n'y a guère de perte de sens, puisque le fait que le mot soit biffé au crayon signifie que Rimbaud l'avait ajouté et ne l'a pas ensuite répudié. Rimbaud tenait à ce moment, et c'est la revue La Vogue qui l'a jugé redondant et inutile, se souciant peu de l'accentuation insistante qu'il apportait.
En-dehors de Brunel, tous les rimbaldiens admettent cette biffure comme allographe et non voulue par Rimbaud, ce qui est le cas déjà du repassage au crayon d'un "a" en "o" dans "la main de la campagne" qui devient "la main de la compagne" dans "Vies" et d'un autre "a" changé en "e" cette fois dans "ornamentales" du poème "Fairy" qui devenait "ornementales". La présence d'un nouvel élément au crayon est confirmée dans Les Illuminations et on observe encore une fois que, systématiquement, les corrections au crayon sont considérées comme allographes et abusives par la quasi-totalité des rimbaldiens.
Je cherchais précisément cette information sur la biffure du mot "après", mais à propos du même manuscrit Brunel nous apprend encore ceci dans son chapitre du poème "Après le Déluge" qui s'intitule "Remarque sur la pagination". Brunel considère que c'est Fénéon qui a voulu placer ce poème en tête du recueil à cause de ce motif, cette place s'étant maintenue dans la plaquette où l'ordre des poèmes a été pourtant profondément remanié. Or, Brunel fait une remarque que je trouve amusante à relever. Il s'agit bien sûr de reprises de remarques faites en 1985 par André Guyaux dans son livre Poétique du fragment que je ne possède pas, mais comme Guyaux n'a pas rendu un compte précis des manuscrits dans son édition des Œuvres complètes de Rimbaud dans la collection de La Pléiade, je suis bien obligé de me reporter à d'autres livres pour moi plus accessibles. Et donc Brunel cite Guyaux : "le chiffre 1 est au crayon, repassé d'une encre plus foncée que celle du texte". Il est vrai qu'en consultant le fac-similé du manuscrit la différence est flagrante. Et Brunel de tacler Murphy en commentant ainsi : "Ce chiffre n'offre donc nullement la garantie que Rimbaud aurait placé 'Après le Déluge' en tête de son recueil" (page 40 du livre Eclats de la violence).
 
 
Je ne vais pas tout recenser, mais pour "Enfance III",  Brunel soutient qu'il lit plutôt "aperçue" que "aperçus", autrement dit un accord avec "troupe" et non pas "comédiens". Ma consultation du manuscrit me range à l'avis de la majorité des éditeurs, il est bien écrit "aperçus"' avec un "s" de pluriel qui est simplement trop chargé de boucles. Il suffit de comparer avec le "s" de "bois" sur la ligne juste en-dessous.
 
 
Pour "Enfance V", Brunel considère qu'il lit plutôt "les gouffres" que "des gouffres", et là je dois avouer que cela se défend plutôt bien. J'identifie en effet plutôt les boucles et la forme d'un "l" que la forme d'un "d", même en comparant avec d'autres "d" sur la page manuscrite en question. La juxtaposition avec "des puits de feu" encourage sans doute à aligner la lecture : "des gouffres d'azur, des puits de feu", mais c'est vrai que l'idée est jouable : "les gouffres d'azur, des puits de feu". Toutefois, je reste prudent, il peut s'agit malgré tout d'un "d" mal formé écrit à la hâte juste avant de retourner à la ligne. Il faudrait comparer avec des "d" du manuscrit chaotique de "L'Homme juste" pour mieux se faire une idée. Pour l'instant, je réserve mon jugement.
 
Pour "Conte", il y a une des mentions où le "p" de "prince" ne s'impose pas clairement comme majuscule, mais je n'adopte pas du tout la position de Brunel qui privilégie la minuscule en s'appuyant sur le cas de l'édition originale dans La Vogue. Les "G" de "Génie" ne sont pas tellement marqués non plus comme des majuscules. Il s'agit ici d'un effet un peu erratique de la transcription. La majuscule s'impose à toutes les mentions du mot "Prince" dans "Conte", sachant que le mot "Prince" apparaît deux fois dans la phrase incriminée et qu'il est clairement avec majuscule dans le second cas.
 
Dans le cas de "Vies", Brunel dit avec autorité que la correction de "campagne" en "compagne" étant au crayon elle ne peut être le fait que d'un "lecteur du manuscrit".
 
A propos de "Départ", Brunel rappelle le débat sur le point de fin de poème qui est tout au bord droit du feuillet manuscrit. Murphy plaide pour le point d'interrogation, Guyaux et Steinmetz pour le point d'exclamation, et Brunel considère que le point d'exclamation est le signe le plus probable inscrit sur le manuscrit et que c'est cohérent avec l'allure d'ensemble du texte. Personnellement, je consulte le manuscrit, j'identifie un point d'exclamation, je ne pense même pas à un point d'interrogation, et je trouverais Rimbaud bien léger de ne pas en avoir soigné la transcription... Le point d'interrogation à la fin de "Enfance V" est clair à identifier et ici la forme un peu incurvée du point d'exclamation s'explique par la crainte de sortir du feuillet. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures.
 
 

Je n'ai pas parlé de débats sur les signes de ponctuation quand il s'agit de virgules, de points, d'absences sur le manuscrit qu'il faut pourtant compenser, ni du problème de "faite" ou "faîte" pour "Enfance II". Je Je le ferai ultérieurement. Pour "Matinée d'ivresse", Brunel fait remarquer que malgré le "nous" l'accord de l'adjectif "digne" se fait bien au singulier, accord du "nous" de majesté si je puis dire, Toutefois, Brunel ne tranche pas si le "s" a été biffé par Rimbaud ou non, et il ne précise pas si la biffure est à l'encre ou au crayon. En général, quand la précision n'y est pas, c'est que le texte est biffé à l'encre, et en principe avec une encre correspondant à la qualité de l'encre lors de la transcription du poème. La biffure est tellement rudimentaire et tellement bien fondue à l'encre utilisée pour le texte lui-même que je considère qu'il s'agit bien d'une biffure autographe.
 
 
A propos du titre "Les Ouvriers" où l'article est finalement biffé, Brunel ne précise pas si cela est biffé au crayon ou à l'encre, ce qui laisse supposer que cela a été plutôt biffé à l'encre. Vu le raisonnement d'autorité de Brunel sur le "o" de "compagne", sauf qu'il a fait l'inverse pour le mot "après" biffé au crayon de "Après le Déluge", les éléments biffés à l'encre semblent l'être par Rimbaud, et Brunel même s'il hésite va en ce sens : "L'article a été biffé à petits traits sur le manuscrit, sans qu'il y ait lieu de supposer une main étrangère."
 
 
Pour "Villes" qui commence par "L'Acropole officielle...", Brunel fait une "remarque" pour se positionner dans le débat. Il considère qu'il faut écarter toutes les mentions au crayon qui furent le fait de la revue La Vogue et non de Rimbaud, ce qui inclut la mention "Mme Tavernier", un A encerclé et la mention "1er". En revanche, Brunel identifie clairement qu'un II originel à l'encre a été supprimé par la superposition du titre "Villes" à l'encre. Il est clair qu'il y a eu ici une maladresse dans les transcriptions. Rimbaud aurait souhaité que "Ce sont des villes" soit le texte numéroté I et "L'Acropole officielle..." le texte numéro II, mais l'enchaînement continu des transcriptions de "L'acropole officielle...", du texte de "Vagaonds" et du texte : "Ce sont des villes !" a rendu impossible le projet sur un tel état manuscrit. Il a bien fallu y renoncer. Le chiffre I sous l'autre texte intitulé "Villes" a été aussi biffé. Ceci est une preuve encore une fois que le recueil n'a pas la forme aboutie que prétendent prouver Murphy, Bardel et d'autres rimbaldiens, puisque des aléas de transcription ruinent ici le projet prévu.
 
 
Je reviendrai ultérieurement sur "Nocturne vulgaire" qui fait débat.
Pour "Marine", une remarque intéressant, l'accent circonflexe à "fûts" a été ajouté au crayon, nous précise Brunel.
 
 
Pour "Angoisse", on a aussi un propos intéressant. Brunel, page 469, précise que Guyaux a mis en doute la présence d'un point d'exclamation après "Amour" préférant ne voir là qu'une virgule, mais Albert Henry l'a rétabli. Brunel conclut de manière sibylline : "Cela reste très incertain." Veut-il dire cela reste difficile à décider ou bien que la réalité du point d'exclamation est incertaine ? Brunel adopte une transcription avec virgule sur le modèle de Guyaux, il trouve donc la conviction d'Henry fragile. Pour moi, il est clair que Rimbaud a finalement opté pour un point d'exclamation. D'abord, c'est cohérent avec la progression du texte mis dans une parenthèse : "(Ô palmes ! diamant ! - Amour ! force ! - plus haut que toutes joies et gloires ! [...]). Ensuite, j'ai consulté le fac-similé sur Gallica d'abord sans zoom, ensuite avec zoom, et dans les deux cas j'identifie avec évidence une barre ajoutée entre "Amour" et "force" ce qui prouve clairement qu'il s'agit d'un point d'exclamation. Ce qui induit Guyaux et Brunel en erreur, c'est qu'en effet à la place du point on a un trait long qui s'apparente à une virgule, soit qu'il s'agisse d'un fait erratique de la transcription, soit que Rimbaud se soit repris et après avoir mis une virgule ait ajouté une barre de point d'exclamation sans changer la virgule en point. La présence d'un point d'exclamation n'est carrément pas discutable. Le raisonnement de Guyaux et Brunel n'est pas incertain, mais erroné. N'ayant pas son édition fac-similaire sous la main, je remarque que sur son site Bardel adopte aussi la leçon erronée avec virgule : "Amour, force !" Regardez le manuscrit ! Je suis formel, il y a une barre qui n'appartient pas à la fin du "r" du mot "Amour" et qui le sépare du mot "force". C'est difficile de comprendre que quand on écrit on a une certaine désinvolture. Rimbaud n'a pas pris la peine de corriger le trait apparent de virgule en un bel arrondi de petit point. La belle affaire ! La barre verticale a une valeur discriminante suffisante. Point barre, pouvons-nous dire pour ce cas de barre point d'exclamation.
 
 
Je soutiens également qu'il faut bien mettre une majuscule à "Démon" et une majuscule à "Jeunesse" dans ce même alinéa mis en parenthèse.
 
L'édition critique de Brunel ne poursuit pas avec la suite des poèmes en prose publiés par la revue La Vogue dans les livraisons numéro 8 et numéro 9. Nous passons directement aux poèmes publiés par Vanier en 1895. "Fairy" fait suite à "Barbare".
 
A propos du "e" qui corrige "ornamentales", nouveau jugement sans appel de Brunel, bien qu'il ne l'ait pas appliqué pour "après" dans "Après le Déluge" : il écrit, page 519 : "Le e qui surcharge le premier  de 'ornamentales' est au crayon : c'est donc une correction du préparateur du manuscrit."
Pour la superposition "du" et "des" qui fait hésiter entre "des cris" la leçon traditionnelle et "du cri" Brunel opte pour la leçon "du cri" qui lui paraît plus cohérente. Il faut remarquer que "cri" est au singulier sur le manuscrit, ce qui semble inviter à considérer que c'est bien "du" qui est superposé à la leçon initiale "des". Sur son site, Bardel opte pour le pluriel "des cris". Il faut avouer que la consultation du manuscrit ne permet pas de constater nettement la présence du mot "du", ce qui est étrange si Rimbaud a voulu corriger le "des" en "du". Rimbaud semble bien avoir écrit "du cri", puis il a corrigé "du" en "des" sans corriger le singulier de "cri". Je pense que la correction va bien de "du" à "des", l'écriture du "s" est plus appuyé que le reste. Rimbaud a ajouté un "e" par-dessus le "u" et est parti de la fin du "u" pour transcrire un "s" appuyé. Il a négligé de corriger le singulier "cri" en pluriel. Il a fait tellement de corrections en quelques lignes qu'il a dû bouder le souci de finaliser parfaitement son travail. Une fois la leçon "des" établie, la correction allait de soi. Il faut seulement vérifier si la revue La Vogue a trouvé que cela allait de soi et transcrit "des cris" et non "du cri". On dirait que oui, puisque Brunel précise que "des cris" est la "leçon habituelle". J'ai pu plaider la leçon "du cri", mais l'analyse faite ici calmement me paraît favoriser sans appel l'inverse, la leçon "des cris".
 
