mercredi 30 octobre 2024
Un loupé étrange des rimbaldiens : un article de référence sur "Les Etrennes des orphelins" passé à la trappe
lundi 28 octobre 2024
Vertigineuse érudition de Rimbaud ? Lys et Violette...
LysÔ balançoirs ! ô lys ! clysopompes d'argent !Dédaigneux des travaux, dédaigneux des famines !L'Aurore vous emplit d'un amour détergent !Une douceur de ciel beurre vos étamines !
Dédaigneux des travaux, dédaigneux des famines !
Et qu'il est plus cruel qu'un tigre d'Hyrcanie. (Acte III, scène 3)Allons, Philin, allons, où le Destin m'appelle,[...] (Acte I, scène 2)Que celui dont le sort affligerait ma vieSi ce peuple odieux ta tenait asservie,[...] (Acte I, scène 1)
LA VIOLETTE.Madrigal.Franche d'ambition je me cache sous l'herbe,Modeste en ma couleur, modeste en mon séjour ;Mais si sur votre front je me puis voir un jour,La plus humble des Fleurs sera la plus superbe.
dimanche 27 octobre 2024
Scoop du jour, scoop toujours : Le vent dans la plaine suspend son haleine...
Et l'on dit que les vents suspendent leurs haleinesQuand par un soir d'été Grenade dans ses plaines[...]
Ainsi qu'Ophélia par le fleuve entraînée,
A quoi bon ? - Maintenant la jeune trépassée,Sous le plomb du cercueil, livide, en proie au ver,Dort ; et sis dans la tombe où nous l'avons laissée,[...]
jeudi 24 octobre 2024
Nos rimbaldiens réussiront-ils à reconquérir le sens perdu du sonnet "Voyelles" en admettant que le mot à la rime "latentes" est repris à la rime du mot "latents" d'un sonnet d'Armand Silvestre, ou bien devront-ils retourner à l'école ?
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,Je dirai quelque jour vos naissances latentes :A, noir corset velu des mouches éclatantesQui bombinent autour des puanteurs cruelles,Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;I, pourpres, sang craché, rire des lèvres bellesDans la colère ou les ivresses pénitentes ;U, cycles, vibrements divins des mers virides,Paix des pâtis semés d'animaux, paix des ridesQue l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;O, Suprême Clairon plein des strideurs étranges,Silences traversés des Mondes et des Anges :- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
VoyellesA, noir ; E, blanc ; I, rouge ; U[,] vert ; O, bleu : voyelles,Je dirai quelque jour vos naissances latentes.A, noir corset velu des mouches éclatantesQui bombinent autour des puanteurs cruelles,Golfes d'ombre. E, frissons des vapeurs et des tentes,Lances de glaçons fiers, r(a)is blancs, frissons d'ombelles !I, pourpre, sang craché, rire des lèvres bellesDans la colère ou les ivresses pénitentes.U, cycles, vibrements divins des mers virides ;Paix des pâtis semés d'animaux ; paix des ridesQu'imprima l'alchimie aux doux fronts studieux.O, suprême clairon plein de strideurs étranges,Silences traversés des Mondes et des Anges...- O l'Oméga, rayon violet de ses yeux !
L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins,La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.
L'Idole.Sonnet du Trou du Cul
Obscur et froncé comme un œillet violet,Il respire, humblement tapi parmi la mousseHumide encor d'amour qui suit la fuite douceDes Fesses blanches jusqu'au cœur de son ourlet.Des filaments pareils à des larmes de laitOnt pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,A travers de petits caillots de marne roussePour s'aller perdre où la pente les appelait.Mon Rêve s'aboucha souvent à sa ventouse ;Mon âme, du coït matériel jalouse,En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.C'est l'olive pâmée, et la flûte câline ;C'est le tube où descend la céleste praline :Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !Albert MératP. V. - A. R.
LysÔ balançoirs ! ô lys ! clysopompes d'argent !Dédaigneux des travaux, dédaigneux des famines !L'aurore vous emplit d'un amour détergent !Une douceur de ciel beurre vos étamines !
Eloge de la MortLa Mort revêt d'éclat la Nature immortelle,Et c'est elle qui fait la gloire du printemps !Aux germes, sous la pierre endormis et latents,Elle garde l'honneur d'une forme nouvelle.C'est la vestale assise au temple de Cybèle,Qui veille sans relâche au feu toujours vivant ;C'est la grande nourrice, et l'univers enfant,Un jour, boira notre âme au bout de sa mamelle.Oh ! la nouvelle vie et le grand renouveau !- C'est le monde des fleurs qui jaillit du tombeau ;- C'est la rose de mai saignant sur la bruyère ;- C'est l'or que le vent roule aux cimes des moissons ;- C'est l'odeur des jasmins naissant sous les gazons ;- C'est la splendeur des lys qui monte de la terre !
Le soleil, déchiré par les rocs ténébreux,Tombe, comme César, dans sa robe sanglante.Avant de nous quitter, l'heure se fait plus lente,Et de confuses voix murmurent des adieux.C'est le soir ! - L'horizon se remplit de lumière,Et la pourpre s'allume aux rives de l'azur ;Et le flot attiédi, plus profond et plus pur,Enivre de chansons la rive hospitalière.Derrière les brouillards où Phébé va s'asseoir,La dernière colline a caché ses épaules ;L'onde baise tout bas les longs cheveux des saules :Vesper luit, comme un pleur, dans l'œil profond du soir.On entend murmurer, sous les lentes morsuresDes lierres vagabonds, les chênes orgueilleux,Et les soupirs lointains qu'élèvent vers les cieuxLes pins ensanglantés d'odorantes blessures.C'est l'heure où tout cœur fier fuit dans la liberté,En sentant se rouvrir la blessure fermée,Tandis qu'au sein des fleurs la nature pâméeBoit la fraîcheur de l'ombre et l'immortalité !
Eloge de la MortLa Mort revêt d'éclat la Nature immortelle,Et c'est elle qui fait la gloire du printemps !Aux germes, sous la pierre endormis et latents,Elle garde l'honneur d'une forme nouvelle.C'est la vestale assise au temple de Cybèle,Qui veille sans relâche au feu toujours vivant ;C'est la grande nourrice, et l'univers enfant,Un jour, boira notre âme au bout de sa mamelle.Oh ! la nouvelle vie et le grand renouveau !- C'est le monde des fleurs qui jaillit du tombeau ;- C'est la rose de mai saignant sur la bruyère ;- C'est l'or que le vent roule aux cimes des moissons ;- C'est l'odeur des jasmins naissant sous les gazons ;- C'est la splendeur des lys qui monte de la terre !**Obscur et froncé comme un œillet violet,Il respire, humblement tapi parmi la mousseHumide encor d'amour qui suit la fuite douceDes Fesses blanches jusqu'au cœur de son ourlet.Des filaments pareils à des larmes de laitOnt pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,A travers de petits caillots de marne roussePour s'aller perdre où la pente les appelait.Mon Rêve s'aboucha souvent à sa ventouse ;Mon âme, du coït matériel jalouse,En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.C'est l'olive pâmée, et la flûte câline ;C'est le tube où descend la céleste praline :Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !
mercredi 23 octobre 2024
Brève N°7 : critique minimale !
Armand Silvestre
Rimes neuves et vieilles
Préface de george Sand
Sonnets payens
« Dans sa splendeur marmoréenne… »
8v ABAB ABAB CCD EED
[…]
Elle nous légua,
souveraine,
Un culte immortel dans
l’amour !
« Je chanterai
toujours… »
La beauté de Rosa,
prêtresse de Vénus,
Quand le frisson
mordait aux splendeurs de son torse,
[…]
Quelle sève courait
sous ta vivace écorce,
« Rosa, l’air est
plus doux… » source d’inspiration pour « Lys » et « Avril… »
Avril emplit d’odeur
les feuillages ombreux.
Tout renaît…
Et livre au vent du
soir l’or de son étamine.
Tout aime !
Mais Rosa la prêtresse
ignore les frissons
Qu’avril nous porte
avec ses blanches floraisons
« Quand recueilli
muet… »
… j’entrouvre ma narine
Je sens que l’infini m’emporte
désarmé !
[…] J’entrevois dans un
rêve
Le monde de splendeurs
dont ta lèvre est le seuil !
//ramures plaintives / tes rives//
Tes lèvres toujours closes
//tes yeux brûlés de leurs propres rayons//
Sous ton front…
L’infini creuse-t-il d’implacables sillons ?
// VII et La Mort des
amants poitrine //
Le Désir éternel, en
vain fouille et s’irrite
Aux flancs toujours
intacts de ce corps triomphant.
XII AAB BBA
En s’élançant des
flots, Vénus a fait jaillir
Avec l’eau de la mer,
sur notre pauvre monde,
Les gouttes d’infini
dont notre âme s’inonde.
[…]
J’ai, sous ton pied
superbe empourpré la poussière,
Lys du pays des morts,
sombre virginité,
[…]
Sans qu’une larme, ô
femme, ait fleuri ta paupière !
Comme un lierre qui
mord les flancs d’une statue,
A tes flancs de granit,
mon désir irrité,
[…]
Idée du don du sang
humain pour animer une statue.
Rosa, pourquoi tes
flancs n’ont-ils pas enfanté ?
Toi qui n’égales pas,
dans ta stérilité,
La coquille rugueuse où
la perle s’incruste.
De tes flancs inféconds
la splendeur impudique !
Va, ce calme n’est rien
qu’une savante étude ;
Dans les flancs
transparents d’un albâtre neigeux.
Une molle clarté qu’aucun
souffle n’agite
Baigne, sans y
trembler, tes contours glorieux ;
Et le vent de ta lèvre
a les fraîchgeurs cruelles (deuxième occurrence de « cruelles » à la
rime)
MIGNONNE
Une rose frileuse, au cœur
noyé de pluie,
Etoiles dans des yeux
L’aube pleure sous les
feuillées,
Voici que les grands
lys ont vêtu leur blancheur
C’est le printemps !
c’est le matin ! Double jeunesse !
Partout des chants !
Partout des fleurs ! Double réveil !
Sur sa bouche et sur ses
cheveux, double trésor !
En avril, sous les
branches…
Parmi les lys neigeux
L’aube tombe et
frissonne
Poussière d’or tombée d’une
étamine en fleur…
Le premier pleur qu’au
bois laissa tomber l’aurore
Les floraisons blanches
qu’avril fait neiger…
Sonnet panthéïste
Matière que revêt la
beauté souveraine
La Mort revêt d’éclat la
Nature immortelle,
Et c’est elle qui fait
la gloire du printemps !
Aux germes sous la
pierre endormis et latents,
Elle garde l’honneur d’une
forme nouvelle.
C’est la Vestale assise
au temple de Cybèle,
Qui veille sans relâche
au feu toujours vivant ;
C’est la grande
nourrice et l’univers enfant,
Un jour, boira notre
âme au bout de sa mamelle[.]
[…]
– C’est l’odeur des jasmins
naissant sous les gazons ;
– C’est la splendeur
des lys qui monte de la terre !
Vertigineux, on a un premier quatrain qui rime en "-elle" et "-emps", avec l'adjectif "latents" au masculin pluriel à la rime du vers 3. Les rimes sont reconduites dans le second quatrain, mais sans inversion, rimes embrassées.
Dans "Voyelles", on a voyelles/latentes/éclatantes/cruelles et tentes/ombelles/belles/pénitentes, sachant que "ombelles"/"belles" la rime vient des Contemplations. Pour "éclatantes" notons qu'il y a éclat dans le premier quatrain. L'(adjectif "cruelles" est à la rime ailleurs dans les premières poésies de Silvestre, l'adjectif à la rime "souveraine" est très affectionné aussi par Silvestre et les pleurs des étoiles et de l'aube. Hé quoi ! L'étoile a pleuré rose ne ressemble pas à du Silvestre que par son premier hémistiche, il y a "souverain" à la rime, "souverain" qui qualifie "flanc", un mort qu'affectionne là encore tout particulièrement Silvestre, et vous avez "mammes vermeilles" et ici "mamelle". Le présent sonnet relie "Voyelles" au moins par "latents", "L'Etoile a pleuré rose..." au moins par "mamelle" et le quatrain "Lys" par "splendeur des lys" joint à "odeur".
- Mais, faites le taire ! Assez ! (Tiens, David, tu t'attendais pas à cette allusion aux "Hypotyposes saturniennes...", bien fait pour ta gueule !)