Je voulais continuer sur le versant des poètes développant l'idée du "voyant" avant Rimbaud, ou bien faire des articles sur des points de vue anciens avec le texte de Giusto dans l'OEuvre-Vie ou les articles de Jean-Paul Corsetti dont j'ai le livre posthume, histoire de faire contraster cela avec le temps présent. J'ai aussi une idée d'article sur un problème particulier à "Alchimie du verbe" : les poèmes sont-ils des exemples de l'alchimie du verbe pour la forme ou leur contenu, leur discours est lui-même de l'ordre de la prétention alchimique ? Mais l'actualité est de combat avec la mise en ligne fatigante d'Alain Bardel sur son site "arthurien".
Bardel a publié un article le 29 ou le 30 mars dont j'ai déjà parlé. Voici le lien pour le consulter et son titre :
Je commence par une remarque formelle. L'article n'a pas d'introduction, il commence par un point 1 qui est une citation et la réponse à cette citation. Avec désinvolture, la présentation de la cible est placée négligemment dans la première phrase de réplique ! C'est déjà très cavalier comme approche : "Thierry Cazentre qui occupe telle fonction a écrit ça, je ne laisse pas passer." Déjà, ça en dit long sur Bardel et l'équipe de la revue Parade sauvage qui sont complètement en roue libre. Et cet article est donc une exécution publique d'un inconnu du monde rimbaldien. Déjà, dans la manière de faire, c'est très inquiétant, inquisitorial. On a un procès de la parole sur la place publique au nom d'une vérité sacrée.
Bardel énumère des ratures en commençant par citer les cas sur lesquels il tait significativement les réponses que j'ai apportées : "Aussitôt après que", "la main de la campagne" modifié en "compagne". J'ai expliqué que le crayon était le fait des éditeurs quand l'encre était le fait de Rimbaud en principe, et que le repassage du crayon par l'encre était aussi le fait des éditeurs, ce qui concerne la pagination et une mention du titre "Illuminations" sur "Promontoire", je parle des passages raturés ou repassés ou corrigés. Cela, Bardel n'en parle déjà pas dans son livre fac-similaire, alors que c'était le sujet de son édition fac-similaire ! Bardel rentre dans le lard, mais il n'est lui-même pas exhaustif. Il prend le premier couteau sous la main et il attaque les gens, il ne fait jamais un travail complet.
La note 2 attaque une phrase concessive de Guyaux en 2019. On n'a pas la preuve que la pagination est bien de Rimbaud, Bardel épingle le "bien" qui a une valeur concessive. Le persiflage est assez vain. La pagination n'est de toute façon pas de Rimbaud. Ce n'est pas Rimbaud qui a paginé "Promontoire", "Génie", "Soir historique", le manuscrit autographe de "Promontoire" n'étant même pas paginé comme l'a fait remarquer Bienvenu, et ce n'est pas Rimbaud qui a paginé non plus la série en 24 pages comme l'argument massue du séquencement du traitement des titres et des pages et du nom "Arthur Rimbaud" nous l'apprend sans appel ! Après, c'est sûr que la preuve ne s'explique pas à un chien ou un chat, ils ne sont pas équipés pour comprendre.
La note 3 est encore sur la pagination et reproche à Michel Murat d'avoir quitté le clan murphyen de la pagination autographe. Ici, Bardel fait semblant de ne pas pouvoir comprendre : pourquoi directement numéroter à l'encre les pages 12 et 18 et pas le reste ? La réponse ne fera pas plaisir, essayons de la formuler poliment : en clair, il y a un raisonnement obtus à croire que les pages sont paginés à l'encre parce qu'elles remplacent des pages antérieures. Murphy et Bardel ont sur ce sujet des raisonnements obtus.
Bardel parle de cohérence, mais c'est la thèse qu'il défend qui pose un problème de cohérence : où sont passées les pages 12 et 18 initiales si elles ont été remplacées, si le but était de changer l'ordre ? Pourquoi ne pas effacer les chiffres au crayon ? Le crayon, ça s'efface avec une boule de pain. Bardel n'a jamais connu que la gomme, mais Rimbaud s'il écrit au crayon, dans cette hypothèse, c'est parce que ça s'efface avec du pain ou je ne sais quoi de son époque. C'est le principe de précaution qui justifie d'utiliser le crayon ! Et si l'un des deux remplacements est pour mettre "Veillées" I et II devant "Veillée" qui devient "III", ça veut dire que le feuillet paginé 18 au crayon il contient d'autres textes et d'autres textes qui se tiennent sur un seul feuillet. Et si l'autre est pour ajouter des poèmes courts à une série "Phrases", pourquoi la page 12 initiale a disparu ? C'est l'explication de Murphy et de Bardel qui n'a aucun sens. Et de la page 13 à la page 24, il n'y a aucun feuillet autonome, alors qu'il en faudrait deux pour essayer de dire que les feuillets 12 et 18 initiaux sont ailleurs.
