mercredi 29 octobre 2014

De la retenue d'eau à la retenue d'émotions

Je ne connais pas grand-chose au cas du barrage de Sivens, et je ne commenterai pas cela sans recul, mais il y a quelque chose qui ne tient pas le haut pavé du bon sens dans le discours de non violence des gouvernants.
D'abord, préambulons dans les couloirs du débat.
Il est vrai qu'au plan écologique les choses sont parfois difficiles à cerner. Je n'en sais rien si les eaux montent et si réellement des îles sont menacées, je n'ai aucune idée de ce que va donner le réchauffement climatique en bien comme en mal, on me met de la vache folle dans mon assiette je la mange sans problème en connaissance de cause, et tout en constatant que la nourriture a de moins en moins de goût je n'ai aucune idée du risque pour la santé que présenteraient les OGM. Je ne mange sûrement pas bio, ça coûte trop cher et je pense que la plupart des produits bio c'est du business. Je n'ai jamais adhéré à l'homéopathie, ni aux produits dits "sans sucre", "allégés" (que je fuis comme la peste) ou "arômes naturels", ni au prétendu pouvoir des yaourts et fromages blancs sur la faune intestinale.
Pour ce qui est du nucléaire, j'ai tendance à penser qu'il pose problème, les risques sont beaucoup trop considérables, mais l'alternative me semble plutôt la géothermie ou l'énergie maritime, plutôt que les éoliennes et les plaques solaires. Je remarque que le gaz de schiste n'a pas profité longtemps de sa réputation de produit naturel. Je remarque de manière amusée qu'alors qu'il était question de réduire les émissions de gaz carbonique dans l'atmosphère, puisque l'hypothèse est envisagée de son influence sur le réchauffement climatique, voilà que les mêmes politiques qui soutenaient cette réduction promeuvent l'exploitation du gaz de schiste. Il est vrai que la fracturation hydraulique des roches est depuis longtemps à l'oeuvre et n'a pas été impliquée dans une catastrophe écologique, personne ne la montrait du doigt jusqu'ici. Mais, le film Gasland a bien et nettement montré que l'eau des usagers s'enflammait à l'approche d'un briquet depuis que de telles exploitations ont lieu, divers phénomènes sont présentés dans ce film, et voilà que ce film ne présenterait que des tours de passe-passe, se tromperaient dans l'analyse des phénomènes observés, qu'il exagérerait. Mais, s'il y a imposture, je préférerais une réfutation en règle à cette façon de rejet évasif qui partage les opinions en deux camps. Cela fait un peu ventre mou d'un débat. J'ai bien du mal à croire que l'exploitation du gaz de schiste soit innocente.
Tout ce qui précède montre assez que je ne suis pas un écolo orthodoxe.
Maintenant, j'en viens à Notre-Dame-des-Landes. La création d'un nouvel aéroport est de la pure politique d'administrés. Il se trouve que les gens ont une irrépressible envie d'aller faire leurs courses dans les zones commerciales, et l'idée c'est d'en ouvrir une à proximité d'un nouvel aéroport. Le projet est alors porté par un professeur d'allemand, monsieur Ayrault qui n'a jamais dirigé d'entreprise, qui n'est pas compétent au plan économique, mais qui se prévaut de la direction chaotique d'un parti politique, alors déjà réputé pour être incapable d'organiser correctement des élections en son sein.
Cet aéroport était rendu inutile par la présence d'un autre aéroport à proximité dans la région nantaise, aéroport non saturé qu'on prévoyait du coup de fermer pour mieux justifier la création du nouveau, mais une fermeture à laquelle Airbus s'est triomphalement opposé, car l'ancien aéroport était si peu vétuste qu'il leur est indispensable.
Le nouvel aéroport prévu ne présente aucun intérêt international. Les chinois, les australiens ou les américains ne vont pas se ruer à Notre-Dame-des-Landes où ne bat pas le coeur du tissu économique et industriel en français. L'aéroport n'aurait pris sur lui que des vols de courte durée, il ne pouvait mal d'être rentable et n'était pas vital. D'ailleurs, même autour de Lyon ou dans l'est, il n'y a aucune raison d'aller mettre un nouvel aéroport.
Or, on a engagé massivement l'argent du contribuable dans ce projet, sauf qu'en réalité on nous fait le coup du devis qui ne prend pas tout de suite tout en compte. Le devis est déjà pharaonique, mais ça passe, le problème c'est qu'il ne s'agit que d'une partie des travaux : on revient après à la charge et aux charges en vous expliquant qu'il faut encore créer tout un réseau de routes pour que l'aéroport soit desservi. Le coût double (pardon du jeu de mots).
Certes, il y a de l'emploi qui se crée, mais cela est dilué au plan national, et limité dans le temps. Surtout, j'ai un peu de mal à comprendre que pour lutter contre le chômage on s'investisse dans des travaux plus qu'inutiles, ruineux pour le pays. Le problème est-il économique ou est-il simplement d'occuper les gens, l'argent coulant à flots pour constituer les payes nécessaires ? On va faire comme en Chine, on va créer des immeubles pour ne pas les habiter, histoire de ne pas avoir des ouvriers inactifs ?
A Toulouse, pour dynamiser, ils ont préféré concevoir un cancéropôle, ça me paraît plus porteur et plus utile qu'un aéroport pour le paraître.
Au plan écologique, pour ce qui est des animaux, la création de nouvelles routes réduit encore un peu plus leurs mouvements, ils sont de plus en plus séparés dans des mini parcs, car ils ne vont pas souvent traverser les routes, et ils ne trouveront sûrement pas les deux ou trois ponts qu'on va leur accorder, car je crois qu'ils n'ont pas le même comportement que l'humain, ni système GPS. Résultat des courses, la sélection naturelle fondée sur le mélange des gènes est un petit peu en déroute, il y a du souci à se faire.
A d'autres niveaux, la région est elle aussi de plus en plus amochée, et cela pour un projet voué tôt ou tard à la faillite.
Or, sans lutte physique des zadistes, la catastrophe se serait accomplie dans toute son inertie administrative, les politiques se félicitant de la toute bonne conscience démocratique de comportements passifs raisonnables...

Je ne songe même plus à Rimbaud là, je pense à un canevas tout fait pour un roman de Balzac.

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