Comme pour les "Hypotyposes" et "Lys", les rimbaldiens n'ont pas cherché à identifier la source des parodies de Rimbaud sur une période de temps de cinquante sinon soixante-dix ans, puisque les poèmes de l'Album zutique sont connus du grand public depuis presque la Seconde Guerre Mondiale, depuis plus longtemps pour quelques privilégiés, et l'Album zutique lui-même a été publié sous forme d'un beau livre vers 1962. Il faut bien comprendre qu'il y a eu un véritable affolement des rimbaldiens et en particulier du très susceptible Steve Murphy en 2009 quand j'ai révélé qu'après lecture assez rapide des recueils de Belmontet, Silvestre et Ricard, deux contributions zutiques de Rimbnaud étaient des montages de citations authentiques de Belmontet, que "Lys" démarquait un unique poème très précis de Silvestre et le monostiche attribué à Ricard ressemblait au moins à un vers très précis du premier recueil publié par Louis-Xavier de Ricard. On cite deux vers pour avoir une phrase, mais le vers de Ricard à rapprocher est le suivant : "Croit que l'humanité marche dans le progrès". Il faut écarter l'attaque verbale "croit que", il reste alors les mentions communes "l'humanité" et "progrès", puis deux verbes qu'il est facile de rapprocher au plan du sens : "chaussait" reformulant "marcher dans".
Furieux que je refusais de reconnaître Rimbaud sur la photographie du Coin de table à Aden, Jean-Jacques Lefrère ne supportait pas également que je devienne rapidement un spécialiste de l'Album zutique. Il s'agit d'un ouvrage avec des contributions potaches, d'une entreprise collective qui suppose toute une sociabilité et tout un prestige de relations. Le biographe Lefrère qui n'avait aucun goût connu pour les poésies de Rimbaud était sensible aux expériences du Chat noir, au renouveau d'un groupe zutique autour de Charles Cros, aux Hydropathes, etc. Il a visiblement demandé à Teyssèdre de publier un livre sur le sujet à sa place pour me contrecarrer vu que j'annonçais d'autres publications, et après je ne sais pas comment l'expliquer, mais toujours est-il que Teyssèdre a pondu un livre auquel Pakenham et Murphy ont participé. Il est déjà assez connu, Murphy s'en vantant lui-même, que la biographie de Rimbaud par Lefrère est enrichie de telles juteuses collaborations.
Ceci dit, depuis 2009, tout se passe comme si la messe était dite pour le monostiche de Ricard. Teyssèdre a brodé quelques pages dans son livre, ce qui était une nécessité de son projet, il devait dire un mot sur tout et traiter lourdement de chaque poème. Bruno Claisse s'y est essayé aussi, en mettant cela anachroniquement en relation avec sa lecture de l'Adieu d'Une saison en enfer et des Illuminations. Claisse citait bien quelques autres passages de Ricard, mais sa critique restait essentiellement hors-sol. C'était assez spéculatif. Les éditeurs ou dictionnaires Rimbaud indiquent brièvement ma source et l'état de la question d'après Claisse et Teyssèdre et passent à autre chose, et c'est encore le cas de la notice au poème d'Adrien Cavallaro dans son édition en Folio classique de 2026.
J'ai déjà annoncé à plusieurs reprises que je reviendrais moi-même sur ce sujet qui malgré la source que j'exhibais posait encore certains problèmes de lecture.
J'avais très tôt indiqué que les rimbaldiens se contentaient de cette unique source évidente, alors qu'il était frappant que plusieurs vers justifiaient des rapprochements, tant Ricard assemble les mots humanité, progrès et d'autres parents dans une image de chemin vers l'avenir.
Puis, il y a une difficulté supplémentaire. Dans la décennie 1980, éventuellement au début de la décennie 1990, Jean-Pierre Chambon a publié un article autour des poèmes zutiques de Rimbaud et il a notamment fourni une lecture obscène du monostiche : le verbe "chausser" peut avoir un sens sexuel. Chambon ignorait bien évidemment la source que j'ai fournie en 2009. Or, de prime abord, ma source va dans le sens d'une confirmation de la lecture obscène, puisque dans la transposition "marche dans" correspond à "chaussait". En effet, si l'humanité marche dans le progrès, autrement dit met le pied dans le progrès, c'est que le progrès est un peu la chausse qui recouvre le pied de l'humanité, et c'est ce sens du verbe chausser qui est exploité comme équivoque sexuelle dans la lecture de Chambon.
