mercredi 17 février 2021

Date de publication prévue pour mon compte rendu à propos du Dictionnaire Rimbaud

Je vais me donner jusqu'au 28 février pour produire cette recension.
Entre-temps, je vais sans doute mettre quelques autres articles de mise au point sur "Les Chercheuses de poux", "Oraison du soir", "Voyelles", "Tête de faune", sans oublier de rendre compte de certaines études sur "Voyelles" (Reboul, Bardel, Goulard,...).
En préparant un article sur "Oraison du soir" et "Les Chercheuses de poux", je suis tombé sur ceci dans le Dictionnaire Rimbaud. Dans l'entrée au sonnet "Oraison du soir", Candice Nicolas, une contributrice parmi les moins connues à l'ouvrage, cite le poème "L'Angelot maudit", mais elle met un "a" minuscule au nom du titre qui est contraire à la présentation usuelle des titres.
Je médite sur tout ce que je peux écrire ou pas dans ma recension du Dictionnaire Rimbaud. Commençons par citer le texte de cette notice que je veux signaler à l'attention :
En effet, malgré son titre aux résonances baudelairiennes, le poème jongle entre les lexiques religieux et organique, rappelant pour certains aspects Le Cœur supplicié ou L'angelot maudit.

Voici le commentaire que j'en fais, et je médite sur la place éventuelle de ces remarques dans ma recension à venir :

Nicolas aurait dû transcrire "L'Angelot maudit". Je précise que, dans mes articles pour le volume La Poésie jubilatoire, je voulais transcrire "L'Angelot maudit", mais Seth Whidden a modifié mon texte en transcrivant "L'angelot maudit" et, quand j'ai protesté, il a refusé que j'écrive normalement "L'Angelot maudit" sous prétexte que Steve Murphy avait identifié une minuscule sur le titre du manuscrit. Mais, Rimbaud n'était pas philologue et, surtout, les écrivains de cette époque savaient que les éditeurs disposaient du choix normatif final ! Il me semble que je pourrais citer un écrit de Philothée O' Neddy, sinon de Pétrus Borel ou d'un auteur moins connu du début du dix-neuvième siècle qui expliquait, sans s'en plaindre, que l'éditeur avait rajouté les virgules au texte imprimé. Vous la voyez, vous, l'importance de mettre un "a" minuscule au titre "L'angelot maudit" sous prétexte que le "a" manuscrit de Rimbaud est à peine agrandi ? Moi, pas ! Je signale qu'avant la découverte du manuscrit "Famille maudite" Steve Murphy soutenait avec le plus grand sérieux qu'il fallait respecter l'absence de majuscules à l'initiale des vers de six poèmes "nouvelle manière" de 1872, parmi lesquels la version "Mémoire" de "Famille maudite". Mais, autant il peut y avoir débat sur la ponctuation à cause des cas problématiques pour le sens, autant ça ne change rien au poème d'être édité proprement ou de manière désinvolte en fait de présence ou absence de majuscules en début de vers !

Je prévois de rechercher cet auteur qui précise que l'éditeur dispose en fait même de ponctuation, ça ne devrait pas être bien long. Je prévois aussi de citer des passages d'époque sur cette question des minuscules (et merci de ne pas déjà m'opposer l'édition "Le Fleuve" de Charles Cros, l'édition des Dixains réalistes ou les pratiques d'Apollinaire, je connais déjà tout ça et je pourrais citer les minuscules de Victor Hugo au manuscrit du célèbre "demain, dès l'aube,...", et c'est d'ailleurs, moi, qui, en impliquant Murphy sur sa parole, alors que je n'avais aucune raison de l'en faire profiter, ai précisé dans un article paru dans la revue Rimbaud vivant, celui qui mentionne l'Album zutique et les Vilains Bonshommes dans son titre, que Nouveau, Ponchon et quelques autres adoptaient cette formule dans leurs ajouts à l'Album zutique, alors que Rimbaud n'a jamais lu ces contributions a priori. En clair, les initiales minuscules de "Mémoire", "Qu'est-ce..." et quelques autres manuscrits sont liés aux contacts ultérieurs de Rimbaud avec le groupe de Ponchon et de Nouveau, et cela n'a aucune signification du côté de la versification nouvelle de Rimbaud. Murphy n'a jamais relancé son idée d'une importance esthétique des minuscules à l'initiale de vers après 2004, et en tout cas s'il l'a fait pas avec la même force. Or, ici, ce que je dis sur quelque chose d'aussi insignifiant que le "a" minuscule ou majuscule du titre "L'Angelot maudit" prouve qu'il y a par en-dessous une dictature des publications rimbaldiennes, un autoritarisme qui ne dit pas son nom.
Ma liberté de regard critique n'avait pas été respectée par Seth Whidden et j'aimerais qu'on m'explique pourquoi Candice Nicolas suit cette tradition sourde de mettre un "a" minuscule dans les publications rimbaldiennes où priment les habitués de la revue Parade sauvage.
Je me permets de citer un échange personnel de courriels à ce sujet, je ne pense pas divulguer des choses qui tombent sous le coup de la loi, mais, à un moment donné, il faut qu'on puisse se défendre face à ce qui se passe, et je n'exclus pas la citation d'autres extraits privés de mes échanges par courriels dans la recension à venir. Je cite un courriel de Seth Whidden du vendredi 26/11/2010 à 16h39 :

Tout va bien pour tes corrections, une petite précision concernant celle-ci:

Page 102 première ligne, dans un titre en italiques rajouter la majuscule au premier nom L'Angelot maudit et non L'angelot maudit.


On a retenu l' "a" minuscule dans tout l'ouvrage pour ce titre: L'angelot maudit, Steve en a tout un chapitre avec citation du poème même, donc j'ai préféré retenir la "a" partout, question de cohérence, et donc on corrigera la majuscule à la p. 101 de ton chapitre.

J'espère que ceci te va, merci pour ta compréhension, [...]

J'ai répondu par un courriel du 27/11/2010 à 10h49 dont je cite l'extrait suivant :

Je ne comprends pas très bien les leçons "L'angelot maudit", "Cercle Zutique" et "vieux Coppées". Pour moi c'est L'A... (le premier nom d'un titre après article défini porte la majuscule, le manuscrit ne commande pas la décision pour moi), Cercle du Zutisme (car seul nom attesté avec "doi(g)tpartout" et non pas Cercle Zutique) et Vieux Coppées en italiques (car titre de Cellulairement). Je ferai avec.

Et voici la réponse qui m'a été faite par un courriel du 27/11/2010 à 13h18 :

Très bien, corrections arrivées à temps, j'ai pu les intégrer sans problème.

Pour les leçons que tu cites, j'ai corrigé "Cercle du Zutisme" comme tu m'as demandé de faire. En revanche, pour "L'angelot maudit" et dans d'autres titres, j'essaie de respecter le manuscrit: pas besoin de trop obéir à la majuscule dans des études de textes si désobéissants. Justement, il me faut décider quel titre mettre sur le quatrain

Samedi 9 novembre 71
2 h 1/2

Jamais personne dans la turne !
Rien qu’un miasme peu subtil…
Le divin Cabaner a-t-il
Mangé ses fils, comme Saturne ?

...soit Samedi 9 novembre 71 ou, si celui-ci n'est que surtitre, le titre pourrait être « Jamais personne dans la turne ! [...] »...

Mais en gros j'essaie de rester fidèle à l'esprit du Cercle, et au manuscrit, j'espère que cela te va...

J'ai encore répondu le samedi 27/11/2010 à 16h32 :

Merci.
Pour L'Angelot maudit, je pars du principe qu'il faut considérer que Rimbaud n'a pas pratiqué un formatage pré-typographique, mais comme il est question d'homogénéité du volume okay. Je ne sais pas ce que dit l'article de Steve à ce sujet.
Pour le quatrain, il n'a pas de titre à mon sens et je le nommerais par l'incipit. Ceci dit, la date est un élément important du dispositif textuel de ce quatrain.

Nouvelle réponse de Seth Whidden, le samedi 27/11/2010 à 20h38 :

Steve ne bouge pas sur L'angelot maudit, tu verras dans son texte (et dans le reste de l'ouvrage d'ailleurs). Si j'avais à refaire, j'aurais établi tout le texte de l'AZ avant-coup et l'aurais distribué aux contributeurs, qu'ils fassent du copier/coller dans leurs chapitres... mais tout harmoniser avec la Slatkine Reprints maintenant, au moment de rendre les épreuves corrigées, c'est un peu trop tard. J'essaie d'harmoniser les titres, mais le temps presse...

Vous ne pensez pas qu'à un moment donné on vous force la main pour transcrire "L'angelot maudit" ? C'est un principe d'harmonisation qui pousse Candice Nicolas à transcrire "L'angelot maudit" ? Et si on parle d'harmonisation, la norme éditoriale, ce n'est pas "L'Angelot maudit", par hasard ?

Ceci ne donne qu'une petite idée de ce que je vais développer d'ici le 28 février.

**

Bonus :

Je cite un autre débat par courriel, parce que dans les articles de La Poésie jubilatoire on a écrit à ma place des remerciements à Michael Pakenham où on laisse croire que c'est lui qui m'a fourni les renseignements, alors qu'en réalité c'est dans l'urgence de la publication que je lui ai demandé des précisions que je n'avais pas sous la main :

J'écrivais le mercredi 03 novembre 2011 : "Je t'envoie le fichier joint de corrections des deux articles. De dernières lacunes bibliographiques en fin de second article, je n'ai pas pu faire mieux, je ne vis plus à Toulouse près des documents tirés de la bibliothèque. Tu verras."

Le 03/11/2010 à 18h29, Seth Whidden m'a soumis le texte suivant :

Voici donc ce que je propose pour ton texte avec les précisions que Michael Pakenham a bien voulu nous offrir (texte modifié en gras):


Enfin, il nous reste à citer une nouvelle inédite de François Coppée parue encore une fois dans la revue du Monde illustré, publiée en deux temps peu avant la formation du mouvement zutiste[1]. Cette nouvelle, Ce qu’on prend pour une vocation, a été citée jadis au passage dans un article de Michael Pakenham[2], sans avoir jamais attiré de commentaire particulier.

[1] Le Monde illustré, 26 août 1871, p. 138-139 ; et le 2 septembre 1871, p. 151. Merci à Michael Pakenham pour ces précisions.

[2] « Coppée, canard canardé » Bérénice, 32, 1991, p. 38.


Est-ce que ceci te va? Vois-tu des modifications nécessaires?

J'ai répondu ceci le 03/11/2010 :

Bonsoir, il faudrait peut-être préciser "merci à Michael Pakenham pour ces précisions. Nous n'avons pas eu accès à la revue au moment de rédiger cet article."
Juste que je crains qu'on ne s'imagine que c'est Michael Pakenham qui m'a indiqué l'importance de la nouvelle, alors que je ne me suis rendu compte qu'après qu'il l'avait citée. Mais sinon peu importe.
Whidden m'a fait une nouvelle proposition, le 03/11 à 21h44 :

Si, au lieu de ta deuxième phase, on mettait "merci à Michael Pakenham pour ces précisions bibliographiques"? Je pense que cela suffirait, vraiment...

Je n'ai pas immédiatement répondu, j'ai reçu ensuite le message suivant de Whidden :

Sur le point de boucler ce recueil d'études sur l'Album zutique, je me permets de te transmettre un avis important du comité scientifique de la revue, qui insiste sur une modification dans ton texte "Coppée, Rimbaud et puis Verlaine". Merci de bien voulu répondre aussitôt que possible, pour que nous puissions poursuivre avec la publication de l'ouvrage dans les meilleurs délais.

Il s'agit de ta phrase: "Dans son livre sur les dessins de Rimbaud, Jean-Jacques Lefrère a voulu présenter la signature « PV » comme celle du dessin coiffant les dix vers, ce qui est bien entendu impertinent." Le comité pense que dire qu'un collègue a eu tort est une chose, mais appeler une leçon "bien entendu impertinent[e]" en est une autre, et ni le comité scientifique, ni les éditeurs de Parade sauvage, ni l'imprimeur n'accepte de publier une telle phrase, qui ne fait qu'encourager une polémique là où on peut tout simplement constater son désaccord d'un ton professionnel, sans échos de rancœur personnel. 

(JJ Lefrère et toi avez tous les deux été des collaborateurs de la revue; s'il y a eu une dispute récente entre vous, la revue Parade sauvage ne s'engage pas d'un côté ou de l'autre, et nous ne voulons pas envenimer la chose non plus.)

Le comité scientifique insiste donc à ce que tu nuances cette phrase -- le comité propose « Dans son livre sur les dessins de Rimbaud, Jean-Jacques Lefrère a eu tort de présenter la signature « PV » comme celle du dessin coiffant les dix vers » mais est prêt à considérer d'autres formulations de ta part -- modification sans laquelle on ne pourra publier l'étude en question. 

Comme je te l'ai dit, je compte envoyer les documents à l'imprimeur dans les prochains jours; merci donc de bien vouloir répondre dans les meilleurs délais. Soit on modifie la phrase (et dans ce cas merci de préciser si tu acceptes la proposition du comité scientifique ou si tu préfères quelque chose d'autre) soit on retire ce texte de l'ouvrage, ce qui serait bien dommage car il pourra ajouter à notre savoir sur le moment zutique.... mais il ne pourra le faire que sans traiter un autre d'impertinent.
J'ai répondu ceci le 06/11:2010 à 12h19 :
Pas de problème pour la modification proposée.
Je peux difficilement répondre sur internet, je suis débordé et ne l'aurai pas chez moi, au moins avant le 10 novembre.

Je précise que les précisions bibliographiques. Il y a plein de nuances. Pakenham n'en avait indiqué qu'une partie dans un article perdu de vue depuis quarante ans. Je les avais trouvées tout seul à Toulouse, mais je ne les avais pas à ma portée au moment de publier. Je suis contre les remerciements dans les articles, je ne le fais jamais. Ici, le texte des remerciements fait comme si finalement je profitais d'une découverte de Pakenham. Il est très important pour les rimbaldiens que je paraisse en découvrir le moins possible et être tributaire des autorités compétentes. J'ajoute que j'étais tenu dans l'ignorance du livre en cours de Bernard Teyssèdre, comme j'ignorais qu'il allait publier deux articles dans le volume collectif La Poésie jubilatoire, puisque j'ignorais même son existence et son nom ne pouvait mal de me suggérer quoi que ce soit. Rappelons que dans les "Remerciements" à la fin du volume de Teyssèdre, il est écrit ceci :

Je remercie Michael Pakenham et Steve Murphy qui comme lui [Lefrère] ont pris la peine d'annoter, de commenter et de corriger mon texte page à page, parfois même ligne à ligne.

Je précise qu'en 2010-2011, Lefrère essayait d'imposer la photo du "Coin de table à Aden", et qu'à la toute fin de l'année 2010, moi et Jacques Bienvenu étions les seuls à combattre cette photo avec tous les dangers juridiques que cela nous faisait courir.

Je pense que cela vous édifiera.

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