dimanche 9 août 2026

L'édition de Cavallaro : une "Pléiade au format de poche" ?

Je reviens sur les propos absurdes de Wagneur et Bardeel qui font la promotion de l'édition de Cavallaro en deux tomes chez Folio Classique.
Rien que pour l'article paru dans la revue Parade sauvage sur le déchiffrement du vers de "L'Homme juste", Cavallaro remercie explicitement Murphy et Cornulier pour plusieurs remarques, les associant à une élucidation définitive. Or, Cavallaro ne fait que reprendre tous mes résultats, puisque c'est moi qui ai expliqué par la métrique le redoublement du "ces", qui ait du coup rétabli l'interjection "O" dans l'établissement du vers, qui ai précisé que la partie à déchiffrer ne supposait pas deux syllabes, mais une seule, comparez les solutions "- J'exècre tous ces yeux de chinois à bedaines / à fredaines" et "- Ô j'exècre tous ces yeux de chinois ou daines /, de daines". Cavallaro ne reprend pas "ou daines", mais "de daines" est la reprise telle quelle de la solution que Guyaux et Cervoni m'attribuait en 2009, puisque malheureusement ils ont snobé mon résultat précis "ou daines". Les remerciements à Murphy et Cornulier n'ont donc pas lieu d'être, sauf à leur attribuer la décision de ne pas mettre de virgule peut-être. Cavallaro prétend identifier un "e" et il donne la photographie à l'appui, ce qui est du grand n'importe quoi, puisqu'il n'y a pas le tracé d'un "e". En réalité, Xervoni a confondu le "o" avec un "d" quand elle a vérifié la solution que j'offrais sur un plateau et pour obtenir quelque chose de cohérent elle a décidé qu'elle lisait un "e" et qu'il manquait une virgule. Me considérant probablement comme un traître, Murphy a systématiquement ignoré mon résultat, le citant en le déformant. Il n'avait pas trouvé le résultat lui-même et Guyaux avait failli en avoir la primeur. Peu intelligemment, Murphy s'est enferré dans le déni, et les rimbaldiens de la revue Parade sauvage ont obéi. Voilà la triste vérité toute nue. La solution prônée par Cavallaro est une imposture. Il n'apporte rien du tout au vers, la suppression de la virgule est un argument de foire et l'argument sur le point d'exclamation qui perce depuis l'autre côté du feuillet ne change rien à la lecture d'un "u". Les remerciements à Murphy et Cornulier n'ont rien à faire là, il s'agit d'un acte de propagande pour forcer la décision par un argument d'autorité.
Il est malhonnête intellectuellement de continuer à plaider cette lecture "de daines", j'ai mille fois démontré que j'avais, j'ai donné une tonne d'arguments imparables avec d'autres neufs encore après l'article de Cavallaro, ça suffit ! Remarquez que Bardel ne tranche pas dans son article, il soutient la propragande : on devrait grâce à Cavallaro la solution définitive, ce qui est un propos absurde vu le problème ne serait-ce que du sens de l'expression sans virgule, mais avec manque d'assurance il demande béatement à ses lecteurs s'ils est écrit "de daines" ou bien "ou daines", il maintient une alternative à la solution. Je cite la phrase conclusive de Bardel sur le sujet : "Faut-il lire [...] "de Chinois ou daines" ou les mots "de Chinois de daines" ?"
Il faut lire ce qui est écrit sur le manuscrit : "ou daines". Point barre !
Bardel fait aussi un chapitre sur le quintil barré de "L'Homme juste" en attribuant une élucidation qui a déjà été faite par Murphy dans son édition des Poésies en 1999 et même ailleurs. Moi-même, je l'ai fait ce constat, mais je venais trop tard pour avoir la primauté de la découverte. Pourquoi attribuer cette découverte à Cavallaro ?
Sur "L'Orgie parisienne ou Paris se repeuple", il y a aussi un chapitre et il trahit à nouveau des arrière-pensées de Bardel et Cavallaro à mon égard. Ils volent au secours de Murphy qui a cité les variantes de l'exemplaire annoté du Reliquaire dans son édition des Poésies en 1999, mais sans le consulter lui-même directement. J'ai fait un article sur le sujet et j'ai aussi indiqué que dans le tome IV de l'édition critique des Oeuvres complètes de Rimbaud chez Honoré Champion par Murphy, celui qui réunit parfois maladroitement vu la miniaturisation de documents tous les fac-similés rimbaldiens connus ou accessibles alors, autographes ou non, qu'il manquait les deux quatrains de la main de Vanier, puisqu'ils sont écrits à la main !!! Et j'ai souligné qu'il y avait des hésitations de ma part sur l'identification ou non d'initiales en majuscule, j'ai souligné des anomalies de ponctuation entre les quatrains et la partie imprimée, à cause des propos rapportés. J'ai fait l'article et j'aurais aimé publier les photos, je vais peut-être le faire bientôt sur ce blog. Or, Cavallaro se vante d'avoir consulté cet exemplaire à Bruxelles, comme s'il prenait en charge de sauver la face à la place de Murphy, et Bardel fait le gars qui considère qu'il faut plus loin lancer l'enquête. Mais, mon article sur ce document n'est pas à l'origine sur ce blog, il est directement dans un ouvrage collectif lié à l'équipe de la revue Parade sauvage. Murphy, Cavallaro et Bardel sont pris en flagrant délit d'omerta sur ce point.
Et j'insiste sur le fait que dans l'article de Bardel il n'y a pas une quantité élevée de chapitres : donc sur "de daines" et un sur "Paris se repeuple", ça trahit bien des arrière-pensées de manipulation mentale où il s'"agit de m'interdire de peser dans le débat rimbaldien, et surtout dans les mises au point !
Maintenant, prenons la sous-partie : "Coups de sonde dans l'établissement du texte". Bardel dénonce dix-sept erreurs de l'édition de Guyaux des textes de Rimbaud dans la collection de La Pléiade et compare cela aux dix-sept mises au point de Cavallaro.
J'ai déjà ironisé sur l'absence du dix-huitième point la coquille "outils" pour "autels" qu'avec un complet manque de lucidité la clique Cavallaro, Vaillant, Bardel contestent, ce qui est digne d'une franche rigolade. Mais, sur les dix-sept points, il y a un exemple de la nouvelle Un coeur sous une soutane et quatorze autres de poèmes en vers. Or, Steve Murphy a publié deux établissements critiques de la nouvelle Un coeur sous une soutane, une en 1991 environ et une dans le tome II de l'édition critique des oeuvres de Rimbaud chez Honoré Champion. Quant aux textes en vers, Murphy les a tous épluchés et établis dans son édition critique de 1999. Il apparaît don avec évidence, même si je n'ai pas pris le temps de vérifier, que sous le masque d'une félicitation pour l'établissement du texte par Cavallaro, Bardel fait valoir les mérites de Murphy contre ceux de Guyaux. Et dans l'opération, la flatterie à l'égard de Cavallaro est indue puisque sur quinze points Cavallaro reprend quinze établissements du texte par Murphy. Le mérite de Cavallaro est nul dans cette affaire et c'est pareil pour la phrase modifiée par Guyaux danbs "Villes", puisque ce fait lui est reproché dans divers articles depuis des années. Cette sous-partie de Bardel n'a qu'une raison d'être, cracher du venin sur Guyaux et le montrer en tort. Quant à la mise au point sur "Amour ! Force !" elle avait échappée à Murphy, ainsi qu'à Bardel. Cavallaro ne semble l'avoir corrigée qu'in extremis au moment de sortie de son édition. Et en tous cas, outre qu'il s'agit d'une leçon ancienne abandonnée à tort, puis défendue par Albert Henry, c'est moi qui ai l'antériorité sur Cavallaro, puisque dans sa rubrique "Actualités" Bardel a mis mon article "Avant-goût d'un compte rendu ample et sévère de son Rimbaud l'Obscur"'. Bardel a lu sur mon blog qu'il s'était trompé en transcrivant "Amour, Force !" et il fait comme si de rien n'était et attribue la découverte à Cavallaro dont l'édition est de quelque temps postérieure à mon intervention.
Nouvelle imposture intellectuelle manifeste, puisque c'est en rendant compte du livre de Bardel que j'ai révélé l'erreur de transcription passée inaperçue et puiusque Bardel a référencé le premier article de ma série de compte rendus.
Passons à la partie "Classement". Bardel encense Cavallaro, mais la vraie raison c'est que Cavallaro a repris la table de sommaire du site Arthur Rimbaud du sieur Bardel se disant rimbaldien. En effet, pour le premier tome de l'édition en Folio Classique 2026, Cavallaro commence par les "compositions latines" mises à part, puis dans une partie intitulée "1870" il réunit en tête "Les Etrennes des orphelins", "Charles d'Orléans à Louis XI" et la nouvelle "Un coeur sous une soutane" avant l'ensemble des poèmes remis à Demeny en septembre-octobre 1870 et il clôt cette série par la prose "Le Rêve" de Bismarck". Cavallaro n'a fait que reprendre le sommaire du début de la section "Tous les textes" de Bardel en écartant les lettres et les sous-groupes de poèmes remis à Banville et Izambard.