Mais toutes les difficultés ne sont pas résolues pour autant. Par rapport à l'énoncé de Ricard : "[...] l'humanité marche dans le progrès", Rimbaud a ajouté "vaste" et "enfant". Il y a un saut qualitatif qui pose tout de même problème. Puis, j'ai du mal à cerner les dessous idéologiques d'une injure pareille. L'humanité violerait l'enfant progrès. Ce n'est pas très clair comme sarcasme. Evidemment, Verlaine a dit qu'il y avait plein de zolismes avant l'heure dans les poésies de Rimbaud, et c'est l'angle d'attaque qui a rendu célèbre en 1973 le duo de lycéens et futurs critiques rimbaldiens Marc Ascione et Jean-Pierre Chambon. Il faut ajouter qu'en 1869 à propos de l'Album des Vilains Bonshommes Verlaine avait dit que seules les obscénités seraient admises dans les contributions poétiques à ce modèle de recueil dont l'Album zutique est directement issu. Or, malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser que l'équivoque obscène qui reste fort probable dans le passage de "marche dans" à "chaussait" a tout de même un côté validation secondaire de la transcription zutique quand le vrai propos du poème, la vraie logique présidant à l'énoncé serait tout autre et en rien obscène ! En effet, on a plutôt l'impression que l'humanité est comme une mère qui met des chaussures au pied de son enfant Progrès, et que l'équivoque sexuelle se surimpose à tout ça comme un second plan de lecture, plus drôle mais moins intéressant.
Et c'est pour ça que je ne me sentais pas complètement à l'aise avec l'explication univoque du monostiche.
J'avais au moins la présence des mots "vaste" et "enfant" pour justifier d'approfondir les recherches de sourcier. Puis, ma connaissance des vers de Ricard m'avait fait prendre conscience d'un autre problème. La proposition : "l'humanité marche dans le progrès", n'est pas une invention de Ricard lui-même. Il s'agit d'un poncif. Dans l'avertissement "Au lecteur" de sa nouvelle "L'Elixir de longue vie" qui est datée en conclusion d'octobre 1830, Balzac écrivait déjà ceci : "La société humaine, qui marche, à entendre quelques philosophes, dans une voie de progrès, considère-t-elle comme un pas vers le bien l'art d'attendre les trépas ?" On comprend le glissement équivoque quand Ricard réduit "dans une voie de progrès" à "dans le progrès". Mais, justement, avec cette citation de Balzac, on voit le fond du problème. Le sens du poncif est plus précisément que l'humanité marche vers le progrès, en vue du progrès. Le monostiche de Rimbaud exploiterait la maladresse de formulation de Ricard en imaginant une humanité qui piétine le progrès lui-même en quelque sorte. Or, il faut prendre le temps de lire tous les poèmes de Ricard, au moins ceux que Rimbaud pouvait connaître en 1871, celui sur la Pologne et les deux premiers recueils en gros.
Le rapprochement le plus manifeste que j'ai trouvé concerne le premier recueil Les Chants de l'aube et il faut apprécier que l'image de l'aube rejoint clairement la symbolique d'une marche providentiel au progrès. Mais, à la lecture du recueil, on se rend compte que l'humanité n'est pas toujours mise en scène de la même manière : elle peut elle-même marcher dans la voie du progrès, mais parfois elle est décrite comme aidant le progrès à advenir, c'est le progrès lui-même qui marche. Et il faut élargir la perspective avec les termes qui sont des équivalents du progrès : l'aurore, la Liberté, etc.
Le recueil Les Chants de l'aube a été publié en 1862 chez l'éditeur Poulet-Malassis. Le document peut être consulté en fac-similé photographique sur le site Gallica de la BNF, mais il s'agit d'une reproduction de très mauvaise qualité. Les vers cités en épigraphe sont souvent illisibles et les conditions de lecture sont désastreuses dans l'ensemble. Il s'agit pourtant d'un volume conséquent de plus de quatre cent pages avec des parties en prose.
En position liminaire, le sonnet "Amour", qui n'est pas sans lien avec le sonnet "Monsieur Prudhomme" de Verlaine ("Père et mère à la fois"), offre dans son dernier tercet une illustration immédiate de la métaphore providentielle qui est le message du recueil poétique :
Il est temps qu'aujourd'hui se lève ton aurore,Et que l'humanité, comme un Memnon sonore,Exhale un chant vainqueur aux premiers de tes feux !
C'est l'aurore elle-même qui trace un chemin et non l'humanité pourtant citée. Celle-ci accompagne l'ascension de l'aurore d'un "chant" qui finalement peut correspondre au verbe rimbaldien : "l'humanité chaussait d'un chant vainqueur la vaste aurore de l'amour."
Ricard poursuit par une "Préface dédicatoire aux jeunes filles". Le premier paragraphe, sous le mode interrogatif, se termine par la mention d'une "nouvelle humanité", mais les demoiselles ne sont pas invitées que leur marche arrive à son terme, elles sont invitées à se détournées des futilités du bal, etc., pour comprendre que "nous sommes enfin arrivés à une de ces époques transitoires qui inaugurent, dans l'histoire universelle, une nouvelle civilisation, et pour ainsi dire, une nouvelle humanité". L'expression "nous sommes arrivés" suppose certes qu'elles accompagnent une marche, mais il n'en reste pas moins qu'elles sont invitées à une prise de conscience sans quoi la marche ne serait rien.
La lecture d'ensemble du recueil demande un certain courage, mais reportons-nous à la Table des matières aux pages 421 et 422. Il y a une première partie intitulée "L'ouverture, poème en neuf motifs" avec dix parties, une introduction intitulée "A Elle", puis les neuf motifs. Nous avons une deuxième partie intitulée "Epîtres aux jeunes filles" avec un "Préambule" et deux "épîtres". Ensuite, nous avons une troisième partie intitulée "Nouvelle bibliques" avec deux textes : "La Naissance d'Evah", réintitulé "La Création de la Femme" dans le corps de l'ouvrage, et "La Chute du Premier Homme". Il s'agit cette fois de récits en prose. Je vous avoue manquer de courage dans l'immédiat pour relire la préface, les épîtres et les nouvelles bibliques. Et enfin nous arrivons à la quatrième partie qui est précisément le poème "L'Egoïste ou la leçon de la mort" qui est composé d'un appel "Aux jeunes gens", puis de trois parties appelées "pauses". Ce poème est dédié à Antony Deschamps, le poète romantique et le meilleur poète à mon sens entre les deux frères Deschamps. Le recueil de Ricard datant de 1862, je remarque qu'en 1860 dans son recueil Colifichets Pommier a publié un poème en vers de trois syllabes qui s'étend sur de très nombreuses pages et qui s'intitule "L'Egoïste", et il me semble que quand j'ai lu l'ensemble des poésies de Pommier je suis tombé sur des vers intéressant à confronter à "L'Egoïste" de Ricard, à moins que ma mémoire ne m'ait joué des tours et que je n'avais en main que le rapprochement de deux longs poèmes au même titre et quasi contemporains. Je reprendrai plus tard la lecture des recueils de Pommier, poète dont je vais reparler plus bas de toute façon.
Ricard dénonce le vice, l'orgie. En gros, il défend les valeurs morales tout en étant contre le clergé, l'Eglise et indifférent aux fables des religions monothéistes. Avec maladresse, il se dit prêt à accepter l'homme d'église et sa foi, du moment que celui-ci se plie à l'idéal de vie laïque que prône Ricard, du moment que l'homme d'église n'accorde aucune importance à sa foi en-dehors d'une exigence d'amour du prochain. Il faut avouer que Ricard a une certaine candeur dans le débat. Différent sur la débauche, Ricard célèbre comme Musset le coeur. Anticlérical, il célèbre l'idéal de la charité, il le dit en toutes lettres. Invitant le jouisseur à se ressaisir, Ricard développe une image étonnamment parallèle à celle du monostiche rimbaldien. S'il ne se reprend pas, le jouisseur va glisser sur une pente qui est celle du suicide qui, "Ainsi qu'une nourrice endormant son enfant, / [...] / Soudain balancera la pauvre âme qui souffre[.]" L'humanité n'est pas sadique d'évidence dans le monostiche zutique où l'interprétation demeure flottante.
Il est question de la Liberté qui se lève, de femmes qui demandent l'égalité dans la condition humaine et au "banquet humain". Ricard module alors une variante du poncif : "le genre humain, incertain un moment, / Va prendre vers le bien son acheminement". Face à ce spectacle, les oisifs sont invités à prendre part avec courage au destin.
Nous passons ensuite à la composition "L'Egoïste" même composée de trois séquences appelées "pauses".
Une épigraphe rappelle le patronage primordial de l'écrivain oublié Népomucène Lemercier.
Le genre humain est lui-même une aurore sombre, ce qui justifie que tantôt l'image soit du parcours des valeurs, tantôt de l'humanité même.
Le poète commence par exhorter aux Erreurs de fuir. Et il mentionne alors ceux qui s'opposent au progrès dans des vers qui, encore une fois, sont une variante de notre poncif :
Tous ceux, - dont l'intérêt et le timide esprit,Combattant du progrès la marche triomphante,Leur opposent en vain leur colère impuissante ; -S'écriront, arrogants : "Nous vous l'avions bien dit !"
Je rappelle que le vers source que j'exhibe est un propos tenu non par le poète personnifiant la pensée de Ricard, mais précisément par ces gens combattant le progrès. Je rappelle aussi que le monostiche de Rimbaud est conjugué à l'indicatif imparfait et suppose donc que l'adoption du progrès par l'humanité appartient au passé, ce qui contredit l'optimisme volontaire des poèmes de Ricard.
Ces donneurs de leçons formulent avec ironie le principe qu'a exhibé Ricard dans son poème liminaire "Amour" :
Pourquoi prendre en amour cette race éphémère ;Et la vouloir guider dans la route du bien ?
Je ne commente pas la symétrie grammaticale évidente : "dans la voie du progrès" (philosophes cités par Balzac) "dans le progrès", "dans la route du bien". Je fais tout de même remarquer une astuce. Anticlérical, Ricard met le Seigneur de son côté en décrivant des réactionnaires qui pensent que Dieu dédaigne le genre humain et ne veut pas de l'amour entre les hommes. Ricard s'est senti subtil d'établir un tel dispositif.
L'indifférence de l'égoïste doit être la bonne philosophie pour ces gens. Et Ricard cherche ceux parmi ces gens qui peuvent être sauvés en s'écriant : "Pourquoi donc au progrès refuser vos secours ?" Nous avons ici une mention intéressante du progrès en tant qu'enfant à secourir soit paternellement, soit maternellement. Ces gens répondent ne pas s'intéresser à la "pauvre race humaine", ce qui est paradoxal vu qu'ils en sont une composante, mais on voit ainsi qu'on peut mettre sur le même plan les notions de Liberté, Progrès et Humanité. Pour l'égoïste, ce ne sont que des "mots sonores et vides". Le poète oppose alors l'idée suivante que, si l'indifférence est la clef du bonheur, il y a bien une inquiétude qui travaille les coeurs et les âmes. Et Ricard annonce l'imminence d'un temps nouveau et heureux, l'achèvement de la Révolution française si on lit entre les lignes. Et il affirme : "l'humanité n'en marchera pas moins" avec une variante dans la conjugaison du verbe à l'indicatif futur simple.
Vous voyez qu'on est loin d'un simple rapprochement aux deux vers que tout le monde cite après moi. Et on dirait bien que personne n'a pris la peine de lire les recueils de Ricard, plume en main, depuis 2009.
