Je le dis depuis quelques années déjà, les rimbaldiens ne commentent jamais l'expression "ivresses pénitentes" de "Voyelles", alors qu'il s'agit d'une formule quelque peu de l'ordre de l'oxymore placée au centre même du sonnet, le point de bascule des quatrains aux tercets, la rime du vers 8.
Il faut aller plus loin. "Voyelles" et "Le Bateau ivre" sont les deux poèmes les plus célèbres et les plus emblématiques de la poésie en vers "première manière" de Rimbaud, voire de sa poésie en vers tout court. L'expression "ivresses pénitentes" entre ainsi en résonance avec le titre "Le Bateau ivre".
Les rimbaldiens peuvent trouver dérisoire mes enquêtes hyper- ou hypo- textuels comme disent certains charlots dans les comptes rendus de la revue Parade sauvage, mais c'est au contraire un principe de rigueur et cela permet aussi de ne pas sombrer dans l'analyse qui déblatère sans support, comme je le montre clairement avec mes mises à jour des sources aux contributions zutiques rimbaldiennes.
Je ne trouve guère le mot à la rime que dans des vers de Barbier pour l'instant. Mais il faut toujours savoir relancer l'enquête. L'expression "ivresses pénitentes" est quelque part un oxymore comparable au titre "Fêtes de la patience", et ce titre "Fêtes de la patience" a été précédé par une "Comédie de soif" où le poète s'écrie : "Qu'est l'ivresse, amis ?"
Je pourrais développer cela plus longuement, mais on s'en tiendra à la mise en place de ce socle.
Vous avez des rimbaldiens qui sont attachés à dire que "Voyelles" parle de la création aléatoire d'idées poétiques à partir d'une libre association d'idées qui s'appuierait sur les voyelles, notamment sur leur forme de lettres. Depuis le début, je vous explique que c'est complètement crétin et que ce n'est pas de ça qu'il est question dans le poème. Je vous explique aussi que Rimbaud n'ironise pas non plus grossièrement sur le principe qu'il illustre dans "Voyelles". Ce "Qu'est l'ivresse, amis ?" c'est la preuve que Rimbaud s'investit dans le message symbolique du sonnet "Voyelles".
J'ajoute que depuis le début je vous explique que les liens avec "Paris se repeuple" et "Les Mains de Jeanne-Marie" prouvent qu'il y a une lecture communarde de "Voyelles" en lien avec une certaine idée de la mort, sujet qui intéresse les "Fêtes de la patience" avec dans "Chanson de la plus haute Tour" une confrontation différente aux sales mouches.
Pauvres rimbaldiens, passer leur vie entière à dédaigner la vérité sur "ou daines", "autels" ou "Voyelles". Sont-ils minables ?
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