mardi 30 décembre 2025

Ce que disent ou ne disent pas les rimbaldiens sur les manuscrits des Illuminations (mise à jour 20h)

Je prépare un article sur la question de la chronologie de composition des poèmes en prose des Illuminations à la lumière de ce qu'ont pu changer au débat la révélation de la lettre à Andrieu de juin 1874 et ses suites, ce qui montrera cruellement aux rimbaldiens que je suis le seul de tous à évoluer dans la réflexion, le seul qui se remet en cause même quand il s'est battu à fond par sincérité de conviction, le seul enfin qui s'intéresse à la vérité et pas à ce qu'il a espéré comme notoriété. Ce serait d'ailleurs une immense erreur de croire que je souhaite le feu des projecteurs. Je remarque que Bardel n'a pas recensé le premier compte rendu de son livre fac-similaire, je prends ça pour une victoire, ça suffit à mon bonheur. J'ai une parfaite confiance dans la suite des événements, je suis un russe, le temps roule pour moi. Hélas ! il ne suffit pas toujours d'appuyer sur un bouton que j'ai derrière la tête pour sortir un article, donc l'article sur la chronologie, ça attendra un peu. Il y a d'autres sujets ouverts en attente d'une suite qui plus est.
Vous savez qu'il y a des réflexions géniales dans l'univers. C'est toujours fascinant d'entendre parler d'Archimède ou bien d'Eratosthène faisant mathématiquement le tour de la planète, ou bien d'entendre parler de gens qui évaluent le poids de la planète en évaluant le poids d'une colline devant eux, etc. Et, dans le domaine des études rimbaldiennes, j'ai l'impression qu'on s'émerveille d'imbécillités et de réflexions qui n'ont jamais été menées bien loin.
Faire une étude transversale des chiffres de la pagination, c'est un principe de base. Faite une étude transversale des mots biffés ou des différents outils pour écrire (crayon, encre normale, encre brune, crayon bleu, etc.), c'est pas quelque chose qui doit arriver après des décennies de recherches. Moi, ma recherche sur les manuscrits, je fais ça en dilettante.
En étudiant les manuscrits des Illuminations, on se rend naturellement compte que Rimbaud écrit exclusivement à l'encre normale et que tout ce qui y contrevient n'est pas de lui. En revanche, même certains passages à l'encre normale ne sont pas de lui.
Ce que j'ai fait remonter, c'est que les rimbaldiens prennent des décisions selon leurs goûts ou cherchent à créer un blocage interprétatif selon des difficultés psychologiques qu'ils s'inventent tout seuls.
Pour "Après le Déluge", je suis aussi paresseux qu'un autre avec ce "après" rajouté au-dessus de la première ligne, puis biffé. Maintenant, je pose une question simple : y a-t-il un ouvrage rimbaldien qui précise comment le mot "après" a-t-il été biffé ? Au crayon bleu ou à l'encre ?
Pour "Vies", la correction de "la main de la campagne" à "la main de la compagne" est réputée avoir été faite au crayon, la lettre "o" a été écrite au crayon apparemment.
Moi, j'ai des questions simples : il y en a combien de passages corrigés au crayon dans les manuscrits des Illuminations ?
J'ai la cinquantaine, mes yeux sont abîmés d'avoir énormément lu, je porte des lunettes qu'on dit de confort quand je m'absorbe dans les pages d'un livre ou que je fais face à un écran d'ordinateur, et là j'ai des fac-similés sous les yeux, donc je demande clairement à savoir si une correction est faite à l'encre ou au crayon. Après le "o" de "campagne" devenue "compagne", j'ai un autre cas à traiter, c'est le repassage du passage de "Fairy" où à l'origine il est écrit : "des cri des steppes" avec une faute d'accord. Il manque un "s" à "cris". A partir du moment où la plupart des rimbaldiens depuis longtemps considèrent que la correction "o" pour "la main de la campagne" a été faite par les protes de La Vogue qui auraient cru bien faire, leur geste étant de lever ce qui leur paraissait une ambiguïté de lecture pour un "o" mal écrit ressemblant à un "a", et si, dans la foulée, ils considèrent que pour "Après le Déluge", le mot "après" pourtant significativement ajouté au-dessus de la ligne, a été biffé d'autorité par les mêmes protes, pourquoi ne pas établir une liste des éléments corrigés dans les manuscrits pour faire des recoupements et comparaisons ? Dans l'édition des Œuvres complètes d'Arthur Rimbaud dans la collection de la Pléiade, André Guyaux précise bien que le "des" a été corrigé en "du", mais il ne dit pas si le "u" témoigne d'une encre similaire à la transcription, si le "u" est à l'encre ou au crayon. J'aimerais bien avoir la réponse. C'est important tout de même de déterminer si la leçon finale pour Rimbaud c'était "des cris des steppes", sauf qu'avec sa désinvolture habituelle il aurait omis le "s" en écrivant et aurait eu la flemme de le reporter, ou si c'était "du cri des steppes", la correction étant effectivement sienne.
On dirait que les rimbaldiens ils s'en fichent. Mais, à la limite, les rimbaldiens qui n'ont pas envie de s'affronter aux manuscrits, moi, je les comprends. Mais, c'est quoi cette histoire d'un déluge de publications sur les manuscrits, si en 2025 j'arrive et je dis : "Mais sur quels fondements vous attribuez aux protes de La Vogue les corrections "après" biffé et "compagne", alors que vous attribuez le crayon de la pagination à Rimbaud ainsi que, parmi quelques corrections à l'encre, le "u" sur "des cri des steppes". Je trouve ça un peu gros. Notons que dans "Génie", Rimbaud avait écrit "invasions" par-dessus le mot "guerres" visiblement et le prote travaillant pour Vanier a réécrit "invasions" à côté pour lever l'ambiguïté à la lecture.
J'en reviens maintenant aux chiffres romains. Je remarque que les éditeurs anciens, Steinmetz notamment, considéraient que les chiffres romains posaient des problèmes de cohérence, notamment le II de "Guerre". Moi, ce n'est pas ce que j'ai remarqué. Il y a deux systèmes croisés et parfaits. Nous avons une suite de I à V pour cinq titres : Fairy, Guerre, Génie, Jeunesse et Solde, et une suite de I à IV à l'intérieur de la série IV intitulée "Jeunesse". Ce qui m'intrigue, c'est qu'un chiffre I a été écrit au crayon au-dessus de "Fairy" et qu'il fait concurrence au I à l'encre. Ensuite, ce que je voudrais savoir, c'est si le "IV" qui accompagne le titre "Jeunesse" et ce titre lui-même sont à l'encre ou au crayon. En 2009, dans son édition de référence, Guyaux parle d'encre. Partant de là, on comprend que la mention au crayon "Veillées" ait été rejetée, mais par le titre "Jeunesse" et on comprend aussi que nous avons des bases solides pour dire que ces chiffres romains sont un classement de la main de Rimbaud. Et ironie du sort, ce classement des manuscrits par Rimbaud ne se fait pas par pagination des feuillets, mais par une numérotation donnée à des titres de poèmes, PUISQUE LE FEUILLET COMPORTANT LES PARTIES II, III ET IV DE "JEUNESSE" N'A PAS DE PAGINATION. Le I s'applique à "Fairy", le II à "Guerre", le III à "Génie", le IV" à "Jeunesse" qui a sa propre suite de I à IV et enfin le V s'applique à "Solde", un V écrit sur le bord supérieur au point qu'il semble incomplet sur le rebord.
Le système est parfait. Il y a trois chiffres romains qui dans l'absolu ne peuvent être que de Rimbaud. Je me suis demandé si les autres chiffres pouvaient avoir été mis par des protes de la revue La Vogue ou de l'équipe de Vanier. C'est au moins le cas du I au crayon qui double celui de "Fairy". Les éditeurs auraient-ils pu mettre les chiffres romains entre le titre du poème et sa transcription, cas de "Fairy", "Dimanche" et "Génie". C'est déconcertant. Je trouve ça étrange de mettre le chiffre en-dessous du titre dans ces deux cas. Mais, à la fin des fins, je ne vois que la possibilité que Rimbaud ait fait ça lui-même, on a abouti à une double numérotation qui ne laisse rien à désirer, sauf le titre du quatrième poème de la série "Jeunesse".
Et cette série à chiffres romains concentre quelques coïncidences, c'est précisément l'ensemble qui a été publié par Vanier à l'exclusion de tout autre manuscrit de poème en prose. C'est donc aussi l'ensemble précis de poèmes que la revue La Vogue n'a pas pu publier. C'est même ça la coïncidence première, la publication par Vanier n'étant qu'une conséquence de ce fait initial.
Et, cette ensemble à chiffres romains est aussi celui qui contenait les bouts de papier dérisoires qui contenaient "Fairy", "Guerre" et "Dimanche". Il y a trois feuillets découpés en deux dans le dossier des manuscrits, quatre ont été publiés par Vanier : "Fairy", "Guerre", "Génie", "Jeunesse I Dimanche". Il n'y a que "Veillées" I et II et "Promontoire" qui l'ont été par la revue La Vogue. Il faut ajouter que Vanier a publié aussi les deux feuillets qui ont de sales allures de bricolages : "Jeunesse I Dimanche" et sa suite II, III et IV où IV est le seul texte sans titre de la série.
On dirait qu'il y a eu un problème pour reconstruire la suite des poèmes en fonction des chiffres romains à l'époque de la revue La Vogue. On dit qu'il y a eu une dispute et que quelqu'un, Léo d'Orfer je crois, est parti avec les manuscrits à chiffres romains, mais c'est bizarre comme coïncidence, il n'aurait pas pu partir avec le manuscrit de "Mouvement" en plus par exemple, ou bien avec le manuscrit de "Scènes" et "Promontoire", ou bien avec "Bottom" et "H". Non, il est parti avec la suite bien délimitée de I à V. Et si, à son départ, ces poèmes étaient encore inédits, ça veut dire que la revue reculait la publication de cette partie numérotée en chiffres romains. Je trouve ça complètement dingue. C'est le seul ensemble que Rimbaud a numéroté, pas paginé, mais numéroté sur la base de titres de poèmes, et c'était curieusement la partie la plus pénible à publier. Je ne comprends pas le problème. Il y a quelque chose qui m'échappe.
Ce n'est pas tout. Vu que ce sont les poèmes qui sont numérotés, on se retrouve dans une configuration curieuse. Je passe sur le fait que je me suis demandé si le "I" de Fairy, le "I" de Dimanche" et le III de "Génie" ne cachaient pas des numérotations avec d'autres manuscrits aujourd'hui inconnus, et Rimbaud lui-même aurait remanié tout ça en se servant des chiffres romains préexistants de "Fairy", "Guerre" et "Génie" pour créer des suites nouvelles, celles qui nous sont parvenues. Mais, même dans ce cas, il y a un truc qui me sidère. Dans le reste des poèmes, les chiffres créent des séries sous un même titres : "Enfance", "Vies", "Veillées" et le cas avorté de "Villes". Ici, outre que les subdivisions I à IV de "Jeunesse" ont leur propre titre, ce qui me frappe, c'est que "Fairy", "Guerre", "Génie" et "Solde" sont classés avec "Jeunesse" sans recoupement en fonction d'un titre supérieur.
Et les papiers découpés sont reliés au reste des manuscrits, puisque le papier enlevé à "Fairy", c'est "Veillées I et II" qui est devenu un feuillet autonome avant d'être rejoint à "Veillée" devenu "III", tandis que "Guerre" a été enlevé au feuillet autographe de "Promontoire". Les opérations de découpage sont solidaires de l'ensemble, ça s'est fait sur le tard visiblement. On aurait pu envisager qu'il y a eu un groupe formé par l'ensemble à chiffres romains qui a eu son unité propre et qui a été joint au dossier des autres poèmes, sauf que les découpages qui les relient à "Promontoire" et "Veillées" I et II interdisent de penser de la sorte.
Uns voix dans l'hygiaphone : - Mais, voyons, c'est Rimbaud qui a fait tout ça ! C'est les signes transcendantaux du recueil !
- Ah ! ok ! Oui, il a numéroté de 1 à 24 23 feuillets qui font 24 pages, puis il n'a pas numéroté "Promontoire", "Scènes", "Soir historique", "Mouvement", "Bottom", "H", "Démocratie" et "Dévotion", six à sept feuillets manuscrits que La Vogue a paginé pour lui moyennant le remplacement de "Promontoire", puis enfin au lieu de paginer les feuillets il a numéroté cinq, même pas poèmes, mais titres avec un feuillet aussi stylé que le II, III, IV non paginé de la Fondation Bodmer. OK ! D'accord. Et il faut se vacciner tous les quatre mois, c'est ça ? Et c'est les russes qui ont tapé sur Nordstream, la centrale nucléaire de Zaporija qu'il contrôle. Et il faut envoyer des sous pour soutenir la corruption des copains de Zelensky, président au mandat expiré, Minditch et Yermak le faux cosaque. Et vous vous réjouissez d'attaques sur des chefs d'état ou sur des installations de défense nucléaire essentielles. Oui, continuons à brouter de l'herbe. J'en ai tellement marre de ces absurdités dans le raisonnement. Pfffh ! On soutient mordicus n'importe quoi ! Vous m’écœurez à un point pas possible !
On peut se demander finalement si ces chiffres romains ce n'est pas plutôt le début avorté de la mise en recueil, ou bien se demander si ce qui nous est parvenu c'est le mauvais jeu de copies, certainement pas celui que Rimbaud voulait soumettre à un éditeur en 1875. En tous cas, ce qui nous est parvenu n'est pas une suite organisée.
Il fallait une minute pour tout relier par une pagination.
L'article de Steve Murphy dans le numéro I de la revue Histoires littéraires de, horresco referens, Jean-Jacques Lefrère est en ligne. Voilà ce qu'il dit sur "Jeunesse" qu'il ne cite qu'à deux reprises : la première citation est dans une phrase interrogative où on constate que les deux feuillets de "Jeunesse" ne sont pas paginés en faisant l'hypothèse que Fénéon ne les avait pas sous la main en 1886. Evidemment, ce qu'il manque au raisonnement, c'est que la pagination se faisait au fur et à mesure des publications, et qu'elle est repartie de 1 au numéro 8 avec le manuscrit allographe de "Promontoire", voire elle est repartie de 1 au numéro avec des poèmes en vers, et au numéro 1 au numéro 9 avec "Mouvement". La deuxième citation est problématique : "Quel que fût l'ordre souhaité par Rimbaud pour les poèmes de la fin du recueil, des recoupements thématiques et certaines collections lexicales rapprochent plusieurs de ces poèmes, notamment Mouvement, Jeunesse, Génie et Solde : ce sont peut-être des indices de la volonté de Rimbaud de placer ces poèmes à peu de distance les uns des autres."
 
 
Cet argument est repris par Alain Bardel sur son site Arthur Rimbaud. Mais, l'argument n'est pas solide. Les recoupements thématiques et les collections lexicales viennent tout simplement du fait que ces poèmes appartiennent à l'ensemble, ça n'a rien à voir avec l'ordre des manuscrits. Cela a à voir avec les idées constantes chez Rimbaud qui lui faisaient désirer d'écrire. On n'a aucune preuve que les manuscrits non paginés constituent la fin du recueil, comme on n'a aucune preuve d'un recueil organisé de toute façon. Et pourquoi rapprocher ainsi "Mouvement" une partie des poèmes publiés par Vanier au détriment de "Fairy" et "Guerre" qui ont des chiffres romains les alignant avec "Génie", "Jeunesse" et "Solde". "Mouvement" a des mots très proches de "Solde", mais si on en croit Murphy et Bardel, il y a plusieurs poèmes qui les séparent : "Bottom", "H", "Dévotion", "Démocratie", "Fairy", "Guerre", "Génie", "Dimanche, "Sonnet", "Vingt ans", "Tu en es encore..." Dans la suite paginée, la mention "assassins" de "Matinée d'ivresse" se retrouve dans "Barbare", et il y a je n'ai pas compté les nombreux poèmes qui séparent ces deux titres. Le "nouvel amour" de "A une Raison" a des échos évidents dans "Génie", écart bien plus grand encore. Ce discours sur les recoupements thématiques pour justifier les paginations, l'ordre des poèmes, n'a aucun sens, strictement aucun sens.
Dans le Dictionnaire Rimbaud, l'article sur les manuscrits des Illuminations par Michel Murat est obligé de s'en tenir aux parties indivisibles à cause de l'enchaînement des transcriptions sur quelques feuillets, et le constat est fait que "Conte" a une écriture tassée pour rentrer dans la place disponible, et que cela vaut aussi pour "Royauté", et cela s'accompagne de la remarque qu'il y a eu visiblement un délai avant de remplir les blancs correspondants. Moi, face à ces faits, j'ai dit directement que ça sentait la copie par opportunisme de la place disponible, ce qui rend problématique l'affirmation selon laquelle nous aurions affaire à des poèmes ordonnés pour un recueil. J'ai beau me creuser la tête, la magie passionnante qu'il y a à lire "Enfance", "Conte" et "Parade" dans cet ordre, je ne l'ai pas encore trouvée...
Et pour ceux qui ont compris que cet ordre est parfait, il faudrait peut-être qu'il réalise qu'il est plus important de nous expliquer les finesses littéraires de cet ordre, plutôt que de raconter que l'ordre est important et qu'il est prouvé qu'il est l'ordre auctorial de l'autorité de l'écriture d'écrivain écrivant en ce monde.
J'attends toujours des explications. Pourquoi vous ne nous les donnez pas ? Vous savez mieux que quiconque, mais vous ne dites rien ! Expliquez-moi ! Puisque de toute façon, vous aurez raison par autorité à la fin, puisque vous savez que vous ne pouvez pas vous tromper, qu'est-ce qui vous empêche de nous dire de quoi il retourne dans cet ordre littéraire ? C'est quoi la beauté du truc ? C'est qui des recoupements thématiques parfaitement agencés ? Pourquoi c'est parfaitement bien construit ? Expliquez-moi ! On voudrait comprendre, on n'y arrivera par nous-même ! On renonce à ce plaisir, alors donnez-nous les explications littéraires : qu'on ressente un petit frisson par procuration ! S'il vous plaît, je vous dis le mot magique : s'il vous plaît !
 
Mise à jour (20h) :

Quand j'écrivais l'article, j'ai hésité à formuler clairement l'hypothèse que les poèmes seraient le début du recueil, sauf que Rimbaud aurait renoncé à poursuivre.
En effet, les chiffres romains (en-dehors de la série interne de "Jeunesse") ne créent pas une série, mais ordonnent des poèmes, poèmes variés qui plus est. Et ce sont précisément les manuscrits qui impliquent le plus les papiers découpés.
Le soin apporté à coller les deux feuillets pour "Génie" est unique dans l'ensemble, et même si "Dimanche" continue de venir à la suite de "Génie", on a le montage qui isole "Génie", tandis que "Dimanche" est isolé pour devenir le premier des deux feuillets du coup autonomes de la série "Jeunesse".
Le poème "Fairy" a l'intérêt de parler de l'enfance "Pour l'enfance d'Hèlène...", tandis que "Guerre" se termine sur une annonce : "C'est aussi simple qu'une phrase musicale."
C'est en pensant à cette idée de poèmes pensés pour être au début que m'est venue la phrase de l'article : "on ne sait même pas si c'est la fin du recueil", et j'ai ajouté aussitôt "et même s'il y a un recueil ordonné".
Une force de mon article est aussi dans la remarque que Vanier ne fait pas qu'éditer la série en chiffres romains, mais que c'est précisément cette série-là et cette série-là seule que la revue La Vogue n'a pas publier.
J'ajoute aussi un cas intéressant : plusieurs feuillets sont découpés, ce qui crée un émiettement de bouts de papier dans le dossier, mais cela concerne en particulier "Promontoire" et "Guerre". Avec le découpage de la transcription de "Guerre", on se retrouve avec un papier de format irrégulier pour "Promontoire" également. Les rimbaldiens soutiennent que Rimbaud a recopié la partie homogène comme un recueil, mais que par défaut de papier il n'a pas pu continuer, et là c'est une autre idée qui mérite que mon article soit édité dans la journée, c'est que les découpages furent visiblement tardifs et sont complètement à contre-courant de la distribution sur des feuillets soignés homogènes. Et, pire encore, Rimbaud désolidarise "Dimanche" de "Génie", malgré des affinités thématiques évidentes, et surtout il désolidarise "Promontoire" et "Guerre", en sachant qu'on ne comprend pas clairement pourquoi faire se succéder deux pièces aussi différentes sur un même feuillet.
La thèse qu'un manuscrit organisé nous soit parvenu est discréditée. On ne peut pas se permettre d'à peu près et de situations où un élément sert à la fois d'argument en faveur de la thèse du recueil selon un aspect, mais d'argument en défaveur du recueil selon un autre aspect.

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