Ensuite, on peut penser à l'idée de confort du verbe "chausser" avec cette idée d'une "race humaine" qui "dans le bien éten[d] son domaine". Ricard enchaîne alors avec la célébration imagée de la Révolution française en demandant si alors l'humanité n'était pas belle. Le poème est conçu comme un dialogue entre le poète et l'égoïste, et s'ensuite une joute verbale en répliques à base de vers courts qui se termine par un appel du poète à l'avènement de la Raison avec une initiale majuscule. L'Egoïste va contester cette allégorie de la Raison. Cela commence par un long déni des représentations des poètes et cela se poursuit par le passage où figure les deux vers clefs d'un rapprochement avec le monostiche zutique. J'opte pour une citation plus étendue qui remettra nos deux vers en contexte, en précisant l'idée dominante d'un destin déjà écrit auquel il faut se résigner, ce qui est à comparer à plusieurs poèmes de Lamartine et Vigny notamment :
Prends en pitié celui qui consacre ses heuresA faire triompher lentement ses pensersEt, combattant toujours, gaspille les meilleuresDans les rêves ardents de projets insensés !Prends en pitié ce fou, qui se pensant un sage,Croit que l'humanité marche dans le progrès ;Eh ! quoi donc ! dites-vous qu'en tournant dans sa cage,L'écureuil prisonnier marche dans les forêts ?Ah ! rêveurs ! songe-creux ! dont l'inexpérienceAspire à réformer les lois du monde entier ;Sachez que la Raison n'est que l'Indifférence,Et que l'humanité n'avance pas d'un pied.
Quand on cite en contexte nos deux vers, on se rend immédiatement compte que Teyssèdre, Claisse ou Cavallaro parlent un peu vite de l'ironie du monostiche de Rimbaud à l'encontre de l'idéalisme niais de Ricard. Cela semble plus compliqué que la présentation qu'on vous en fait.
Ces vers que j'ai cités sont les derniers du premier mouvement appelé paradoxalement "pause".
Prenons la table des matières à nouveau. Après ce long morceau "L'Egoïste", nous avons une section de "Poésies diverses", dont le morceau "Les Deux Prières" adressé à Belmontet. Il y a ensuite une section de quatre épîtres dont une à Théophile Gautier et une autre sur les thèmes de la Liberté et du Progrès. Il y a ensuite la partie "Le Roman d'un poète" composé de plusieurs parties en vers. Puis il y a une nouvelle partie composé d'un poème en trois pauses, "Le Temple de la Poésie", et enfin deux fragments, puis quelques Notes.
Il faut poursuivre l'enquête, mais le vers sur le fait de porter secours au progrès remet sur la table la lecture d'une humanité attentive à mettre de bonnes chaussures au pied de son enfant, tandis que l'imparfait du poème de Rimbaud pourrait plutôt se teinter d'ironie amère que de pur sarcasme. Ricard a adhéré à la Commune et il est revenu à Paris un temps avant 1873, mais je ne maîtrise pas les données sur cette période de sa vie. Au-delà de 1873, il s'éloigne pour Montpellier.
Enfin, je souhaitais aussi revenir sur un point particulier. Ricard a répondu aux mensonges de Barbey d'Aurevilly contre les parnassiens en expliquant que l'envoi de Pommier avait été refusé à cause d'une inconvenance qui passait par la croisée ouverte d'une scène de bal. Le motif de la croisée ouverte a son importance dans "Les Chercheuses de poux" et c'est un motif traité par Dierx dans au moins un poème de son recueil de 1879 Les Amants. J'aimerais bien identifier le poème de Pommier qui a été refusé. Il y a peut-être une piste à creuser.
Dans l'Album zutique, le monostiche vient avant la déferlante de vers courts souvent d'une syllabe à la manière de Pommier. Daudet était une cible zutique clef également. Il me semble assez évident que Rimbaud a dû être mis dans la confidence de polémiques entre parnassiens et opposants tels que Barbey d'Aurevilly, Daudet et donc Pommier. Il y a peut-être des pépites à côté desquelles nous passons.
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