Prenons la page d'accueil du site Arthur Rimbaud d'Alain Bardel. A l'origine, le site signalait les mises à jour concernant le site. Il était question de signaler que le site s'était enrichi de telle étude, de tel dossier, il était question aussi d'une actualité plus diversifiée.
Ici, le premier septembre 2026, la page d'accueil nous impose une photo d'Adrien Cavallaro pour un lien vers une vidéo déjà ancienne liée à l'inscription au programme du baccalauréat de français au lycée des poésies de 1870 d'Arthur Rimbaud. On a ensuite quatre colonnes sur des publications rimbaldiennes récentes : deux colonnes à gauche d'autopromotion de Bardel pour ses propres livres, puis deux colonnes à droite autour de l'édition des oeuvres complètes en Folio Classique par Cavallaro. La colonne tout à droite fournit les photographies des premières de couverture des deux tomes avec des liens qui renvoient à revue de presse et table des matières. La troisième colonne annonce une rencontre entre précisément Bardel et Cavallaro eux-mêmes le 9 septembre 2026 à 18 heures dans un bâtiment annexe de la librairie Ombres blanches à Toulouse.
En-dessous, une colonne de gauche montre que d'autres publications récentes ont été refoulées dans un répertoire moins en vue (livres de Saint-Amand, de Pierre Brunel et livres universitaires). La colonne de droite Autres infos contient une nouvelle photographie de Cavallaro et fournit le lien d'un entretien du tout début juillet sur Radio France que Bardel signale à l'attention en toute fin du mois d'août. Les liens au sujet d'Adrien Cavallaro sont abondants dans la suite de cette colonne si on la fait défiler. Pour la colonne centrale qui recense les dernières publications du site lui-même, nous avons une recension de l'édition de Cavallaro avec appel du pied puisque la recension de Wagneur pour le journal Libération est mentionnée, puis divers articles où Bardel ne fait pratiquement que voler à la défense des thèses murphyennes sur les manuscrits des Illuminations interprétés comme une mise au point de recueil.
De cet ensemble, il se dégage l'impression d'une toile, c'est le mot !, publicitaire en faveur d'une littérature rimbaldienne plutôt sectaire. On est dans une immense mercerie ou charcuterie. Il ne manque plus que d'y faire la publicité de produits estampillés Rimbaud : le saucisson ardennais Rimbaud, la terrine Murphy à la truffe de détective, le pastisomètre marseillais qui sert officiellement la maison du prince de (biffé : Cornouailles) Cornulier, le chocolat Bardel avec le slogan pas de contrefaçon, etc.
J'ai cliqué sur le lien "recension de Libération", je tombe seulement sur la page du site Revue de presse où un maigre article de Wagneur est en illustration photographique, avec bien sûr le slogan "Une Pléiade au format de poche" que reprend Bardel.
J'ai déjà critiqué la recension de Bardel dans un article antérieur sur ce blog. Je rappelle un fait majeur ! Bardel polémique en comparant une liste de transcriptions erronées de l'édition de Guyaux et la liste corrigée fournie par Cavallaro. Mais, en réalité, sur les dix-sept exemples fournis, pour les quatorze exemples portant sur des vers, Cavallaro n'a fait que reprendre les transcriptions de Murphy dans ses éditions chez Honoré Champion des oeuvres complètes de Rimbaud, tome I Poésies. Pour Un coeur sous une soutane, il n'a fait que reprendre la transcription de Murphy du tome II. L'exception concerne "ou daines", mais là Bardel a tort de féliciter Cavallaro de supprimer la virgule et le crochet en conservant la leçon erronée "de daines" dont il est redevable justement au texte épinglé au culot par Bardel !!! Pour "bombillent" dans la revue Lutèce, je n'ai pas vérifié sur la première édition, mais Bardel félicite à tort Cavallaro de corriger la coquille "bombillent" puisque c'est contraire à son principe de reproduire telle quelle l'orthographe et la ponctuation des manuscrits par exemple. Quant aux deux cas des Illuminations, un est connu et il y a plein d'éditions que Cavallaro n'a eu qu'à reprendre, l'autre est une correction de dernière minute qui est de mon fait, puisque Bardel l'année passée encore éditait erronément la ponctuation du passage qu'il cite, et c'est moi qui ai prévenu Bardel et Cavallaro de l'erreur commise. J'ajoute que la bonne lecture était ancienne.
Guyaux aurait pu corriger toutes ces lignes qu'on lui reproche, mais notons que Bardel charge un homme isolé, alors qu'il participe d'un vaste réseau qui inclut Cavallaro, Bardel, Murphy et beaucoup de gens encore.
Et ce que je veux souligner, c'est ce phénomène curieux où on nous annonce l'édition de Cavallaro comme un événement, comme la première édition des oeuvres complètes de Rimbaud. Et Bardel fournit donc le lien pour écouter un podcast d'un entretien radiophonique de 59 minutes du 2 juillet où l'animatrice avec une voix un peu vulgaire, un vocabulaire riche en mots comme "hit", "punk" et j'en passe, applaudit Cavallaro de lui avoir appris que l'édition des poésies de Rimbaud ne tenait qu'à une laborieuse récolte de manuscrits épars qu'il fallait méditer au plan éditorial, et dans la foulée Cavallaro nous vend une édition intégralement complète comme il dit car contenant tous les textes et toutes les versions, et pour illustrer son propos on a droit aux poèmes latins en début d'édition, le public semblant ignorer que Rimbaud a d'abord composé des vers en latin.
Plaît-il ?
Les vers latins sont recensés dans l'édition du centenaire d'Alain Borer en 1991, et auparavant encore dans l'édition en trois tomes chez Garnier-Flammarion par Jean-Luc Steinmetz, et on les retrouve également dans les différentes versions au Livre de poche de Pierre Brunel en 1998 et 1999, et bien sûr ces poèmes sont présents dans les éditions de La Pléiade. L'approche où on cite toutes les versions connues des textes vient de l'édition en trois volumes chez Garnier-Flammarion par Steinmetz, ce qui remonte à 1989, et ce principe est suivi par Brunel en 1998-1999. L'édition de la Pléiade ne réserve plus non plus les autres versions à une mention en fin d'ouvrage.
Cavallaro peut être plus complet dans la seule mesure où en 2026 il peut citer ce qui n'était pas connu, ou trop peu connu, et encore une fois il se sert opportunément de l'édition de Murphy des Poésies en 1999.
L'animatrice découvre peut-être cela avec l'édition de Cavallaro, mais c'est son histoire personnelle. Cavallaro n'est pour rien là-dedans, sauf que les revues de presse attribuent à Cavallaro ce mérite, et Bardel dans la foulée.
Or, il manque "Poison perdu", précisément le poème que certains ont reproché à Murphy de ne pas avoir inclus dans son édition de 1999, poème également absent de la section "Tous les textes" du site d'Alain Bardel.
A la fin de l'entretien radiophonique de 59 minutes, l'animatrice demande à Cavallaro comment il se sent après avoir fini ce travail d'édition, et Cavallaro se dit fatigué en poussant un soupir.
Mais il a fait quoi comme travail ?
Il suit des ordres établis avant lui la plupart du temps. Il reprend notamment l'ordre du site de Bardel lui-même pour le début de son tome I, avec les anomalies de positionnement qui en découlent pour le devoir scolaire (il devait être à la suite des poèmes latins en tant que travail scolaire) et surtout Un coeur sous une soutane. Notons qu'on ne met pas en tête des oeuvres complètes de Victor Hugo et Charles Baudelaire leurs poèmes latins.
Au plan éditorial, Cavallaro n'a fait que recopier les textes à partir d'une discrimination des éditions en lesquelles il avait le plus confiance, essentiellement les livres de Murphy chez Honoré Champion. Il a pris une initiative personnelle sur un vers de "L'Homme juste" et il doit désormais le regretter amèrement, ainsi que Murphy et Cornulier qui ont trouvé malin de se laisser associer dans la "solution" apporté au déchiffrement du vers manuscrit. Maintenant, on va se trimballer cette ânerie parce qu'ils n'auront pas le courage de se dédire. Ils engagé leur autorité... Super !
Cavallaro a aussi daubé par esprit de clan l'évidence de la coquille "autels" pour "outils" dans Une saison en enfer.
Pour les commentaires des poèmes, Cavallaro fait essentiellement la synthèse de travaux antérieurs, en endormant des découvertes qui ne sont ni de lui, ni de ses copains. Les larcins qui me concernent, il y en a un bon paquet. Je peux faire un article avec une liste.
Je rappelle aussi que cette édition grand public est la première à nous vendre des lignes qui n'ont aucune signification éditoriale dans Les Illuminations. Ah ! c'est ça les étoiles dans les yeux au format de poche! Les lignes autour de "Après le Déluge", "Marine", "Nocturne vulgaire" et "Angoisse" et j'ajoute la solution de continuité très problématique pour les feuillets paginés 11 et 12, pûisque Cavallaroi laisse un blanc sous les textes du manuscrit paginé 11 et fait commencer les textes du feuillet paginé 12 à la page suivante, ce qui est une preuve manifeste qu'il n'a pas su penser comment éditer le recueil des Illuminations. C'est un moment d'indécision matérialisée.
Remarquons que Bardel n'a pas confiance dans le déchiffrement "ou daines", puisque dans sa recension il se dérobe à l'affirmation que la solution prétendue pour interroger son lecteur sur l'alternative :" de daines" face à "ou daines". La réponse est de transcrite ce qu'il y a sur le manuscrit, à savoir "ou daines". Point barre !
Mais j'observe que Cavallaro de son côté se dérobe significativement à la thèse de la pagination autographe de 24 pages manuscrites des Illuminations. Il fait comme Michel Murat qui se rétractant progressivement en plusieurs épisodes dit que le problème est insoluble. Non, il n'est pas insoluble, la pagination est allographe et c'est prouvé, mais Murat a eu du mal à se rétracter et Cavallaro ne doit pas s'aliéner Bardel et Murphy en gros. Notons tout de même qu'il refuse de prendre la pagination autographe pour acquise, c'est le maximum de courage qu'on peut attendre de lui se dira-t-on, sauf que par ailleurs il louvoie et prône le recueil presque achevé à d'autres égards. On ne rappellera jamais assez qu'il édite des filets de séparation farfelus. Il faut imaginer le lecteur face à la ligne en-dessous de "Après le Déluge" ou face aux pages sur Marine et Nocturne vulgaire et Angoisse. On est dans l'édition d'éléments qui n'ont aucun sens, ça fait même moche. Ajoutons le cas des minuscules en tête de vers et des alinéas de "Marine". J'observe que dans sa recension, Bardel qui sait que j'ai réagi se garde de vanter la date historique des filets de séparation édités dans l'ensemble des poèmes en prose...
Enfin, passons !
J'ai trouvé très légères les interventions dans l'émission radiophonique. Je vais les épingler et revenir avec mes propres commentaires prochainement. On verra la différence de profondeur dans l'analyse.
Moi, hier, j'ai mis en ligne un article sur le "désir de mort" dans les poésies de Rimbaud où j'ai fixé de manière plus contraignante mes lectures d'Une saison en enfer et de "Voyelles". Il se trouve que je médite un article sur le désir de "vies" au pluriel et il y avait des passages au centre de l'entretien radiophonique qui croisaient quelque peu ma réflexion. Donc, déjà, je vais rebondir en effet sur le contenu de cet entretien.
Je dois aller travailler, mais en gros moi qui sais ce que c'est que de passer du temps à se confronter aux textes et manuscrits de Rimbaud, je peux vous garantir que le travail éditorial de Cavallaro, pour l'organisation des textes les uns par rapport aux autres, ça ne lui a pas pris deux heures de temps. Au passage, l'idée d'un texte de référence, plutôt que de mettre toutes les versions sur le même plan, c'est une critique que j'ai maintes fois faite sur le net et sur ce blog. Mais il y a un autre aspect qui ne va pas et dont il faudrait parler. En plaçant de force dans une simili chronologie les contributions zutiques et en séparant "Les Mains de Jeanne-Marie" parce que daté de 1872, en le renvoyant au début du second tome, Cavallaro a commis une énorme erreur de méthode. Il a fait ce qu'il ne fallait surtout pas faire. J'en reparlerai sans doute.
**
Partie 2 :
Remarques sur l'émision radiophonique, entretien de Cavallaro d'une heure sur RadioFrance, émission "Relire Rimbaud pour 'embrassr l'aube d'été' "
L'accroche : le poème "Le Dormeur du Val" a marqué, il était conservé dans un papier plusieurs fois plié sur lui-même au fond d'une trousse. Ok, d'accord !
Pour l'introduction, on nous annonce que dans une édition de poche économique "l'universitaire" Adrien Cavallaro "se propose de le lire" !? Ah bon ! fournir une édition économique permet à son auteur de lire Rimbaud pour lui-même. Ah bon ! Sent-on véritablement une lecture fouillée de Rimbaud dans les notes, notices et préfaces de cette édition ? Je n'ai pas eu cette impression.
On parle d'écarter un mythe du poète aux cheveux ébouriffés, mais que faut-il comprendre ? Et l'entretien va-t-il porter là-dessus ? Je n'ai pas eu l'impression.
On parle d'une volonté d'une oeuvre aussi complète que possible avec un large commentaire. Le commentaire pointu, ça prend du temps à être critiqué, mais c'est quoi cette histoire de complétude pour une édition qui ne met pas toute la correspondance, qui oublie certains fragments et bien sûr "Poison perdu" ?
Surtout, quels sont les textes nouveaux apportés par Cavallaro si les éditions n'étaient pas complètes avant ? Quel texte décisif jamais publié avant donne un tel statut inédit à l'édition de Cavllaro ? On aimerait comprendre.
J'ajoute avec cruauté que tout au long de cet entretien il ne sera pas une fois question du déchiffrement d'un vers de "L'Homme juste"...
On apprend que l'animatrice avait donné rendez-vous à Cavallaro auparavant parce que cette publication de Cavallaro allait être un événement éditorial... Bref, on est invités à sentir tout ce qu'il va y avoir d'appelé dans les échanges. Mais sinon c'est quoi l'événement, c'est quoi précisément l'événement éditorial vu la quantité infinie d'éditions des textes de Rimbaud qui existent déjà ?
Totaliré des oeuvre, nous dit-on ! Faux ! Il manque Poison perdu, "J'ai mon fémur", les publications de la vie africaine, et dans ce qui est publié quels sont les textes qui font la différence avec les éditions de Steinmetz, Brunel, Guyaux ou Forestier. "Le Rêve de Bismarck" et "Famille maudite" sont déjà édités. Il ne reste qu'à la marge la question de versions inédites de certains poèmes. C'est dérisoire !
Annonce d'un projet simple et révolutionnaire : lire vraiment Rimbaud, c'est gratuit, ça ne mange pas de pain. Comme dire que tous les poèmes sont annotés, commentés. C'est quoi ces annonces ?
Cavallaro répond donc à la question en se défaussant, il bégaie, botte immédiatement en touche : "heu ! c'est une vaste question...c'est heu une invitation vous avez dit à se débarrasser des représentations et blablabla et blablablo". Le portrait blablabli blablablo" Heu ? Où est la réponse, où est le contenu de pensée là-dedans ? Offrir aux lecteurs le complet intégral ! C'est la réponse à la question posée, ah bon !
Donner toutes les versions, ce principe a été initié par Steinmetz en 1989 et il est largement suivi.
Rimbaud commence par écrire des poèmes en latin, on le sait, mais ne nous emballons pas, il le fait par contrainte scolaire et parce que c'est normal pour beaucoup d'élèves à son époque, même s'ils ne se destinaient pas à devenir écrivain... Rimbaud écrit des poèmes en latin à même pas quinze ans s'émerveilel-t-on, mais on en parle du reste de la classe ?
Cavallaro se vante de donner les poèmes latins en premier, mais il ne fait que suivre la tradition éditoriale actuelle au sujet de Rimbaud !
Cavallaro se vante de donner les poèmes latins en premier, mais il ne fait que suivre la tradition éditoriale actuelle au sujet de Rimbaud !
Certes, on voit que certaines préoccupations connues du poète sont dans les vers latins. OK ! d'accord !
Moi, quand j'en parle, je dis quelque chose de précis qui d'aileurs ne se retrouve guère chez les autres rimbaldiens. Je montre comment la maturation de "Soleil et Chair" et des "Etrennes des orphelins" vient d'une passion prise à traiter les sujets dans le cadre des contraintes scolaires, sujets qui choisis par l'école sont aussi des sujets marqués d'une sorte d'importance culturelle ce qui amène Rimbaud à relever le gant. Je prévois aussi de faire un immense parallèle un jour sur le côté Soleil et chair de Rimbaud et celui du romancier Zola plus proche de Verlaine au plan générationnel. Enfin, je fais évidemment le lien entre l'élection du poète chez Ovide et l'idée de l'élection selon Rimbaud en mai 1871. Il faut montrer dans un entretien qu'on va plus loin, surtout si le nom de l'entretien est "lire vraiment Rimbaud".
Cavallaro revendique donner toutes les versions, il ne fait que suivre la tradition actuelle, et Guyaux donnait une version de référence en Pléiade avec des caractères plus grands. Cavallaro adopte une approche plus inédite, approche que j'avais d'ailleurs formulée sur ce blog seul face à tous, puisque je disais sur ce blog sans aucun écho de qui que ce soit qu'il me semblait plus logique de donner au grand public une version par poème, réservant les autres versions aux appendices. Mais il est délicat de choisir une version de référence, et Cavallaro ne commente pas ici ses choix, ce qui nous aurait fait enfin entrer dans la singularité de son édition. Pour l'année 1870, pour l'essentiel, les versions de référence sont les manuscrits remis à Demeny quand il y a plusieurs versions, ça casse pas trois pattes à un canard, mais il y a déjà un problème avec "Les Effarés", et ça il aurait fallu en parler dans l'entretien ! Moi, pour "Les Effarés", la version de référence aurait été celle du dossier paginé recopié par Verlaine par exemple, pas la dernière connue, mais la dernière dans un axe d'ambition littéraire mûre, puisque "Petits pauvres" publiée en Angleterre pose la question des compromis, mais c'était alors renoncer à la chronologie des compositions !
Pour "Le Coeur volé", Cavallaro choisit en version de référence la version remise à Demeny alors que si elle est postérieure à celle remise à Izambard est précisément remise en cause par la version du dossier recopié par Verlaine !
Il y a déjà deux versions de référence discutables !
Puis on part sur le fait que Rimbaud n'a pas publié ses textes lui-même et l'animatrice donne du "grâce à vous, j'ai appris", mais Cavallaro n'a joué aucun rôle de chercheur là-dedans, c'est du archi rebattu, et au plan des éditions courantes même.
Sur la Saison ou le silence de Rimbaud, Cavallaro ne dit rien de neuf, c'est du rebattu chez rebattu.
Je passe sur les lectures de l'animatrice que s'empresse d'applaudir Cavallaro à chaque fois. Je suis d'un niveau tellement supérieur à tout ça.
Sur la lecture des "Poètes de sept ans", rien de neuf, rien de senti.
Alors, on a droit à la question "choisie" qui vient à gros sabots sur la place de Baudelaire dans l'oeuvre de Rimbaud. Notons que Cavallaro dit quelque chose de faux sur l'influence de Baudelaire sur les sonnets de 1870. Même si Rimbaud a pu confronter les deux éditions des Cariatides de 1842 et de 1864, il n'a aucune raison de prêter les audaces métriques à la césure qu'il pratique à l'influence initiale de Baudelaire. Il fait cela sur un fonds d'influences parnassiennes avec Banville, Glatigny, Verlaine, Coppée et d'autres. Ensuite, c'est une imposture intellectuelle qu'on doit à Murphy, Cornulier et Gouvard d'attribuer à Baudelaire des audaces qui viennent de marceline Desbordes-Valmore et Victor Hugo. Ces trois universitaires ignorent l'antériorité de la poétesse douaisienne, mais ils manipulent leur lectorat en dissociant vers de théâtre et poésie lyrique au point de faire comme si l'invention pour le théâtre ne valait pas comme modèle pour la poésie lyrique. Faut arrêter le sketch. Verlaine a cru que ces tours venaient de Baudelaire comme il l'écrit dans un article de 1865 parce qu'il n'avait pas fait attention au théâtre d'Hugo, à quelques cas rares de Musset, Barbier, et en plus il méprisait Desbordes-Valmore. Et si Rimbaud trouve la forme tant vantée de Baudelaire mesquine, c'est que clairement il ne pense même pas à associer à Baudelaire l'invention des césures acrobatiques.
Quant à savoir ce que Rimbaud a lu, il y a bien sûr la confrontation aux poèmes pour en découvrir les sources, mais sur les lettres du voyant contrairement à ce que dit Cavallaro Rimbaud ne cite pas tout le monde, loin de là : ni Vigny, ni Mallarmé, ni Desbordes-Valmore, ni Nerval, ni Sainteè-Beuve ! Il y a un autre support, les fausses signatures de l'Album zutique. Puis, il faut parler de ce qu'ont mis à jour les études des sources potentielles aux poèmes. Il faut parler de la méthode pour les débusquer : mots rares, rimes, etc.
Il n'y a aucun contenu dans la réponse générale de Cavallaro.
On a droit qu'à des anecdotes mille fois rebattues, avec des convictions problématiques. Si Rimbaud dit lire tout ce qui lui passe sous la main, est-ce si vrai ? A-t-il lu toute la bibliothèque d'Izambard ? Il résume les volumes intéressants à La Robe de Nessus et à Costal l'Indien ???? Il s'aperçoit tardivement qu'Izambard possède une édition du Don Quichotte, mais pour ne s'intéresser qu'aux gravures de Doré qui l'illustrent... Mouais, pas de quoi prendre trop vite le témoignage pour argent comptant.
Il n'y a même pas la problématisation des lectures au-delà de la poésie avec une réflexion sur l'évolution éventuelle dans le passage du vers à la prose. Il n'y a aucun contenu de pensée original dans la réponse fournie. Ce n'est que de la langue de bois.
Même sur l'influence de Baudelaire ! On sait que, paradoxalement, il est plus facile d'identifier des réécritures d'Hugo que de Baudelaire dans les vers de Rimbaud. Sur "Oraison du soir" et "Accroupissements", j'ai des preuves de réécritures de Baudelaire que ne prennent pas en compte les rimbaldiens, c'est dire qu'ils partent sur des bases peu étayées quant à l'influence de Baudelaire sur Rimbaud.
J'en suis à trente minutes. Je parlerai de la suite plus tard dans la journée en complétant cet article. Il y a quelques formules sur "L'Eternité" et "Génie" de la part de Cavallaro, mais c'est creux par en-dessous, je vais expliquer pourquoi. Je parlerai de la citation de Bonnefoy qui fait une opposition pour une fois subtile de l'amour à la justice, mais Cavallaro passe à côté sans la rendre, puis sur l'idée de la vie dans "Vierge folle", là je vais devoir me lâcher.
Mais j'en reviens au problème de promotion de l'édition de Cavallaro. Son édition fournit les mêmes textes que les autres éditions, à pedu près toutes les versions des poèmes sont dans les autres éditions, et Cavallaro ne se distingue pas de manière significative par les quelques exceptions, exceptions qu'il ne cite d'ailleurs pas clairement pour bien pouvoir s'en prévaloir.
Son oragnistation de la table des matières est catastrophique. Cavallaro veut donner une perspective chronologique et exhiber des versions de référence. Il renonce à donner le dossier paginé de Verlaine tel quel, il recrée l'ordre des poèmes remis à Demeny en 1870 sur des intuitions chronologiques, mais c'est problématique. Donner les dossiers permet d'être neutre sur la chronologie interne aux dossiers. En revanche, quand il commence à intervneir poème par poème Cavallaro commet des imprudences dans les thèses chronologiques. Puisque Cavallaro a réuni les devoirs scolaires en vers latins ou traduits du latin, il devait leur adjoindre "Charles d'Orléans à Louis XI". Il y a un problème de logique éditoriale évident à ce sujet. La place de la nouvelle Un coeur sous une soutane pose problème avec l'inférence chronologique que suppose son placement précoce. Il y a un problème de bâtardise méthodologique de l'édition de Cavallaro à jongler entre des classements qui ne sont pas du même ordre : chronologie des compositions, classement des travaux scolaires, refus de mélanger la nouvelle au milieu des poèmes de 1870, etc. Cavalalro a plaicement repris le modèle du site de Bardel, mais sans bien réfléchir aux conséquences ensuite des remaniements chronologiques poème par poème. La séparation des "Mains de Jeanne-Marie" au début du tome II pose un vrai problème, puisque cela éloigne pour le lecteur l'idée d'une composition contemporaine de "Voyelles", du "Bateau ivre" et de "Tête de faune". L'ensemble des pièces zutiques pose problème et cela s'aggrave du traitement à part des "Mains de Jeanne-Marie" justement, puisque "Tête de faune" devient un poème qui peut avoir été composé avant octobre 1871, et c'est pareil pour "Voyelles", "Le Bateau ivre", "Les Chercheuses de poux" et d'autres pièces encore.
Au plan méthodologique, c'est un véritable désastre. Il y a un impact trompeur sur le lecteur dans la mesure où on ne sait pas clairement dissocier le classement chronologique du classement par dossier. Rappelons aussi que l'isolement des "Mains de Jeanne-Marie" se fonde sur le fait que c'est le seul poème dont nous avons la preuve qu'il date de 1872 parmi ceux du dossier remis à Verlaine, mais Cavallaro trompe son lecteur en classant d'office "Voyelles", "Le Bateau ivre", "Tête de faune" dans l'année 1871. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas la preuve formelle qu'ils sont de 1872 qu'ils sont de 1871. Les choix de Cavallaro sont non pas à Beyrouth ou Abbey Road, mais aberrants.
Je reviens à "L'Eternité", sur lequel dans l'échange on a un goulot d'étranglement des remarques critiques du genre "c'est un hit", "il est punk"" de la part de l'animatrice. Moi, je veux bien qu'on utilise le langage relâché, mais il faut que l'ensemble ait du corps, on ne peut pas dire : "Ah ! c'est gore !" ou je ne sais quoi d'autre de manière approximative dans une émission littéraire.
Je remarue un moment de flottement : un quatrain est cité pour illustrer l'exprès trop simple, celui des "communs élans" et "humains suffrages" qui, du coup, ne me paraît bien choisi, et puis on a droit à l'affirmation que ce même quatrain est "dense". Je veux bien que ce soit "très simple" et "dense" à la fois, mais on sent que rien de précis ne se dégage dans les commentaires qui sont faits de ce quatrain. On sent que la mesure n'est pas cernée.
Cavallaro rappelle que le poème est célèbre et qu'effectivement il est récité à la fin du film Pierrot le fou de Godard, avec l'acteur Belmondo. Il y a des ponts brisés artificiels dans le décor si je me rappelle bien les images qui vont avec la lecture du poème. Cavallaro dit plusieurs phrases qui coïncident avec ce que j'ai pu écrire moi-même sur ce blog, on va mettre ça sur le compte de ce qu'inévitablement fait penser ce poème, mais du coup c'est une lecture qu'il a choisie et on peut se demander comment il se démarque de ce qui a déjà été dit. Avouons une belle formule de Cavallaro : "l'éternité devient un refrain !" L'animatrice me fait halluciner pour parler comme les djeûn's quand elle dit que c'est en lisant spécifiquement Cavallaro qu'elle découvre l'importance de la référence conflictuelle à la religion dans les poèmes de Rimbaud. Notons que quand "Génie" sera lu, il n'y aura pas de lien fait entre la mention de l'éternité retrouvée et le "Il est [...] l'éternité" de "Génie", preuve que les deux poèmes sont à lire en miroir, "Génie" étant une reprise de la réflexion du poème "L'Eternité". Il va de soi que le poème "L'Eternité" comme je l'ai déjà dit sur ce blog renvoie à l'immédiateté, il me faudra enquêter pour déterminer à quel point Cavallaro a lu mon blog, pareil pour la phrase où Cavallaro dit que Rimbaud n'est pas un philosophe, mais il fait quelque chose de cet ordre en poésie, vu que ça ressemble encore une fois de très près à des phrases de mon blog que je n'ai pas remarquées chez les autres rimbaldiens. Il y aurait eu à creuser aussi le lien avec "Soleil et Chair" et l'idée de la mer "allée / avec le soleil" car il y a un discours de l'attirance pour le soleil.
On passe ensuite à un extrait enregistré d'Yves Bonnefoy. Il ne comprend bien sûr pas grand-chose à Rimbaud malgré sa grandiloquence, il raconte des riens sur "changer la vie". Ceci dit, sans doute sans le faire exprès, par le fait qu'inévitablement à force de remuer la réflexion on a des intuitions justes, Bonnefoy m'a plus en disant que le mot de Rimbaud ce n'est pas justice, c'est amour. Mais ce seul point fort, l'opposition entre justice et amour où la justice est à côté de l'amour, ne sera pas repris par Cavallaro. C'est l'occasion pour l'animatrice de parler des "formules" qu'on retient souvent de Rimbaud. Je signale tout de même que "changer la vie" est plutôt une expression populaire courante qui ne vient pas de Rimbaud, puisque "changer la vie" se rencontre dans les vers de Desbordes-Valmore.
Cavallaro se dérobe à la sollicitation de faire un historique de la réception de Rimbaud, puis parle de "Vierge folle". Cavallaro a un bon commentaire de "L'amour est à réinventer, on le sait", en mettant l'accès sur la formule cocasse : "on le sait !" Il s'enferme un peu étroitement dans l'identification de la Vierge folle à Verlaine délaissant l'analyse de ce qu'il a pourtant exposé l'enchâssement de la voix de l'Epoux infernal dans les propos rapportés de la Vierge folle qui fait sa confession dans un texte en réalité écrit par Rimbaud. Certes, jusqu'à un certain point, la Vierge folle est Verlaine, mais en stratégie d'écriture, il y a le fait que la Vierge folle est une personne extérieure qui évalue la performance de l'Epoux infernal à réaliser ses projets, à accomplir les prouesses auxquels il prétend. Et il faut mettre ça en relation avec la théorie des vies multiples dans "Alchimie du verbe" où le poète parle des vies qu'il prête à ceux qu'il côtoie, il y a un boulevard pour l'analyse qui n'est pas pris ici.
Finalement, Cavallaro ne dit sur Vierge folle que des choses mille fois dites et des choses qui sont dites spontanément par tous la lecture faite.
On ne va pas loin : il veut changer la vie comme par magie, Verlaine persifle cette absurdité, et voili voilou. OK ! D'accord ! Et c'est l'occasion pour l'animatrice de dire qu'il faut lire Rimbaud vraiment, mais quel est le surplus apporté ici à la lecture spontanée ?
Et c'st là que ça part en cacahuètes : l'animatrice dit que "changer la vie" et "réinventer l'amour" ça peut avoir des résonances aujourd'hui, et tenez-vous bien Cavallaro explique que c'est parce que les formules sont étendues à une très grande généralité. Ah ! ça c'est sûr, hein ! Les pleurs d'Andromaque aussi, ça nous parlera toujours... Je dis ça, je dis rien !
Ce qui fait la force de ces formules c'est leur grande généralité, mais bien sûr !
Le lecteur peut assigner aux formules un contenu qui correspond à ses propres préoccupations ! OK ! Super ! Vive la littérature ! Oh putain !
Je passe sur "Lire Rimbaud, c'est de la dynamite", c'est du André Breton, ça ne mange pas de pain !
Je passe sur les chuintements qui accompagnent la lecture de "Génie" aussi.
Sur "Génie", la lecture reste dans les généralités attendues, avec tout de même une bonne analyse de "renvoyer" opposé à la révélation chrétienne axiale.
Puis, on part dans l'idée de recueil. Cavallaro botte en touche en parlant de projets de recueil qui font débat, qui sont discutés. Heu ? Comment dire ? Il y a deux personnes qui flinguent la légende de ce que Cavallaro rappelle au début de l'entretien : un ensemble qu'on appelle tantôt Cahier de Douai, tantôt Recueil Demeny. Il s'agit de moi, mon article étant par exception cité dans l'édition de Cavallaro d'ailleurs, et de Guyaux. Lefrère aussi exprimait des doutes dans sa biographie, alors que le doigt sur la couture les rimbaldiens n'osent pas critiquer la thèse d'un recueil remis à Demeny qui est article de foi pour Brunel et puis Murphy. L'essentiel de l'invalidation vient de mon article référencé par Cavallaro. Il n'y a déjà plus de recueil pour 1870. Ensuite, il y a le dossier paginé par Verlaine avec essentiellement des copies par Verlaine, cela dans les premiers mois de 1872. Verlaine voulait recopier des poèmes qu'il n'avait pas sous la main dont "Paris se repeuple", "Le Bateau ivre" alors "Bateau extravagant", etc. Donc cette suite paginée ne peut pas être un recueil, c'est un portefeuille de poèmes. C'est moi qui ai fait tomber cette idée d'un deuxième recueil, alors que le doigt sur la couture du pantalon là encore les rimbaldiens n'osent pas contredire Murphy et ceux qui veulent valoriser les dossiers tels qu'ils nous sont parvenus. Enfin, il y a Les Illuminations. Cavallaro parle de copie continue d'une manuscrit à l'autre, ce qui est un constat partiel et lié au fait que Rimbaud n'avait pas de papier, c'est même un constat fragile par moments, puisque Rimbaud a découpé le manuscrit qui réunissait "Génie" et "Dimanche", il a découpé le feuillet qui réunissait "Promontoire" et "Guerre" si je ne m'abuse. Cette histoire de copie continue, c'est la pétition de principe que si les poèmes s'enchaînent c'est que c'est un recueil. Et on fait quoi de l'opportunisme possible de la place restante comme cela semble le cas avec "Départ", "Royauté" ?
Cavallaro louvoie : la copie continue prouve que ces poèmes sont destinés à former un recueil, mais ça c'est le principe intermédiaire du portefeuille de poèmes, alors qu'on joue sur le mot "recueil" qui veut dire que non seulement les poèmes à mettre ensemble sont rassemblés, mais qu'ils sont mis en ordre !
Et c'est là que tombe la formule de Cavallaro : un recueil qui est presque achevé ! Qu'est-ce qu'il en sait ?
Pourquoi Rimbaud n'aurait-il pas achevé d'établir l'ordre du recueil si c'était presque fini et puisqu'il s'en dépossédait ?
Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? Cavallaro ne dit rien de la pagination en laquelle visiblement il ne croit pas, et tant mieux. Mais il y a un couac marrant. Il dit qu'on n'est pas sûr que "Génie" soit vers la fin, mais qu'en revanche "Après le Déluge" serait bien le début avant de se rétracter en disant que le poème est sur un papier différent distinct de la suite commençant par "Enfance" et il se contredit en considérant qu'on n'est pas sûr que "Après le Déluge" soit le début du recueil.
Merci, capitaine !
Cette contradiction montre que Cavallaro a voulu soutenir le discours officiel de son clan, mais il y renonce en moins d'une minute.
Je vais arrêter là. C'est la fin de l'entretien. J'ai assez montré les failles du raisonnement rendues évidentes par l'improvisation orale d'un échange radiophonique. J'ai assez montré qu'il y a une publicité du caractère nouveau de l'édition de Cavallaro qui ne repose sur rien de concret. On pourrait dire que l'entretien est pour le grand public, mais c'est un fait que Cavallaro n'amène à aucun moment l'indice d'une singularité de sa propre réflexion. Il ne défend même pas les points réellement inédits de son édition : les lacunes de ponctuation, les lignes débiles dans Les Illuminations ou son déchiffrement farfelu d'un vers. Il n'y a aucun renvoi à un grand livre critique qui poserait Cavallaro et justifierait qu'il édite Rimbaud. Il n'y a pas d'arrière-plan.
Dernier ajout conclusif :
Je ne voulais pas écrire au-delà de midi, et j'ai brutalement interrompu mon exercice, considérant avoir dit l'essentiel, mais une réflexion a continué de mûrir.
L'entretien radiophonique est, principalement du fait de l'animatrice, très en-dessous de la haute volée de réflexion littéraire d'émissions plus anciennes quand bien même dans le cas de Rimbaud avant les années quatre-vingt-dix, on avait surtout droit à des réflexions personnelles face à une poésie qui n'était pas du tout comprise pour elle-même. Ici, la discussion est trop souvent superficielle, et Cavallaro s'adapte à cette superficialité malgré une poignée de phrases plus senties. Mais, j'en arrive à ma réflexion finale. Comme on vend au grand public une édition en Folio classique qui serait inédite, exceptionnelle, complète comme jamais, savante, alors qu'en réalité les éditions antérieures avaient déjà posé tout ce qui fait l'édition de 2026, on a dans cet entretien l'illustration du problème. De manière appelée, l'animatrice dit plusieurs fois que grâce à l'édition de Cavallaro elle a appris des choses, ce qui suppose qu'elle n'a pas lu les éditions de Steinmetz, Brunel, Guyaux, Murphy, Forestier, Borer, mais dans l'échange il y a donc une personne lambda l'animatrice face à quelqu'un du sérail des études rimbaldiennes, et celui-ci brille de sa capacité à donner un accès quoique timide aux études du sérail, et le paradoxe c'est qu'on met en scène que tout vient de lui et que l'animatrice ne peut être reconnaissante qu'à la seule personne en face d'elle. Cavallaro n'est ici qu'un passeur, mais on fait comme si tout venait de lui.
Je précise aussi que, même si Steinmetz, Brunel, Bonnefoy, Guyaux et d'autres ont des discours sur Rimbaud qui ne me conviennent pas, que je peux contester, quand je les lis, je sens la richesse de leur monde intérieur, je sens leur personnalité, je sens que ce qu'ils disent sur Rimbaud vient d'eux-mêmes, je n'ai pas cette impression-là avec les discours et écrits de Cavallaro qui m'imposent une nette idée de propos rapportés, de synthèse de ce qui s'est dit avant.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire