Je sais très bien que les gens n'aiment pas qu'on parle de soi de manière favorable, mais c'est ce qu'on m'a laissé en m'amenant dans cette zone de retrait qu'est mon blog et en évitant de me citer publiquement alors qu'on s'inspire en douce de tout ce qu'il y a de généreusement prodigué sur la toile, non seulement sur ce blog, mais sur des forums de discussion de sites rimbaldiens, parce qu'il y aurait des surprises si on s'amusait à citer les archives de ces forums.
Mais, bref ! Prenons l'angle d'attaque de l'Album zutique. J'ai déjà dit que j'étais très actif sur cette partie de l'oeuvre de Rimbaud. J'ai découvert en gros à moi seul les sources de quatre des vingt contributions zutiques de Rimbaud intégralement conservées, et on va ajouter à ce palmarès "Vu à Rome". Sur les quinze autres contributions de Rimbaud, dont une bonne partie renvoie au seul Coppée, j'ai également apporté pas mal de mises au point décisives. J'ai travaillé sur la datation resserrée des contributions, ce que Benrard Teyssèdre n'a fait que voler avec le soutien de Murphy, Lefrère, Pakenham, plusieurs rimbaldiens de la revue Parade sauvage, Alain Bardel, Adrien Cavallaro et quelques autres. Je ne parle pas du vol d'une idée inédite, je parle du vol d'une argumentation qui a été publiée avant le livre de Teyssèdre. Il s'agit bien d'un cas de malhonnêteté caractérisée.
Il va de soi que vers 2009 les choses s'emballaient je travaillais sur les poèmes de l'Album zutique et je faisais plein de découvertes. La plus spectaculaire, c'était que les "Hypotyposes saturniennes ex Belmontet" et "Vieux de la vieille" étaient des centons de citations authentiques de Belmontet. Ces deux pièces étaient annotées dans les éditions courantes et des articles leur avaient même été consacrés. Murphy en particulier avait publié des études de ces deux pièces où il prêtait des intentions satiriques et comiques à des vers qu'il pensait inventer par Rimbaud. "Vieux de la vieille" n'était pas signé et n'était pas mis en lien du coup avec Belmontet. Cette pièce passait pour le premier poème en vers libres de Rimbaud par contraste avec les octosyllabes du poème de ce titre du recueil Emaux et camées. Pour les "Hypotyposes saturniennes", Belmontet était désigné comme cible, mais visiblement pour composer son article Murphy n'avait pas daigné lire tout ou partie des poésies de Belmontet, puisqu'il n'a repéré aucune citation authentique.
Et ça ne s'arrête pas là. Murphy a publié ses deux analyses en 1990 et en 19914. En 2009, personne n'avait pris la peine depuis les études de Murphy de le contredire, de venir lui signifier que les deux contributions zutiques en question contenaient des citations authentiques de Belmontet. Personne, depuis que cette mention Belmontet a été révélé, depuis donc les débuts des publications des contributions zutiques, n'avaient pris la peine de lire les recueils de Belmontet. Ni Pascal Pia, ni René Etiemble, ni personne ! Un peu avant 2009, j'ai cherché à comprendre les "Hypotyposes saturniennes". Je pensais que c'était une parodie, mais je considérais que si c'était une parodie il fallait bien que des vers authentiques soient visés. Je les ai recherchés, c'est la méthode évidente. Et j'ai découvert que Rimbaud avait recopié, parfois approximativement, des vers authentiques, et cela s'est étendu au cas de "Vieux de la vieille".
Les rimbaldiens n'avaient rien lu de la cible parodique de Rimbaud.
Le poème "Lys" est l'autre cas spectaculaire. J'avais déjà ce résultat avant que l'édition de Rimbaud dans la collection de La Pléiade ne soit publiée, mais le résultat était tellement frais que je ne l'avais pas communiqué. J'ai développé ce point dans un article, je pense dans l'article "A propos de l'Album zutique" paru dans un numéro spécial de la revue Europe.
Ici, j'introduis un élément pour votre édification. A partir de 2010, la querelle de la photographie du Coin de table à Aden bat son plein, je demande bientôt des explications à Murphy sur le livre de Teyssèdre qui vient marcher sur mes plates-bandes et endort mes apports personnels de diverses manière, etc. Or, le volume de la revue Europe, la revue Parade sauvage en a rendu compte dans un numéro de 2010 ou 2011. La recension a été faite par Bertrand Degott, lequel a cité tous les intervenants, sauf moi ! J'ai demandé des explications, je n'ai eu aucune réponse. Chevrier a alors publié dans la revue Parade sauvage un article où il s'attribuait un de mes apports de l'article de la revue Europe, le rôle joué par l'article de Verlaine contre Barbey d'Aurevilly dans la pratique zutique des sonnets en vers d'une syllabe. Là encore, j'ai demandé des explications et n'ai pas reçu de réponse.
Et bien sûr, dans son livre, Bernard Teyssèdre, puisqu'il commentait tous les poèmes, reprenait les sources que j'avais identifiées au quatrain "Lys". Il me citait, mais exclusivement dans les notes que très peu de gens consultent.
J'en ai fini sur ce point édifiant.
Reprenons. Donc, en 1990 ou 1991, Murphy a publié une étude du quatrain "Lys" où il n'a pas identifié le poème que Rimbaud a parodié. Personne avant 1990, personne jusqu'en 2009 n'a lu les recueils déjà publiés en octobre 1871 par Silvestre, malgré le prestige du parrainage par George Sand. Ni Pia, ni Etiemble, ni un quelconque rimbaldien, majeur ou mineur, lecteur des livres de Murphy de 1990 et 1991.
Il y avait quatre vers signés "Armand Silvestre", ce qui supposait de lire deux recueils et quelques poèmes en revue en une matinée, et cela n'avait été fait par personne. En 2009, j'ai révélé que Rimbaud avait réécrit des passages d'un unique "sonnet païen" précis où notamment figurait la mention rare "étamine" à la rime. J'ajoute que j'ai aussi insisté sur la référence à Molière du trait d'esprit "spiritualiste malgré lui".
Je remarque qu'en 2026 Cavallaro ne cite que le poème de Silvestre, mais ne s'intéresse pas le moins du monde à la préface de George Sand et à ce trait d'esprit "spiritualiste malgré lui", ni au renvoi au dramaturge qui parle des clystères de foireux médecins. Je remarque aussi que Cavallaro parle de "médiocre poésie d'Armand Silvestre", "fertile en poncifs exclamatoires, sentimentaux ou floraux". Ce mépris bien entendu, c'est celui des gens qui sans avoir lu Silvestre n'ont jamais considéré avant 2009 qu'ils devaient lire de près Belmontet et Silvestre pour apprécier les parodies de Rimbaud. Le mépris de Cavallaro, ce n'est rien d'autre que le préjugé moyen des rimbaldiens. Les rimbaldiens ne lisent guère de poésie, c'est plutôt ça la vérité. Oui, Silvestre n'est pas Rimbaud, et alors ?
j'avais aussi mentionné les deux livres parus sous le pseudonyme de Ludovic Hans et hostiles à la Commune. Cavallaro n'en cite qu'un seul.
Personnellement, je me rapproche de n'avoir toujours pas lu de près les romans de Sand avec son personnage Sylvestre pour vérifier si Rimbaud s'en inspire aussi ou non... Moi, je suis pour le travail fait sérieusement, même si j'ai des difficultés matérielles et des problèmes d'emploi du temps qui me font perdre le fil.
Mais j'en arrive à un point très troublant des études rimbaldiennes.
On pourrait se dire qu'après mes révélations sur deux centons de Belmontet et la source parodique indéniable au quatrain "Lys", les rimbaldiens ont pris une leçon et comprennent comment chercher.
Ils n'ont pas trop de difficulté en ce qui concerne la pièce "Fête galante" à cause du prestige de Verlaine. Ils daignent, quoique c'est assez relatif, chercher des sources dans la poésie de Coppée qu'il trouve médiocre depuis que son importance a été cernée pour "Les Etrennes des orphelins", vu la place qu'il prend dans les parodies zutiques. Mais pour le reste, néant. Murphy a quand même fait l'effort d'une recherche du côté de Ratisbonne, recherche qui a porté ses fruits.
Il reste alors un poème intitulé "Vu à Rome" qui est signé "Léon Dierx". Dierx est l'un des poètes les plus importants parmi ceux qui ne sont pas réédités de nos jours. Le problème, c'est qu'il est visiblement plus difficile de rapprocher "Vu à Rome" d'un quelconque poème de Dierx que d'identifier la source du quatrain "Lys" chez Silvestre. Autrement dit, les allusions de Rimbaud ne sont pas saillantes.
Signe entre mille autres que Teyssèdre a écrit à toute vitesse son livre pour me couper l'herbe sous les pieds, il a fourni une analyse de "Vu à Rome" où, considérant que le lien à Dierx, n'était pas apparent, le poème pouvait tout aussi bien être une autre parodie d'Armand Silvestre, et Teyssèdre s'est lancé dans cette invraisemblable aventure, ce qui évidemment n'a convaincu personne. La lecture de "Vu à Rome" par Teyssèdre est en réalité un véritable fourre-tout d'hypothèses de lecture variée, mais son idée de parodie de Silvestre est lunaire. J'ai montré pour le quatrain "Lys" qu'il y avait une parodie de Silvestre, parce que j'ai pris au sérieux l'intention de la fausse signature. Dans le cas de "Vu à Rome", celui qui voulait profiter de mon enseignement devait prendre au sérieux la fausse signature Léon Dierx. C'était du pur bon sens. Teyssèdre a agi comme si mon enseignement c'était que Silvestre était intéressant pour explorer toutes les contributions zutiques, ce qui n'est pas une mauvaise idée (à preuve mes liens avec "Voyelles" et "L'Etoile a pleuré rose..."), mais il l'a fait en laissant de côté la signature "Léon Dierx". C'est comme si vous lisiez "L'Enfant qui ramassa les balles..." en daubant la signature "PV", non ? A l'époque, je sentais cette difficulté de rendre évidente la parodie de Dierx dans "Vu à Rome", j'ai signalé les octosyllabes et l'actualité de la plaquette Paroles du vaincu, mais il est vrai que le lien ne s'imposait pas pour les sujets traités. J'ai surtout signalé des mots clefs repris par Rimbaud. Tout cela était épars et ne s'imposait pas nettement, mais je faisais confiance à la prise d'ampleur de la méditation sur ces éléments. Tel ne fut pas le cas d'Yves Reboul qui a publié à deux reprises sur ce poème en méprisant assez nettement les liens parodiques proposés avec les vers de Dierx et il a suivi l'idée d'une interprétation sociopolitique du poème issue de remarques que j'avais faites, ainsi que de développements présents dans le fourre-tout de Teyssèdre.
Je l'ai fait en réalité depuis quelque temps sur ce blog, mais dans l'article qui précède celui-ci j'expose très clairement comment déterminer la parodie de Dierx. Je privilégie le recueil cité par Rimbaud. Le recueil a une préface en prose de 1867. Je note que Cavallaro en a mentionné un extrait dans son édition en Folio Classique. Cette préface n'est pas reprise sur le site Wikisource qui mentionne un état ultérieur du recueil qui plus est. Notons que Dierx reproche aux critiques de ne pas lire de poètes et de toujours les trouver médiocres, c'est assez piquant vu ce que Cavallaro écrit sur Silvestre... Cavallaro aurait pu citer d'autres extraits de cette préface en prose. Elle est composée de sous-parties numérotées en chiffres romains et à la fin de l'une d'elle nous avons une mention du progrès qui n'a pas arrangé la réputation de la poésie parmi les hommes, il y a une autre mention du progrès pour une phrase qu'on peut comparer au monostiche de Ricard qui je le rappelle figure sur exactement la même page de l'Album zutique que "Vu à Rome". Vers la fin de cette préface, il y a aussi des passages sur la mort de la poésie avec des vers qui dorment en paix. J'aurais cité d'autres passages, je le ferai.
Ma méthode est la méthode universellement admise. Puisque Rimbauid cite le recueil Lèvres closes, on peut se reporter au poème en vers "Prologue" qui est une autre préface au recueil, mais une préface intégrée au recueil dont le propos ne saurait être annexe. J'identifie trois réécritures, et j'identifie des thèmes convergents. Cela se confirme avec le poème suivant : mêmes thèmes convergents, d'autres réécritures s'imposent. Le rapprochement pour le verbe "figer" ne s'imposait pas de prime abord, je prends la peine d'expliquer à quoi s'articule la représentation de Dierx et du coup le lien devient évident. Pour "couvert de silence et de nuit", cela n'a l'air de ne pas pouvoir se confondre avec "couvert d'emblèmes chrétiens", qu'à cela ne tienne je vous explique la "nuit livide" dans "Vu à Rome" en connexion avec d'autres réécritures du même poème "Prologue" où figure "couvert de silence et de nuit".
Maintenant, on passe à la suite.
Le recueil Lèvres closes a été réédité quelques années après avec deux poèmes ajoutés : "L'Odeur sacrée" et "La Ruine". Il y a aussi une petite interversion de position pour deux poèmes, je crois, mais l'important c'est ces deux poèmes ajoutés.
Le premier réflexe, c'est peut-être de se dire qu'il faut écarter ces deux poèmes que Rimbaud ne peut avoir lu en octobre 1871, puisqu'il a consulté l'édition originale, sauf que Rimbaud semble bien fréquenter les "Vilains Bonshommes", Léon Dierx lui-même, etc. Il y a tout le problème des lectures publiques de poèmes inédits qui se pose.
Or, le poème "L'Odeur sacrée" offre par son titre un lien évident avec "Vu à Rome", et ce poème "L'Odeur sacrée" est précisément dédicacé "A Armand Sylvestre" dont le nom a été transcrit avec un "y" !
Or, le poème "L'Odeur sacrée" offre par son titre un lien évident avec "Vu à Rome", et ce poème "L'Odeur sacrée" est précisément dédicacé "A Armand Sylvestre" dont le nom a été transcrit avec un "y" !
Finalement, Teyssèdre n'avait pas tort de penser à un lien de Silvestre à Dierx, de "Lys" à "Vu à Rome", sauf que sa démarche remise au hasard n'allait pas du tout dans la bonne direction.
Le poème "L'Odeur sacrée" va occuper une place plutôt conclusive dans la réédition du recueil de Dierx, ce sera l'antépénultième poème du recueil.
Le poème joue quelque peu avec les répétitions décalées rythmiquement, procédé caractéristique de Dierx, mais il joue d'énormément d'équivoques phonétiques entre les mots, d'assonances et d'allitérations, recourant aux mots rares qui accentue du coup l'espèce de préciosité musicale du morceau. Au plan du sujet, l'odeur est assimilée à un rayon, à un éclair, à un rappel du passé, on dirait une madeleine quasi, et on a l'idée du souvenir de "clairs matins" qui passe dans la "douceur du soir" au dernier vers. La parodie semble tourner ces idées en quelque chose de plus sec : "Tous les matins on introduit..."
Mais je voudrais aussi mentionner l'autre poème qui allait être ajouté au recueil. Il est dédicacé à Villiers de l'Isle-Adam et il s'intitule "La Ruine", et on peut comparer cette ruine qui fait le sujet du poème à la cassette écarlatine. Et j'ai deux indices en ce sens. Rimbaud pour écrire "couverts d'emblèmes chrétiens" s'est inspiré de formules similaires dans les vers de Dierx. Il s'est inspiré de "Couvert de silence et de nuit" du "Prologue". Il va de soi que du vers 6 du "Prologue" au vers 2 de "Vu à Rome" une solennité comparable passe. Et Rimbaud n'a pas perdu les idées de nuit et de silence du modèle. Notons aussi que si les poèmes mystiques de Dierx ne sont pas chrétiens, raison pour laquelle on peine à reconnaître "Vu à Rome" pour un poème parodiant le poète réunionnais, "Lazare" est sur un sujet chrétien et mentionne Jésus. Le glissement du côté des "emblèmes chrétiens" ne met pas en doute l'idée d'une parodie de Dierx. Mais le poème "La Ruine" offre justement un autre exemple d'emploi de l'expression "couvert" et cela en début de poème encore une fois : "Un continent couvert d'arbres pétrifiés", vers 5 du poème à rapprocher donc du vers 6 de "Prologue", poème où il est question aussi de "bois solennels", et donc du vers 2 de "Vu à Rome". Ce rapprochement ne serait pas grand-chose s'il n'y avait pas le deuxième indice. Le titre du poème de Rimbaud est "Vu à Rome". Qu'est-ce qui a pu inspirer ce titre à Rimbaud chez Dierx ?
J'ai l'impression que les trois premiers vers de "La Ruine" ouvre une perspective intéressante :
L'esprit mystérieux au vague ou bref cheminQui par moments nous prête un regard surhumain,Le rêve, m'a montré ce que n'a vu personne :[...]
Le poème décrit ensuite un temple plus immense que Karnak ou Angkor Vat. On peut aisément comparer la description avec celle plus mesquine de "Vu à Rome", comme on peut souligner qu'à la fin du poème il est question de silence et d'oubli.
Je rappelle que la mention "Graal" à la rime figure dans un poème de Dierx qu'il ne publiera en recueil qu'en 1879, mais qu'il publiera en revue dès 1873. En gros, on sent qu'en octobre 1873, Rimbaud a profité parmi d'autres de la lecture de plusieurs poèmes encore inédits de Dierx : les deux poèmes ajoutés aux Lèvres closes et le poème contenant la mention "Graal" à la rime à tout le moins.
Il ,est maintenant logique après avoir souligné que Rimbaud pour se faire une idée des "Lèvres closes" comme sujet à privilégier le début du recueil, son "Prologue" et son premier poème "Lazare", de se reporter à la conclusion qui s'intitule "Marche funèbre". Elle contient ce vers dont Rimbaud a repris l'adjectif à la rime : "Le sol frappé résonne en clameur sépulcrale," et je précise que je ne m'amuse pas à dire par opportunisme qu'à chaque fois que Dierx emploie "sépulcre" et "sépulcrale" Rimbaud démarque cette occurrence précise dans sa mention "sépulcrale" à la rime de "Vu à Rome". Rimbaud a vu l'ensemble des occurrences, il a vu leur emplacement dans les pièces clefs "Prologue", "Lazare" et "Marche funèbre" et il a fait une allusion globale à ces mentions dierxiennes.
Je relève aussi dans "Mar che funèbre" un quatrain avec cette double mention des "aïeux incrédules" qui ont chanté et cette dénégation avec la mention précise "vu", dénégation de la vision de l'amour que Rimbaud transpose à l'Eglise : "Nul de nous ne t'a vu dans nos froids crépuscules."
Et pour ceux qui voudraient se rattacher vénalement à la vie, Dierx va employer le mot "prurit" :
Quelqu'un sent-il vers l'or frémir ses doigts inertes,Et le honteux prurit crisper encor sa chair ?
Vous vous plaindrez sans doute que pour l'instant je n'aille pas assez loin dans les explications, mais, de toute façon, vous taxez tout ce que je dis d'élucubrations, même quand j'étaie un tant soit peu. En tout cas, ceci est d'évidence à comparer à l'action de l'immondice schismatique. Et plus loin, Dierx écrit : "Il gît sous nos fumiers", ce qui là encore est une image à mécaniquement rapprocher de l'immondice schismatique. Je ne fais pas ces rapprochements avec un poème du milieu du recueil, je cite le poème conclusif du recueil! Et dans le dernier quatrain il est question de revomir nos os sans nombre, ce que l'immondice schismatique pourrait bien comiquement provoquer en étant introduit dans les narines anciennes du Vatican.
J'ajoute que dans ce poème conclusif Dierx dit que rien ne sort de "cercueils fermés" et qu'il regrette le parfum d'une ère que nous n'avons jamais connue.
J'ai mis en place un solide dispositif de relations "latentes" entre "Vu à Rome" et le recueil Lèvres closes de Dierx en y incluant trois poèmes inédits de Dierx, dont deux destinés à enrichir ce recueil et j'y ai ajouté un sonnet de Mendès à cause de la mention "écarlatine".
En clair, la prochaine édition annotée des oeuvres de Rimbaud vous étalera toutes ces données. On va arrêter de se détourner de la référence à Dierx. Et on va vous laisser à vos compétences de lecteur pour chercher à préciser le fin de mot de la parodie rimbaldienne...
Moi, j'ai des idées, mais ça ne vous plaît pas, donc j'en reparlerai quand j'aurai amené cela à un niveau indéboulonnable. Mais, pour ce qui est du chemin parcouru, si on regarde dans le rétroviseur, qui allait dans la bonne direction ? Qui fait avancer objectivement la recherche zutique sur ce poème ?
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