 
 Certes, les poèmes remis à Demeny sont redistribués dans un ordre pensé comme chronologique, ce qui reste discutable, pensez à "Rages de Césars" et l'incendie de Saint-Cloud, mais c'est de là qu'est venue l'idée à Cavallaro de mettre d'un côté les trois premiers textes de 1870 "Etrennes", "Charles d'Orléans" et "Soutane", puis d'isoler "Le Rêve de Bismarck" à la fin.
La place d'Un coeur sous une soutane est anormale au plan chronologique, je l'ai prouvé avec "effluves mystérieuses", mais Murphy considérait déjà que la nouvelle pouvait être tardive. Et surtout, ce que fait Cavallaro n'a aucun sens, puisqu'il a créé une zone "Compositions latines". En effet, la lettre de "Charles d'Orléans à Louis XI" est un devoir scolaire et qui plus est dans une pseudo langue de fin de Moyen Âge, elle aurait dû être placée à la suite des compositions latines, pas entre "Les Etrennes des orphelins" et "Un coeur sous une soutane", et il était tout simple de réunir la nouvelle au "Rêve de Bismarck".
Cavallaro est tellement peu personnel que son classement s'inspire aussi du site de Bardel.
Et Bardel a pu fournir une base de départ pour la suite du classement de l'édition de Cavallaro avec quelques petits remaniements singuliers à la marge, ainsi pour "Les Mains de Jeanne-Marie" relégué au début du second tome.
Qui me fera croire aux longues journées de travail de Cavallaro sur son classement ?
Permettez-moi de ne pas tout prendre à bras-le-corps. Je laisse de côté la sous-partie de Bardel consacrée aux "Effarés".
Je n'ai pas la patience de lire le reste, le travail m'a fourbu, je le ferai plus tard, mais je relève aussi que Bardel félicite Cavallaro d'éditer les traits incongrus des manuscrits autour des titres ou autour des poèmes. On est dans le délire de l'importance conférée aux traits de séparation, traits non homogénéisés bien sûr et dont la signification n'a pas un caractère éditorial, ni un caractère clair dans l'absolu. Il faut arrêter d'être zinzin avec ces signes. C'est pareil pour les émargements différenciés de paragraphes dans "Nocturne vulgaire" et "Marine". C'est ridicule les marges des vers 1 et 5 de "Marine". Vous vous donnez en spectacle ! J'y reviendrai de toute façon.
Mais, en gros, pour conclure, sur de nombreux points, établissement du texte, classement, mise en page, Cavallaro est tributaire des travaux antérieurs et la différenciation avec Guyaux vient du fait qu'il suit les mises au point de Murphy ou de son groupe, ce qui n'est pas un tort en soi, mais le mérite personnel de Cavallaro dans tout ça est mince.
Pour les commentaires, Cavallaro collationne sans arrêt les mises au point d'autrui. La marge d'apports personnels est maigre, et j'ai observé que plusieurs fois il formulait ce que j'avais publié sans me citer. Et je rappelle à Bardel une autre malhonnêtété intellectuelle : l'attribution de "rouler sur l'aboi des dogues" comme réécriture d'un vers des "Oracles" de Vigny, ce que Claisse n'a jamais écrit nulle part et ce qui vient de moi, sauf que maintenant grâce à Bardel Marc Dominicy et Adiren Cavallaro se mettent à citer ce résultat sans avoir à citer personne. Ah oui, les mémoires de Maîtrise et DEA de Lettres modernes de 1998 et 2001 n'ont pas été conservés par les universités, mais bon je le possède peut-être encore ce mémoire... Vous voulez mes courriels d'époque à certains rimbaldiens avec les fichiers en pièce jointe ?
Sur internet, j'ai l'antériorité dans tous les cas sur Bardel, Dominciy et Cavallaro. Je remarque aussi les mentions très tendancieuses de Chevrier au sujet de la comédie "Le Bois" de Glatingy, c'est moi et non Chevrier qui ai publié le premier que c'était une source essentielle pour "Tête de faune" dans la revue Rimbaud vivant. Et la rime reprise, je l'ai publiée sur le net, sur ce blog, et elle n'est même pas dans l'article de Chevrier ! La malhonnêteté intellectuelle, ça commence à bien faire ! Je dis cela noir sur blanc, je parle de faits avérés.

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