 
Pour "Solde", nouvelle remarque importante, "ignore" a été écrit au singulier par Rimbaud, mais il y a eu une correction au crayon avec l'ajout des marques du pluriel "nt". Brunel parle là encore de "main étrangère". Plus précisément, j'ai consulté le fac-similé du manuscrit, et je n'ai pas constaté qu'un ajout des deux dernières lettres. Il est écrit "ignore" à l'encre et il y a un ajout au crayon de l'ensemble "ent", le "e" est biffé au profit du "ent", même s'il aurait été plus économe d'ajouter simplement "nt".
 
 
Sur le même manuscrit de "Solde", Brunel fait une remarque qui me déconcerte. Il déclare qu'il n'y a pas lieu comme l'a fait Albert Henry de changer les deux points après "masses" en une virgule. Mais j'ai consulté le manuscrit, cliquer sur le précédent lien, et j'ai clairement vu un point-virgule !? Il précède l'autre point-virgule bien admis de cet alinéa après "amateurs supérieurs". Guyaux et Brunel se trompent autant qu'Albert Henry, la solution est encore ailleurs.
 
"Jeunesse" fait débat, je ferai un article ultérieurement comme pour "Nocturne vulgaire", je reviendrai d'ailleurs systématiquement sur tous les autres débats manuscrits que relève Brunel dans son édition. Je ne remarque que trop qu'il ne faut décidément se fier en rien à la masse des prédécesseurs éditeurs ou critiques littéraires pour l'établissement correct des textes en fonction des manuscrits. 
 
 Brunel ne traite pas ensuite de "Génie", il passe à la suite des poèmes publiés en 1886.
Pour "Promontoire", Brunel ne parle pas du manuscrit allographe apparemment. Il fait état des billevesées de Murphy sur les transcriptions "AR" et "(Illuminations)" à la suite du texte lui-même. Rimbaud aurait écrit au crayon le mot "Illuminations" au crayon selon Murphy, mais le repassage à l'encre serait tout de même allographe, tandis que les initiales à l'encre "AR" seraient de Rimbaud. N'importe quoi ! Aucune logique, ça part dans tous les sens ! Il est plus simple d'admettre que rien n'est de Rimbaud dans ces transcriptions.
 
 J'ai mon relevé des autres interventions au crayon. Brunel n'en évoque pas d'autres, sauf j'imagine dans "Jeunesse" que je n'ai pas traité ici. On va s'arrêter là.
Brunel le dit clairement, le crayon relève systématiquement d'interventions d'éditeurs, même si en contradiction avec ce principe Brunel se laisse intimider par Murphy qui croit à une écriture autographe au crayon du mot "Illuminations" sur le manuscrit de "Promontoire", ce qui non seulement n'est pas fiable, mais n'a aucun sens, et pour le mot "après" biffé sur "Après le Déluge" qu'étrangement Brunel est le seul à vouloir biffer parmi les rimbaldiens. Je remarque qu'il y a des flottements encore dans l'établissement des textes. La quasi-totalité des rimbaldiens et éditeurs se trompent sur "Amour ! force !" dans "Angoisse" par exemple. 
Je poursuivrai donc cette revue par un article complémentaire.

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