Comme dirait Rimbaud, "ah ! je ne l'avais pas prévu !" Il y a deux jours, j'ai publié un article "rouler sur l'aboi des dogues" sur une source que j'ai déjà indiquée par le passé à l'attention. Et, coïncidence, on m'apprend hier soir que dans le nouveau numéro de la Revue Verlaine Marc Dominicy a publié un article où il fait état de cette source chez Vigny à l'expression "rouler sur l'aboi des dogues" du poème "Nocturne vulgaire". Et, dans la foulée, on m'apprend que cette source figure sur le site Arthur Rimbaud d'Alain Bardel qui l'attribue à un article de Bruno Claisse paru dans le numéro de la revue Parade sauvage en mai 2000, sauf que, en réalité, Claisse ne mentionne nulle part dans son article le poème "Les Oracles" de Vigny et cette fameuse source !
Cette source, c'est moi qui l'ai trouvée et moi seul !
J'en ai la preuve matérielle puisqu'elle figure dans l'un de mes deux mémoires de Maîtrise, puis DEA de Lettres Modernes à l'Université de Toulouse le Mirail où des exemplaires ont été déposés. Les enseignants Guy Larroux, [Marie?-]Catherine Huet-Brichard et le rimbaldien Yves Reboul en ont des exemplaires personnels, dans le cas où les mémoires n'auraient pas été conservés à l'Université. Ces mémoires contenaient des articles longs sur "Mouvement", "Nocturne vulgaire" et "Conte" que je n'ai jamais publiés, ainsi que des articles courts sur divers poèmes des Illuminations qui ont pu rester inédits. Mon premier article dans la revue Parade sauvage a été un article sur le poème "A une Raison" qui figure précisément dans le numéro 16 de la revue Parade sauvage, juste avant l'article de Bruno Claisse sur "Nocturne vulgaire", puisqu'il s'agit de commentaires de poèmes des Illuminations. Comme j'avais envie ensuite de publier mon article sur "Nocturne vulgaire", je suis bien placé pour savoir que Claisse ne parle pas de ma source chez Vigny, j'étais même surpris de le voir prendre en considération une autre source avec une portée différente. Mon étude de "Nocturne vulgaire" était très différente de celle de Claisse, mais son article était remarquable en soi et comme moi il n'identifiait pas le "foyer" à un feu de cheminée. Il révélait des choses qui m'avait échappées, mais j'avais moi-même des éléments intéressants qui sont demeurés inédits. J'identifiais des influences probables de poèmes des Fleurs du Mal en songeant notamment au titre "Rêve parisien", j'y associais "Le Squelette laboureur" et d'autres, à cause de l'expression "Corbillard de mon sommeil", et d'ailleurs les "panneaux bombés" figurent tels quels dans le poème "Le Beau navire". Surtout, j'identifiais les sources du côté de Vigny et notamment je relevais que "rouler sur l'aboi des dogues" venait des premiers vers du poème "Les Oracles" qui suit le poème "La Maison du berger" dans Les Destinées, vers qui citait ce poème sous la forme "maison errante et solitaire". Notez que dans le numéro 16 de la revue Parade sauvage, le poème "Les Oracles" est bien cité par un intervenant, mais pas par Claisse, par moi-même dans mon article sur "A une Raison", je citais le vers où figurait l'expression au pluriel "les voyants" : "L'aveugle Pharaon dédaignait les voyants." Cela prouve assez qu'à l'époque je fréquentais en particulier ce poème-là de Vigny. Vous pouvez relire l'article de Claisse, il n'en parle pas. Pourtant sur son site, quand il commente "Nocturne vulgaire", Bardel lui attribue cette découverte :
Bruno Claisse rappelle l'utilisation par Vigny de l'image des dogues aboyants pour désigner le peuple en révolution, en 1789 (on notera, au vers 3, l'allusion au poème La Maison du berger, par rapport auquel l'incipit que nous reproduisons ci-dessous assure la transition) :Ainsi, je t'appelais au port et sur la terre,Fille de l'Océan, je te montrais mes bois.J'y roulais la maison errante et solitaire.- Des dogues révoltés j'entendais les abois.- Je voyais, au sommet des longues galeries- L'anonyme drapeau des vieilles TuileriesDéchiré sur le front du dernier des vieux rois.
Bardel ment. Claisse n'a pas identifié cette source et ne la cite pas dans son article. C'est moi seul qui l'ai identifiée, je l'ai écrit à plusieurs reprises sur les forums sur internet à l'époque, mon antériorité est acquise par mon mémoire de DEA de 2001. Après la publication du numéro 16 de la revue Parade sauvage, j'ai envoyé mon article sur "Nocturne vulgaire" à Bruno Claisse, ainsi que mon article sur "Mouvement". Steve Murphy a eu aussi mes études de ces poèmes par courriels à l'époque.
Bardel attribue cette découverte à Claisse, mais quelle référence ? Claisse aurait-il modifié son article dans le volume collectif de ses articles qui a été publié ultérieurement ? Vérification faite, non !
Encore une fois, on se plie en quatre pour ne pas me reconnaître une découverte !
Quant à l'article tout récent de Marc Dominicy, que j'ai pris la peine de me procurer, il cite l'article de Claisse, mais il formule lui-même sans se référer ni à Claisse, ni à Bardel, l'existence de cette source au début du poème "Les Oracles", sauf que cet article de Dominicy vient tout juste de sortir. Marc Dominicy a cherché à me dénier le déchiffrement du vers de "L'Homme juste" avec la mention "daines", il connaît mon blog et c'est un passionné d'outils informatiques utilisés pour la recherche littéraire. Il suffit qu'il se rende sur mon blog pour faire une recherche par mots clefs. Or, en 2021, j'ai déjà publié sur ce blog un article où je précisais que "rouler sur l'aboi des dogues" venait d'un vers du poème "Les Oracles" de Vigny, article qui a été lu plusieurs centaines de fois selon ma page "statistiques" et pour cause c'est en plein pendant la période où j'ai rendu compte du Dictionnaire Rimbaud de Vaillant, Frémy et Cavallaro avec le slogan rimbaldien : "N'oublie pas de chier sur le Dictionnaire Rimbaud si tu le rencontres", article référencé à l'époque par Bardel dans sa section "Actualités". Steve Murphy m'a alors signifié de ne plus jamais lui écrire. Il coécrit pourtant l'échec récent de Cavallaro prétendant lire "de daines" au lieu de l'évident "du daines", et Dominicy qui a été publié pour me contredire sur "L'Homme juste", qui est balayé non seulement par moi, par la réalité, mais aussi par l'article pourtant raté de Cavallaro, publie maintenant mon résultat sur "rouler sur l'aboi des dogues" le versant au domaine public des sources aux poèmes de Rimbaud sans avoir à m'en être redevable. Donc, je vous donne le lien de l'article où j'ai parlé auparavant de ma source sur ce blog, source que je détiens en réalité depuis bien plus longtemps, depuis 1999 au moins et dont j'ai fait plusieurs fois état dans mes échanges et sur internet.
J'y cite à la toute fin la source à "rouler sur l'aboi des dogues" et l'ensemble des vers du poème "Les Oracles" cité plus haut. Le début de l'article fait allusion à mon compte rendu en plusieurs parties du Dictionnaire Rimbaud. Mon article sur "Nocturne vulgaire" a eu plusieurs centaines de consultations, grâce à cela. Dominicy et les rimbaldiens de la revue Parade sauvage sont nécessairement parmi ces quelques centaines de lecteurs, non ?
Enfin, puisqu'on attribue une de mes découvertes à Claisse, je rebondis sur le sujet en signalant qu'il m'a piqué sans me citer la source dans "Solvet seclum" à la phrase "Ce ne sera point un effet de légende" dans "Soir historique".
Lors d'un séminaire Rimbaud-Verlaine à Paris, en juin 2003, Bruno Claisse expliquait à une dame dont le nom était constitué de deux noms attachés par un trait d'union avec "berg" ou "bert" à la fin du premier nom, un nom composé du genre Ramberg-Pierrot, je ne me rappelle plus son nom exact, mais elle est citée dans un numéro au moins de Rimbaud vivant à l'époque? Claisse expliquait que Rimbaud parlait des "Normes" dans "Soir historique". J'étais impressionné par une telle erreur, et je lui ai dit que non, il était écrit "Nornes" c'était une référence à "La Légende des Nornes", l'un des Poèmes barbares, je m'en fiais alors aux recueils tels qu'ils étaient publiés dans la collection Poésie Gallimard, et à ce stade-là je ne prétendais à aucune découverte, puisque cette information on la trouvait dans les notes de Jean-Luc Steinmetz au poème dans son édition des Illuminations dans la collection Garnier-Flammarion, sauf que j'ai aussi précisé ce fait inédit à Claisse que la phrase : "Ce ne sera point un effet de légende !"s'inspirait de vers du poème "Solvet seclum" : "Et ce ne sera point, sous les cieux magnifiques, / Le bonheur reconquis des paradis antiques, / [...] Ce sera quand |...]"" et je liais cela au titre "La Légende des Nornes" et à une série de poèmes où Leconte de Lisle imagine la destruction du monde. Tout cela, je l'ai d'ailleurs écrit à l'époque sur le forum du site "Poetes.com". Tout étant archivé et retrouvable sur internet, il y a moyen de vérifier mon antériorité donc ! Et, quelle ne fut pas ma surprise en 2004 de voir Claisse qui, en privé me disait de me méfier de certains rimbaldiens, Murat et d'autres, faire une conférence sur "Soir historique" où il exhibait ma source sans me citer. A l'époque, je n'ai pas réagi, j'étais dans la salle de la conférence, j'ai lu ensuite l'article. Je n'attachais pas de prix au fait d'apporter une source comme un élément objectif, je préférais briller comme commentateur. J'ai compris avec le temps mon erreur d'appréciation dans cet univers rimbaldien très sournois.
En clair, Bardel attribue deux de mes découvertes personnelles à Claisse, une fois il ne peut pas savoir, mais dans le cas de "Nocturne vulgaire" Bardel s'il est honnête doit rectifier le tir !
Mais de toute façon, avec tout ce qui se passe de malveillant à mon égard, le monde des rimbaldiens est sacrément discrédité.
Après, Claisse était un accapareur, voilà tout. Il est loin d'être le seul. Cela ne l'a pas rendu heureux de toute façon. Murphy, Bardel et les autres ne lui ont même pas consacré que je sache un livre d'études rimbaldiennes en hommage posthume, alors que Yann Frémy a eu le sien ainsi que divers rimbaldiens. On a eu un hommage sur une partie d'ouvrage pour Ascione. Fongaro n'a pas eu son livre d'hommages, mais il avait une réputation sulfureuse. Pour Claisse, il a disparu sans que personne ne le regrette, alors qu'il était tout de même, si on me laisse de côté moi qui ai encore de l'avenir, le meilleur commentateur des Illuminations, celui qui faisait le plus de découvertes et disait les choses les plus profondes sur certains poèmes qu'il avait bien su fouiller.
Me faire voler une idée par Claisse, c'est moins grave que la cabale que je subis depuis maintenant dix-sept ans avec du lourd déni de réalité sur de trop nombreux sujets.
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