Ce contre-argument, Bardel refuse de l'entendre, mais il peut se boucher les oreilles tant qu'il veut, ça ne change rien au fait que la thèse de Murphy n'est pas cohérente.
Alors que les pages 12 et 18 si la numérotation est directement à l'encre il y a une explication imparable, c'est comme par hasard les deux feuillets de format différent auxquels faire attention.
Passons au feuillet d'un format différent avec des transcriptions au recto et au verso paginé 21 et 22, ici Bardel se réfugie derrière une citation du maître : selon Murphy, on ne voit pas pourquoi par caprice Fénéon aurait mis le feuillet différent contenant "Nocturne vulgaire", "Marine" et "Fête d'hiver" au milieu de la série homogène. Mais, si on suit Murphy, on ne voit pas non plus pourquoi Fénéon aurait repris la pagination à "1" et "2" pour une copie allographe de "Promontoire", puis aurait paginé les poèmes en vers "nouvelle manière" à la suite de quelques poèmes en prose. Si on suit Murphy, on ne voit pas pourquoi après avoir publié exclusivement des poèmes en prose, la revue aurait publié un numéro exclusif de poèmes en vers "nouvelle manière", puis enfin sur d'autres numéros des ensembles d'abord poèmes en prose sinon en vers libres, puis poèmes en vers. Il n'y avait pas d'alternance au départ, pourquoi s'y être laissé entraîner ? Donc, si on suit le raisonnement de Murphy, les poèmes en vers ont été paginés par Rimbaud pour faire partie des Illuminations et se mélanger à eux à partir d'un certain moment.
Pourquoi Fénéon prendrait-il des initiatives ? s'étonne Murphy. La question, elle est vite répondu !
Fénéon a revendiqué avoir mis "Après le Déluge" au début il me semble, mais il faudrait vérifier, parce que moi qui suis plus scrupuleux que Bardel et Murphy je retiens surtout son texte d'époque où il dit commencer par les cataclysmes ce qui convient mieux au choix opéré dans la plaquette où "Barbare" a été mis en second à la suite de "Après le Déluge". Il faudrait relire attentivement tous les écrits de Fénéon. Mais, ce qui me fait marrer, c'est que Bardel et Murphy ils ne l'ont pas fait ça, relire tout, tout soupeser, tout articuler, on leur oppose des arguments auxquels ils n'ont jamais pensé, ils ont confiance en la baraka, ils auront raison à la fin quoi qu'il arrive. C'est lunaire. Ils savent déjà la solution alors que depuis le début de cette querelle toutes les analyses de détail viennent de moi, de Bienvenu et leur ont échappées. Depuis le début, ils sont accrochés comme Reboul d'ailleurs, comme Murat jusqu'à un certain moment, à l'idée passive que les feuillets 12 et 18 sont à l'encre parce qu'ils en remplacent d'antérieurs. Tout le reste, ça leur passe au-dessus, mais la baraka est là pour qu'ils puissent espérer avoir raison à la fin. Ils vont s'en sortir.
Et, justement, il y a l'effet d'aubaine du point 4 où selon les témoignages Fénéon n'est intervenu qu'après la publication des numéros 5 et 6 qui contiennent les 24 premières pages, sauf que ça ne change rien à l'étude matérielle de la pagination. Que ce soit Fénéon ou un autre ne change rien au travail de pagination par les protes. La pagination suit le séquencement des livraisons dans les numéros 5 et 6. De fait, il y a la mention "Arthur Rimbaud" au crayon au bas de la page 9 et un séquencement en trois parties pages 1 à 9, pages 10 à 14 et pages 15 à 24 qui concerne pagination et soulignement des titres. Et la pagination reprend à un livraison par livraison à partir du numéro 7. Fénéon ne change rien à l'affaire. Et de fait, quand il arrive à la livraison du numéro 7, si tel est le cas, si les témoignages sont à cent pour cent fiables, il a affaire à des chiffons volants non paginés qu'il numérote lui-même.
Il serait l'inventeur du mélange des vers et des proses, mais ça Bardel et Murphy sont tellement obnubilés par la volonté de croire à un recueil paginé par l'auteur puis miraculeusement ordonné sans pagination qu'ils n'y pensent même pas. Ils n'arrivent pas à penser à tout à la fois.
Si Fénéon bouleverse l'ordre à partir du numéro 7, cela veut dire que la revue n'envisageait de toute façon pas que les manuscrits avaient un ordre à suivre. Là encore, cet esprit de nuance n'existe pas chez les tenants de la pagination autographe, puisqu'ils "savent" que la musique est autographe.
Ensuite, on passe à certains points sur l'intervention de Nouveau au début de 1875 en citant son découvreur Bienvenu et l'article récent de Reboul, mais je ne vais pas m'y attarder, puisque j'adhère à cette révélation.
Passons au point 6) sur "Veillées". Bardel nous propose en "imagination" comme il dit d'envisager Kahn et d'Orfer paginés à l'encre les deux manuscrits d'un format différent, les pages 12 et 18, après avoir paginé tout le reste au crayon, et il déclare que c'est absurde ! Mais ça, c'est les limites de l'imagination de Bardel. Au contraire, moi, je pense que Kahn et d'Orfer ont fait la pagination à l'encre et la pagination au crayon simultanément ou qu'ils ont d'abord paginé à l'encre les deux feuillets d'un format différent. Mon imagination privilégie deux cas de figure qui s'opposent à celui que veut nous imposer comme repoussoir Bardel.
Bardel se réfugie derrière Murphy qui prétend qu'un éditeur aurait simplement paginé tout ça d'une traite, mais c'est du raisonnement limité tout ça. Oui, Murphy, il fait des articles sur "Lys", "Vieux de la vieille" et "Hypotyposes" comme parodies de Silvestre, Gautier et Belmontet sans lire toutes les poésies de Belmontet et de Silvestre, il rate ainsi la source évidente, jusqu'à la rime quand même, pour le quatrain "Lys", il rate les plagiats de Belmontet dans les "Hypotyposes" et du coup dans "Vieux de la vieille" où là il a une excuse.
Sérieusement, Kahn et d'Orfer ont entre les mains des chiffons volants ils voient bien que deux feuillets d'un format différent peuvent former des séries : "Phrases" et "Veillées", ils peuvent très bien paginer à l'encre en priorité les deux feuillets problématiques.
Alors, il est vrai que, dans le débat, il n'y a pas que l'alternative chiffons volants et manuscrits partiellement paginés en 24 pages. Quand on combat la pagination autographe, fatalement il se pose la question de la création des séries "Phrases" et "Veillées", et le danger est se mettre à confondre la création des séries avec la pagination, ce dans quoi Bardel et Murphy tombent complètement.
Contre la pagination autographe, il y a un génie qui s'appelle David Ducoffre. Bardel a bu dans le passé un verre à la terrasse du Café des artistes avec cet homme extraordinaire qu'est David Ducoffre. Steve Murphy a mangé à côté de lui parfois. Ils pourront se vanter d'avoir connu David Ducoffre, de l'avoir fréquenté. Et, donc ce David Ducoffre exceptionnel, il a un raisonnement nuancé. Le coup de génie de David Ducoffre, et je le nomme avec son prénom et son nom, parce que c'est quelqu'un, il a compris un truc de dingue, digne d'un expert dans la science quantique, il a compris que le crayon était toujours employé par les éditeurs sur les manuscrits de Rimbaud, il a compris que dans les corrections du texte manifestement celles au crayon viennent des éditeurs, en Vogue ou en Vanier, et que les corrections à l'encre sont de Rimbaud, précisément "compagne" pour "campagne" c'est les éditeurs et ainsi de suite, mais les remaniements à l'encre sont de Rimbaud, et justement dans le cas de "Veillée" modifié en "III" les modifications sont exclusivement à l'encre, et avec son appareil cérébral en état de marche David Ducoffre, oui David Ducoffre c'est ça, a compris que le remaniement pour créer la série "Veillées" en trois parties numérotées en chiffres romains devait bien être de Rimbaud et que l'emplacement du manuscrit venait d'un acte de Rimbaud, puisque le "III" est d'emblée à l'encre et que de tels remaniements n'ont pas concerné "Ville" au singulier par ailleurs et les deux "Villes" où le principe a avorté, mais que, pour autant, cette réunion ne changeait rien au fait que la pagination n'existait pas avant d'arriver sur les bureaux de la revue en 1886 ! Puisque la pagination est au crayon en grande partie, parfois repassée à l'encre, puisque cela s'accompagne de faits convergents dans le séquencement des manuscrits au plan des soulignements des titres comme au plan de la mention "Arthur Rimbaud" au bas de la page 9 sur le principe de ce qui sera appliqué au bas du dernier poème de la page 14 sur le contenu de la livraison numéro 5. Mais, ça, c'est trop subtil pour Murphy, Bardel, Reboul, Murat. Là, non, c'est trop subtil, on ne peut pas suivre. En tout cas, ma démarche nuancée me fait ranger la construction des trois "Veillées" dans le champ d'une opération manuscrite rimbaldienne, et j'apporte un argument preuve, l'opposition des corrections au crayon et à l'encre quand ça s'applique aux poèmes directement ou à leurs titres, je pense à "Jeunesse IV" avec la mention allographe "Veillée" au crayon !
Mais, comme mon raisonnement est nuancé, je ne garantis rien sur le cas du feuillet 12 continuant "Phrases", je ne garantis rien de rien sur "Après le Déluge", ni sur le feuillet paginé au recto et au verso avec "Nocturne vulgaire", "Marine" et "Fête d'hiver". Mais, comme je suis cruel avec mes opposants, j'ajoute ceci : avez-vous pensé que ce diable de David Ducoffre peut vous amener deux arguments en faveur de "Après le Déluge" placé exprès au début du recueil ? Il y a le mot "estaminet" qui est commun à "Après le Déluge" et au tout premier poème de Gaspard de la Nuit, argument en l'état un peu bidon, mais surtout David Ducoffre met en perspective "Après le Déluge" en le comparant au chapitre 2 introductif du roman La Confession d'un enfant du siècle de Musset et aussi au premier poème après le "Prélude" des Chants du crépuscule : "Dicté après juillet 1830". Parce que si le but est d'exalter la place introductrice de "Après le Déluge", comment ça se fait que vos organisations cérébrales daubent superbement une pareille mise en perspective ? Jusqu'à plus ample informé, vous vous contentez de lire "Après le Déluge" pour lui-même, c'est un poème communard qui regrette que ça ne reparte pas, peuchère. Votre lecture ne vole pas plus haut ? On est d'accord ! Vous tenez au recueil, mais vous n'avez rien à dire dessus ! Vous vous contentez de broutilles ! C'est moi qui ai dit sur mon blog qu'on pouvait lire "Matinée d'ivresse" comme la suite immédiate de ce qui se passait dans "A une Raison", c'est moi qui ai répliqué sur "Barbare" que le dernier paragraphe de "Métropolitain" est comme une introduction au poème suivant, tandis que vous vous comparez "Après le Déluge" et "Barbare" aux extrémités des vingt-quatre pages, sachant que le recueil se poursuit par des feuillets non paginés selon vos dires mêmes. Moi, je traite directement l'intérêt de la transcription continue, le truc sur lequel tout le monde peut s'accorder à peu près. Faites un peu mieux votre travail.
Dans le cas du manuscrit avec des transcriptions au recto et au verso, outre la nature picturale des trois poèmes en question, ce qui me frappe, c'est qu'il s'agit précisément des trois poèmes où l'emploi des tirets est le plus poussé à l'extrême. A la limite, il y a aussi un cas d'extrême des tirets dans un paragraphe du poème de la page 23 intitulé "Angoisse", mais ce n'est pas probant pour autant.
Mais de toute façon, vous vampirisez tout, vous recrachez tous les arguments pour affirmer votre thèse unique en considérant que vous seuls pensez à tout, comprenez tout, et vous ramenez tous les arguments à vous, comme si c'était le fruit exclusif de votre réflexion.
Moi, je vous le dis en face, je n'ai pas constaté vos compétences analytiques, vous bricolez en espérant à la fin avoir raison, avec d'énormes problèmes de nuances, de remise en cause, on vous entendra jamais dire comme moi je peux le faire que je me suis battu contre l'attribution de "Poison perdu" avant de changer d'avis. Ce que je constate, c'est que la pagination ne saurait être autographe, mais que vous êtes tellement autoritaires que vous n'êtes même pas capable de concevoir la séparation des points qui posent problème et le fait qu'il faille séparer la conception des trois "Veillées" et la pagination. Et vu qu'il n'y a pas de pagination, Rimbaud a créé la série des trois "Veillées", mais cela n'entraîne pas de conviction personnelle chez moi d'un recueil voulu pour toute la suite homogène, et je constate que la série homogène partait de "Enfance" et se terminait sur un manuscrit dont une version ratée de "Enfance I" figurait au dos, donc le cas de "Après le Déluge" ou de "Nocturne vulgaire", "Marine" et "Fête d'hiver", ben non, vous n'avez pas vos preuves que Rimbaud les a placés là exprès. Que ça vous plaise ou non ! Vous n'avez pas la science infuse et ça il va falloir l'accepter !
***
Il faut bien comprendre le problème. Steve Murphy, Alain Bardel, Michel Murat et Yves Reboul sont des littéraires et la rigueur scientifique n'a pas l'air d'être leur fait. Et je rappelle qu'à propos de "L'Homme juste", si étayer l'identification hugolienne demande un effort, dénoncer l'identification à "Jésus" dans un texte où il est écrit "Socrates et Jésus !" ce n'était pas la mer à boire. Dans les années quatre-vingt, c'est simplement le début des études attentives des textes. Le poème incomplet "L'Homme juste" n'était pas le centre de l'intérêt, et si les rimbaldiens identifiaient auparavant "L'Homme juste" à Jésus, c'est un témoignage de leur manque d'attention aux textes. L'identification hugolienne n'était qu'une question de temps, même si le mérite revient à Reboul d'avoir su être celui qui a saisi l'opportunité.
Au plan des manuscrits des Illuminations, on n'a pas affaire à des scientifiques. Ils se persuadent de la pagination autographe sur des affirmations péremptoires et simplistes : Les pages 12 et 18 sont numérotées à l'encre dans une suite paginée au crayon, donc c'est des pages qui ont remplacé d'anciennes au crayon. Ils ne maîtrisent pas non plus le raisonnement par l'absurde. Bardel s'y essaie en prétendant que si on attribue les numérotations à l'encre de deux pages à Kahn et d'Orfer, c'est absurde parce que tout le reste est déjà au crayon.
Il faudrait démontrer que la pagination au crayon a été faite d'une traite.
Ils n'ont pas cette rigueur scientifique. On a une pagination au crayon repassée à l'encre pour les neuf premières pages avec la mention Arthur Rimbaud au crayon au bas de la neuvième page. Il n'est pas difficile de comprendre qu'à partir de la page 9 celui qui a repassé à l'encre a paginé les pages 12 et 18, tandis qu'une autre personne tenant le crayon a paginé le reste. En quoi serait-ce anormal ? Celui qui utilise l'encre n'a aucun mal à sauter par-dessus deux futurs feuillets paginés 10 et 11 au crayon, comme à sauter par-dessus cinq autre feuillets ensuite. C'était peut-être le patron, il a fait dans la concision, à charge à son collègue de parachever la pagination.
Dans tous les cas, ce séquençage est la clef de compréhension de la pagination. Il y a l'argument de Bienvenu sur le manuscrit autographe de "Promontoire en lien avec la pagination reprise au-delà du dossier de 24 pages, car définitivement Murphy, Bardel et Reboul sont obligés d'admettre qu'il y a une partie non paginée par Rimbaud, donc le recueil ordonné n'existe pas. Point barre à jamais ! C'est fini ! F-I-N-I !
Et l'autre argument massue qui est de moi, c'est le jeu des convergences pour la page 9.
Ce n'est pas l'opposition de deux convictions. Il y a un travail scientifique, et il y a des clowneries sans réflexion approfondie avec des manières de trancher simplistes et péremptoires. C'est pareil pour "ou daines" qui devient ",de daines " avec des gens qui s'attribuent des élucidations qu'ils reprennent à une publication officielle erronée.
Le manque de sérieux de l'équipe Parade sauvage est gravissime, parce qu'ils ne font aucun effort de traitement scientifique de l'information. Dans cent vingt ans, les gens riront de leurs applaudissements pour des élucidations qu'ils considéraient d'une intelligence rare. Vraiment, il faut arrêter le sketch, on a affaire à des humains lambda.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire